J'ai failli augmenter mon confort matériel ! Profitant du camion loué pour le week-end, N. m'apporte un sommier qu'elle avait en trop... Nous le montons par l'escalier et constatons, dépités, qu'il fait 160, que mon matelas lui ne fait que 140, mais surtout que l'espace disponible n'est que de 150 ! Bien sûr que j'aurai pu vérifier avant ! Mais, ça m'a échappé. Impossible de le garder, nous avons donc fait le trajet inverse... Sur le coup, ça m'a vraiment désolé, je m'étais fait à l'idée de changer ma façon de me coucher, et surtout celle de me lever !
Et puis maintenant je me dis que c'est sans doute un signe, un matelas par terre pour couchage est plus en accord avec mon âme de vagabond, avec le chemin que j'ai choisi... Même si parfois j'aimerai avoir un grand lit avec un chevet et une lampe de chaque côtés, à l'image du vœu qu'avait formulé, cette vagabonde... qui m'a incitée à m'exprimer, à exister...
Cette agitation, apparemment inutile, s’avéra en fait secourable. N. avait besoin de se changer les idées, moi aussi.
(journal de mes sensations)
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dimanche 24 juin 2012
Cette pluie incessante!
Ce bruit, dehors, de rue mouillée, me désespère... Cela me fait me sentir malade. Déjà que j'ai toujours trouvé les dimanches tristes, alors les dimanches pluvieux... Et puis ce genre de pluie fine qui tombe sans discontinuer des heures durant... si au moins c'était une de ces pluies d'orage, aussi violente que brève, qui soulève une odeur de poussière puis exacerbe le parfum des platanes jusqu'à l'entêtement. Qui oblige les passant à s'abriter sous les porches ou dans les cafés (évitez les abris bus, il a toujours un crétin qui trouve rigolo de passer un peu vite et un peu près), en ayant au mieux, les pieds trempés...
Quant à ma sieste... nocive la sieste ! Un fatras de rêves sans début ni fin, réalisés dans un demi-sommeil agité, comme si ma mémoire tentait de se purger de quelques déchets toxiques, qui persistent, après que je me sois levé, en un tortueux mal de tête...
J'ai besoin de soleil, de féminité, d'attention, de caresses et de baisers.
Quant à ma sieste... nocive la sieste ! Un fatras de rêves sans début ni fin, réalisés dans un demi-sommeil agité, comme si ma mémoire tentait de se purger de quelques déchets toxiques, qui persistent, après que je me sois levé, en un tortueux mal de tête...
J'ai besoin de soleil, de féminité, d'attention, de caresses et de baisers.
mercredi 20 juin 2012
Changement de temps
Pchitt... envolée cette vilaine chose qui s'approchait... Il faut dire que j'ai mis le paquet, je suis allé, seul - est-ce utile de le dire ? - m'installer à la terrasse d'un café à Bercy Village (je sais c'est un peu... mais bon c'est à côté) pour regarder les gens passer !
Qu'en sera-t-il demain ? Je n'en sais rien, mais là, tout de suite je me sens bien. Il est vrai que j'ai bu deux verres de vin... Mais le soleil, les oiseaux et les filles avec leurs robes légères, et bien ça vous donne une bonne réserve de sourires. Alors, je prends !
Qu'en sera-t-il demain ? Je n'en sais rien, mais là, tout de suite je me sens bien. Il est vrai que j'ai bu deux verres de vin... Mais le soleil, les oiseaux et les filles avec leurs robes légères, et bien ça vous donne une bonne réserve de sourires. Alors, je prends !
Cette dépression
Pas un nuage, ce matin... et pourtant je me sens essoufflé. Mes bras me semblent plus courts, mes pas plus étroits, mon cœur plus lourd. La lumière de ce ciel dévoilé me rappelle celle de ces matins d'hiver, quand le froid sec engourdi tous les sens, quand les chocs et les chutes sont plus douloureux, quand les sons semblent plus sourds.
Mes lèvres, lourdes de demandes, restent closes. Rien ne vient, pas un mot, pas même un cri. Je ne sais même pas si c'est l'envie qui me pousse à m'arracher ces mots écrits, ou si c'est la crainte de perdre un essentiel...
Cela fait déjà quelques jours que je la vois venir, avec son air de rien, son sourire à bouffer tous les miens. Il va encore falloir me battre... contre moi, parce qu'elle fait de moi mon pire ennemi. Que l'on croit en avoir fini avec elle et elle vous rappelle, à vos frais, qu'il n'y a qu'un seul remède... Et ce remède, je ne sais plus comment m'y prendre, pour l'obtenir...
Aucun signe d'anticyclone... Alors, elle se régale, me ravage, éprouve mon courage...
Mes lèvres, lourdes de demandes, restent closes. Rien ne vient, pas un mot, pas même un cri. Je ne sais même pas si c'est l'envie qui me pousse à m'arracher ces mots écrits, ou si c'est la crainte de perdre un essentiel...
Cela fait déjà quelques jours que je la vois venir, avec son air de rien, son sourire à bouffer tous les miens. Il va encore falloir me battre... contre moi, parce qu'elle fait de moi mon pire ennemi. Que l'on croit en avoir fini avec elle et elle vous rappelle, à vos frais, qu'il n'y a qu'un seul remède... Et ce remède, je ne sais plus comment m'y prendre, pour l'obtenir...
Aucun signe d'anticyclone... Alors, elle se régale, me ravage, éprouve mon courage...
lundi 18 juin 2012
Derrière ce mur...
Après deux heures de lecture, je suis sortie prendre l'air... En rentrant, l'odeur du riz que je me suis fait ce midi flottait dans l'appartement. L'odeur du riz est réconfortante, pleine d'une douceur apaisante... Le parfum du riz et lire, m'ont fait du bien, j'ai pu me reposer de cette... idée persistante, qui s'avère parfois lancinante. C'est quoi mon problème ? Pourquoi suis-je incapable de renoncer à ce que je ne maîtrise pas ? Ce n'est pas dans mon tempérament, ça ne l'a jamais été. Alors pourquoi mon instinct où je ne sais quoi... me ramène toujours devant ce mur ? J'ai pourtant cassé tant d'habitudes, je suis rompu à l'exercice, je suis capable de toutes les privations, et j'ai la faculté d'oublier, comme personne. Mais voilà, il semble qu'il y ait quelque chose que je n'ai pas encore mené à bien... y aurait-il une pierre sur laquelle je n'ai pas encore appuyé, qui ouvrirait un passage ? Quoi que je fasse, je reviens toujours au pied de ce mur. Comme porté par une extraordinaire conviction, un sixième sens, qu'il y a, au travers et derrière, une voie, qui mène plus loin, que beaucoup de chemins...
