Trente-six jours déjà que je n'avais pas couru... Ce matin, dix kilomètres d'une traite et même pas mal ! Courir ici, c'est s'accorder à la nature...
Et quel spectacle, le soleil matinal et de lourds nuages conféraient au vert de la forêt et des champs, un puissant contraste, énergisant, presque animal.
(journal de mes sensations)
Affichage des articles dont le libellé est Racines. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Racines. Afficher tous les articles
jeudi 10 mai 2012
mercredi 9 mai 2012
"Kale" surprise !
Arrivé dans ma campagne... Je suis effaré par le changement depuis ma dernière visite.
Pour la déco, la couleur dominante c'est le vert, dans tous les tons imaginables. Quelle étonnante frénésie en ce début de soirée, il y a dehors, une de ces animations, un de ces boucans ! Mais où étaient donc tous ces piailleurs, ces gazouilleurs... les mois précédents ? Et ce bruit de fond, comme celui d'un grand ventilateur, en plus tendre, d'où vient-il ? Ce sont ces jeunes feuilles de Peupliers toutes fringantes de leurs premières soirées, toutes agitées d'être ainsi flattées par le vent...
Je fais le tour du propriétaire, et constate comme la nature est toujours pleine de surprises... Ces plantes d'un autre continent, moribondes il y a quelques semaines, semblent aujourd'hui autant de belles promesses...
Pour la déco, la couleur dominante c'est le vert, dans tous les tons imaginables. Quelle étonnante frénésie en ce début de soirée, il y a dehors, une de ces animations, un de ces boucans ! Mais où étaient donc tous ces piailleurs, ces gazouilleurs... les mois précédents ? Et ce bruit de fond, comme celui d'un grand ventilateur, en plus tendre, d'où vient-il ? Ce sont ces jeunes feuilles de Peupliers toutes fringantes de leurs premières soirées, toutes agitées d'être ainsi flattées par le vent...
Je fais le tour du propriétaire, et constate comme la nature est toujours pleine de surprises... Ces plantes d'un autre continent, moribondes il y a quelques semaines, semblent aujourd'hui autant de belles promesses...
mardi 1 mai 2012
L'impacte d'une image
Une de ces images qui restent sans que je sache pourquoi. Une image découverte dans un manuel scolaire de géographie. Ce devait être en dernière année de primaire. Je me rappelle de la classe, du livre, que c'était un matin d'hiver et même que les rideaux étaient fermés. À la demande du professeur (dont je ne me rappelle pas plus, d'elle ou de lui, que de mes petits camarades), j'avais ouvert mon livre à la page requise. S'y trouvait cette photo, prise dans une ville en Suède ou au Danemark, on y voyait des immeubles rectangulaires tout en verre, un carrefour couvert de neige ou se croisait un tram, quelques voitures et des passants. Une de ces photos anodines, sans intérêts particuliers, que l'on trouve dans tous les manuels, une photographie choisie pour illustrer le sujet d'une leçon et aussi, sans doute, parce que n'étant pas assujettie à des droits d'auteur...
Qu'a-t-il bien pu se passer pour que cette image et cet instant, restent ainsi gravés dans ma mémoire ? Était-ce parce que, pour une fois, j'étais sûr d'avoir compris et de connaître mes leçons et qu'ainsi je ne craignais pas d'être interrogé ? C'était-il produit quelque chose dans ma vie d'enfant qui me rendait... j'allais dire heureux, mais je crois que ce n’était que, présent, ce jour-là ?
Je peux ressentir, encore aujourd'hui, ce qui m'envahissait, cet état étrange et plaisant... dans lequel je me trouvais ce matin-là.
J'aime les villes, est-ce depuis ce jour-là ? Je sais qu'en regardant cette image, j'ai, peut-être pour la première fois, voyagé, vers autre chose que des rêves d'enfants.
Aujourd'hui, le simple fait de me la rappeler libère toutes ces sensations... Si une photo aussi anodine et froide peut avoir un aussi puissant impacte sur moi, alors, lorsqu'il s'agit, non plus d'une image, mais d'un visage d'émotion, du touché d'une peau, d'un parfum porté ou de la douceur d'une voix...
Qu'a-t-il bien pu se passer pour que cette image et cet instant, restent ainsi gravés dans ma mémoire ? Était-ce parce que, pour une fois, j'étais sûr d'avoir compris et de connaître mes leçons et qu'ainsi je ne craignais pas d'être interrogé ? C'était-il produit quelque chose dans ma vie d'enfant qui me rendait... j'allais dire heureux, mais je crois que ce n’était que, présent, ce jour-là ?
Je peux ressentir, encore aujourd'hui, ce qui m'envahissait, cet état étrange et plaisant... dans lequel je me trouvais ce matin-là.
J'aime les villes, est-ce depuis ce jour-là ? Je sais qu'en regardant cette image, j'ai, peut-être pour la première fois, voyagé, vers autre chose que des rêves d'enfants.
Aujourd'hui, le simple fait de me la rappeler libère toutes ces sensations... Si une photo aussi anodine et froide peut avoir un aussi puissant impacte sur moi, alors, lorsqu'il s'agit, non plus d'une image, mais d'un visage d'émotion, du touché d'une peau, d'un parfum porté ou de la douceur d'une voix...
vendredi 6 avril 2012
Ce silence... habité !
