(journal de mes sensations)

samedi 22 octobre 2011

Cette solitude qui n'en est pas une.

Je préfère écrire que parler. Pour parler il faut être au minimum deux, moins c'est inquiétant. Alors c'est plus difficile de finir ses phrases, de dire jusqu'au bout ce que l'on a à dire, de se faire entendre sinon comprendre. 
Écrire c'est être seul, en tout cas pour moi. Jamais je me plaindrais d'être seul dès lors que j'écris. Écrire, ça m'ennuie presque de le dire, me suffit ! Pas seulement parce que j'en tire cette satisfaction d'avoir fait, durant un instant, quelque chose qui me parait sensé, mais aussi parce que, du plus loin où je puisse remonter dans ma mémoire, j'ai toujours recherché, inconsciemment, cette solitude.  Et ce n'est que depuis que j'ai commencé à écrire que j'ai compris cela. Cette singularité de caractère devait être en moi à ma naissance, ou peut-être est-elle la conséquences d'évènements inconnus de ma conscience, qui se seraient produit au cours des premiers mois de mon existence ? L'enfant dyslexique qui semblait introverti et timide, savait instinctivement ou inconsciemment (est-ce la même chose ?) qu'il était un solitaire.
J'adore être avec les miens, à peine je les quitte, ils me manquent et cela me déchire de même que la solitude m'effraie, me rend paranoïaque... mais dès que j'écris, j'existe. Toutes mes émotions contenues que je libère alors, provoquent un état de souffrance sans douleur, un état qui me pousse à écrire.
Écrire donc plutôt que discuter. Parce que je peux, sans être perturbé, exprimer jusqu'au bout mon idée, la corriger et, curieusement l'envie d'à tout prix me faire entendre disparaît, je m'en trouve moins vindicatif, plus tolérant aux idées des autres, s'ils prennent la peine de les écrire. Plus compréhensif et réceptif à la diversité des opinions, et plus assuré quant à la mienne.
Nul besoin d'essayer de s'imposer dès lors que l'on fait ce que l'on aime, on est curieux de tout et tous, envieux de rien ni personne. On ne cherche pas à avoir raison, on est !
Face à l'autre, je suis perturbé, je l'écoute moins que je ne l'observe et me trouve très vite embarrassé dès que ce que j'entends semble en désaccord avec ce que je perçois. Je suis aussi très sensible à toutes attitudes agressives. Et enfin je peux être troublé par d'autres choses, plus remarquables selon la nature de l'individu...
Je peux dire que je ne parle pas comme j'écris, que cela soit heureux ou pas, mais selon moi, je suis plus en accord avec ce que j'écris qu'avec ce qu'il m'arrive de dire.
Préférer écrire que parler est peut-être une chance pour ceux qui parfois m'accompagnent ! 
Il y en a pourtant une à qui j'ai presque autant parlé qu'écrit, sans doute ressentant le besoin qu'elle avait d'être bercée, je me suis laissé aller... Quelles âneries j'ai dû lui dire parfois, alors que ce que je lui ai écrit fut toujours en dessous de ce que je ressentais... Avouons-le, parfois, avec elle je me sentais comme quand j'écris, j'existais... 

vendredi 21 octobre 2011

Les raisons du silence

Ma situation n'est aujourd'hui pas enviable, et à bien des titres. Dans l'ordre où cela me blesse : 
Il y ces promesses, bien que rares jamais tenues... Avec, le cas échéant, tout un tas de bonnes raisons pour expliquer ce que moi seul comprends comme un abandon, comme toutes les autres fois... Mais peut-être n'y aura-t-il plus jamais rien, ce qui, évidemment, donne la valeur de ce qui s'est passé à ses yeux... J'y réfléchirai plus profondément au cours des derniers jours de ce mois... Et, tant pis pour les éventuelles vexations, de mon point de vue, rien ne peut être pire...
Il y a, ce bannissement, comme il y en a eu tant d'autres, avant... Pas vraiment justifié, par faiblesse de caractère... Qui pourtant me blesse, me torture et me refroidit quant à me confier à l'occasion de jours meilleurs, à qui je devrais pouvoir tout avouer, au moins autant que ce que j'en entends. Avec qui l'entente et la confiance, devraient régner sans ombres... 
Et puis, il y a cette affaire avec ce qui fut un ami. Incapable de reconnaître ses excès dans une histoire de famille, tout à fait personnelle, il est allé jusqu'à utiliser la justice pour faire valoir ses désirs et ses craintes injustifiées de riche déséquilibré. Rongé par son narcissisme et sa vanité, il a préféré l'acharnement le plus lâche contre celui que son ego indique comme étant le responsable... Il est allé bien trop loin dans la haine pour que je puisse dorénavant lui pardonner... quel gâchis !
Et puis toujours ce quotidien, difficile et chaque jour semblable...
Voilà ce qui a occupé mon esprit ces derniers jours, ce qui m'a contrarié au point de n'être pas capable de venir ici, faire ce que j'aime. Je me sens assiégé par tous ces oublis et mépris, ces haines et reproches. Pourquoi suis-je toujours a recevoir ce genre de comportements, ou plus vraisemblablement pourquoi me marquent-ils tant ces mauvais sentiments que parfois les autres me jettent ? Je ne dois pas encore être à ma place... 

vendredi 14 octobre 2011

... et des bas !

Aujourd'hui, un de ces jours sans ! Un jour ordinaire. En rentrant du travail, je suis quand même sorti courir pour honorer ce beau temps et j'en suis revenu comme éclairci... mais cela n'a pas duré et je me sens maintenant plus las que jamais...
Je n'aurai peut-être pas dû me laisser aller à une sieste, mais j'étais éreinté. Parfois, je crois que le sommeil m'intoxique ! Une sieste peut me mettre dans un état moral déplorable. 
Et pourtant j'en ai eu de si belles... 
La sieste, comme le vin, c'est délicieux à partager, toxique dès qu'on est seul ! 
Qu'est-ce qui peut à ce point m'empoisonner, m'emprisonner ? Me donner cette sensation de manquer cruellement d'ouvertures.

jeudi 13 octobre 2011

Certains jours...

