(journal de mes sensations)
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jeudi 21 juin 2012

Un peu de tenue !

J'évoquais à l'instant la dégradation de ma tenue. J'en veux pour preuve, mon état à cet instant précis où j'écris : assis cul nu à mon bureau, un tee-shirt douteux sur le dos, un autre, encore plus, sous les fesses (ma chaise de bureau est en bois peinte, c'est froid). Je me lève pour me resservir du thé dans la cuisine et aperçois la voisine d'en face, hilare, me faisant de grands signes ! Où est-ce le voisin ? Mes lunettes sont à côté ! Je reviens, mon thé à la main, perplexe sur la nature humaine, la mienne, bien entendu... où se trouve donc cette culotte, celle qui ne me serre pas (non, c'est une blague, je n'en suis pas à ce point-là) ? Mais, force est de constater que je me laisse aller à de mauvaises habitudes ! De quoi aurai-je l'air, l'hypothétique matin où, miracle, je ne serai pas seul ? Un peu de tenue ! 
Et il faut que je lève le doute quant à la nature de l'auteur des signes, en face. Parce que dans l'un des cas cela pourrait être une invitation, tandis que dans l'autre, une grossière moquerie. Remarquez, c'est interchangeable ! 

mardi 19 juin 2012

Mise au point

Dès lors que je sors en société, j'ai à le déplorer. Ce sont moins les autres qui me fatiguent ou m'irritent, que moi-même. À peine rentré, invariablement, je regrette mon attitude ou ce que j'ai pu dire... et cela au moins deux jours durant. 
Ici, je ne compte pas le nombre de fois où je désapprouve ce que j'ai écrit pensant trop me livrer ou que mon propos est affligeant de bêtise... et ce n'est qu'à la vanité que j'ai de trouver telle tournure de phrase originale, tel choix de mots singuliers... que je dois de ne pas tout effacer ! Voilà, certainement, la faiblesse de mon caractère, de ne pas m'en tenir à ma pensée profonde, de douter une fois celle-ci formulée, d'être lâche après coup et de me trouver tout envahi de honte d'avoir privilégié une apparence façonnée, et encore trop souvent mal contrôlée...
Sans doute s'agit-il là, de la rançon de ma sincérité, de ma complexité et de cette fâcheuse habitude que j'ai de pleurer sur mon sort. Et aussi de quelques rares et puissantes convictions qui me viennent d'un endroit chez moi, que je ne connais pas... encore.

dimanche 17 juin 2012

Exister...

Exister : être à l'extérieur celui que l'on est à l'intérieur. Surgir de soi ! Sortir, se montrer... Ce que je tente de faire ici, avec des mots.
Il m'est arrivé d'exister, en réalité. De surgir de moi, ou, plus exactement, d'en être extirpé, arraché... par deux bras qui, bien que d'aspect frêle et délicat, étaient mues par une aussi foudroyante que surprenante, énergie. Que cet acte fût ou non voulu, il n'en est pas moins un fait !
Existant subitement, je me suis senti, à vif ! Tout à la fois fragile et, invincible.
Depuis, tous mes mots, ne sont que, d'incessantes prises d'élan, pour à nouveau resurgir hors de moi ; de perpétuelles tentatives, pour être attrapé, par deux jolis bras... pour exister !

vendredi 15 juin 2012

Instinct, ou simple malaise

Matin chagrin... De mon lit, j'entends bien que dehors il pleut et je devine que le ciel est gris. Cette boule est toujours là, sans doute amplifiée par ce temps. Est-ce que quelque chose se trame, est-ce que quelqu'un de proche, va mal... Impossible de me libérer de ce malaise... 
Je me rappelle encore de cet appel au secours, en fin d'après-midi, un mois de juin, il y a longtemps... Il faisait chaud, j'étais dans le Marais, je me souviens exactement à quel endroit... seul, comme souvent... 
Un vilain abcès s'était attaqué à une de ses jambes, paralysée par la douleur et par la peur, désemparée... elle avait alors pensé à moi... 
Je ne me rappelle plus ce que j'avais fait... mais j'avais certainement dû accourir, laissant tout le reste, tomber. Eh bien, toute la journée précédent cet appel à l'aide, j'avais été sujet à ce genre de sensations désagréables... 
Depuis mon adolescence, je suis comme ça... ceux à qui je tiens, vivent en moi... 
J'ai, pour je ne sais quelle raison, développé mon instinct, certainement au détriment d'une autre qualité, plus essentielle... Quoi qu'il en soit, c'est un sens infaillible, j'en suis la seule partie fragile, le talon d’Achille, enfin, mon ego, dès qu'il prend le dessus... soit les deux-tiers du temps. 
Sans doute me prenez-vous pour un cinglé, sans doute n'avez-vous pas tout à fait tort, mais, à l'occasion, demandez aux intéressés...
En attendant, il faut que je me bouge, j'ai quelques magasins à faire... et un coup de main à donner.

jeudi 7 juin 2012

Voilà tout !