Comment ne pas être intrigué, alors qu'avançant dans ma quête spirituelle (parce que je progresse, j'en ai conscience), à ce sujet, rien ne change, ou presque ? Que concernant tout le reste, mon ressenti a évolué... je me sens plus serein, plus apaisé, presque détaché. Tandis que devant ce mur, j'attends encore, une probable ouverture !
Comment ne pas être intrigué, alors qu'avançant dans ma quête spirituelle (parce que je progresse, j'en ai conscience), à ce sujet, rien ne change, ou presque ? Que concernant tout le reste, mon ressenti a évolué... je me sens plus serein, plus apaisé, presque détaché. Tandis que devant ce mur, j'attends encore, une probable ouverture !
Cette grisaille épuisante.
Je reste préoccupé par ce je ne sais quoi...
Cet orage, tout à l'heure, trop tôt pour que ce soit déjà le matin ; malgré ses coups de tonnerre, ses éclairs et ses trombes d'eau, n'a nettoyé que le ciel... et encore, le gris est vite revenu.
Il me faudrait beaucoup plus qu'un violent orage, il me faudrait un cri, un signe et des larmes... puis des bras et des jambes qui s'agrippent à mon corps...
Prendre un songe de nuit pour au matin, arriver au bord de celle qui teinte la vie tout en bleu. Y cicatriser mes plaies, en les exposant au rayonnement de cette étoile. Échapper à la grisaille, emporté par le souffle salé de ses baisers...
Voilà ce qu'il me faudrait pour que je me fiche du temps qu'il fait, pour que je ne me sente plus autant fatigué.
Cet orage, tout à l'heure, trop tôt pour que ce soit déjà le matin ; malgré ses coups de tonnerre, ses éclairs et ses trombes d'eau, n'a nettoyé que le ciel... et encore, le gris est vite revenu.
Il me faudrait beaucoup plus qu'un violent orage, il me faudrait un cri, un signe et des larmes... puis des bras et des jambes qui s'agrippent à mon corps...
Prendre un songe de nuit pour au matin, arriver au bord de celle qui teinte la vie tout en bleu. Y cicatriser mes plaies, en les exposant au rayonnement de cette étoile. Échapper à la grisaille, emporté par le souffle salé de ses baisers...
Voilà ce qu'il me faudrait pour que je me fiche du temps qu'il fait, pour que je ne me sente plus autant fatigué.
samedi 16 juin 2012
Une si simple envie
Franchement, aujourd'hui j'ai ma tête des jours de travers... Je suis contrarié, sans être fichu de savoir pourquoi... Je me sens agité, inquiet. J'aurai besoin d'être consolé, mais je ne suis pas sûr de savoir de quoi. À défaut de tendres et rassurants câlins... un truc bien abrutissant, du genre film d'action plein de rebondissements, me ferait peut-être du bien...
Non ! en fait, j'aimerais être massé jusqu'à ce que je m'endorme... Ou encore, me trouver sur une plage de sable blanc, au bord d'une mer turquoise, à l'ombre de grands cocotiers avec à portée, une Piña Colada et la certitude de manger du poisson tout juste péché et grillé, au dîner...
J'imagine que ces circonstances m'aideraient à vivre l'instant présent et à ne pas me fourvoyer dans le passé ou dans un hypothétique futur.
À condition d'être accompagné, sinon, quel intérêt, tous ces souhaits.
En fait, il ne s'agit que d'une si simple envie...
Non ! en fait, j'aimerais être massé jusqu'à ce que je m'endorme... Ou encore, me trouver sur une plage de sable blanc, au bord d'une mer turquoise, à l'ombre de grands cocotiers avec à portée, une Piña Colada et la certitude de manger du poisson tout juste péché et grillé, au dîner...
J'imagine que ces circonstances m'aideraient à vivre l'instant présent et à ne pas me fourvoyer dans le passé ou dans un hypothétique futur.
À condition d'être accompagné, sinon, quel intérêt, tous ces souhaits.
En fait, il ne s'agit que d'une si simple envie...
mercredi 13 juin 2012
Je pensais prendre le vert, c'est lui qui m'a saisi...
Je pensais prendre le vert, c'est lui qui m'a saisi ! Il est partout, envahissant et le plafond bas des nuages chargés d'eau accentue la sensation d'étouffement. Une brume aussi compacte que de la fumée se dégage de la canopée, on se croirait dans une jungle tropicale. Tous les bruits paraissent étouffés par l'humidité et par ce vert tout autour. La sensation est étrange, pas plus désagréable qu'agréable.
Le potager a explosé, il n'y a pas d'autres mots. Et il faut reconnaître qu'à le voir ainsi, on n'a pas envie de manger quoi que ce soit d'autre qui n'en proviendrait pas.
Je regrette déjà de n'être pas allé courir, mais, j'ai une petite forme, à l'image de mon moral. Dès que je lève la tête du guidon, que je regarde un peu trop loin devant avec une, a priori, lucidité, mes attentes, mes espérances ; c'est un peu comme si je commençais un travail malsain d'analyses hypothétiques, de réflexions spéculatives, d'intellectualisme chimérique... me rendant sujet, invariablement, à cet état de dépression, d'à quoi bon, que je connais si bien !
Et que dire de ces sifflements d'oreilles, qui toujours m'avertissent avec cette certitude diffuse et abstraite qu'un évènement somme toute, banal - au regard de la vingtaine qui se produisent chaque jour - ne l'est pas ? Les recoupements effectués depuis, sont bien trop en faveur de... l'inexplicable... Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit de la nature d'un attachement que je ne maîtrise pas... une part instinctive de moi, que je ne mesure pas encore. Et sans doute d'autres choses, plus universelles, du moins métaphysiques...