Il y a des matins, comme ce matin, où rien ne va ! D'abord le réveil qui sonne trop tôt, d’ordinaire je l'éteins avant qu'il ne se manifeste... Ensuite, bien qu'il soit très tôt, je ne suis pas seul sur la route et les quelques automobilistes sur mon chemin sont à l'évidence moins réveillés que moi (subjectif, certes, mais c'est mon blog). Plus loin, deux d'entre eux se sont d'ailleurs accrochés créant du coup un encombrement... ralentissement exagéré outre mesure par l'avide curiosité de quelques écervelés. 
Arrivé, trouver une place dans ce parking devient difficile parce qu'il a été décidé de le peindre ! Il faut voir le gâchis, alors que la couleur du béton n'était en rien désagréable, ils l'habillent de bleu, de fushia, et de lignes noires et blanches, partout. Même les plots centrals des voies d'accès sont peints de trois couleurs différentes... De qui se moque-t-on ? On devrait mettre en taule, les individus qui ont proposé ces embellissements inutiles et ceux qui ont décidé cette dépense (sans doute justifiée par des intérêts comptables), de nos jours, c'est d'une scandaleuse provocation ! Ils feraient mieux de nettoyer les indélicatesses de certains usagers (alors qu'il y a des toilettes accessibles partout, mais que voulez-vous, un homme sur trois, dès qu'il se retrouve seul, ne peut s'empêcher de se vautrer dans sa fange, le second se retient par peur d'éventuels représailles et, enfin le troisième, par éducation). 
Au bureau, une chaleur à tomber, parce que chacun y va de son petit frisson pour tripoter les boutons du climatiseur, et de sa bouffée de chaleur pour ouvrir les fenêtres en grand ! il y a des fois ou la démocratie, il faudrait pouvoir la retourner face contre le mur... Cette envie de distribuer des coups de pied au cul... Mais j'ai de l'éducation et surtout l'instinct de survie... 
Chaque dossier sur mon bureau semble empoisonné pour majeure partie par cet autre fléau qu'est l'incompétence (y a-t-il quelqu'un ici qui aurait étudié le Principe de Peter ?). 
Une seule solution : composer ! Mais qu'est-ce que ça coûte, parfois. 
De retour chez moi, un vacarme au dehors, un bruit de pression strident et permanent. La raison ? le ravalement d'un immeuble dans la rue...
Une seule solution : des boules Quies ! 
Incapable de réfléchir, incapable de sensations et d'émotions... sinon ce lourd sentiment d'incompréhension, cette profonde solitude !

mercredi 12 octobre 2011

Un film, une claque

"Et au milieu coule une rivière."
Je ne l'avais pas vu.
Montana ! Missoula ! Bon sang ! quel choc... Je n'ai oublié aucune de ces histoires qui me furent racontées, au point que c'était comme revoir un endroit que je connaissais, que j'aimais.
Les montagnes, les sources chaudes, la rivière et ses rapides. Les plaines et les forêts... La lumière, les nuages, la fraîcheur de l'eau, de l'air... Les granges, les gens...
L'immensité sauvage... Cette infinie sérénité où la cruauté et la violence affleurent à peine, en permanence...
Et comme si ça ne suffisait pas, ces arômes blancs, dans le temple, lors du dernier prêche...
Une claque... il va falloir m'y faire.

Persévérer

Écrire sans avoir rien à dire, pour le plaisir, pour la musique que forment les sons et les silences de ces mots que j'aligne ici en y pensant le moins possible, juste comme ils me viennent, les laisser dire... Obstinément ! 
Écrire ce que cette vie, qu'est la mienne, me donne à réfléchir, depuis toujours, depuis avant même que je sache lire et écrire...
Et s'il s'en dégage quelque chose qui ait un sens, eh bien, tant mieux. Sinon, peut-être y trouverai-je les indices d'une malédiction qui fait que je ne suis jamais ou je devrais être, que je ne fais jamais ce que je devrais faire et que je ne me trouve jamais avec qui je devrais être... D'un de ces mauvais sorts qui s'acharne à toujours me remettre à mon point de départ, comme pour évaluer ma résistance, mon obstination à tenter de faire ce pour quoi je me sens fait.
Plus le temps passe, plus je persévère, plus je me sens en accord avec moi-même. Mais je sais qu'il faut me méfier, la maladie feint parfois la retraite afin de rassembler ses forces et, profitant alors de cette confiance nouvellement acquise, par surprise, m'envahir.
Bref, tenter de récupérer cette vie, que tout ce qui n'est pas moi escroque. Ne pas cesser de me densifier et de m'affûter.
Quel étrange concours de circonstances, alors que je viens d'écrire ces quelques lignes, je reçois par la poste une copie du discours que Steve Jobs fît à Stanford en 2005... 

mardi 11 octobre 2011

Aïeul


Quelques mots à propos d'elle. Moi, je la connais depuis toujours, elle, depuis que je vis. Une femme singulière qu'un drôle de hasard a menée auprès d'un homme qu'elle n'aurait dû que croiser. Bourgeoise devenue paysanne, parce que trop jeune pour être seule elle n'entendit à cette époque que ses peurs primaires...
Fût-elle un jour heureuse ? Lorsqu'elle me parle, je comprends ce que j'ai toujours pressenti, cette question n'a aucun sens, pour elle, pour moi, pour nous tous.
Elle est pour moi un personnage énigmatique. Il y a ces perceptions que j'avais d'elle étant petit, ce qu'en dit sa fille, l'amabilité attentionnée que les gens du village, où elle a toujours vécus, ont pour elle... Rien ne s'accorde tout à fait ! Elle est bien trop complexe pour ne pas être dotée d'un fort caractère, pour ne pas être plus intelligente qu'il n'y parait.
Ce qui me fascine, c'est son état d'esprit. Elle n'est pas aigrie, bien qu'elle ne fût que victime, et condamnée au manque après l'abondance puis à la solitude. Toute sa vie, elle fut une Étrangère, des pensions de son enfance bourgeoise, à ce village perdu de paysans durs et bourrus et maintenant par l'effet de sa longévité, ce grand âge qui fait que plus que le corps qui s'affaiblit, c'est la Vie qui vous fatigue, vous lasse. Et peut-être aussi cette indéfinissable solitude que nous avons en commun elle et moi.
Elle a cette générosité matérielle qu'ont ceux qui ont appris à se contenter de ce qu'il possède. Elle a aussi l’égoïsme de ses sentiments, de ses émotions, de sa personne. Elle n'a rien oublié, rien renié, et si parfois dans une colère qui semble un peu poussée, elle se met à dénoncer ceux qui, il y a si longtemps, l'ont abusé, c'est parce qu'elle souhaiterait pouvoir aider ceux qui aujourd'hui sont à ses côtés. Bien qu'elle sache que l'essentiel dans la vie, ce n'est pas ça... elle n'est pas donneuse de leçons... 
Chacun va jusqu'où son esprit et son âme peuvent l’emmener !



lundi 10 octobre 2011

Correspondances 2.