Deux jours passés à écouter le silence. Plus exactement à ne plus entendre ce brouhaha permanent de la ville, de la rue, du travail, de l'immeuble dans lequel je vis.
Réveillé par le roucoulement d'un couple de colombes, j'attends en m'étirant, que sonne l’Angélus pour me lever. Tout au long de la journée l'église du village égrainera les heures pour nous rappeler que le temps passe.
Tout autour, en permanence, le calme de la vie quand elle se contente de chuchoter... Les chants d'oiseaux, le craillement de quelques corneilles, le caquètement des poules de la ferme voisine et, surtout en ce début de printemps, le bourdonnement des insectes.
Quel calme reposant !
Parfois un marteau cogne quelques clous, une scie prépare un peu de bois. Un chien abois...
Voilà tout !
À vingt-deux heures les quelques lampadaires du bourg s'éteignent, et si le ciel est clair, la féerie des planètes et des étoiles commence. Je promène le chien un quart d'heure. La nuit encore fraîche à cette saison, donne à l'air une limpidité extraordinaire et, exacerbe les odeurs, ça sent bon le feu de bois.
C'est toujours difficile de ne pas confondre cette chouette, toute proche, qui ulule, avec ce renard qui glapit dans le lointain... Ma seule réflexion n'est qu'à ce présent. Tout ici fait que l'on ne vit que l'instant immédiat.
Avant de me coucher, j'entrouvre la fenêtre pour profiter de ce silence... habité !
Réveillé par le roucoulement d'un couple de colombes, j'attends en m'étirant, que sonne l’Angélus pour me lever. Tout au long de la journée l'église du village égrainera les heures pour nous rappeler que le temps passe.
Tout autour, en permanence, le calme de la vie quand elle se contente de chuchoter... Les chants d'oiseaux, le craillement de quelques corneilles, le caquètement des poules de la ferme voisine et, surtout en ce début de printemps, le bourdonnement des insectes.
Quel calme reposant !
Parfois un marteau cogne quelques clous, une scie prépare un peu de bois. Un chien abois...
Voilà tout !
À vingt-deux heures les quelques lampadaires du bourg s'éteignent, et si le ciel est clair, la féerie des planètes et des étoiles commence. Je promène le chien un quart d'heure. La nuit encore fraîche à cette saison, donne à l'air une limpidité extraordinaire et, exacerbe les odeurs, ça sent bon le feu de bois.
C'est toujours difficile de ne pas confondre cette chouette, toute proche, qui ulule, avec ce renard qui glapit dans le lointain... Ma seule réflexion n'est qu'à ce présent. Tout ici fait que l'on ne vit que l'instant immédiat.
Avant de me coucher, j'entrouvre la fenêtre pour profiter de ce silence... habité !
samedi 25 février 2012
C'est comme ça...
Trois jours comme dix ! Avons compté les étoiles, écouté les oiseaux chanter ; mangé et bu comme des ogres ; sommes allés nous baigner... avons beaucoup marché ; dormi comme des souches ; rentré du bois pour alimenter la cheminée ; encore marché et, respiré !
V. s'en est payé, courant après les chats et les poules de la ferme d'à côté ; fouillant les petits cours d'eau, en sortant toute mouillée pour se sécher en se frottant sur la mousse au pied des arbres (du coup, maquillée et habillée en tenue de camouflage vert et brun) ; faisant au coin de chaque taillis, l'arrêt ! figée, la queue et la truffe, pointés (en sens opposés...), puis piquant un sprint effréné, l'arrière-train rentré, comme pour dire : c'était une blague, je vous ai bien eu !
Même la bruine des derniers jours ne m'a pas empêchée de sortir courir au levé du jour. Là-bas, la pluie, la neige, le froid, ne me retiendraient pas à l'intérieur. Là-bas, la nature est mon état d'esprit, bien plus que le temps qu'il fait.
J'alterne ainsi les humeurs. Gardant cependant en tête, toujours le même fil rouge. Plus qu'un choix, cela me semble être une cause. Qui puis-je, il est de certain sentiment comme d'un membre, même amputé, on le ressent toujours. Plus encore s'il est la pierre angulaire de votre vie rêvée, de ce qui vous fait exister. Un sentiment tellement singulier, provenant du plus profond de mon intimité, qui fait que, toujours, la douceur l'emporte sur l'aigreur ! Et pourtant...
La bêtise, peut-être ? J'alterne ainsi les humeurs. Gardant cependant en tête, toujours le même fil rouge. Plus qu'un choix, cela me semble être une cause. Qui puis-je, il est de certain sentiment comme d'un membre, même amputé, on le ressent toujours. Plus encore s'il est la pierre angulaire de votre vie rêvée, de ce qui vous fait exister. Un sentiment tellement singulier, provenant du plus profond de mon intimité, qui fait que, toujours, la douceur l'emporte sur l'aigreur ! Et pourtant...
Allez ! Il faut bien se moquer. Seule la dérision, donne assez de hauteur pour ne pas être submergé !
(Et puis, si c'est vrai, je pourrai dire, pour une fois, que je ne me suis pas trompé !)
mardi 21 février 2012
Régénération
Ce matin tôt, j'enfile ma tenue, je sors le chien puis pars courir. J'ai battu en retraite dans cette campagne qui est la mienne. Je cours sur les traces de mon enfance, m'enfonce dans ces bois qui m'ont tant appris... Je me sens libre.