Certes, il m'est arrivé de faire mieux ! Mais aujourd'hui, c'est quand même pas mal. Alors que j'en connais qui ont bossé toute la journée, j'ai quant à moi eu une activité... de veille. Ce qui est certain c'est que je n'ai pas contribué à la dégradation de la couche d'ozone, encore que... Passons ! Levé à 08h00, lavé à 14h00, sorti voir le temps qu'il faisait vers 16h30, revenu épuisé de m'être traîné jusqu'au Monoprix de l'autre côté du pâté de maisons et d'être rentré en traînant, en plus de ma carcasse, un sac de courses, à 18h00... Je dois me résoudre à cette certitude, je ne suis absolument pas prêt à reprendre le boulot demain matin !
J'ai la sensation de sortir de ma machine à laver, je me sens complètement abruti. Serait-ce un état de conscience ? Me suis-je assoupi au cours de cette journée ? Je ne pourrais jurer de rien, peut-être ai-je atteins un autre niveau de conscience ? Quoi qu'il en soit aucune voix céleste ou intérieure, ne m'a soufflé une essentielle vérité. Seul le temps semble s'être contracté tant et si bien que je suis tout étonné que la journée soit déjà passée. J'ai le don, inné, de méditer ! Voilà tout.

Pas encore ermite !

À mon réveil, tout semblait idéal pour que j'aille courir. Mais, je n'y suis pas allé. Je n'avais pas envie. Quelques étirements dans mon lit, histoire de me dérouiller et je me suis préparé mon thé. Ce n'est pas que l'effort physique me rebute, c'est qu'il m'ennuie ces temps-ci. J'ai envie d'une grande balade dans Paris, de prendre mon temps, aller courir autour de ce Lac, me barbe. Je crois que c'est un moment à passer, que ça va revenir, je ne suis pas trop inquiet. Et, j'ai décidé de ne faire que ce dont j'ai envie ! L'essentiel étant d'avoir des envies que je puisse réaliser...
Je me rendrais bien dans un ashram en Inde, passer six mois à faire, de façon intensive, du Yoga et à méditer... C'est mon côté extrémiste, chaud ou froid, jamais tiède ! C'est une idée à garder de côté, mais à ce jour, je ne me sens pas du tout disposé à cela. Parce que, l'ascèse... ça commence à bien faire ! On va d'abord essayer de passer à d'autres plaisirs terrestres, pour pouvoir réguler ceux dont j'ai abusé jusqu'à présent ; et une fois repus, on envisagera plus sereinement l'avenir ! 
J'écris cela en prenant mon petit-déjeuner, entre quatre tartines grillées. Une fois les deux premières avalées, je reviens à mon ordinateur et continue en attendant que grillent les deux autres et surtout, qu'elles refroidissent, je déteste que le beurre fonde dessus, ça m'écœure et, avec la confiture, ça fait une bouillie peu ragoûtante. 
Bref, mes petits-déjeuners suivent des rites précis et... ridicules, des habitudes. Mais, il suffit que nous soyons deux, au levé, pour que toutes ces manies volent en éclats, pour mon plus grand plaisir. J'ai toujours été convaincu que c'était l'autre qui me faisait grandir, surtout celui du sexe opposé, et je n'ose m'imaginer en cet ermite, que je suis en train de devenir !
C'est donc une chose entendue, la décision est prise de trouver, chaussure à mon pied... Mais comment surmonter ces doutes terribles, qui m'assaillent alors ? Serai-je à la hauteur ? Et puis, à quoi je ressemble, enfin de quoi ai-je l'air ?
Ouh la... demain en rentrant du boulot, je crois que j'irai courir, ça paraît plus simple vu comme ça. 
Enfin je dis ça, mais quand même...

lundi 4 juin 2012

Mineur...