Et je suis là, comme un idiot, incapable de trouver une quelconque explication scientifique (il faut dire que je n'en ai pas vraiment les moyens) à ses sensations... Ce que je sais avec certitude, c'est que je ne me sens en paix qu'écoutant mon cœur et ne contenant pas la spontanéité de mes élans. Considérant avec une belle ouverture, toutes ces émotions inexplicables. Mais ce n'est pas aussi simple que de l'écrire...
Demain matin, il faut que j'aille courir, m'oxygéner les cellules... il faut pouvoir tenir, je ne suis qu'au tout début de cette volonté de réaliser mes souhaits, ce ne sont là que les balbutiements.
Il faut m'en tenir à l'envi et, à ce que je crois !
Allons voir si ce vert m'absorbe et me raisonne...
Le potager a explosé, il n'y a pas d'autres mots. Et il faut reconnaître qu'à le voir ainsi, on n'a pas envie de manger quoi que ce soit d'autre qui n'en proviendrait pas.
Je regrette déjà de n'être pas allé courir, mais, j'ai une petite forme, à l'image de mon moral. Dès que je lève la tête du guidon, que je regarde un peu trop loin devant avec une, a priori, lucidité, mes attentes, mes espérances ; c'est un peu comme si je commençais un travail malsain d'analyses hypothétiques, de réflexions spéculatives, d'intellectualisme chimérique... me rendant sujet, invariablement, à cet état de dépression, d'à quoi bon, que je connais si bien !
Et que dire de ces sifflements d'oreilles, qui toujours m'avertissent avec cette certitude diffuse et abstraite qu'un évènement somme toute, banal - au regard de la vingtaine qui se produisent chaque jour - ne l'est pas ? Les recoupements effectués depuis, sont bien trop en faveur de... l'inexplicable... Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit de la nature d'un attachement que je ne maîtrise pas... une part instinctive de moi, que je ne mesure pas encore. Et sans doute d'autres choses, plus universelles, du moins métaphysiques...
Et je suis là, comme un idiot, incapable de trouver une quelconque explication scientifique (il faut dire que je n'en ai pas vraiment les moyens) à ses sensations... Ce que je sais avec certitude, c'est que je ne me sens en paix qu'écoutant mon cœur et ne contenant pas la spontanéité de mes élans. Considérant avec une belle ouverture, toutes ces émotions inexplicables. Mais ce n'est pas aussi simple que de l'écrire...
Demain matin, il faut que j'aille courir, m'oxygéner les cellules... il faut pouvoir tenir, je ne suis qu'au tout début de cette volonté de réaliser mes souhaits, ce ne sont là que les balbutiements.
Il faut m'en tenir à l'envi et, à ce que je crois !
Allons voir si ce vert m'absorbe et me raisonne...
dimanche 10 juin 2012
Qu'un oiseau se pose sur ma tête !
Matin vague. Sensation de flottement. Impossible de fixer mon esprit, de contrôler mes pensées. Si tant est qu'il me soit déjà arrivé de les contrôler plus de dix minutes d'affilés... Du reste, je n'en ai aucune de pensée, pas même une malsaine. Aucun souvenir de ma nuit, hormis qu'elle fut trop courte, mais ça, ce n'est pas une idée.
Tout acte, quel qu'il soit, me coûte un effort titanesque. J'évite donc de m'agiter. Tout individu animé d'une quelconque énergie, d'un peu d'allant, m'épuise, rien qu'en passant.
Je ne peux même pas parler de vague à l'âme, je ne ressens pas plus de tristesse, que de joie. Rien d'autre que, le moment présent !
Tout acte, quel qu'il soit, me coûte un effort titanesque. J'évite donc de m'agiter. Tout individu animé d'une quelconque énergie, d'un peu d'allant, m'épuise, rien qu'en passant.
Je ne peux même pas parler de vague à l'âme, je ne ressens pas plus de tristesse, que de joie. Rien d'autre que, le moment présent !
Mes seules sensations sont organiques. Je me contente de les observer, même pas... de les regarder ! Observer, impliquant une attitude trop engagée et, critique.
Immobile, dans cette non-action, une pensée tombe soudainement, comme la première goutte d'une pluie qui arrive : ce doit être comme ça, d'être légume, plante...
... Il ne pleut pas !? Sans doute un oiseau qui passait...
Un thé, un peu de musique, idéalement, un rayon de soleil pour me chauffer l'épiderme, un souffle de vent pour me bercer... et, voilà tout. Immobile, dans cette non-action, une pensée tombe soudainement, comme la première goutte d'une pluie qui arrive : ce doit être comme ça, d'être légume, plante...
... Il ne pleut pas !? Sans doute un oiseau qui passait...
Rien avant, rien après, uniquement l'instant, intensément !
...
Des alarmes sur mes écrans ! Le ciel se pose sur ma tête avec fracas... le temps n'est plus à la méditation, qui plus est, involontaire. Allez, remettons bon ordre à tout ce bazar, avant qu'il ne soit trop tard...
vendredi 8 juin 2012
Mon jardin en friche, mon île.
À quoi peut bien ressembler mon esprit ? Quel genre de place peut-il être ? Je crains que l'endroit soit peu intéressant... mis à part quelques idées qui, parfois, jaillissent de toutes ces autres qui traînent et tournent en boucles... j'ai remarqué à quel point, je peux ressasser mes misères... Écrivant ceci, l'image qui me vient à l'esprit (!), c'est un jardin en friche, entretenu irrégulièrement, par endroits seulement, au gré de mes rares présences. Un tas de choses y ont été commencées, puis abandonnées... Son seul intérêt, de n'avoir jamais cédé à l'urbanisation, au copier-coller, d'avoir gardé une certaine unicité.