Ce matin un soleil rasant illumine le paysage lui donnant une telle clarté, qu'on en est saisi. Cela me rappelle ces paysages des pays nordique, cette côte autour de Skagen, de Hirtshals à Frederikshavn.
Malgré l'effort, je distingue chaque détail avec une précision extraordinaire. Et comme pour souligner la pureté ambiante, une fine pellicule de givre cristallise la végétation endormie. Cristallise l'air. Nettoyant tout l'espace de toutes fumées, buées ou poussières. Tout est net, radieux !
Cette campagne ne m'appartient pas, c'est moi qui lui appartiens, j'y suis à ma place, dans un sens plus universel qu'humain.
Une heure plus tard, à part les articulations des chevilles et des hanches (le terrain en forêt est plutôt accidenté), je me sens bien, je ne suis même pas essoufflé. L'effort et surtout la matrice qu'est ce pays pour mon être tout entier, ont balayé toutes ces humeurs nocives qui m'envahissaient, les rendant même si dérisoires... Ce pays me régénère !
Ce matin un soleil rasant illumine le paysage lui donnant une telle clarté, qu'on en est saisi. Cela me rappelle ces paysages des pays nordique, cette côte autour de Skagen, de Hirtshals à Frederikshavn.
Malgré l'effort, je distingue chaque détail avec une précision extraordinaire. Et comme pour souligner la pureté ambiante, une fine pellicule de givre cristallise la végétation endormie. Cristallise l'air. Nettoyant tout l'espace de toutes fumées, buées ou poussières. Tout est net, radieux !
Cette campagne ne m'appartient pas, c'est moi qui lui appartiens, j'y suis à ma place, dans un sens plus universel qu'humain.
Une heure plus tard, à part les articulations des chevilles et des hanches (le terrain en forêt est plutôt accidenté), je me sens bien, je ne suis même pas essoufflé. L'effort et surtout la matrice qu'est ce pays pour mon être tout entier, ont balayé toutes ces humeurs nocives qui m'envahissaient, les rendant même si dérisoires... Ce pays me régénère !
mercredi 8 février 2012
Instinct
Hier soir, une affectueuse et chaleureuse soirée autour d'un feu et d'un gâteau-maison fait à quatre mains dont deux toutes petites... Hier soir tard après cette soirée, je m'en retournais alors qu'il neigeait. La neige tombait dru et recouvrait la route de mon retour... suffisamment pour glisser...
Attentif, mais sans plus, j'avais en tête une autre aventure, où, comme ce soir, la neige s'était tout à coup mise à tomber, mais bien plus fort. Il en tomba tant que tout le pays fut paralysé. Des milliers de personnes passèrent cette exceptionnelle nuit à grelotter dans leur voiture bloquée par des congères, ou hébergées dans des gymnases à peine hospitaliers... Certains, même, moururent ce jour-là.
Ce jour-là, je savais ne pas avoir le droit à la fatalité !
Au fur et à mesure que le temps empirait je me concentrais, faisant appel à tous mes sens. Je n'étais plus que perception et tension, mais n’émanait de moi qu'une calme concentration. Je savais que serait immédiatement perçue la moindre inquiétude tant elle était, elle aussi, sensible à ces choses-là.
Je pris conscience à quel point mon instinct était étonnant, j'étais redevenu un "chasseur". J'étais dans la voiture rassurant et confiant, j'étais dehors sentant le temps, les autres dont je devinais chaque réaction ; j'étais à plusieurs kilomètres en avant, j'anticipais, je réagissais, je slalomais, je contrôlais ; j'étais la voiture, j'étais la route, intensément ! Nous étions en danger, mon instinct d'assassin s'était armé, rien n'aurait pu m'arrêter, rien n'aurait pu nous atteindre, j'étais un pur animal, calme.
C'est sans doute cela l'instinct de survie. Cette capacité à puiser dans sa mémoire reptilienne les réflexes nécessaires à protéger les siens...
Nous avions mis cinq heures à faire un voyage qui devait n'en prendre qu'une et demie, mais nous étions arrivés sains et saufs, sans même avoir eu froid, ayant même admiré le paysage ! Avec, pour seul désagrément, une vessie prête à tout lâcher, malaxée qu'elle avait été durant cette mémorable épopée par les poussées d'instinct humain du petit animal qui nous accompagnait.
Tout petit, sachant à peine marcher, mon grand-père m'emmenait sur son dos dans les bois. Garde forestier, il posait aussi quelques collés pour son compte. Le village lui pardonnait ces prélèvements illégaux, parce que durant la guerre, c'est lui qui les avait nourris, chassant alors le gibier, armé d'une lance, en évitant les soldats occupants... Je relevais donc avec lui les pièges. J'admirais le furet se glisser avec souplesse dans le labyrinthe des terriers, pour rabattre vers la besace que mon grand-père disposait à l'un des trous sans jamais se tromper, le gibier affolé... Puis, vers midi, nous nous arrêtions, il faisait du feu pour rôtir, sur une broche improvisée, un des oiseaux ou un des lapins de notre butin et, cuire sous la braise, les quelques patates qu'il avait emportées dans son sac. Il m'asseyait sur sa veste de lourd velours côtelée qui sentait l'humus forestier et la poussière, il mettait sur ma tête sa casquette qui sentait pareille et me préparait mon plat. Nous mangions ainsi, face à face, à l'affût, à l’écoute de tout ce qui se passait dans la forêt. Il me racontait... Je n'avais pas besoin de bande dessinée pour rêver...