Après cette fameuse soirée de retrouvailles évoquée ici, la maîtresse de maison qui était à l'honneur ce soir-là, envoya à tous les convives un mot de remerciement tout à fait charmant, où elle nous faisait part de sa grande surprise et de ses fortes émotions...
Ce fut, bien entendu, pour moi l'occasion de faire le malin, en lui répondant immédiatement par ce courriel, comme-ci le sien ne s'adressait qu'à moi-même :  
Il me suffit de recevoir un mot pour que chez moi il en évoque cent ! Sans doute un peu autiste, mes synapses voyagent lentement et me privent du plaisir des bons mots dits, des belles et vives réparties, qui ne surgissent qu'au ralenti... Mais dès lors que je les écris, je passerai presque pour un érudit, un homme d'esprit. Alors, comme de tout ce qui m'amuse... j'en abuse.
Je rentre d'une visite rendue à mes parents, à qui j'ai raconté nos retrouvailles. Le premier mot de ma mère fut : " Isabelle, cette jolie petite brune, que je t'avais empêché d'aller voir un soir..." !!! 
- Il me faut ici apporter quelques explications : Isabelle fut, il y a trop longtemps pour donner une date et rester poli, une de mes premières amoureuses. 
La surprise passée, à peine le temps d'un embarras ne me remettant pas tout à fait... la première chose qui lui vînt à l'esprit et qu'elle lâcha devant toutes ses amies qui s'empressaient autour de nous (...) était que durant notre brève relation d'adolescents, il fallait composer pour nos rendez-vous avec mes immanquables "quatre heures"... à croire qu'une tartine beurrée et un chocolat chaud avaient plus d'importance que la découverte des merveilles de l'autre sexe, ou encore que j'avais peur ! Mais plus vraisemblablement que je me sentais obligé de rentrer chez moi, tout de suite après l'école, afin d'éviter que s'inquiète exagérément ma mère névrosée... le téléphone portable n'existait pas encore... - 
Bon sang, il suffit de quelques goûters et d'une mère angoissée pour rater son entrée dans la vie ! 
Je dois reconnaître que les années qui suivirent ne dérogèrent que peu avec ce qui prenait de plus en plus l'aspect d'une malédiction. Heureusement, j'eus l'occasion de briller de tous mes feux, ainsi que de prendre des bains glacés...
La soirée fut aussi pour moi inoubliable, particulièrement quand ta sœur décida courageusement de me faire briller sur la piste de danse, alors qu'elle n'était vraiment pas à la hauteur de mon incompétence à m'agiter de la sorte - du moins tout habillé - et ne connaissant pas toutes les raideurs de corps et d'esprits qui donnent un aspect amidonné à toutes mes tenues. Et, plus embarrassant encore, de prendre le risque, par la nature même de l'exercice, d'en éveiller une toute autre, plus explicitement localisée. 
Il y eut aussi cette immense détresse psychologique qui s'empara de moi lors d'une tentative de conversation avec ton beau-frère...
Mais moins sérieusement, tu n'imagines pas comme je suis enchanté que nous nous soyons retrouvés, je n'aurai jamais assez d'éloges pour François d'avoir su casser le carcan de toutes ces années qui nous tenaient séparés... 
Cessons donc d’espérer, voyons-nous dès que possible... Pourquoi ne pas aller illuminer un soir Paris de nos histoires, de nos espoirs ?
Il m'a semblé que certains de mes courriers avaient ici une place, parce qu'ils exposent d'autres facettes de ma personnalité, et plus particulièrement cet humour que j'aime à utiliser à mes dépens, mais pas seulement... 

Par monts et par vaux... Parfondru

La campagne de mon enfance. Pas de grands espaces, juste de petits coins verts et odorants. Ça sent les bois, la terre et l'herbe... Le silence n'est troublé que par le chant des oiseaux et des feuilles de peupliers dans le vent. Quand il pleut, la brume s'empare du paysage, l'air s'emplit de ce parfum d'humus qui caractérise les terres riches et sans engrais...
Dans les bois, on sent la présence musquée des animaux sauvages, on pourrait presque les suivre...
La cloche de l'église compte le temps qui ici passe moins vite, on s'y enrichit, intérieurement.
Je retourne sur les pas de mon enfance, dans ces genets où, Indiens armés d'arcs et de lances, nous nous embusquions. Ces grands chênes où, traqués par des loups imaginaires, nous trouvions refuge...
Un peu plus loin, les potagers que nous rançonnions et les cabanes de bottes de foin ou de maïs où nous cachions notre butin. Avant de disparaître dans les bois touffus et sombres, pour manger les pommes et les prunes glanées bien que pas assez mûres et fumer de la "ranquille"(araliacée), nous donnant des coliques qui sonnaient précipitamment l'heure du retour, sous le regard amusé et félin des vrais chasseurs...

















samedi 8 octobre 2011

Ombre et lumière

Que ferai-je sans la musique ? Je ne peux écrire sans elle. Par manque de lumière, elle assure l'éclosion de mes mots. Mais je suis incapable de lire avec... 
Il m'est arrivé de mettre ici des liens pour l'associer à ce que j'écrivais, ressentais, mais c'est exceptionnel. Je pourrais évidemment installer les gadgets nécessaires pour que ce blog propose à l'écoute ce qui m'emporte. Tout comme je pourrais étaler en liste - jamais exhaustive - tous ce que je lis, j'écoute, je mange, je fais... Mais je suis contre. Ce n'est pas une boutique de Farces et Attrapes ! J'écris assez de bêtises comme ça, et puis ma sensibilité va à la sobriété...
C'était dans ma nature, mais c'est une rencontre qui fit que j'y tende définitivement. M'ouvrant à ce que j'avais en moi en commençant par ce livre, "L'éloge de l'ombre. 陰翳礼讃, In'ei raisan" de Jun'ichirō Tanizaki. Mais surtout par son espace de vie et, ce que j'appellerai ses belles coutumes de vie... Sa parcimonie, son minimalisme en flagrant contraste avec la richesse de ses réflexions ! Il en sortait une violence comme une lumière vive mais aussi des crises de profondes pénombres ! 
Je fus fasciné, se présentait à moi tous ce que je cherchais, comme un concentré de tous ce qui me touchait... L'exhausteur de mes émotions, l'exaltateur de mes sensations, le révélateur de mon monde !
Oui, je souffle sur elle, tantôt le chaud, tantôt le froid. Mais la passion n'engendre ni mesure ni raison... Et c'est aussi à l'image de mes souvenirs où chaque bon moment se trouve toujours un peu diminué par un mauvais et chaque mauvais est invariablement effacé par un bon.
Une relation en ombre et lumière. 
Ombre peut-être nécessaire au regard de l'intensité de cette lumière.