Quand je lis mes auteurs favoris, je suis fasciné par leur capacité à organiser leurs pensées, à ne jamais s'égarer, à ne jamais perdre le fil de leurs idées. À construire leur raisonnement et, surtout, à aboutir à une œuvre originale ! Et je ne parle pas de leur érudition, de leur capacité à la variété... Pour reprendre ma métaphore, les leurs seraient des jardins luxuriants, peuplés de multiples essences, organisés de façon à ce que chacune s'y développe dans les conditions qui lui sont le plus favorables. Jardins à la Française pour certains, à l'Anglaise pour d'autres, Japonnais et Exotiques ou encore Méditerranéen. De beaux et singuliers jardins où l'on aimerait pouvoir y flâner indéfiniment, par plaisir et par curiosité ; des espaces où, moi, à chaque pas-j'apprends !
Alors que chez moi, j'ai déjà du mal à ouvrir la porte, et plus encore à la fermer, tant c'est envahi par les ronces et les mauvaises herbes. Lierre et gui parasitent les plus beaux arbres ; là, des orties jouxtent quelques fleurs dépareillées, ici des plantes persistantes s'étouffent dans leurs propres racines. Les quelques clairières sont ravagées par les taupes et des arbres tombés... Des colonnes se dressent sans rien porter et les chemins ne mènent pas forcément quelque part. Une fois y être entré, on n'a plus qu'une idée, en sortir.
Il a cependant l'intérêt d'être nature et vivant ! Et au cœur de ces ronces, poussent même des mûres, et entre ces chardons on peut apercevoir une belle et tendre mousse... Si, sur les hauteurs, à côté de la source, pouvais se trouver deux beaux arbres, solides, formant une belle canopée et assez proches l'un de l'autre pour y étendre un hamac, je nettoierai tout autour pour y abriter ma table et deux chaises, et je crois bien que cela me suffirait ! Et puis, c'est mon jardin ! Qui sait, au détour d'un de ces chemins de pierres, de temps en temps glissantes, protégée par d'épineuses broussailles, se cache, peut-être, une espèce endémique, une plante unique ?
Et ça, je crois bien que ça me comblerait, d'apprendre que mon jardin est une île !
Mon île, puisque c'est une île, je me la représente à l'image de cette autre qui m'enchanta tant, que j'y suis toujours un peu... Ce rocher plein de secrets, au large d'une baie en méditerranée, qui veille, avec sérénité, sur le cœur battant d'un des plus beaux et des plus versatiles volcans.
Ce rocher sur lequel, naissaient à mon insu les prémices inconscientes, d'un violent et puissant élan de l'âme et du cœur, d'une ferveur et d'une dévotion, sans comparaison... Qui me conduirait à me demander à quoi peut ressembler cet esprit qui m'anime...
Alors voilà, à peu prés, ce à quoi j'aimerai qu'il ressemble.
Quand je lis mes auteurs favoris, je suis fasciné par leur capacité à organiser leurs pensées, à ne jamais s'égarer, à ne jamais perdre le fil de leurs idées. À construire leur raisonnement et, surtout, à aboutir à une œuvre originale ! Et je ne parle pas de leur érudition, de leur capacité à la variété... Pour reprendre ma métaphore, les leurs seraient des jardins luxuriants, peuplés de multiples essences, organisés de façon à ce que chacune s'y développe dans les conditions qui lui sont le plus favorables. Jardins à la Française pour certains, à l'Anglaise pour d'autres, Japonnais et Exotiques ou encore Méditerranéen. De beaux et singuliers jardins où l'on aimerait pouvoir y flâner indéfiniment, par plaisir et par curiosité ; des espaces où, moi, à chaque pas-j'apprends !
Alors que chez moi, j'ai déjà du mal à ouvrir la porte, et plus encore à la fermer, tant c'est envahi par les ronces et les mauvaises herbes. Lierre et gui parasitent les plus beaux arbres ; là, des orties jouxtent quelques fleurs dépareillées, ici des plantes persistantes s'étouffent dans leurs propres racines. Les quelques clairières sont ravagées par les taupes et des arbres tombés... Des colonnes se dressent sans rien porter et les chemins ne mènent pas forcément quelque part. Une fois y être entré, on n'a plus qu'une idée, en sortir.
Il a cependant l'intérêt d'être nature et vivant ! Et au cœur de ces ronces, poussent même des mûres, et entre ces chardons on peut apercevoir une belle et tendre mousse... Si, sur les hauteurs, à côté de la source, pouvais se trouver deux beaux arbres, solides, formant une belle canopée et assez proches l'un de l'autre pour y étendre un hamac, je nettoierai tout autour pour y abriter ma table et deux chaises, et je crois bien que cela me suffirait ! Et puis, c'est mon jardin ! Qui sait, au détour d'un de ces chemins de pierres, de temps en temps glissantes, protégée par d'épineuses broussailles, se cache, peut-être, une espèce endémique, une plante unique ?
Et ça, je crois bien que ça me comblerait, d'apprendre que mon jardin est une île !
Mon île, puisque c'est une île, je me la représente à l'image de cette autre qui m'enchanta tant, que j'y suis toujours un peu... Ce rocher plein de secrets, au large d'une baie en méditerranée, qui veille, avec sérénité, sur le cœur battant d'un des plus beaux et des plus versatiles volcans.
Ce rocher sur lequel, naissaient à mon insu les prémices inconscientes, d'un violent et puissant élan de l'âme et du cœur, d'une ferveur et d'une dévotion, sans comparaison... Qui me conduirait à me demander à quoi peut ressembler cet esprit qui m'anime...
Alors voilà, à peu prés, ce à quoi j'aimerai qu'il ressemble.
lundi 28 mai 2012
Cet engourdissement
C'est étonnant comme parfois tout semble avancer au ralenti. La sensation d'être dans un doux engourdissement, un peu amer toute fois... La première nuit de sommeil qui clos mon cycle de travail me met souvent dans cet état, et le matin je ne me sens la force de rien, à part celle de me préparer du thé, et de me mettre devant mon ordinateur... songeur, à la limite entre conscience et inconscience, n'étant plus qu'organique, le temps m'échappe...
Pour quelle raison ai-je cet étrange besoin de m'enfuir ainsi, à ce moment précis ?