J'apprenais à toucher les arbres, à suivre un animal et retrouver mon chemin, à lire la nature, je développais mes perceptions. Aujourd'hui encore, quand je marche dans la forêt ou dans les rues, si je me concentre, je suis capable de percevoir tout ce qui m'entoure. Percevoir et plus encore, j'ai développé une étonnante empathie, avec ceux qui me touchent. Je peux presque les lire...
De cette épopée dans la tempête de neige, il n'y a, malheureusement, rien d'autre de magique à raconter. Une fois encore, elle était déjà, ailleurs...
J'en avais une conscience si intime... Étrangement et bien que cela me torturait d'être ainsi traité, cela ne changeait rien à mes convictions, à mes engagements... et, rien n'aurait pu lui arriver !
Je ne sais toujours pas si je suis un visionnaire ou un fou.
Attentif, mais sans plus, j'avais en tête une autre aventure, où, comme ce soir, la neige s'était tout à coup mise à tomber, mais bien plus fort. Il en tomba tant que tout le pays fut paralysé. Des milliers de personnes passèrent cette exceptionnelle nuit à grelotter dans leur voiture bloquée par des congères, ou hébergées dans des gymnases à peine hospitaliers... Certains, même, moururent ce jour-là.
Ce jour-là, je savais ne pas avoir le droit à la fatalité !
Au fur et à mesure que le temps empirait je me concentrais, faisant appel à tous mes sens. Je n'étais plus que perception et tension, mais n’émanait de moi qu'une calme concentration. Je savais que serait immédiatement perçue la moindre inquiétude tant elle était, elle aussi, sensible à ces choses-là.
Je pris conscience à quel point mon instinct était étonnant, j'étais redevenu un "chasseur". J'étais dans la voiture rassurant et confiant, j'étais dehors sentant le temps, les autres dont je devinais chaque réaction ; j'étais à plusieurs kilomètres en avant, j'anticipais, je réagissais, je slalomais, je contrôlais ; j'étais la voiture, j'étais la route, intensément ! Nous étions en danger, mon instinct d'assassin s'était armé, rien n'aurait pu m'arrêter, rien n'aurait pu nous atteindre, j'étais un pur animal, calme.
C'est sans doute cela l'instinct de survie. Cette capacité à puiser dans sa mémoire reptilienne les réflexes nécessaires à protéger les siens...
Nous avions mis cinq heures à faire un voyage qui devait n'en prendre qu'une et demie, mais nous étions arrivés sains et saufs, sans même avoir eu froid, ayant même admiré le paysage ! Avec, pour seul désagrément, une vessie prête à tout lâcher, malaxée qu'elle avait été durant cette mémorable épopée par les poussées d'instinct humain du petit animal qui nous accompagnait.
Tout petit, sachant à peine marcher, mon grand-père m'emmenait sur son dos dans les bois. Garde forestier, il posait aussi quelques collés pour son compte. Le village lui pardonnait ces prélèvements illégaux, parce que durant la guerre, c'est lui qui les avait nourris, chassant alors le gibier, armé d'une lance, en évitant les soldats occupants... Je relevais donc avec lui les pièges. J'admirais le furet se glisser avec souplesse dans le labyrinthe des terriers, pour rabattre vers la besace que mon grand-père disposait à l'un des trous sans jamais se tromper, le gibier affolé... Puis, vers midi, nous nous arrêtions, il faisait du feu pour rôtir, sur une broche improvisée, un des oiseaux ou un des lapins de notre butin et, cuire sous la braise, les quelques patates qu'il avait emportées dans son sac. Il m'asseyait sur sa veste de lourd velours côtelée qui sentait l'humus forestier et la poussière, il mettait sur ma tête sa casquette qui sentait pareille et me préparait mon plat. Nous mangions ainsi, face à face, à l'affût, à l’écoute de tout ce qui se passait dans la forêt. Il me racontait... Je n'avais pas besoin de bande dessinée pour rêver...
J'apprenais à toucher les arbres, à suivre un animal et retrouver mon chemin, à lire la nature, je développais mes perceptions. Aujourd'hui encore, quand je marche dans la forêt ou dans les rues, si je me concentre, je suis capable de percevoir tout ce qui m'entoure. Percevoir et plus encore, j'ai développé une étonnante empathie, avec ceux qui me touchent. Je peux presque les lire...
De cette épopée dans la tempête de neige, il n'y a, malheureusement, rien d'autre de magique à raconter. Une fois encore, elle était déjà, ailleurs...
J'en avais une conscience si intime... Étrangement et bien que cela me torturait d'être ainsi traité, cela ne changeait rien à mes convictions, à mes engagements... et, rien n'aurait pu lui arriver !
Je ne sais toujours pas si je suis un visionnaire ou un fou.
jeudi 24 novembre 2011
L'odeur des fanes de pommes de terre que l'on brûle dans les champs !
Une journée à se fiche à l'eau !
Il a suffi d'un coup de fil de ma banquière... Pour que cet à quoi bon réapparaisse. À chaque fois plus fort.