vendredi 7 octobre 2011

Pour le plaisir

Plus de pronostics sur les jours à venir. J'avais supputé un mois d'octobre riche en évènements, bien entendu heureux, je ne peux que constater à quel point il commence mal. Présager n'amène que des déceptions, sans doute mieux vaut-il se concentrer sur chaque jour sans rien attendre du suivant.
Quoi qu'il en soit, mon avenir est plus qu'incertain, alors vivre au jour le jour et gérer les catastrophes au fur et à mesure qu'elles se présenteront n'est pas la plus mauvaise chose à faire.
En rentrant de ma journée de travail, j'avais l'intention d'aller courir afin de suivre mes bonnes résolutions. Le ciel n'était que douteux et sans doute pas suffisamment pour justifier mon renoncement. Non, décidément cette flemme est tenace, la moindre déstabilisation psychologique est, elle reprend le dessus, m'apportant les meilleures raisons qui soient de ne pas me surmener en ces temps difficiles. Je fis donc une sieste ! 
Fort de cette oisiveté, je finis "Le petit ouvrage inachevé" de Paul Léautaud pour m'engouffrer dans ses "Entretiens avec Robert Mallet". Dans le premier, je découvris quelques caractères dépeints de femmes en amour qui me rappelèrent tant ceux que je connus. Quelle finesse de jugement dans des propos qui se veulent plus spontanés et directes que littéraires. Et que dire, sinon la même chose, de son avis sur la jalousie en amour ; de cette capacité d’indifférence qu'ont certaines femmes à se donner ; ainsi, que pour la majorité d'entre-elles, d'être perpétuellement animées de sentiments contraires. Cette maîtrise qu'elles ont de leurs désirs, de plaisirs charnels s'entend... Quant à l'amour vénal, il semble qu'il n'y ait là rien d’immoral... pour certaine. Il y a cinquante ans les féministes vilipendaient cette "dépendance instaurée", depuis, seul l'état d'esprit a changé (j'entendis même un jour un murmure qui semblait vouloir justifier cela et qui disait : "en temps de guerre..."). 
Et cette phrase que je ne résiste pas à écrire ici : "J'ai connu une femme si économe en toutes choses, qu'en faisant l'amour, elle regardait à sa "jouissance"."
Aucune misogynie ici, pour ma part, seulement faire valoir une certaine clairvoyance ! J'accepte et revendique même une évidente misanthropie, mais j'aime trop les femmes alors, comment ne pas les haïr de temps en temps ?      
Lire et écrire surtout, voilà bien deux occupations qui me font oublier, l'espace d'un moment, mes soucis et mes préoccupations...

jeudi 6 octobre 2011

Etat d'âme

Cette tristesse qui suit la colère, et qu'une sensation de néant accompagne, comme je la connais bien depuis ces dernières années... 
Petit et jusqu'à il y a peu, j'étais terrorisé à l'idée qu'il me faudrait un jour mourir et plus encore que cela puisse se produire le jour même, la nuit ou le lendemain, trop vite... Depuis un moment maintenant, cela ne m’effraie plus autant, sauf l'éventuelle maladie faisant de vous une charge (plutôt mourir que ressentir l'agacement des autres), qui peut précéder cet inéluctable.
Ce sont, sans doute, ces états d'âme successifs qui m'amènent à penser que tout est à l'image de ces éphémères qui ne vivent que le temps d'une journée, naissant et faisant sans choisir ce pour quoi ils sont faits : tenter d'atteindre la lumière et mourir ! Ou encore, à une route de campagne isolée, où seul un réverbère en éclaire un étroit tronçon ; sortant de la pénombre vous traversez la lumière puis disparaissez à nouveau.
Peut-être qu'après chaque colère, je prends conscience de ce que je suis, de mon insignifiance dans cet infini qui m'entoure. Peut-être que j’accède alors à cet univers où je suis, selon moi, tout ; selon ce qui n'est pas moi, rien ? 
Peut-être aussi est-ce cette perception chez moi qui rend vains tous sentiments médiocres, même si je ne peux éviter d'y céder à chaud.
Je sais, il ne s'agit là que de colères rentrées, qu'expriment, involontairement, les traits de mon visage, qui n'a jamais su rien cacher...
Heureusement, il y a l'amour, enfin c'est ce que je croyais... C'était sans compter avec ça :
http://www.youtube.com/watch?v=fEwWM2hlWI0
The sun's gone dim and the sky's turned black
Cause I loved her and she didn't love back
Johann Johannsson.
Si peu de mots pour dire autant... que mes bavardages.

mercredi 5 octobre 2011

Colère

Bon sang, ce regret que j'ai de m'être tant livré ! Ce mouvement de révolte intérieur contre moi-même qui monte et m'enfle ! Cette déception jusqu'au dégoût des autres. Ce goût d'amertume que je cracherais à leurs pieds sans même un regard si j'étais un autre que moi-même. 
Être hautain et odieux pour à mon tour me lâcher, leur dire à ces girouettes ce que je pense d'eux parfois. Avoir l'audace de souffler le glacial sur leur inéluctable tentative de réchauffement. Claquer la porte et disparaître. À jamais ! Les laisser stupéfiés pour m'avoir sans cesse estomaqué. À quoi sert de menacer qu'un jour il y en aura assez, alors que jamais je ne suis considéré ?
M'obstiner à composer avec ces incapables à se tenir en équilibre, m'empêche de m'émanciper, d'exister.
Mon sac est plein et j'en reste sur le cul ! Mais ce n'est que de la colère, moins contre eux que contre moi-même.

mardi 4 octobre 2011

Maudit mardi.

C'est dingue comme en une journée tout peu basculer.
L'entente radieuse devient discorde orageuse, à nouveau des reproches non fondés ou exagérés, fusent avec l'intention de blesser. Pourtant il n'y avait rien qui ne soit déjà connu... Certes, cette réaction traduit un mal-être, mais voilà, moi j'en ai ma claque du mal-être des autres ! Je ne sais pas si je suis fou ou si je ne fréquente que des fous. Ce qui finalement revient au même. Mais, je suis terriblement déçu de mettre encore fait avoir, d'avoir encore succombé au chant des sirènes.
Il est peut-être temps que je laisse tous et tout tomber et que j'aille voir de l'autre côté de la planète si j'y suis.
J'en reviens donc à l'à quoi bon... je serai toujours, pour tous, celui à qui l'on donne tous les torts pour n'en avoir eu qu'un ! La tête à claques ! Le con de service !
Même ce blog ne me paraît tout à coup n'être plus que de l’exhibitionnisme, sachant que personne, de ceux que je connaisse, ne le lit, quel intérêt peut-il avoir désormais ? Il faut dire qu'ils sont peu, si peu même que la troisième personne du pluriel ne convient pas vraiment ici...
Bref, un de ces maudits jours qui vous replace sur la case départ, effaçant tous vos efforts d'un revers de main.
Pourquoi ne puis-je jamais faire plus de cinq ou six pas d'affilés ? 
Pourquoi n'ai-je jamais le temps d'enfin pouvoir m'élancer ? 

lundi 3 octobre 2011

Inéluctable

Les plus belles émotions s'habillent toujours de simplicité. 
Tout se passa comme si nous ne nous étions pas vus depuis seulement quelques semaines. Bien sûr il y eut la confrontation de cette image que nous avions gardé avec cette apparence que chacun porte désormais. Mais très vite on reconnaît l'âme de cet autre qui vous a manqué, affleurant ses yeux qui brillent, ses gestes osés parce que toucher est essentiel. Et comme pas magie, le charme opère toujours autant, on a toujours été ensemble ! Rien ne sépare jamais ceux qui doivent être ensemble sinon eux-mêmes...
J'imagine qu'en tant que gens de cœur nous avons la chance d'être moins sujet au temps qui passe. Et ce, malgré les pires tourments qu'il nous a fallu apprendre à dépasser.
Nous allons nous revoir, c'est une évidence. On a tellement de choses à partager.    