Serait-ce une sorte de sas de désinfection, de décompression, entre deux états incompatibles ? Est-ce parce que ma vie, dès lors que je n'aie pas d'obligation, la nécessité de paraître ou de m'occuper d'un autre... manque d'intensité ? Est-ce une façon de me rendre, de me livrer à mes émotions qui se font de plus en plus rares ?
Avant, elles étaient d'immenses vagues qui sans cesse me submergeaient, maintenant il faut que je plonge la tête dans mon lavabo pour retrouver le goût de la noyade.
Il me presse de retrouver, l'exaltation et l'intensité, de retrouver cette sensation de brûler ma vie avec éclat.
Pour quelle raison ai-je cet étrange besoin de m'enfuir ainsi, à ce moment précis ?
Serait-ce une sorte de sas de désinfection, de décompression, entre deux états incompatibles ? Est-ce parce que ma vie, dès lors que je n'aie pas d'obligation, la nécessité de paraître ou de m'occuper d'un autre... manque d'intensité ? Est-ce une façon de me rendre, de me livrer à mes émotions qui se font de plus en plus rares ?
Avant, elles étaient d'immenses vagues qui sans cesse me submergeaient, maintenant il faut que je plonge la tête dans mon lavabo pour retrouver le goût de la noyade.
Il me presse de retrouver, l'exaltation et l'intensité, de retrouver cette sensation de brûler ma vie avec éclat.
mardi 22 mai 2012
Étonnant, sans l'être vraiment...
Sur mon téléphone, le dernier des plus anciens messages date du 11 mai de l'année passée...
Cette table à laquelle je m'assois chaque jour et cette autre repérée, qui n'est toujours pas, encore à vendre.
Ces graines, pourtant périmées, qu'il a suffit de mettre en terre pour que, contre toute attente, elles me nourrissent !
Le souvenir incisif, de ce film Grec, Canine ! Et celui, bien plus puissant et précis de cet autre, Le Quattro Volte.
Ce vélo porteur anglais de 1940 que je n'utilise plus, mais que je ne peux me résoudre à vendre, parce qu'il est... si beau.
Chaque jour, cet hier permanent et intact, juste derrière moi, comme une ancre flottante...
Cette table à laquelle je m'assois chaque jour et cette autre repérée, qui n'est toujours pas, encore à vendre.
Ces graines, pourtant périmées, qu'il a suffit de mettre en terre pour que, contre toute attente, elles me nourrissent !
Le souvenir incisif, de ce film Grec, Canine ! Et celui, bien plus puissant et précis de cet autre, Le Quattro Volte.
Ce vélo porteur anglais de 1940 que je n'utilise plus, mais que je ne peux me résoudre à vendre, parce qu'il est... si beau.
Chaque jour, cet hier permanent et intact, juste derrière moi, comme une ancre flottante...
Cette petite voix
Ce qui compte, c'est de suivre ce que vous dit cette petite voix intérieure qui ne vient pas de la raison. Elle vous indique toujours et à tout moment ce que vous devez faire, reste cependant un problème majeur, celui de votre interprétation du moment. Nous avons tous fait l'expérience au moins une fois et en toute conscience, de cette sensation que nous procure cette petite voix. À moins d'être bonze dans un temple, la vie que l'on mène nous empêche d'y être réceptif comme nous le devrions, et lorsque nous la percevons, notre conditionnement nous oblige à soumettre ces signes à ce que nous avons chez nous, de plus influençable, de versatile... notre raison.
Savoir que cette voix intérieure, ce guide du cœur, existe, et tenter d'y être attentif, c'est déjà ça.
Il y a peu de chance que cette action, attitude, que vous répétez depuis un certain temps soit une obsession maladive ou de la curiosité par ennuie... Cela indique vraisemblablement autre chose qui, lorsque vous vous l'avouez, ne vous surprend pas. C'est ça ! Alors, qu'est-ce qui vous empêche de suivre votre guide ? Les éventuelles conséquences que votre action pourrait entraîner ? Le sentiment de honte de vous être ainsi mépris(e), de ne pas avoir été compris(e) ? Bref, une possible réaction d'orgueil, que vous aurez oublié, à peine quelques jours passés. Quel poids cela a-t-il, à côté de ce que vous vous infligez en vous retenant, en vous bloquant, au nom d'une soi-disant raison qui, vous le savez pourtant, évoluera elle aussi ?
Faites ce qui vous semble être en accord avec vous, avec ce que vous ressentez et non pas avec ce que vous pensez ! Qu'avez-vous à perdre, votre orgueil ? C'est la meilleure chose qui puisse vous arriver. Qu'est-ce qui indique que l'on ne se trompe pas ? Ce sentiment tout autant diffus que ténu, de soulagement, de soudain bien être, qui accompagne votre choix.
Savoir que cette voix intérieure, ce guide du cœur, existe, et tenter d'y être attentif, c'est déjà ça.
Il y a peu de chance que cette action, attitude, que vous répétez depuis un certain temps soit une obsession maladive ou de la curiosité par ennuie... Cela indique vraisemblablement autre chose qui, lorsque vous vous l'avouez, ne vous surprend pas. C'est ça ! Alors, qu'est-ce qui vous empêche de suivre votre guide ? Les éventuelles conséquences que votre action pourrait entraîner ? Le sentiment de honte de vous être ainsi mépris(e), de ne pas avoir été compris(e) ? Bref, une possible réaction d'orgueil, que vous aurez oublié, à peine quelques jours passés. Quel poids cela a-t-il, à côté de ce que vous vous infligez en vous retenant, en vous bloquant, au nom d'une soi-disant raison qui, vous le savez pourtant, évoluera elle aussi ?
Faites ce qui vous semble être en accord avec vous, avec ce que vous ressentez et non pas avec ce que vous pensez ! Qu'avez-vous à perdre, votre orgueil ? C'est la meilleure chose qui puisse vous arriver. Qu'est-ce qui indique que l'on ne se trompe pas ? Ce sentiment tout autant diffus que ténu, de soulagement, de soudain bien être, qui accompagne votre choix.
dimanche 20 mai 2012
Improvisation
Cette nuit la rue froisse du papier. Orage et pluie battante sur les toits de Paris. J'imagine qu'il y a toujours cette odeur de cire à tomettes dans le couloir. Et que les éclairs projettent l'ombre de cette petite fenêtre romane sur toute la longueur du plafond...
