(journal de mes sensations)
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mardi 24 juillet 2012

Sursaut...

Trois jours déjà, un mois me semble-t-il... Hier et ce matin, juste après qu'ait sonné l’Angélus, je suis allé courir dans cette campagne qui m'a vu naître... Bien que ces dernières semaines je ne me sois pas vraiment plié à l'exercice, j'ai, à ma grande surprise, gardé un certain rythme et la distance n'a pas trop diminué. Tenant en plus compte d'un léger empâtement, je peux considérer que mes bases sont bonnes... Depuis plus d'un an je cours sans musique, je rumine tant, deux, trois idées que c'est inutile, je ne l'entends pas. 
Qu'importe le fond de ma pensée sur ce qui s'est passé ces dernières années... Je suis conscient, que ce tout petit (peut-être j'exagère, emporté par la déception), je le voyais grand, bien plus grand qu'il n'est. Avec un peu de recul, il est des limites que l'on définit mieux, pas qu'elles étaient trop étendues, non, mais plutôt que de prés, je les cherchais plus loin qu'elles n'étaient. Finalement, je ne suis pas aussi étonné que j'aurais pensé...
Il y a autre chose, il y a ma vie... et, de belles rencontres à venir...
Une amie, que je ne connais que par ses mots, a écrit un joli texte que je vous engage à lire en suivant le lien ci-dessous, ce faisant, vous voterez pour son texte, il s'agit d'un concours :
http://www.aufeminin.com/ecrire-aufeminin/il-y-a-un-papier-au-coin-de-la-table-n201815.html 
Une autre amie, artiste elle aussi, m'a envoyée deux images. La première, après que nous nous soyons rencontrés comme on se croise et se reconnait, m'a touché... La seconde, exprime chez moi un manque... Ce manque qu'il savait si bien exprimer, on y voit Paul Eluard enlaçant Nush. Les voici :




On voit bien en regardant Eluard, que plus que de ses bras, c'est de son âme qu'il enlace si étroitement Nush. Il m'est arrivé d'enlacer ainsi...
J'espère que tu ne m'en voudras pas d'avoir affiché ici ces images ? C'est mon espace intime, j'aime y déposer ce qui m'a touché...
Je rentrerai sur Paris ce soir, il me restera demain pour préparer mon départ. Après ma semaine de travaille, j’emmène J. se baigner quelques jours. Nous allons retrouver respectivement des amis...
Ces jours de déconvenue s'avèrent de moins en moins lugubres... Je crois bien que mon espoir, plutôt que de disparaître comme je le craignais, se déplace... 

mardi 17 juillet 2012

Señorita

Tenons-nous en à ce qui a été écrit ! Mon thé infuse, je suis assis devant mon précieux, qui me renvoi l'image d'un type froissé, coiffé comme un dessous-de-bras, et le parfum surprenant ce matin de ces fleurs, que m'a apporté L., confirme ce fait... Il est huit heures quarante-quatre, je suis abruti ! J'ai, sans doute, dormi de vingt-deux heures trente à deux heures du matin, puis de six heures à il y a quelques minutes. Mais entre les deux, je n'ai pas cessé de me retourner, de réfléchir... non, ce n'est pas le mot, de subir des pensées incessantes, comme des ragots. Si j'écoutais ces délires égocentriques, car rien ne m'indique qu'ils pourraient être autres chose, je changerai radicalement de vie, de croyance, etc. Sauf que, d'abord je ne suis pas certain d'en être capable et ensuite je ne suis pas certain de le vouloir... mais c'est vrai que j'aimerai parfois un signe, j'aimerai parfois un peu de réconfort, d'encouragement.
Mon thé doit avoir suffisamment infusé, je vais m'en servir une tasse... 
Et puis cette idée... il faut que je trouve cette chanson, écrite en soixante-quinze, je crois... Un autre de ces indices que je sème à tout va...
Trouvée, mais comme ces montages photos envoyés sur YouTube, peuvent être ridicules : Señorita - Christophe, 
Brando ne joue plus les marlous
J'n'ai pas revu Cat Balou
Rien n'a plus rien n'a plus vraiment le même goût

Viviane Leigh a les cheveux blancs
Elle regrette le noir et blanc
Pour autant pour autant qu'en emporte le vent
Wow Wow Wow

Señorita dépêche-toi
Et remet ta robe de taff'tas
Tous les plus grands airs d'opéra
Ont des relents de rumba

Señorita dépêche-toi
Je suis un peu plus vieux que toi
Je ne vais plus au cinéma
On a fermé l'Alhambra

Brando voudrait bien retenir
Un tramway nommé désir
Hollywood Hollywood ne veut pas mourir

Marylin aurait cinquante ans
James Dean n'est plus un géant
Rien n'est plus rien n'est plus vraiment comme avant
Wow Wow Wow

Señorita dépêche-toi
Je sens qu'il est bien tard déjà
Quand ma guitare a sous mes doigts
Les caprices d'une diva

Señorita dépêche-toi
J'espère que tu ne m'en veux pas
Mais les fins comme au cinéma
Tu sais ça n'existe pas

Brando n'est plus sur sa moto
Il se meurt dans un tango
Retenant retenant le dernier sanglot

Tous les indiens sont en VO
A l'ouest du Rio Bravo
Rien n'va plus rien n'va plus même chez les gringos
Wow Wow Wow

Señorita dépêche-toi
Et remet ta robe de taff'tas
Tous les plus grands airs d'opéra
Ont des relents de rumba

Señorita dépêche-toi
Je suis un peu plus vieux que toi
Je ne vais plus au cinéma
On a fermé l'Alhambra

Señorita dépêche-toi
J'ai oublié les camélias
Je n'ai pas le physique pour ça
Alors danse danse pour moi...