dimanche 2 octobre 2011

This bitter earth

Je n'aime pas trop transcrire ici ce que d'autres ont écrit. Mais il m'arrive de déroger à cette règle, qui n'en est pas une, quand il me semble que le sujet, ainsi que la façon dont il est traité, correspond à ce que je ressens, traduit mes sensations, me touche...
La musique, cette voix. La simplicité d'un texte qui exprime tant...
Max Richter et Dinah Washington : On the Nature of Daylight. 
http://www.youtube.com/watch?v=D0TnJUsoR7s
This bitter earth
What fruit it bears
What good is love
That no one shares
And if my life is like the dust
That hides the glow of a rose
What good am I
Heaven only knows

This bitter Earth
Can it be so cold
Today you're young
Too soon your old
But while a voice
Within me cries
I'm sure someone
May answer my call
And this bitter earth
May not be so bitter after all

samedi 1 octobre 2011

Tenter sa chance

Aujourd'hui et demain, dans ce quartier, qui est maintenant le mien, la grande braderie annuelle.
Sincèrement, l’évènement n'aurait, pour moi, pas plus d'importance que les jours de marché. Mais voilà, cela m'évoque une robe légère sur de hauts talons clairs, ma main sur ses reins, sentant et suivant chaque mouvement... Esprit et corps tendus, à l'affût. 
Rien ne pouvait nous atteindre, je créais tout autour, un champ de force, une bulle d'attention. J'étais cent, j'étais mille, prévenant le début d'un frisson, la moindre intention... Prenant conscience parfois de ce pouvoir d'envahissement, je la laissais s'éloigner pour qu'elle reprenne souffle, puis je la rattrapais, assoiffer d'elle et de celui que j'étais à ces moments, à ces côtés...
Je vais descendre m'installer à une terrasse pour y lire... Pour avoir une chance de gagner à la loterie, il faut déjà y jouer. Bien que je sois incapable de savoir, ni même d'imaginer, ce que serait mon attitude, mes réactions, si soudain la chance me souriait.  

vendredi 30 septembre 2011

Il me faut plus de volonté

J'ai envie d'écrire, mais rien n'y fait... 
L'envie ne suffit pas, et l'idée ne vient pas toujours. Il faut bien sûr apprendre à plier l'esprit, à chasser l'apathie... Mais il faut aussi accepter ces temps difficiles de silence, d'introspection, qui enrichissent, rechargent l'imagination et préparent à l'action. 
Pour les rendre moins insupportables, ce sont des moments que je consacre le plus possible à la lecture, mais la médecine peut devenir poison, plus je lis, moins j'écris...
Évidemment avec une muse, tout est différent. Et si ces passages de silence subsistent et s'avèrent même nécessaires, ce n'est que pour essayer d'organiser ce flot continu d'idées qu'elle stimule chez moi. Enfin c'est ce que j'ai constaté.
J'ai beau savoir qu'une fois passé, le mur semble nettement moins haut qu'il ne le paraissait. Devant, je le vois toujours comme infranchissable.

jeudi 29 septembre 2011

Correspondances

Reçois la feuille de route de cette soirée qui sera l'occasion de retrouver cet ami perdu de vue.
La fête est une surprise, bien ficelée, qui se fera en deux temps.
Premier temps, l'ami en question et organisateur des festivités, accompagne sont épouse à un repas entre amis pour fêter son anniversaire.
Surprise ! Dans la pénombre sont là les amis fréquentés ces dernières années. Pendant que nous, les amis d'y il a longtemps restons cachés dans une autre pièce.
Deuxième temps, une fois les effets de la première surprise estompés.
Re-surprise et on entre en scène...
A la réception de son carton d'invitation, feuille de route à suivre... Je ne peux m'empêcher de lui retourner un mail intitulé :
Bien reçu… Mais…
Alors là, je m'oppose (index levé, bouche en cul-de-poule) !
Comment donc !? Invité, que surprise ? Et pour passer la soirée dans une pièce (occupé déjà aux trois quarts par un lit qu'on a pas le droit de se mettre dessus pour cause qu'y a tous les manteaux des autres) avec des individus que je ne me rappelle plus, dans le noir et en silence, moi à qui les émotions fortes provoquent des troubles intestinaux embarrassants qui font rire ou qui font gueuler selon ce que j'ai mangé...
Alors que pendant ce temps de retenue, les autres (ceux dont les manteaux occupent le lit, qui prend toute la place dans la pièce où l'on est caché, « ouvrez la fenêtre, on étouffe ») que je ne connais pas plus, s'émoustillent, s'émotionnent avec larmes et postillons, traces de rouge à lèvre et mauvaise haleine (« désolé, c’est quand j’ai faim... »)  et forcément les émotions ça creuse…
Le buffet est là tout prêt, rutilant de charcuterie, de fromages, de petits fours en tout genre, de Vins de Cocagne ou de Bordeaux et de Champagne... Là, d'adorables gougères au fromage, ici des minis pizzas aux anchois, sur le côté, l'espace Tapas et juste derrière, le salon, pardon, le saumon fumé... et regardez ces sublimes tartelettes aux fruits, ces pâtisseries orientales, ces sorbets de chez... le gâaateau ! Le gâteau d’anniversaire avec dessus écrit : « bonne annéeversaire » à cause du pâtissier qui s’est gouré à force de penser aux commandes de fin d'année... Il a réussi à ajouter « versaire » mais retirer des lettres c’était pas possible, « vous n’aurez qu’à vite le couper et ce sera ni vue ni connu… et je vous compte pas les bougies ! Combien de bougies ? Ah ! Quand même… »  
Bref, ou en étais-je ? Ah oui… Ceux de la première pièce éclairée et qu'on connaît...
Comment résister, une semaine entière qu'on y pense... on mange, on boit, on rit et on pleure, on se lâche… au point qu'on en oublie la deuxième vague, vu qui sont jamais là habituellement. 
Et quand enfin, embarrassé mais amusé quand même, on libère les premiers, ils se précipitent, certains pour embrasser Isa (en fait les deux premiers sortis), d’autres (tous ceux derrière les deux premiers) aux toilettes et, se retrouvent tous devant le buffet à reluquer, qui, la dernière tranche de saumon et si y reste du pain ou une fourchette pour la bouffer ; qui, comment se faire une coupe entière avec les fonds de verre qui restent sans mélanger et avec dignité...
Quand c'est enfin mon tour, avec un nom qui commence par V... reste plus que le bocal d'olives que j'ai amené vu que dans les soirées y en a jamais... à ce taper !
Et justement, à ce propos, les invitées, toutes mariées ou gamines avec leurs parents... Alors que je m'imaginais arriver à la soirée de monsieur l’Ambassadeur, grilles en Fer et Or à l’entrée du rocher, euh du Palais, emplit de gourgandines émoustillées à l'idée de me rencontrer, des « mademoiselle… » par ici et par là et partout autour de moi... qui s’exclament : « Oh, mon Dieu ! » (« Oh, my God ! » en Anglais pour le style) à peine je les approche, et à qui en retour, je glisse en douce un (... non, quand même) : « allons ma chère, appelez moi Marc ! »
Pour moi ce sera : « un doigt de martini avec une larme de vodka, remué à la cuillère et, une olive... merci. »
Allez, soyons fous, on sait ce que demain nous réserve : une couche et Alzheimer pour les vernis, Parkinson pour les autres qui même s'ils n'ont pas besoin de couches, s'en feront toujours proposer, au regard de leur froc !
... 
Au fait, bottes en caoutchouc ou normale : frac, nœud-pape, chemise immaculée (en début de soirée), souliers vernis (aussi) ?
...    