Petite forme aujourd'hui. Ma journée de travail n'en fut qu'une demie pour cause de visite médicale obligatoire. Si cela avait été pour rentrer chez moi, je ne m'en plaindrai pas, mais j'ai dû patienter entre les divers examens avant d'être reçu par le médecin... Elle m'a, entre autres, demandé si je rencontrais des difficultés dans mon travail, si je n'avais pas de problèmes ou si je n'étais pas en conflit avec ma hiérarchie ou avec mes collègues ! 
Après coup, ses questions m'ont fait réfléchir. Je ne me rappelle pas avoir eu de dispute avec quelqu'un, depuis...? J'ai eu des désillusions, des vexations, des humiliations même, du moins c'était mon ressenti. J'ai même été blessé, et ça m'a fait tellement mal... Je porte plus de peines que de joies, certains maux subsistent encore aujourd'hui et quelques-uns m'accompagneront sans doute jusqu'à la fin. Dix, cent, mille fois, étant seul j'ai eu envie de blesser à mon tour, d'être sans pitié, d'attraper à la gorge et de plaquer avec violence contre un mur... mais ce n'était que l'expression de l'insupportable causé par mes souffrances, un hurlement de bête blessée... Trop violentes pour être étouffées et puis, tellement persistantes que comment ne pas devenir, humble, s'agenouiller, vaincu... 
Mais au bureau ? Personne, n'a les moyens de m'atteindre ! Bien sûr, je peux être en désaccord avec une idée, une règle ou quelqu'un, mais pas au point d'en souffrir ! Vous voulez rire ?
C'est peut-être à cause de mon genre d'ambition, qui n'est pas celle du pouvoir, ni celle de l'argent, qui s'acquièrent principalement au détriment des autres... mais plutôt de celle, de ce qui se donne et se reçoit, sans jamais compter... 
Je suis un mineur solitaire qui risque sa peau pour trouver une émeraude, un saphir ou un rubis. Tant que vous ne venez pas creuser dans mon trou, pourquoi me fâcherai-je ? Mais surtout, si j'en trouve une, aussi précieuse et brillante qu'unique et fragile, ne vous avisez jamais de toucher à mon joyau. Je vous tue ! 
- Non, Docteur, tout va bien, vous savez, moi de toute façon, je ne parle à personne.
Bon... Il fallait bien compenser avec les jours précédents, et justifier d'avoir fait mienne cette phrase de Boris Vian, dans "l’Écume des jours" : l'humour c'est la politesse du désespoir. 
Et puis ma mélancolie, c'est un peu mon garde fou ! Pour me remettre à ma place. Pour rester un type fréquentable, on ne sait jamais. 

dimanche 3 juin 2012

Mea culpa !

Alors, alors ? Eh bien, j'avais tort ! 
Bon, pas tout à fait, mais je dois reconnaître que ce ne fut pas aussi désagréable que je l'avais pensé. C'est amusant comme, souvent, l'imagination tend à enfler d'hypothétiques tourments et à minimiser les probables plaisirs...
Arrivant, alors que la réunion avait commencé... c'est dire mon entrain... je constatais, dans un premier temps, que la réalité s'avérait pire que mes craintes. Que des cheveux blancs pour ceux qui en avaient encore ! J'ai même pensé m'être trompé de péniche. Au dernier rang, comme déjà à l'époque, un camarade connu et reconnu depuis, J.M.... Pour être sincère, jeunes nous n'étions pas vraiment amis, je n'appréciais pas son genre... Mais il y a trois ans le hasard fit que nous reprîmes contact, et son humour, son auto dérision et son humilité... firent mouche. À peine nous croisons-nous désormais que nous ne pouvons nous empêcher de blaguer, de nous marrer, de passer un bon moment.
C'était donc bien là ! Et il y avait plusieurs générations d’élèves... mais où étaient les trentenaires ? 
La discussion portait sur la nécessité absolue d'augmenter le nombre d’adhérents... Parmi les moyens évoqués, l'informatique et le web semblaient à tous le meilleur, avec cependant une remarque, certes, judicieuse de la part de cette femme d'un âge certain : "... mais je connais beaucoup de femmes qui ne sont pas sur internet !" Il n'en fallut pas plus pour que J.M. et moi échangions nos premières plaisanteries... Mince alors ! Un vivier vierge et inexploité ! Je conseillais vivement à J.M. de prendre des notes et d'essayer d'en savoir plus à propos de ce trésor... Lui qui venait de me raconter que lors de sa dernière tentative pour trouver l'âme-sœur - non, excuse moi J.M, mais je me dois d'être ici sincère, et nous savons tout deux que c'est une blague - pour chercher une aventure [de] culturelle, se contentant de la première syllabe. Il s'était connecté à un nouveau site internet spécialisé qui lui avait demandé, son âge, sa ville puis son quartier et, avait fini par le mettre en relation avec sa propre sœur ! Alors, forcément, une population féminine, non répertoriée sur le web, il était intéressé... 
Un peu plus tard c'est une amie, très proche à l'époque, de mon frère, qui vint vers moi. Le genre de personne pleine d'énergie et d'entrain, n'ayant jamais quitté le quartier, et ayant gardé beaucoup de contact...
Il y avait aussi cette femme, la quarantaine plutôt plaisante et, a priori, toute disposée à offrir ses services... de photographe, en attendant... à suivre.
Une fois l'A.G. terminée et la péniche partie, il fut décidé, par l'équipe dirigeante, d'aller prendre un verre cours Saint-Emilion et de m'y convier. 
L'amie de mon frère s'enquit de savoir comment se portaient mes parents, évoqua ses souvenirs de révision du bac en compagnie de mon frère (ils étaient inséparables sans pour autant être amants) et je sentis qu'elle regrettait le manque d'échange avec lui, depuis... Et, m'entrepris dans la foulée, à propos d'une de ses très bonnes amies. Une belle fille célibataire et hôtesse de l'air, plutôt nature à entendre les anecdotes croustillantes à son sujet... et, à constater le soudain intérêt des autres mâles présents qui ne la connaissaient, à leurs grands désarrois, et dont la tension était palpable, que de vue ! Elle me montra même, sur son Iphone, une photo (très correcte), mais avec le soleil, difficile de se faire une idée, hormis, sur celle qu'avait en tête mon interlocutrice...
Nous finassâmes cette journée, avec mon pote et le type chargé du site informatique de l'association, charmant au demeurant, Chez Prosper, mais sans "yop la boum !"... comme je l'avais écrit, quelques jours auparavant, à une amie...
Rentré, pas trop tard et pas trop fatigué, voilà une journée dont il me faudra savoir tirer une leçon quant à mes préjugés.