C'est étrange comme le temps épargne certaine chose, ce contentant de leur donner un effet elliptique. Comme pour indiquer que le destin ne peut s'accomplir, qu'une fois chaque étape aboutie.
Aucune ombre sur mon plafond, juste ce bruit de papier froissé dehors. Comme autant de mots écrits puis jetés.
À croire que les plus belles émotions, s'improvisent à deux :
http://www.youtube.com/watch?v=_2Usi28hk7U&feature=relmfu
C'est étrange comme le temps épargne certaine chose, ce contentant de leur donner un effet elliptique. Comme pour indiquer que le destin ne peut s'accomplir, qu'une fois chaque étape aboutie.
Aucune ombre sur mon plafond, juste ce bruit de papier froissé dehors. Comme autant de mots écrits puis jetés.
À croire que les plus belles émotions, s'improvisent à deux :
http://www.youtube.com/watch?v=_2Usi28hk7U&feature=relmfu
Décalage émotionnel
Et voilà, c'était à parier ! Dix jours ailleurs et au retour le contre-coup. Vendredi soir, il était trop tôt pour être touché. Et samedi, la journée sembla bien trop courte pour être atteint...
Mais aujourd'hui, en plus un dimanche - je déteste les dimanches qui ne sont pas ensoleillés ; sans marché regorgeant de fruits et légumes colorés, d'odeur de fines herbes et de poulets grillés ; sans cloches, qui sonnent à la volée ; sans grilauvent (c'est quand même mieux que barbecue) et bouteilles ruisselantes de Rosé ; sans d'opulentes et fraîches salades composées ; sans pains qu'il ne faut pas oublier, ainsi que le Fraisier et les chouquettes ; sans robes blanches qui virevoltent, sans fleurs par brassées ; sans enfants qui jouent et rient ; sans discrètes caresses et furtifs baisers ; sans regards qui se sourient qui se soutiennent ; sans refaire le monde avec le café ; sans sieste à l'ombre des bouleaux, à regarder les nuages et écouter les abeilles travailler ; sans restes froids pour dîner avec ceux qui ont envie de rester ; sans bougies et pulls à prêter pour continuer à faire des projets - qui plus est, un foutu dimanche pluvieux !
Tous les ingrédients pour une journée déprime, du coup je prends de plein fouet ce décalage émotionnel propre aux ruptures. Je me trouve entre deux mondes, dans un "no emotion's land".
Et, je ne sais pas pourquoi, je repense à ce hamburger qu'évoquait Alexandre Astier sur Twitter, il y a plusieurs jours. Le meilleur au monde ! Un petit pain maison, avec un steak haché bien saisi autour et saignant dedans, un bacon croustillant, une tranche de Cantal fondue, je crois (en tout cas ça irait bien) et de l'avocat grossièrement écrasé... Et une bonne poignées de frites maisons, croustillantes à souhait. J'en salive...
J'ouvre mon frigo... un concombre, une barquette de sucrines, du fromage frais, un oeuf, des anchois et des haricots vert congelés... Dessus, trois tomates, une pomme, une oranges, du pain d'hier et des crackers au son d'avoine ! J'ai beau essayer de tout envisager comme mélange... ça ne fait jamais mieux qu'une salade composée. C'est pas la fête... Enfin quand on a, tout à coup, envie du meilleur hamburger au monde ! Bon faut que je pense à un truc faisable... Un thé et une sieste, tiens... Et puis zut, soyons fou, les deux !
Le décalage émotionnel, ça creuse, et ça arrive toujours quand on a rien dans le frigo.
Mais aujourd'hui, en plus un dimanche - je déteste les dimanches qui ne sont pas ensoleillés ; sans marché regorgeant de fruits et légumes colorés, d'odeur de fines herbes et de poulets grillés ; sans cloches, qui sonnent à la volée ; sans grilauvent (c'est quand même mieux que barbecue) et bouteilles ruisselantes de Rosé ; sans d'opulentes et fraîches salades composées ; sans pains qu'il ne faut pas oublier, ainsi que le Fraisier et les chouquettes ; sans robes blanches qui virevoltent, sans fleurs par brassées ; sans enfants qui jouent et rient ; sans discrètes caresses et furtifs baisers ; sans regards qui se sourient qui se soutiennent ; sans refaire le monde avec le café ; sans sieste à l'ombre des bouleaux, à regarder les nuages et écouter les abeilles travailler ; sans restes froids pour dîner avec ceux qui ont envie de rester ; sans bougies et pulls à prêter pour continuer à faire des projets - qui plus est, un foutu dimanche pluvieux !
Tous les ingrédients pour une journée déprime, du coup je prends de plein fouet ce décalage émotionnel propre aux ruptures. Je me trouve entre deux mondes, dans un "no emotion's land".
Et, je ne sais pas pourquoi, je repense à ce hamburger qu'évoquait Alexandre Astier sur Twitter, il y a plusieurs jours. Le meilleur au monde ! Un petit pain maison, avec un steak haché bien saisi autour et saignant dedans, un bacon croustillant, une tranche de Cantal fondue, je crois (en tout cas ça irait bien) et de l'avocat grossièrement écrasé... Et une bonne poignées de frites maisons, croustillantes à souhait. J'en salive...
J'ouvre mon frigo... un concombre, une barquette de sucrines, du fromage frais, un oeuf, des anchois et des haricots vert congelés... Dessus, trois tomates, une pomme, une oranges, du pain d'hier et des crackers au son d'avoine ! J'ai beau essayer de tout envisager comme mélange... ça ne fait jamais mieux qu'une salade composée. C'est pas la fête... Enfin quand on a, tout à coup, envie du meilleur hamburger au monde ! Bon faut que je pense à un truc faisable... Un thé et une sieste, tiens... Et puis zut, soyons fou, les deux !
Le décalage émotionnel, ça creuse, et ça arrive toujours quand on a rien dans le frigo.
mercredi 16 mai 2012
Il est temps...