mercredi 28 septembre 2011

Fulgurance

En fin d'après-midi, à la terrasse d'un café, sur cette place que j'affectionne. Je déguste un allongé avec une goutte de lait en écoutant de la musique pour m'isoler. La plupart des conversations des gens autour sont aussi empoisonnantes que la fumée de leur cigarette.
Un mouvement dans mon dos et tout à coup je bascule en arrière, le souffle coupé...
Un parfum vient de m'atteindre en plein dans l'âme ! 
L'Heure Bleue, sans aucun doute sur une même nature de peau... Impossible de me retourner par peur d'être déçu et paralysé à l'idée de ne pas l'être. 

mardi 27 septembre 2011

Faiblesses ?

Je suis enclin aux rêves éveillés. Bien que conscient de l'aspect préjudiciable que comporte cette attitude, je ne peux m'empêcher d'imaginer un idéal tout à fait personnel que j'aimerais vivre ou posséder... C'est là, très certainement, une faiblesse, mais je suis particulièrement disposée à bon nombre d'entre-elles, et celle de sans cesse construire des châteaux en Espagne, est loin d'être la plus significative. 
Est-ce parce que je déborde d'imagination que je suis comme cela ou, est-ce cette nature rêveuse qui exacerbe ma créativité ?  
D'aucuns pensent avec force et conviction qu'il suffit de faire preuve de volonté pour ne pas y être sujet, et vilipendent volontiers ceux qui, selon eux, s'abandonnent à leurs faiblesses... Pour la plupart d'entre eux, ils ne font pas preuve d'une volonté exceptionnelle, mais plutôt d'une indisposition naturelle à l'imaginaire... Leurs jugements souvent vindicatifs sont plus des tentatives de conforter ce qui, selon eux, se doit d'être la normalité, le cadre rassurant pour tous... puisqu'il faut bien le reconnaître, ils représentent la majorité.
Alors que, les disposés à atteindre d'autres états de conscience, doivent quant à eux, faire preuve d'une sacrée force de caractère, pour réussir à vivre dans une société qui ne leur convient qu'en partie, et les bride bien plus qu'elle ne les stimule.

lundi 26 septembre 2011

Instantané

À parcourir sans en attendre plus qu'une petite musique, un léger vague à l'âme, à lire comme on écoute une sonate au piano de Bach.
Sans prétentions mais plaisant à suivre des lèvres. 
De ceux qui se disent avec les yeux par peur qu'à les prononcer ils perdent leur sens, se prennent pour des aveux. 
Des mots silences d'émotions aussi vastes que des univers, aussi subtiles que les rêves, aussi limpides que le cristal qui se brise. 
Illuminant de milliers d'éclats scintillant, l'instant fragile, des retrouvailles !

dimanche 25 septembre 2011

Changement d'Automne

J'ai repris la course depuis quelques jours, j'en souffre terriblement, physiquement et psychologiquement, mais ça me fait un bien fou ! 
Tout n'est que contraste, oppositions d’extrêmes, excès et ascèses... atteindre l'équilibre, une sérénité appliquée, ce serait ça la sagesse ? Un véritable ennui, non !?
Après tout, j'ai toute la mort pour être sage...
Bref, dans ma tête, grand nettoyage de printemps. Raté au printemps pour raison d'effondrement... manqué aussi cet été, pour une fâcherie, non sans conséquences, avec un ami... Quel bordel ! Toutes ces déchirures, toutes ces plaies.
En ce début d'Automne, quelques points positifs : l'entente est au mieux avec la maison des femmes de ma vie et, un ami, qui avait beaucoup compté... refait surface par surprise et organise des retrouvailles qui s'annoncent réjouissantes, avec toute cette bande de créatifs fréquentée il y a... des lustres.
Lui, comme moi, n'avons semble-t-il, pas changé (dans la tête, s'entend, nous ne nous sommes pas vus), nous étions fous et drôles... Il a gardé le cap au moment où je m'en détournais pour suivre ce que je savais être les chimères d'une "raison"qui n'était pas la mienne... Étonnant cette faculté que l'on a tous de toujours penser que la seule voie responsable est le sérieux, la sécurité, l'assurance...  alors que ce n'est qu'un leurre pour nous éloigner de celle du cœur. Pour faire de nous ce rouage pas nécessairement essentiel, que la société réclame, pour pouvoir continuer à se rêver... J'ai voulu, pour ces autres qui se disaient miens, être sérieux plutôt que contre eux... alors qu'il était trop tôt pour abandonner mes propres rêves. Dorénavant, je n'en fais plus qu'à mon cœur, dussé-je en souffrir, matériellement comme c'est le cas depuis quelques années. Je sais ce que je veux accomplir ! Quels rêves personnels je souhaite poursuivre.
Ce mois d'octobre à venir sera sans doute riche d'émotions... J'espère qu'il le sera aussi, de manifestations... Je me comprends ! 
Enfin pour l'essentiel, rien ne bouge, visiblement. C'est ce prisme que j'ai dans la tête que je m'applique à orienter différemment... Me remettant ainsi en question, je vois ce qui ne change pas, ce qui subsiste, c'est sans doute là ce qui vient du cœur. Et je ne suis pas surpris. Et je vois le reste avec une autre compréhension, une autre perception...
Essayez !