samedi 2 juin 2012

Contrariétés.

05h00 du mat, dans ma voiture, Radio Nova joue ce titre de Bill Withers, Use me. Vous savez ce black baraqué coupe afro mais pas trop et rouflaquettes des année soixante-dix... Le type qui a chanté Ain't no Sunshine et Lean on me... Ça vous cause ?
Use me, c'est pour moi, l'un de ces meilleurs titres, il a un de ces groove ! Un truc qui fait que vous vous sentez bien, même dehors à 05h00 pour aller bosser un samedi matin ; tout juste si au feu, je ne sors pas esquisser un ou deux pas de danse, me sentant capable de tout remuer... Mais bon... je calme mes ardeurs, à cette heure un samedi matin, l'humour n'est plus de règle. 
Bien entendu, il y a aussi les paroles ! Et là, tous ne peuvent comprendre ce qu'il raconte, je ne parle pas de la langue... Paroles et musique dans cette chanson sont indissociables, les todooto todooto to-dooto to-todootodooto du synthé (faut écouter en même temps, mais c'est exactement ça) avec la tonalité de sa voix, explique tout ! 
Certaines de nos faiblesses sont nos beautés... Lutter est, de toute façon, désespéré, alors autant essayer de s'accepter... Bref, ce morceau bouge des trucs en moi... et en même temps, me rassure, allez comprendre. 
Dans le parking, je marche sur des coussins d'air, le cœur dans un nuage de mots... Jusqu'à ce que j'entende un : "Eh ! Attend !" essoufflé, derrière moi... Un collègue qui après un "salut" entre deux souffles, m'entreprend des problèmes qu'il a eu hier sur un vol, de la difficulté de trouver une place dans le parking, de la nouvelle patronne qu'il ne trouve pas mal... Sans même frapper avant d'entrer, sans se demander si je ne préférais pas marcher seul avec mes idées en tête avec ce visage que je garde toujours quelque part, avec mes mots, avec ma vie à moi... Mais que sa vie doit manquer de densité pour venir ainsi tourner autour de la mienne, sans pudeur ni gêne ! Il ne doit pas savoir que Bach a écrit une musique qui... Le genre de mec qui range avec certitude chaque individu dans une catégorie, qui classe... Dans quelle case m'a-t-il placé ? Le genre même de type qui ne pourrait pas comprendre ce qu’exprime cette chanson de Bill Withers, parce qu'il se refuse à vivre quoi que ce soit, parce qu'il est bien installé au centre de son monde et, qu'il ne saura jamais à quel point, on est si peu de chose dès qu'on ose en sortir... Et que si je le touche, là à cet instant, et que par un extraordinaire pouvoir que j'aurai, je lui montre tout ce que je perçois, tous ces doutes, tous ces maux, tout autour comme une foule, en permanence, même la nuit... il se sauverait en hurlant pensant devenir fou.
Bref, ce type m'a mis de mauvais poil ! Mais je me suis contenté de lui sourire et même de lui répondre gentiment... Lâcheté ou bon sens ? J'hésite encore...
À part ça, hier j'ai été faible ! Bon sang, une fois encore ! Après avoir reçu un énième message m'invitant à cette première et officielle Assemblée Générale d'anciens élèves de... J'ai cédé et promis à cet ami que j'y serai ! Consternation ! Je n'ai pas envie d'y aller. Pourquoi lui ai-je dit que je viendrai ? Par amitié !? Alors que l'idée même de retrouver des gens qui viennent pour en retrouver d'autres qu'ils croient connaître... pensant quoi d'ailleurs ? Que viennent-ils chercher ? Sans compter qu'ils doivent avoir mon âge, pour la majorité d'entre-eux... Ce qui va me mettre dans cette position que je déteste, ne sachant jamais si je dois leur dire tu ou vous... tant ils me sembleront vieux et cons, enfin peut-être je dramatise ! Et puis, parler de quoi, avec qui ? La probabilité que j'y croise quelqu'un ayant les mêmes sensibilités et aspirations que moi, est particulièrement faible, et quand bien même elle se produirait, n'étant pas d'un naturel extraverti...
Cet après-midi, je dois donc me rendre sur cette péniche, glauque et qui pue ! Et mon ami, aura sa poule avec lui... j'avais oublié ce détail...
Ah mais quelle misère ! Mais que vais-je donc faire dans cette galère ! 
Ça y est, me voilà contrarié !