En rentrant, je me suis enfoui dans mon lit, de toute façon, je n'attends plus aucun signe ou peut-être bien que je m'en fiche, maintenant... Avant de sombrer dans le néant, je lis quelques pages où l'auteur évoque son enfance en Roumanie... Cette odeur de fanes de pommes de terre qui brûlent m'envahit alors, sans raisons apparente, mais si puissante que les yeux me piquent ! Certes, depuis quelques mois je retourne dans cette campagne de mon enfance, et de chaque promenade surgit quantité de souvenirs. Mais d'où peut donc me venir cette odeur, si fortement réelle ? J'adorais cette odeur ! Je l'avais pourtant oubliée ! Elle symbolisait... mon bien-être, je ne dis pas mes racines parce que je suis incapable de revendiquer une appartenance à quoi que ce soit ; j'ai, depuis toujours, ce sentiment diffus de n'être de nulle part, peut-être parce qu'il y en a toujours eu un avant moi, pour revendiquer ce droit... Mais cette odeur est associée au réconfort, celui qu'attend tout enfant... Sans doute aussi parce qu'elle précédait le souper puis cette nuit froide et sombre, d'abord silencieuse puis étoilée des cris des animaux de la forêt. Alors que moi, après ce souper de pissenlits, d’œufs à la coque et de tarte aux pommes, j'irai me coucher bien au chaud et à l’abri de la nuit... bien aise ; avec l'assurance que demain tout recommencerait.
Je veux la sentir à nouveau !
Je sais à cet instant que, si je résiste ici, je finirais ma vie là-bas. Là où je suis né. Cet endroit qu'enfant, je ne voulais jamais quitter. J'y ferai pousser mes légumes (y ont déjà été semées des graines d'une sorte de choux d'un autre pays) j'aurai quelques poules, pour leurs œufs et pour, parfois le dimanche, rôtir un poulet. Et je ferai dans la forêt, du bois pour me chauffer. J'ai vu que dans la remise avec les clapiers à lapins, tous les outils de mon grand-père, sont encore là...
En humant l'air du soir qui vient, à la fin de l'été, peut-être sentirai-je à nouveau cette odeur de fanes de pommes de terre que l'on brûle, dans le silence d'une fin de journée... heureux d'avoir travaillé la terre. Je crois que je ne désire plus rien d'autre.
Et, comme dans ce film, Le Quattro Volte (vu à l'époque de si belles promesses que, naïvement, je croyais), un coup de froid m'emportera, j'oublierai toutes les promesses, tous les petits bruits que fait la vie s'arrêteront.
On me mettra dans cette terre de sable noir, ou on m'y dispersera après m'avoir brûlé, avec des fanes de pommes de terre... et puis voilà.
Il a suffi d'un coup de fil de ma banquière... Pour que cet à quoi bon réapparaisse. À chaque fois plus fort.
En rentrant, je me suis enfoui dans mon lit, de toute façon, je n'attends plus aucun signe ou peut-être bien que je m'en fiche, maintenant... Avant de sombrer dans le néant, je lis quelques pages où l'auteur évoque son enfance en Roumanie... Cette odeur de fanes de pommes de terre qui brûlent m'envahit alors, sans raisons apparente, mais si puissante que les yeux me piquent ! Certes, depuis quelques mois je retourne dans cette campagne de mon enfance, et de chaque promenade surgit quantité de souvenirs. Mais d'où peut donc me venir cette odeur, si fortement réelle ? J'adorais cette odeur ! Je l'avais pourtant oubliée ! Elle symbolisait... mon bien-être, je ne dis pas mes racines parce que je suis incapable de revendiquer une appartenance à quoi que ce soit ; j'ai, depuis toujours, ce sentiment diffus de n'être de nulle part, peut-être parce qu'il y en a toujours eu un avant moi, pour revendiquer ce droit... Mais cette odeur est associée au réconfort, celui qu'attend tout enfant... Sans doute aussi parce qu'elle précédait le souper puis cette nuit froide et sombre, d'abord silencieuse puis étoilée des cris des animaux de la forêt. Alors que moi, après ce souper de pissenlits, d’œufs à la coque et de tarte aux pommes, j'irai me coucher bien au chaud et à l’abri de la nuit... bien aise ; avec l'assurance que demain tout recommencerait.
Je veux la sentir à nouveau !
Je sais à cet instant que, si je résiste ici, je finirais ma vie là-bas. Là où je suis né. Cet endroit qu'enfant, je ne voulais jamais quitter. J'y ferai pousser mes légumes (y ont déjà été semées des graines d'une sorte de choux d'un autre pays) j'aurai quelques poules, pour leurs œufs et pour, parfois le dimanche, rôtir un poulet. Et je ferai dans la forêt, du bois pour me chauffer. J'ai vu que dans la remise avec les clapiers à lapins, tous les outils de mon grand-père, sont encore là...
En humant l'air du soir qui vient, à la fin de l'été, peut-être sentirai-je à nouveau cette odeur de fanes de pommes de terre que l'on brûle, dans le silence d'une fin de journée... heureux d'avoir travaillé la terre. Je crois que je ne désire plus rien d'autre.
Et, comme dans ce film, Le Quattro Volte (vu à l'époque de si belles promesses que, naïvement, je croyais), un coup de froid m'emportera, j'oublierai toutes les promesses, tous les petits bruits que fait la vie s'arrêteront.