samedi 24 septembre 2011

Recette

Mon omelette ! 
Parce qu'on la dit excellente :
Ingrédients et ustensiles :
Œufs (frais, c'est préférable)
Une pincée de Sel. (Option : lait ; crème-fraîche ; piment d'Espelette...)
Un cul-de-poule
Une fourchette
Une spatule
Une poêle (antiadhésive pour éviter une matière grasse)
Méthode :
dans le cul-de-poule, casser les œuf (selon le régime désiré, retirer un jaune sur deux...), ajouter le sel, les battre à l'aide de la fourchette avec souplesse pendant que la poêle préchauffe.
Verser les œuf battus dans la poêle bien chaude, à l'aide d'une spatule, décoller à plusieurs reprise ce qui saisit trop vite. Puis remuer la poêle pour décoller l'omelette, la faire danser doucement. Tenant la poêle légèrement penchée en avant, avec le poing taper le manche pour qu'elle se replie sur elle-même. 
Servir selon la cuisson désirée, baveuse ou bien cuite.
Accompagner d'une salade verte, Mâche, Mesclun ou Roquette.
Déguster, à deux.
!
Vous allez me dire que je me moque de vous ? Tout le monde sait ça !
Alors, pourquoi la mienne est meilleure ?
Qualité des œufs ? Type de cuisinière, de poêle, de spatule, de fourchette ?
Que nenni ! 
C'est avant tout une question de poignet, de geste, mais... 
Messieurs ! Merci d'éviter toutes allusions déplacées quant à ma situation d'amoureux seul et désespéré... Cela dit, j'imagine que vous ne regarderez plus jamais "La Mère Poulard" de la même façon... Et, que chaque fois qu'une omelette vous régalera, vous resterez vaguement pensif...
Reprenons,
... mais... c'est surtout (attention secret de réalisation, truc essentiel pour réussir l'omelette qu'on veut lui faire) :
Avoir envie de la lui faire, tout autant que vous avez envie de vous approcher d'elle, de la sentir, de la toucher... Lui faire cette omelette comme vous lui feriez l'amour, tous sens exacerbés, exalté par vos émotions, votre sentiment.

P.S. : c'est valable pour tout !


Bon, allons calmer nos ardeurs et prendre l'air au Bois, ce matin...

vendredi 23 septembre 2011

Anecdote signifiante

Je pense continuellement à cette anecdote depuis maintenant trois jours sans savoir pourquoi. Elle me trotte dans la tête telle une ritournelle sans que je puisse m'en débarrasser. Plus exactement, il s'agit de ce genre d'expression, percutante d'être tant approprié, qui vous vient spontanément en réaction à un évènement ou à la vue d'un individu... un sentiment immédiat, donné à celle qui me la répétée par une de ses plus proches amies. À propos d'un individu que je ne connais pas personnellement (et que je ne désire pas connaître), personnage à qui j'ai déjà vaguement fait allusion au cours de ces pages, en le citant par sa profession... 
De mémoire, ça donne à peu près ça : "... c'est le genre de type qui, quand bien même il s'acharnerait à se laver les mains, elles sembleront toujours sales !
Parfois une phrase entendue vous revient, sans raisons apparentes, de la même façon qu'une de vos oreilles se mette à siffler tout à coup. (petit on me disait que quelqu'un pense à moi... et, j'y crois, c'est maintenant l'alarme qu'une connection sous surveillance, parce que précieuse, à ces ondes qui unissent les âmes, a lieu... C'est particulièrement fiable, je l'ai vérifié à de très nombreuses reprises et pas plus tard que mardi dernier). 
Bref, je me remémore la scène telle qu'elle me fut racontée, les personnes en cause, et surtout les circonstances dramatiques, précises. Je fouille dans le tumulte de ces étonnantes intuitions ; mon problème, c'est que ces flashs intuitifs, éveillent aussi mes peurs, actionnent le prisme de mon esprit... 
Je ne dois pas interpréter, juste recevoir sans émotions, sans sentiments... je ne suis pas assez fort !...  Mais j'en comprends le sens, j'en saisis l'essence... Je tente de museler mon ego... Qu'exige donc mon orgueil ? Sinon de voir moins loin que je ne peux le faire. L'émancipation, atteindre la pleine puissance de mes sens, impliquent nécessairement l'annihilation cet ego aliénant.
Éliminant toutes les idées qui m'écoeurent... reste... je l'espère, pas un drame ! 
Voilà, j'imagine que cela peut paraître abscons à qui n'est pas elle ou moi. Mais que voulez-vous, je n'écris pas ici pour être compris... (sinon je finirai mes phrases, oubliant ces points de suspensions fétiches) mais plutôt pour témoigner de ces sensations que j'ai, qui ne furent jamais aussi fortes qu'avec elle, et qui sont à l'origine de l’existence de ces pages... 

jeudi 22 septembre 2011

Cet inconnu que je suis

Petit déjà j'étais inquiet de la façon dont les autres me voyaient. Aujourd'hui encore j'essaye de me figurer l'image qu'ils se font de moi. Sans succès, je dois bien le reconnaître. 
Si je pense à quelqu'un que j'aime, par exemple elle, je la vois, je connais chacun de ses traits de caractère, ses ombres et ses lumières, presque même ce qu'elle pense... Je peux dire que je sais qui elle est, je sais même comment les autres la perçoivent... Mais malgré toutes mes tentatives pour pénétrer son âme, parfois avec succès, je ne sais pas comment elle se voit elle-même. 
J'ai toujours eu le sentiment d'être insignifiant aux yeux des autres, j'ai compris depuis que c'était là une perception très personnelle (quel bazar dans cet esprit)... et qu'à ma grande surprise, je comptais pour certain. Cependant, lorsque je suis avec tous ces autres, je sais qui est chacun et comment on le voit ; le seul inconnu pour moi, c'est moi. 
Alors comment ne pas l'aimer plus que cet inconnu dont je ne sais rien ?
Bon, je m'aime bien quand même, et pour être honnête, je m'aime plus que certain...

mercredi 21 septembre 2011

Réalité de l'illusoire, ou l'inverse

Tout n'est peut-être qu'illusion. Selon la nature de l'humeur, la même journée ou le même évènement, peut-être perçu très différemment, parfois même de façon tout à fait opposée. 
Mon esprit est un prisme qui donne à ma perception, les couleurs de mes sensations. Ainsi je crée tout ce qui m'entoure, je suis tout ce que je ressens.
Selon cette idée, si je veux changer les choses, il me suffit d'orienter différemment ce prisme qu'est mon esprit. Ma perception en sera modifiée, ce qui me paraissait insupportable sera sans importance, ce que je prenais pour insignifiant me révélera des trésors inespérés...
Plus facile à dire qu'à faire, mais en avoir conscience c'est déjà ça. C'est un début pour apprendre à rester ouvert, en toute circonstance...
Et si rien n'existe, si toute réalité n'est qu'illusoire, alors rien ne nous empêche de faire de chaque rêve une réalité.
Ce qui chez moi est terriblement réel, c'est le manque, l'absence du poids de cette main qui se posait sur mon épaule ou sur ma cuisse, l'absence de cette main qui se logeait dans la mienne... Alors qu'au moment où j'en sentais le poids, lorsque j'en serrais les doigts délicats, que cela était bien réel, c'était comme un rêve ! 
Un vide, un rien peut donc être réel tandis qu'une réalité peut sembler n'être qu'un rêve. Comme-ci tout n'était en fait qu'illusion. 
À moins de vouloir suivre la voie du Bouddha, de se faire moine, j'imagine qu'il est impossible d'abandonner toutes nos certitudes, nos convictions. 
Pour ma part, je sais que j'en garderai au moins une, comme une île agitée au milieu d'une mer calme, comme une réalité rêvée... Suffisamment puissante pour qu'à la croisée d'un regard, elle m'emporte à nouveau.
Finalement tout peut arriver, puisqu'il suffit de l'imaginer et d'y croire.
"On est fort que de ce qu'on croit et non pas de ce que l'on sait."(Maine de Biran)