jeudi 31 mai 2012

Ce journal...

Quelque chose, tout à coup, me chiffonne. Ce journal, comment l'achever ? Ce que je veux dire, c'est que si c'était un cahier, voilà, il suffirait d'en venir au bout. Mais dans ce cas, sur ce site virtuel, où les jours, les mois, les années s'accumulent en une liste sur le côté, qui pourrait ne jamais finir... 
L'avais-je définie préalablement ou s'est-elle imposé naturellement, cette règle de la sincérité ? Une sincérité du moment, quitte à me contredire un peu plus loin. Une sincérité ou c'est l'idée qui, toujours doit précéder le mot. Quoi qu'il en soit, pour que cela tienne, il ne fallait qu'une règle, pas deux. Je ne sais déjà plus qui trouva l'autre.
Aujourd'hui, je suis conscient que je ne dis pas encore tout ! Que certaine chose ne sorte pas. Qu'il m'en reste à dire, même si parfois l'idée, ne semble plus vouloir venir. Je trouve encore à m'échapper... Mais je vais bien finir par m'attraper !
Est-ce là, quelque éparses confessions, dont l'ensemble m'échappe forcément et inéluctablement ? Un peu à l'image d'un de ces petits murets, comme on en voit dans les landes Écossaises, où chaque jour, bâtissant le mien, j'aligne à la suite, de nouvelles pierres pas nécessairement semblables, mais qui ne jurent pas avec l'ensemble déjà constitué. Sans plan préalable, sans but défini, juste en allant vers l'infini. Aucun repère, rien, j'avance sur une vaste étendue et chaque jour m'éloigne un peu plus du début. Et pourtant le muret, reste intègre !
En tout cas, ça me plaît de venir là. Je ne considère pas cela comme un travail commandé, une nécessité, dans le cas contraire, il y a longtemps que j'aurais cessé. C'est devenu une part de moi, un espace intime où je m'amuse tout le temps et, si je m'y ennuie, c'est toujours délicieusement...
Ce qui m'en a donné l'envie ? Bien sûr je l'évoque au début, mais ce n'était que la partie visible... J'écris, je crois, poussé par un extraordinaire, un insatiable besoin d'aimer et d'être aimé. À tel point, que même le fait de ne pas me sentir récompensé, ne réussit pas à me dissuader de continuer. N'y a-t-il pas là quelque chose d'inspiré, de mystique ?
J'en entends certain dire, il brode pour tenter d'atteindre les 50 ! Je le reconnais, j'y ai pensé...  

jeudi 24 mai 2012

Reprise...

Même si je devrais être habitué, depuis le temps, c'est chaque fois pareil, levé 04h15... arrivé ici à 05h25 et là, devant tous mes écrans d'ordinateurs allumés, je cherche mes codes d'accès en me demandant ce que je fiche ici... Je prends connaissance des nouveautés, vérifie mon courrier et constate que je suis convoqué pour une visite médicale, la semaine prochaine. Je lève la tête, regarde autour de moi... mis à part le service médical, que je sois ici ou pas, n'intéresse personne. Ce n'est pas que cela soit désespérant, finalement je n'en attends pas plus, je dirais même que je ne supporterais pas d'être indispensable, mais... c'est malgré tout une autre vie que j'aurai pu apprécier... hum... que j'ai presque appréciée, je dois bien l'avouer... Jusqu'à ce sentiment de suffisance qui m'a alors envahi et cette soudaine peur viscérale de devenir pédant ! Même mon corps s'est alors rebellé, s'infligeant un ulcère... Incroyable ! s'était exclamé le médecin...
Non, ce n'est pas mon truc. Je suis fait pour faire autre chose, faire du pain ou des pizzas, faire pousser des légumes et élever des poules, et surtout, regarder les nuages... et les jolies femmes...
Bon, c'est pas le tout, ni l'endroit... un thé et c'est parti...

lundi 21 mai 2012

Pas toujours clair...