On me mettra dans cette terre de sable noir, ou on m'y dispersera après m'avoir brûlé, avec des fanes de pommes de terre... et puis voilà.
mardi 11 octobre 2011
Aïeul
Fût-elle un jour heureuse ? Lorsqu'elle me parle, je comprends ce que j'ai toujours pressenti, cette question n'a aucun sens, pour elle, pour moi, pour nous tous.
Elle est pour moi un personnage énigmatique. Il y a ces perceptions que j'avais d'elle étant petit, ce qu'en dit sa fille, l'amabilité attentionnée que les gens du village, où elle a toujours vécus, ont pour elle... Rien ne s'accorde tout à fait ! Elle est bien trop complexe pour ne pas être dotée d'un fort caractère, pour ne pas être plus intelligente qu'il n'y parait.
Ce qui me fascine, c'est son état d'esprit. Elle n'est pas aigrie, bien qu'elle ne fût que victime, et condamnée au manque après l'abondance puis à la solitude. Toute sa vie, elle fut une Étrangère, des pensions de son enfance bourgeoise, à ce village perdu de paysans durs et bourrus et maintenant par l'effet de sa longévité, ce grand âge qui fait que plus que le corps qui s'affaiblit, c'est la Vie qui vous fatigue, vous lasse. Et peut-être aussi cette indéfinissable solitude que nous avons en commun elle et moi.
Elle a cette générosité matérielle qu'ont ceux qui ont appris à se contenter de ce qu'il possède. Elle a aussi l’égoïsme de ses sentiments, de ses émotions, de sa personne. Elle n'a rien oublié, rien renié, et si parfois dans une colère qui semble un peu poussée, elle se met à dénoncer ceux qui, il y a si longtemps, l'ont abusé, c'est parce qu'elle souhaiterait pouvoir aider ceux qui aujourd'hui sont à ses côtés. Bien qu'elle sache que l'essentiel dans la vie, ce n'est pas ça... elle n'est pas donneuse de leçons...
Chacun va jusqu'où son esprit et son âme peuvent l’emmener !
lundi 10 octobre 2011
Par monts et par vaux... Parfondru
La campagne de mon enfance. Pas de grands espaces, juste de petits coins verts et odorants. Ça sent les bois, la terre et l'herbe... Le silence n'est troublé que par le chant des oiseaux et des feuilles de peupliers dans le vent. Quand il pleut, la brume s'empare du paysage, l'air s'emplit de ce parfum d'humus qui caractérise les terres riches et sans engrais...
Dans les bois, on sent la présence musquée des animaux sauvages, on pourrait presque les suivre...
La cloche de l'église compte le temps qui ici passe moins vite, on s'y enrichit, intérieurement.
Je retourne sur les pas de mon enfance, dans ces genets où, Indiens armés d'arcs et de lances, nous nous embusquions. Ces grands chênes où, traqués par des loups imaginaires, nous trouvions refuge...
Un peu plus loin, les potagers que nous rançonnions et les cabanes de bottes de foin ou de maïs où nous cachions notre butin. Avant de disparaître dans les bois touffus et sombres, pour manger les pommes et les prunes glanées bien que pas assez mûres et fumer de la "ranquille"(araliacée), nous donnant des coliques qui sonnaient précipitamment l'heure du retour, sous le regard amusé et félin des vrais chasseurs...
Dans les bois, on sent la présence musquée des animaux sauvages, on pourrait presque les suivre...
La cloche de l'église compte le temps qui ici passe moins vite, on s'y enrichit, intérieurement.
Je retourne sur les pas de mon enfance, dans ces genets où, Indiens armés d'arcs et de lances, nous nous embusquions. Ces grands chênes où, traqués par des loups imaginaires, nous trouvions refuge...
Un peu plus loin, les potagers que nous rançonnions et les cabanes de bottes de foin ou de maïs où nous cachions notre butin. Avant de disparaître dans les bois touffus et sombres, pour manger les pommes et les prunes glanées bien que pas assez mûres et fumer de la "ranquille"(araliacée), nous donnant des coliques qui sonnaient précipitamment l'heure du retour, sous le regard amusé et félin des vrais chasseurs...
lundi 6 juin 2011
Chez moi...
Hier en fin d'après-midi, étouffant, au propre comme au figuré, je décide de sortir me balader dans le quartier. C'est un quartier que je connais pour y avoir habité il y a longtemps. A peine deux minutes, le temps de remonter ma rue et je suis sur l'une des plus belles places de Paris, selon moi. Il y a sur cette place un espace dégagé magnifique, on ne s'y sent pas enfermé, on voit le ciel de tous côtés et, aussi loin que nécessaire pour se sentir habitant de la terre...
Plus loin, cette rue que j'empruntais ces dernières années en courant vers le bois ou vers l'atelier...
Et soudain, un besoin irrépressible de rentrer chez moi !
Pas à l'atelier, ce ne fut jamais tout à fait chez moi. Pas dans cette maison quittée il y a maintenant plus de quatre ans, il y a toujours eu quelque chose qui fit que ce ne fût jamais tout à fait chez moi. Plus encore maintenant que je n'y suis plus, même si y vivent les êtres qui me sont sans doute les plus chers. Plus loin, étant enfant, nous avons avec mes parents, si souvent changés de maison...
Bien sûr j'ai des racines, mais "abandonnées" depuis si longtemps qu'elles me semblent, tout à la fois, intimes et terriblement étrangères, tout comme l'enfant que j'étais alors.