Il est temps que je retourne chez moi, dans ma cellule, ma protection... Dès cette fin de semaine. Même V. avec ses attentes patientes, me fait culpabiliser d'être... toujours ailleurs, dans mon monde qui, de plus en plus, prend forme, se définit et m'aspire.
Je ne me sens libre de rien, m'emprisonnant moi-même dans cette conscience que j'ai des autres... Jusqu'à mon corps, dont je ne peux disposer, ici, comme je le fait seul ou avec l'intime...
Finalement, ce que j'aime c'est cette tension que provoque cet équilibre forcément précaire, toujours instable, entre solitude, famille et amis, et, cette nécessaire âme sœur, habitant un corps nécessairement désiré (précision à l'intention de ceux qui pensent, à tord, que le concept d'âme sœur désigne forcément une relation platonique).
J'aime l'ascèse pour les excès qui suivent, j'aime me priver pour ensuite abuser. Il me faut du glacial ou du brûlant, le tiède m’appauvrit, m’ennuie, m'éteint. Un soudain baiser à pleine bouche ou une claque qui fuse plutôt qu'une molle poignée de main. Des yeux qui déshabillent, qui fouillent, à un regard qui fuit. Un corps épuisé qu'il faut porter plus loin que je ne m'en sens capable, plutôt qu'une soirée télé...
Alors, comment hurler cela, à ceux qui n'ont pas, la chance ou le malheur, d'être sensible à ces belles dérives de l'âme ?
Il est temps pour moi de rentrer, afin de garder le goût de revenir...
Je ne me sens libre de rien, m'emprisonnant moi-même dans cette conscience que j'ai des autres... Jusqu'à mon corps, dont je ne peux disposer, ici, comme je le fait seul ou avec l'intime...
Finalement, ce que j'aime c'est cette tension que provoque cet équilibre forcément précaire, toujours instable, entre solitude, famille et amis, et, cette nécessaire âme sœur, habitant un corps nécessairement désiré (précision à l'intention de ceux qui pensent, à tord, que le concept d'âme sœur désigne forcément une relation platonique).
J'aime l'ascèse pour les excès qui suivent, j'aime me priver pour ensuite abuser. Il me faut du glacial ou du brûlant, le tiède m’appauvrit, m’ennuie, m'éteint. Un soudain baiser à pleine bouche ou une claque qui fuse plutôt qu'une molle poignée de main. Des yeux qui déshabillent, qui fouillent, à un regard qui fuit. Un corps épuisé qu'il faut porter plus loin que je ne m'en sens capable, plutôt qu'une soirée télé...
Alors, comment hurler cela, à ceux qui n'ont pas, la chance ou le malheur, d'être sensible à ces belles dérives de l'âme ?
Il est temps pour moi de rentrer, afin de garder le goût de revenir...
vendredi 11 mai 2012
Ce singulier besoin
Comme pour toute chose, il y a un revers. Et ici, je ne trouve que trop peu d'instants pour être seul.
J'ai ce farouche besoin de ne me retrouver qu'avec moi-même, de temps en temps... Très vite, les sujets de conversation des autres m’ennuient, les tics de chacun m'exaspèrent. J'ai la sensation que tous parlent trop fort ; dans leurs mots, leurs gestes, je ne perçois plus que ces signes qu'ils envoient pour exister et je les ressens comme autant d'agressions.
L'excès de perception s'avère parfois un terrible handicap, je suis au bord de l’asphyxie, je crois même qu'une plante verte dans son pot m’irriterait, ne serait-ce que pour avoir besoin d'eau... Je comprends ces moines Bouddhistes qui s'entourent de silence, qui s'isolent...
Mes voyages intérieurs me mettent dans un tel état, que toutes mes forces, toutes mes ressources sont alors nécessaires pour ne pas sombrer dans la folie.
J'ai besoin de ces moments, où nu, toutes protections à terre, je suis alors ce que j'écris être... et, je ne peux accepter d'être ainsi surpris.
Une fois pourtant, me livrer m'avait semblé avoir un sens. Je ne pense pas avoir poussé l'intimité aussi loin, avant... J'imagine qu'aurait pu naître quelque chose de pas ordinaire, une relation vraiment singulière... Mais nous n'étions sans doute pas assez grands, pas assez libres de tous ce qui s'est fait avant...
Aujourd'hui j'ai besoin de ma musique, d'aucune vie autour... J'ai besoin de me sentir en péril, de m'éprouver, de m'écorcher. J'ai besoin de me rappeler comment c'était, quand j'aimais...
Bon, on m'appelle ! Pour aller tailler quelques arbres dans le jardin, pourvu que je ne me coupe pas un doigt. Déjà que ça me fout en rogne, mais comment justifier, comment expliquer...
J'ai ce farouche besoin de ne me retrouver qu'avec moi-même, de temps en temps... Très vite, les sujets de conversation des autres m’ennuient, les tics de chacun m'exaspèrent. J'ai la sensation que tous parlent trop fort ; dans leurs mots, leurs gestes, je ne perçois plus que ces signes qu'ils envoient pour exister et je les ressens comme autant d'agressions.
L'excès de perception s'avère parfois un terrible handicap, je suis au bord de l’asphyxie, je crois même qu'une plante verte dans son pot m’irriterait, ne serait-ce que pour avoir besoin d'eau... Je comprends ces moines Bouddhistes qui s'entourent de silence, qui s'isolent...
Mes voyages intérieurs me mettent dans un tel état, que toutes mes forces, toutes mes ressources sont alors nécessaires pour ne pas sombrer dans la folie.
J'ai besoin de ces moments, où nu, toutes protections à terre, je suis alors ce que j'écris être... et, je ne peux accepter d'être ainsi surpris.
Une fois pourtant, me livrer m'avait semblé avoir un sens. Je ne pense pas avoir poussé l'intimité aussi loin, avant... J'imagine qu'aurait pu naître quelque chose de pas ordinaire, une relation vraiment singulière... Mais nous n'étions sans doute pas assez grands, pas assez libres de tous ce qui s'est fait avant...