Bon ce matin, je me traîne comme une loque, un thé à la main, je végète, attendant la frénésie nécessaire pour épurer les impressions ressenties et, essayer d'écrire à même ce sens qu'elles ont pour moi, en fidèle interprète de mon âme... 
"Fidèle interprète", doux rêve ! Je ne peux m'empêcher de camoufler, de coder... Craignant de conjurer mes pressentiments teintés d'espoirs (ou l'inverse ?), pour avoir été trop clair. 
Condamné à agir en obscur, sinon abscons, évocateur alors que j'aspire à une poésie presque physiologique... J'avance donc par touches successives qu'apparemment rien ne relie. Mais sans doute aussi est-ce là la conséquence de mes préférences pour, l'art abstrait, la danse contemporaine, le houmous et les poètes surréalistes (mais que vient faire le houmous, ici ?)... ce qui suggère plus qu'il n'impose, et, à fortiori de mon habileté naturelle à ressentir plutôt qu'à comprendre.
Et finalement être lu comme on regarde une toile abstraite en se laissant aller à ses propres sensations, je trouve cela plutôt gratifiant et même plaisant. Même si le risque de passer pour un... est aussi plus grand. Heureusement, quelques-uns possèdent soit une clef, soit la sensibilité et, parfois même, les deux.

jeudi 17 mai 2012

De la difficulté d'être soi...

Un repas de plus, presque un de trop ! Il arrive que les certitudes et le manque de souplesse des autres, m'exaspèrent au point que... je réagisse... faiblesse rare, parce que tellement douloureuse... mais voilà, je ne suis que moi !
Donc, quelques mots ont suffi pour que les nez se tournent, personne n'est dupe, mais un seul s'en veut, d'avoir failli. Je ne suis pas le redresseur de tords, et je suis conscient que beaucoup ne sont pas disposés à se remettre en cause... par peur de s'effondrer.
Cependant, le peu d'éducation que j'ai reçu n'était en partie fait que de ces principes, cinglants comme des certitudes... Et, il m'en a coûté de devenir ce que je suis, il m'a fallu faire preuve d'un certain caractère, d'une capacité à encaisser sans rechigner, pas ordinaire. 
Mais plus que tout, je suis triste que ceux que j'aime ne puissent atteindre cette félicité, que parfois je frôle...
Et je me rappelle, comme un appel du coeur, de ces instants de tendresses, que j'ai eu la chance de vivre ces quatre dernières années, ces instants qui me rassuraient tellement, quant à cette quête, si éloignée de ce qui me constitue. Qu'est-ce que je peux me sentir seul, de temps en temps. 
Tout petit déjà, aux adultes à qui mes parents me présentaient, et qui s’exclamaient comme j'étais charmant, tout le portrait d'une telle ou d'un tel... je répondais déjà, très sérieusement, au point de les faire rire, ne sachant plus comment réagir : Non ! Je suis Moi... tout seul ! Comme-ci, inconsciemment, je le savais déjà...
Mais je dois avouer, que c'est dur d'être soi ! Parfois même, c'est douloureux. Au point qu'on aimerait mieux être un autre.
Plus que jamais, je n'ai aucune certitude. Et ceux qui en ont me font tant de peine.
Il m'arrive même d'avoir besoin, aujourd'hui encore, qu'on me console... Comme quand elle attrapait ma tête pour l'enfouir dans sa poitrine, ne pouvant s'empêcher de pleurer à son tour, constatant l'incommensurabilité de mon désarroi...
On en est tous là, n'est-ce pas ? Avec les mêmes faiblesses, les mêmes attentes.

jeudi 10 mai 2012

La barbe !

Voici près d'un an que je porte la barbe... Enfin, une drôle de barbe, un peu mitée sur les côtés, qui plus est, poivre et sel... C'était plus par facilité que par souci d'esthétisme... d'ailleurs, mis à part au bureau où j'eus l'impression que, parmi mes collègues, ce style se mit à fleurir, je dois reconnaître que concernant la gente féminine, cet aspect de ma personne amena celle-ci à me servit plus souvent du monsieur, que du chéri ! Sans vouloir passer de l'ours au loup (de Tex Avery), j'en avais assez, et ça me grattait... Du coup, ce matin, après ma douche, je l'ai rasée !
Je me regarde tout frais... Résultat ? Comment dire ? Avant, ça faisait Cèleri rave qu'on vient de sortir de terre, maintenant ça fait Cèleri rave, tout juste épluché ! Y a un côté Chérubin que je n'aime pas trop... va falloir que j'assèche un peu ce visage... 
C'est marrant cette façon qu'à mon corps de réagir, à l'inverse de tous. Plus je m’assèche au-dedans, plus je prends les traits d'un bon vivant, au-dehors. À croire que je ne suis fait que pour les excès de cœur, d'âme et d'esprit (même si, pour ce dernier, je suis mal servi), et pour l'ascèse du corps, de ses plaisirs terrestres. Je ne peux abuser que dans le partage, animé d'un sincère désir. Tout le reste me nuit. 
Bon ! Il suffit de le savoir.

jeudi 26 avril 2012

Sans complaisances !