Je sais aussi que ce violent et abrupt sentiment est, entre autres, la conséquence de tout ce que j'ai vécue ces derniers mois...
Je sais... je comprends... mais là, à ce moment, j'ai la conscience aiguë de n'être rien, d'être fragile, d'avoir mal et de vouloir rentrer chez moi, comme un enfant de quatre ans, s'apercevant avec frayeur, qu'il est perdu...
Chez moi, ce devait être, elle !
Peu importe nos racines, nos ancêtres, d'être ou non attaché à un pays, à un terroir, à une maison de famille... On se sent vraiment chez soi, dès lors qu'on est aimé par un autre que soi et pour rien d'autre que soi.
Revenir sur ses pas, c'est la meilleure façon de se perdre définitivement, il faut continuer, croire en ce que l'on pressent, croire en soi et surtout, tout faire, pour avancer en gardant la tête haute.
Mais parfois, voir souvent, c'est plus facile à dire qu'à faire...
vendredi 21 janvier 2011
Pois de senteur
De beaux galets sous une eau claire
Des jeux d'ombres et de lumières
Quelques vieilles pierres chauffées par le soleil
Un voile de lin blanc, un chapeau de chanvre
Des cloches qui sonnent à la volée
Un dimanche d'été à la campagne
Un jardin précieux, sa cabane et son puits
Le chant des oiseaux et des insectes
Le bourdonnement des abeilles dans les fleurs
De gros nuages cotonneux dans un ciel bleu
Le bourdonnement des abeilles dans les fleurs
De gros nuages cotonneux dans un ciel bleu
Des Pois de senteur de toutes les couleurs
Les plus belles fleurs de mon enfance...
C'est ce que je vois en elle, cette nature champêtre et pure
Cette féminité délicate qui attise mon perpétuel désir d'elle...
mardi 14 décembre 2010
Un peu plus d'intimité...
L'emmener là, d'où je viens, dans cette campagne douce et généreuse qui m'a bercée, c'est un peu lui montrer ma source, l'endroit le plus fragile, l'endroit préservé que si peu connaissent. C'est dévoiler mes simples racines, leur partie souterraine ; le temps de tous mes contes d'enfant, l'origine de mon énergie de vie.
Que pensera-t-elle ? Elle, dont les racines sont si extrêmes, si sauvages et si majestueuses. Habitée qu'elle est, d'infinis paysages de lacs purs et sans fonds ; de gigantesques montagnes, perpétuellement enneigées ; d'immenses forêts de Mélèzes aux parfums enivrants ; de plaines qui ne semblent jamais finir... Dont le climat, à l'image de cette nature y est extrême et contrasté ; la vie, une victoire de chaque instant. Espace, où vous ne pouvez qu'être prédateur ou proie !
C'est de là que lui vient cette force, cette étonnante détermination. C'est de là que lui vient ce regard perçant, qui voit toujours plus loin, qui prévient comme le fait le glatissement de l'aigle dans la limpidité du ciel...
Tandis que ma nature est calme, apaisante. S'il y a parfois du vent, c'est une caresse pour rafraichir et faire chanter les arbres ; s'il y neige, c'est pour étendre un voile de silence et accentuer l'odeur du feu de bois. L'hiver, seules les cloches du village et quelques corneilles, font parler d'elles. L'été, l'air y est doux, empli de gazouillements d'hirondelles. Dans la nuit noire, la chouette ulule comme un phare éclaire en mer.
Je sais que son cœur est grand, bien plus qu'il ne faut pour comprendre... tout comme mes jambes sont puissantes, bien plus qu'il ne faut pour la suivre ou la porter...
Je sais que son âme verra ce que la mienne contemple, tout comme la mienne ressent ce que la sienne réclame...
C'est un peu plus d'intimité qui nous lie...
mardi 7 décembre 2010
Naturellement...
À côté d'une masure en pierre, un grand potager agrémenté de fleurs en été ; un puits ; un épouvantail ; une basse-cour avec des poules pour les œufs et un verger. Un vieux tracteur rouge qui fonctionne et d'anciens outils en bois, dont on ne sait même pas à quoi ils servent, sont remisés dans une grange ou règne une perpétuelle poussière étincelante, suspendue aux rayons de soleil qui transpercent les parois. Ça sent fort le foin sec.
Adossée à cette resserre, une confortable réserve de bois coupé, pour ne jamais avoir froid, aussi longtemps que dure l’hiver.
Dans une chambre, une couette édredon remplie de plumes d'oie et quatre gros oreillers sur un énorme matelas nuageux, ornent un sommier en bois foncé aussi haut qu'une table. De chaque côté un chevet avec une lampe, une pile de livres, un ordinateur ; en face une armoire avec des glaces pour se voir. Deux fenêtres donnant sur le verger, un poêle à bois. Les nuits de grand froid, silencieuses de blanc, il faut se lever pour entretenir le feu. Le matin, c'est un soleil levant tout rougeoyant de t'apercevoir nue, qui nous éveillera...
Dans ce lit aussi haut que grand je te ferai l'amour, dans la grange aussi, si tu en as envie... après, en hiver je remettrai du bois pour que tu n’ait pas froid et te serrerai contre moi ; en été, j'ouvrirai grand les fenêtres pour écouter le silence rafraîchissant des nuits étoilées et te serrerai contre moi.