Aujourd'hui j'ai besoin de ma musique, d'aucune vie autour... J'ai besoin de me sentir en péril, de m'éprouver, de m'écorcher. J'ai besoin de me rappeler comment c'était, quand j'aimais...
Bon, on m'appelle ! Pour aller tailler quelques arbres dans le jardin, pourvu que je ne me coupe pas un doigt. Déjà que ça me fout en rogne, mais comment justifier, comment expliquer...
dimanche 6 mai 2012
En attendant demain...
Parce que je tiens à inscrire ici, quotidiennement, quelques sensations, je m'esquinte à trouver un mot ou deux, mais rien ne vient...
Je suis dans un de ces jours sans émotions avec juste assez de sensations pour ne pas oublier de respirer.
En panne de sentiments, les mots me manquent, l'esprit avec. Déserté, je n'ai le cœur à rien. C'est bien là mon malheur, de n'être régulier en rien. Même si l'intensité des sensations suffisait à conférer du talent, le mien n’apparaîtrait qu'en pointillé, à l'image de ces trois points dont j'abuse, sans doute pour signifier ne rien vouloir approfondir... Il faut reconnaître que de ne se spécialiser en rien, de se contenter de simplement tout effleurer, est un art singulier, qui n'est propre qu'aux fous illuminés et aux poètes inspirés.
Me manquent ces baisers, qui déposés sur mes lèvres, m'apaisaient, m'inspiraient. Me manque cette lumière, qui m'illuminait.
samedi 5 mai 2012
Quête
Cet après-midi, une balade dans Paris. Je me surprends à suivre du regard quelques silhouettes féminines. Me disant que, si j'arrive à deviner quel visage correspond à ces fesses, ces hanches ou cette nuque, ou encore à cette allure, c'est que peut-être... c'est elle !
Mais, au fur et à mesure que je perds, je constate qu'avant tout, je cherche bien plus qu'une silhouette, qu'un visage même. Je cherche une âme, que je reconnaîtrai, qui me reconnaîtra. Une âme... que je connais déjà.
Mais, au fur et à mesure que je perds, je constate qu'avant tout, je cherche bien plus qu'une silhouette, qu'un visage même. Je cherche une âme, que je reconnaîtrai, qui me reconnaîtra. Une âme... que je connais déjà.
jeudi 19 avril 2012
Paradis perdus
Bon, aujourd'hui, revenons à mon mouton. Pas que je sois particulièrement intéressant, mais je reste le seul sujet que j'ai, presque, en permanence sous la main ! Je dis, presque, parce qu'il m'arrive des absences, le sommeil, mes siestes comateuses et parfois quelques verres (toujours du bon, il faut se soigner tout de même et jamais seul, c'est une règle)...
Inutile de revenir sur le fait que je n'arrive pas à retrouver une régularité à courir. C'est dans la tête et dans le temps, bien qu'aujourd'hui j'aurai dû... Je vais aller faire ma balade habituelle, voir quelle tête ont les gens dehors... me chauffer les jambes...
Je me sens incertain, comme le temps. Le passé ne me lâche pas... et puis après l'euphorie (il faut bien le dire) de ces derniers jours, je ne sais pas si j'appréhende ou pas de me trouver à nouveau avec moi ? Plus jeune, à l'époque où je faisais des conneries, enfin c'est ce qu'on me disait... On appelait ça "la descente", considérant qu'on ne pouvait que monter pour accéder à ces paradis artificiels ! Et qu'en bas se trouvait, forcément, l'enfer. Eh bien, cette "descente", était toujours redoutable, déprimante... Ce sont toujours les passages qui coûtent, n'est-ce pas ?
L'autre jour, je discutais avec un ami de retour du Japon... Il me disait à quel point les Japonais pouvaient picoler, les femmes autant que les hommes... Comment ne pas constater que c'est bien un point commun aux êtres humains, que de chercher à fuir l'ordinaire... Et cette propension fait l'affaire d'un bon paquet de vendeur de rêve...
Je ne juge pas, j'y trouve, moi aussi, mon compte, je constate. Accro au pinard, à la coke, à un dieu ou à l'orgueil, c'est pas ce qui nous distingue, mais plutôt ce qui nous... lisse.
En attendant, moi qui ai visité, plusieurs fois, le plus extraordinaire de ces paradis... parfois, je désespère, tant il est facile à perdre et difficile à trouver, et comme le manque, rend alors mon ordinaire amer...
Parfois, je me sens comme habillé pour sortir en enfer !
Inutile de revenir sur le fait que je n'arrive pas à retrouver une régularité à courir. C'est dans la tête et dans le temps, bien qu'aujourd'hui j'aurai dû... Je vais aller faire ma balade habituelle, voir quelle tête ont les gens dehors... me chauffer les jambes...
Je me sens incertain, comme le temps. Le passé ne me lâche pas... et puis après l'euphorie (il faut bien le dire) de ces derniers jours, je ne sais pas si j'appréhende ou pas de me trouver à nouveau avec moi ? Plus jeune, à l'époque où je faisais des conneries, enfin c'est ce qu'on me disait... On appelait ça "la descente", considérant qu'on ne pouvait que monter pour accéder à ces paradis artificiels ! Et qu'en bas se trouvait, forcément, l'enfer. Eh bien, cette "descente", était toujours redoutable, déprimante... Ce sont toujours les passages qui coûtent, n'est-ce pas ?
L'autre jour, je discutais avec un ami de retour du Japon... Il me disait à quel point les Japonais pouvaient picoler, les femmes autant que les hommes... Comment ne pas constater que c'est bien un point commun aux êtres humains, que de chercher à fuir l'ordinaire... Et cette propension fait l'affaire d'un bon paquet de vendeur de rêve...
Je ne juge pas, j'y trouve, moi aussi, mon compte, je constate. Accro au pinard, à la coke, à un dieu ou à l'orgueil, c'est pas ce qui nous distingue, mais plutôt ce qui nous... lisse.
En attendant, moi qui ai visité, plusieurs fois, le plus extraordinaire de ces paradis... parfois, je désespère, tant il est facile à perdre et difficile à trouver, et comme le manque, rend alors mon ordinaire amer...
Parfois, je me sens comme habillé pour sortir en enfer !
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