17h45, orage et pluie ! Il était temps... pour soulager ma conscience de n'être pas sorti, pour justifier mon inertie... Le mauvais temps, mes horaires de travail, la fatigue... Quelles aubaines ! Parce qu'il m'est de plus en plus difficile de prétexter mon associabilité... puisque tous s'entendent à dire que ma compagnie est plus que plaisante... jusqu'à ces inconnus qui malgré ma tête où ça se voit, je veux dire, il suffit de me regarder pour sentir une certaine froideur, et bien, même ceux-là s'obstinent à venir vers moi... Bon sang, même en cela, j'aurai échoué ! 
C'est peut-être aussi que j'en ai assez d'avoir honte de moi-même, pour n'avoir pas encore réussi à me réaliser ? D'être un déserteur dans l'âme !

mardi 24 avril 2012

Je suis fait pour les excès.

Ce matin, je porte une de ces lassitudes... aussi lourde qu'une enclume ! Je ne suis pas fait pour travailler, gagner ma vie, de cette façon... Je n'aime, dans toutes choses, que l'exaltation ; me sentir exacerbé, intensifié. Il me faut du stress, de la pression, parce que, naturellement, je suis d'un calme... contagieux ! 
La régularité m'ennuie. Je suis fait pour les excès. 

jeudi 15 mars 2012

Epileptique

Il y a de l'acharnement à entretenir pareil déséquilibre, à satisfaire un si impérieux besoin de vertige. Même si la tâche est rendue plus aisée par le manque d'un essentiel, de cet être de désir et de partage, dont je puisse, entre autre, prendre soin. De cet autre reconnu qui, par sa seule présence, m'éloigne de moi-même et consume mon abondante bienveillance avant qu'elle ne m'écrase. 
Emprisonné dans une solitude qui m'accable de toutes sortes de tensions contraires, je suis victime d'éclats de folie ; de vives clartés en embuscade ; de décharges aussi soudaines que brèves, qui me révèlent, par pans fragmentés, des aspects insoupçonnés de mon âme. Des espaces brûlés, semblants dévastés où gisent çà et là d'étranges formes calcinées.
En accéléré je pourrai faire penser à un épileptique saisi de convulsions et d'hallucinations, par les effets stroboscopiques de son poste de télévision qui passe en boucle les épisodes de la Quatrième dimension. Mais il n'en est rien, je ne suis qu'un stupide et naïf funambule qui, dans l'espoir d'enfin exister, s'est lancé le défi de marcher sur un fil, tendu au-dessus de ses propres abîmes, à reculons !

vendredi 9 mars 2012

Ce qui compte...

Un de mes principaux problèmes, est de n'avoir jamais eu la capacité d'adhérer à quoi que ce soit. Chaque entreprise, finissant toujours par me paraître, hypocrite, intéressée, voir mesquine... Pourtant, adhérer à une cause, à une idée, c'est croire. Et croire est aussi important que respirer. Mais, chaque fois que je me suis laissé emporter par une cause, c'est qu'elle était perdue ! 
Sans doute est-ce dû à une compréhension singulière de la notion de valeur. Je ne me complais que dans ce qui ne me rapporte rien, matériellement j'entends. Ou, plus précisément, je ne conçois qu'avec un sincère scepticisme que ce que je fais, puisse avoir une quelconque valeur, entendu sonnante et trébuchante, aux yeux des autres. 
Comment ne pas constater que tout ce qui à une certaine valeur à un moment, fini par ne plus rien valoir, à un autre ? À quoi bon cette dépense d'énergie, faisant plus penser à une fuite en avant effrénée laissant tout ravagé derrière elle, qu'à ce progrès presque divinisé ? 
Quoi qu'il en soit, je n'ai pas la prétention d'avoir ne serait-ce qu'une idée sur ces questions, et encore moins, d'éventuelles solutions. Mais, je ne peux me résoudre à considérer avec sérieux toutes idées de progrès basées sur la possession, le mercantilisme et le chacun pour soi. Il suffit d'écouter nos politiques pour comprendre que nous courons à notre perte.
N'est-ce pas en raison de ces dogmes, crées par nous-même, que nous nous trouvons interdits de nous poser les bonnes questions à propos de notre avenir ?
Instinctivement, j'ai toujours été attiré par une évolution personnelle plus, spirituelle (je ne parle pas de religion) que matérielle, d'où cette incapacité à me reconnaître dans notre société. Il n'y a là aucune prétention de ma part, ou adhésion à quelques idées nihilistes ou révolutionnaires, que ce soit. C'est tout simplement plus fort que moi, je suis comme ça. 
De mémoire, je n'ai jamais manqué de rien, ni jamais posséder plus que je ne puisse utiliser, ou qu'on puisse m'envier. Je suis loin d'être un érudit, et n'ai jamais brillé en rien. Si je devais citer ce qui fût le plus significatif durant mon enfance, ne me vient en tête que ce bien-être qui m'envahissait, lorsque enfant, allongé dans le foin odorant et bourdonnant, je contemplais la course des nuages, ou un ciel d'été étoilé. 
Alors, qu'est-ce qui prédispose untel à un être un loup, untel un agneau et tel autre un berger ? 
Pour ma part, je ne suis assurément pas un loup et j'ai encore des doutes quant aux deux autres possibilités. Mais, je cherche sans répit, ma propre vérité. Ce qui me convient, et sans que cela nuise aux autres. Parce que, même si je me dis souvent misanthrope, je sais que notre plus grande richesse... c'est l'autre !