mardi 20 septembre 2011

Astronomique

Conscient qu'aucune grandeur particulière ne me caractérise, je n'ai cependant toujours pas réussi à délimiter l'étendue de cette âme que j'habite. Elle me semble aussi vaste et changeante que l'univers, l'explorer m'occupe à temps complet. 
Seule ma libido dans ses moments de fièvre, semble en restreindre les contours. Ou plus exactement, à la contracter sur elle-même, lui donnant une si forte densité qu'elle génère alors par réaction inverse et proportionnelle, son expansion... Contraction, dilatation... respiration.
La vie est toujours surprenante, une jeune panthère Africaine, perdue il y a des années, retrouve mes traces et ses désirs... À la fois objet et sujet aux plaisirs, elle m'offre en partage, ses envies de sauvageries parfois l'après-midi... parce qu'elle s’ennuie et parce que moi aussi... Et il faut bien l'avouer, ses feulements saccadés rassurent mon ego mis à mal ! Petite médecine qui calme au moins pour un temps ma chimie, mais ravive d'autant mon besoin de magie. Une fois le désir, qui n'est désormais plus que charnel, assouvit, je reviens à l'émotion à la vitesse de la lumière du flash de l'explosion. 
Le désir, loi corporelle irrépressible ; l'émotion, choix de l'esprit. Dans l'un et l'autre, naît le trouble, secousse essentielle pour garder l'âme en éveil, pour éviter les certitudes, pour exister.
Je passe ainsi du corps à l'âme, désormais désunis, afin de poursuivre mon chemin.
Condamné aux supernovæ à implosion ou "effondrement de cœur" ; privé de celles trop rares à "explosion thermonucléaire"... faute de cette étonnante petite étoile blanche et brillante, qui m'avait fait goûter à la magie de la fusion du corps et de l'âme.

dimanche 18 septembre 2011

De quoi se constitue la peine

Comment définir ce qui compte quand l'essentiel manque ?
Tout juste en veille, je nivelle l'intensité de ma vie en fonction des émotions ressenties. Depuis - combien de temps maintenant ? - bien malgré moi, je vis au ralenti, perdant toutes attitudes... épuisant doucement toutes réserves.
À peine maintenu par ces "je t'aime" que, désormais, seule m'adresse une fillette à qui j'ai fait tant de mal pour lui avoir si peu donné. Alors qu'ailleurs, pour avoir offert tout ce que j'avais et ce que j'aurai, à qui avait déjà, pour avoir cru qu'il suffisait d'aimer... je fus en retour, défiguré, balafré par les formes les plus aiguës que peut prendre le mépris... 
J'ai voulu croire que mes espoirs me porteraient cette fois encore un peu plus loin, mais je me rends bien compte que ce n'est là que folie, qu'il n'y a plus d'énergie, d'envie. 
Ne subsiste que l'étrange et diffus sentiment qu'il manque désormais un temps à ma vie, une mesure essentielle.
Voilà sans doute de quoi se constitue la peine, un espace vide, vide de sens, qui vous égare, vous laisse hagard. Un de ces vides intérieur qui donne à ce qui vous entoure une apparence âpre et cruelle.

dimanche 11 septembre 2011

Commémorons

Depuis plusieurs jours, tout le monde en parle, en faire un sujet aujourd'hui n'est pas très original. Pour ma part je ne fus qu'un de ces innombrables témoins, effarés, pétrifiés. Un peu plus touché que certain pour savoir au milieu de ce drame, mon frère et un être encore inconnu mais déjà cher à mon âme...
En panne, pour n'être plus supporté par mes émotions, je suis à terre, chacun de mes pas est un effondrement, et je n'ai que l'énergie de reconstruire pour le pas suivant... comment écrire quand on rampe ? S'il n'y avait ces milliers de souffrances, évoquées en vue des commémorations, qui pour moi se trouvent n'en faire qu'une, celle d'une petite flamme dansante, délicate et fragile qui parfois vacille d'être approchée de trop près... pour me donner encore l'envie d'écrire quelques mots, même futiles.
Que m'importe de distinguer le vrai du faux, dans ce qui m'a été raconté... seule l'image d'un effroyable effondrement, dont on sort vivant mais à jamais différent, importe. Qu'il ait eu lieu il y a dix ans ou vingt-quatre ans. 
Ce dont je suis certain, c'est qu'il y avait là, l'expression d'une déchirure, d'une faille abyssale. Une de ces plaies, qui ne cicatrisent jamais, avec laquelle il lui faut apprendre à survivre.
Tout ce que je sais, c'est qu'à cet instant plus qu'à d'autres, c'est de silence tout autant que d'une présence dont elle a besoin...
J'imagine que d'autres mots la bercent et la réconfortent... mais, du fond de mon ennui, j'ai ressenti ce besoin de lui écrire ici, de lui indiquer par une trace comme on laisse une entaille sur un arbre, que même le Temps ne peut tout effacer.
Commémorer n'a pour moi pas de sens, tout ce qui compte profondément à mon cœur m'accompagne à chaque instant, est toujours présent. Qu'en serait-il de mon passé, si tant est qu'il appartient à moi seul, sans ces vrais sentiments éprouvés, de ces sentiments qui ont l'étonnante faculté de faire du passé de cet autre rencontré, le vôtre !
Qui plus que moi la connaît ? Au-delà de ce qu'elle daignait me montrer, de ce que je devinais... de ce que je découvrais aussi... Connaissant ses peurs d'enfant, ses égarements, ses vies compartimentées, ses fourvoiements... au point de devenir parfois un autre elle-même, de devancer ses états d'âme...
Alors, commémorons, moi je m'y emploie à chaque instant, n'oubliant rien, pas un geste, pas un regard, pas même une pensée cachée... 
Comme un don ou une malédiction. 

jeudi 1 septembre 2011

Ce qui m'ouvre les vannes

Cet espoir fou d'un jour me hisser haut, 
drapé de la fierté de ceux que j'aime.
De ne plus être simplement vu, d'être regardé ! 
Peut-être aussi de me voir moi-même, 
non plus comme je crois que les autres le font, 
mais comme celui que je n'ose pas être.
Cet espoir fou d'un jour me hisser haut,
drapé de ma propre fierté d'exister.
Ne me manque que l'indispensable,
ce qui m'enflamme,
ce qui m'ouvre les vannes...