Le matin on recommencera, si tu en as envie... ou bien, je te ferai du Thé, quoi qu'il se passe je te ferai du Thé...
Une grande baignoire sur pied siégera au milieu d'une pièce avec une fenêtre. Une échelle posée contre le mur servira pour faire sécher des serviettes, blanches immaculées.
Le sol sera fait de grandes pierres de bourgogne rectangulaires et pas régulières. Dans chaque pièce, une grande cheminée. Pour le reste, quelques meubles en bois brut, une grande table avec deux bancs, d'énormes bols pour le café ou le thé. Un fourneau de cuisine, un vieux four à bois pour faire du pain et des pizzas, comme à Capri... Une grande armoire à ustensiles. De beaux torchons, un panier à salade grillagé, un pot à lait émaillé, et au bout du chemin qui fuit vers l'horizon, une ferme, pour le lait.
Nous ferons du pain, des omelettes aux herbes, aux pommes de terre, des quiches, des tartes et des merveilles...
Il y aura de grands peupliers pour ce chant de feuilles qui a bercé mon enfance, au moindre souffle de vent. Ou de vieux oliviers habités de cigales, si c'est en Provence...
L'été y sera toujours chaud, mais la maison restera fraîche, le jardin sera envahi de grandes fleurs sauvages de lavandes et d'abeilles...
Que les chiens ne montent pas dans le lit sera notre seul sujet de dispute...
On prendra soin l'un de l'autre... Surtout moi de toi !
D'autres vivront ici ou nous rendrons visite, chacun se sentira toujours chez soi, il y aura du cœur...
C'est une sensation tellement naturelle...
Adossée à cette resserre, une confortable réserve de bois coupé, pour ne jamais avoir froid, aussi longtemps que dure l’hiver.
Dans une chambre, une couette édredon remplie de plumes d'oie et quatre gros oreillers sur un énorme matelas nuageux, ornent un sommier en bois foncé aussi haut qu'une table. De chaque côté un chevet avec une lampe, une pile de livres, un ordinateur ; en face une armoire avec des glaces pour se voir. Deux fenêtres donnant sur le verger, un poêle à bois. Les nuits de grand froid, silencieuses de blanc, il faut se lever pour entretenir le feu. Le matin, c'est un soleil levant tout rougeoyant de t'apercevoir nue, qui nous éveillera...
Dans ce lit aussi haut que grand je te ferai l'amour, dans la grange aussi, si tu en as envie... après, en hiver je remettrai du bois pour que tu n’ait pas froid et te serrerai contre moi ; en été, j'ouvrirai grand les fenêtres pour écouter le silence rafraîchissant des nuits étoilées et te serrerai contre moi.
Le matin on recommencera, si tu en as envie... ou bien, je te ferai du Thé, quoi qu'il se passe je te ferai du Thé...
Une grande baignoire sur pied siégera au milieu d'une pièce avec une fenêtre. Une échelle posée contre le mur servira pour faire sécher des serviettes, blanches immaculées.
Le sol sera fait de grandes pierres de bourgogne rectangulaires et pas régulières. Dans chaque pièce, une grande cheminée. Pour le reste, quelques meubles en bois brut, une grande table avec deux bancs, d'énormes bols pour le café ou le thé. Un fourneau de cuisine, un vieux four à bois pour faire du pain et des pizzas, comme à Capri... Une grande armoire à ustensiles. De beaux torchons, un panier à salade grillagé, un pot à lait émaillé, et au bout du chemin qui fuit vers l'horizon, une ferme, pour le lait.
Nous ferons du pain, des omelettes aux herbes, aux pommes de terre, des quiches, des tartes et des merveilles...
Il y aura de grands peupliers pour ce chant de feuilles qui a bercé mon enfance, au moindre souffle de vent. Ou de vieux oliviers habités de cigales, si c'est en Provence...
L'été y sera toujours chaud, mais la maison restera fraîche, le jardin sera envahi de grandes fleurs sauvages de lavandes et d'abeilles...
Que les chiens ne montent pas dans le lit sera notre seul sujet de dispute...
On prendra soin l'un de l'autre... Surtout moi de toi !
D'autres vivront ici ou nous rendrons visite, chacun se sentira toujours chez soi, il y aura du cœur...
C'est une sensation tellement naturelle...
samedi 4 décembre 2010
Embrasser les arbres
Enfant, mon grand-père, homme des bois, m'emmenait relever ses pièges, ramasser des champignons, à la découverte de son univers, du notre... C'est à cette époque que j'ai commencé à embrasser les arbres. Cela m'est venu tout naturellement, un appel, une envie... J'ai peu d'envie, mais celles que j'ai sont toujours puissantes. En embrassant les arbres je peux sentir l'énergie qu'ils concentrent, j'ai la sensation d'être en communion... avec l'univers. Ma première visite en Californie, c'est à un arbre que je la dois.
Embrasser un Sequoia de plus de mille ans est une expérience émotionnelle étonnante, inoubliable ! Pénétrer une forêt de Séquoia dont le plus jeune à l'age de ce pays, ne peut pas ne pas vous émouvoir ! On prend conscience de notre terre, il semble y régner la genèse de ce que nous sommes.
Moins cependant que d'embrasser cette femme que j'aime, c'est dire depuis combien de temps, je l'aime...
Inscription à :
Articles (Atom)

