lundi 13 février 2012

Cette nécessité de sortir de moi

Ma dernière matinée... Je me sens épuisé, sans doute est-ce la conséquence de n'être pas sorti pour courir ou même marcher depuis qu'il fait si froid. Je suis resté cloîtré chez moi, desséché, chargé d’électricité, inconfortable... Ne sortant que pour aller travailler ou faire les courses essentielles. J'ai besoin de nature ! Il faudrait que je sorte courir pendant mes repos, peut-être même ce midi, pour évacuer toute cette humeur nocive. Ou, au moins, faire une de ces longues balades à pied que j'affectionne.
J'adore marcher en ville, sans autres buts que de sentir la ville, d'observer les badauds. En général je me ferme, filtrant les sensations, mais si, de ces anonymes qui viennent vers moi, une personne éveille ma curiosité, j'ouvre tous mes sens, aspirant tout ce qui émane d'elle, essayant même de me projeter en elle durant l'infime espace de temps où nous nous croisons.
Ces balades commencent en général dans le milieu de l'après-midi, je pars en flânant, au gré de mes sensations. Au début tout est calme, puis, le soir tombant, on sent monter l'effervescence. Je m'attarde alors pour contempler les rues commerçantes s'agiter, les façades d'immeubles s'éveiller. 
En plus de l'effort physique d'une marche intensive, je sors de moi, j'échappe à ce qui m'emprisonne.
Lorsque j'ai l'occasion de faire ces promenades dans la nature, j'ai cette même sensation de me libérer, avec en plus celle de me purifier, d'épousseter mes sens, de m'unifier à quelque chose de fondamentale. Dans la nature, je me sens comme appartenant à quelque chose de grand. 
Plus que jamais je me sens bien, hors de moi. Ressentant alors tout, si intensément. Faisant partie de tout.

lundi 6 février 2012

Comment vois-tu ta vie dans les années à venir ?

Quelle drôle de sensation d'à nouveau essayer de formuler ici ce que je ressens, ce que je ne peux retenir. Dois-je me considérer comme un exhibitionniste ? J'ai plutôt l'impression de faire preuve de courage ou, d'une sorte d'inconscience. Mais ne seraient-ce pas là les deux qualités requises, pour en être un ?
En fait, cet exercice me maintient dans une hyperémotivité. Depuis que j'ai cédé à cette pulsion, je me sens de nouveau sur le fil, en équilibre entre deux mondes, celui qui me nourrit et l'autre... différent... douloureux mais qui me rend tellement vivant. Le confortable, où il suffit de "faire" pour vivre et, l'incertain qui donne à chaque minute de vie, une intensité émotionnelle, et parfois vous offre la révélation de ce qui compte.
Quoi qu'il en soit, m'exhiber ici me soigne, et peut-être même que cela s'avère secourable pour certains de ceux qui prennent le temps de me comprendre, ou plus exactement, de me ressentir.
Bien que je ne sache toujours pas quelle direction prendre, des signes m'encouragent. Dernièrement une chose étrange s'est produite. Lors d'une conversation, une question fut posée : 
Comment vois-tu ta vie dans les années à venir ? 
J'eus en premier lieu la sensation de me trouver au bord d'un gouffre. Puis, j'ai compris, que j'avais abandonné toutes ces prétentions qui n'étaient pas les miennes, celles qui donnent une apparente contenance nécessaire à la considération de ceux qui font de même. la réponse me vint alors si spontanément que je ne pouvais pas en douter. Je voulais... travailler à exprimer mes émotions, toucher l'autre comme il m'arrive d'être touché, conserver intacte ma capacité à m'émouvoir, à m'étonner, à être fragile, et puis rendre ce que je reçois. 
Pour le reste, la nature, quelques sincères compagnons pour nous entretenir, nous réchauffer... quelques outils pour mener à bien mon projet, un toit et de quoi survivre, me combleraient.