Tout jeune déjà, cette chanson m'emportait plus que beaucoup d'autre, j'étais sensible à cette musique, impatiente, mais aussi au texte. En la réécoutant je saisis que ce que je ressentais alors était presque de la prémonition... Un attrait pour une mélancolie frénétique, impatiente... un feu qui couve en moi, n'attendant qu'une étincelle, une goulée d'oxygène, pour m'incendier... 
Ce midi, un déjeuner dans le quatorzième avec cet ami d'enfance. Je rentrerai à pied, bd. de Raspail, bd. St.Germain, parvis de Notre-Dame, le Marais où je prendrai un café et, achèterai mon thé à l'autre bout de la rue. 
Sur les pas d'une... señorita... d'une étincelle...



mardi 3 juillet 2012

Impromptue...

Un sms me sort de la torpeur dans laquelle je m'abandonne. L., me demande si je veux bien qu'elle passe prendre un thé vers 18h30...
Il est 17h00, je suis encore couché, il faut : que je passe un coup dans les sanitaires, que je fasse la poussière, que je passe un coup d'aspirateur, que j'aère... En une demi-heure. Ça peut le faire... Mais en raison de l'énergie dépensée, il faudra aussi que je prenne une douche. Sans compter qu'il faudra écrire ça, et passer chez le boulanger acheter de ces petits flans Portugais, des Pateis de Nata, un délice !
Je n'ose même pas imaginer si c'était... elle, qui m'envoyait tout à coup un message de ce genre... Il faudrait que je fasse la même chose, plus toute une mise en scène, non pas pour mentir ou en faire trop, mais pour qu'en un coup d'œil, elle puisse comprendre qu'elle a toujours était là... 
La difficulté serait de, comment perdre cinq à six kilos en une heure ou une journée ? À part se couper un bras... mais c'est impossible, j'en ai besoin pour enlacer (au cas où) ! Est-ce qu'un rein, un poumon, la rate et une partie du foie, feraient le poids ? Et ses traits tous défaits, comment les tirer sans trop faire ressortir le nez ? Soyons pratique, j'ai du film alimentaire, je pourrai m'en entourer l'abdomen en serrant bien fort, ça m'obligerait à me tenir droit, certes, un peu raide mais gonflerait avantageusement le buste... Et puis, non ! Ce n'est pas ce qui est important, et je ne suis pas si mal que ça, sans lunettes... Le tout étant de m'en persuader, la beauté, la vraie, émane de l'intérieur ! Et je sais que spontanément, sortirait, trois quatre mots aussi simples, aussi beaux, pastels et parfumés, qu'une brassée de pois de senteurs ; trois quatre compliments qui atteignent et illuminent les abysses les plus sombres du cœur... Alors, concernant l'aspect, j'aurai le temps, après...
Bon, ce qui faisait figure d'un nid de renard commence à ressembler à un petit appartement accueillant... Même moi, je sens bon, et je me sens meilleur d'avoir écrit ces mots plus haut... allons faire les courses. 
Ce n'est pas souvent que L. me rend visite et que nous pouvons discuter d'elle. La rassurer, lui donner confiance en elle...




vendredi 29 juin 2012

La beauté pour obsession.

Je déteste ça ! Depuis trois jours, sous prétexte qu'il me faut une paire de chaussures, je passe mon temps à en chercher une... Je n'ai plus que cela en tête (enfin, presque...), au détriment de ce que j'aime faire... Je me sens saisi par cette fièvre acheteuse, qui bouffe les neurones de bien des individus...
Les boutiques sont infréquentables, les commerçants rarement aimables, au mieux obséquieux, question de portefeuille. Sur le net, de belles affaires, mais comment être sûr pour la pointure ?
Vous allez me dire que je vire futile, vous n'avez pas tord... dès lors que l'on veut, acquérir, posséder quelque chose, il semble, qu'invariablement, cela en soit la conséquence. Ça occulte tout le reste, et surtout l'essentiel...
Hier, vaseux après la sieste, je décide de sortir voir ce qui se passe dehors... Je monte jusque la place Daumesnil et m'installe à la terrasse d'un café (autre déviance de désœuvré). À la sortie du métro, une jeune femme distribue des prospectus des Nouvelles Galeries Nation. La première chose qui m'a frappé, c'est sa peau. Elle porte une petite robe noire très simple, bras nus et s’arrêtant à mi-cuisses.
Sa peau est d'une blancheur poudrée que je connais si bien... Sa chevelure attachée en chignon pas trop stricte tire sur un roux un peu passé, pas trop marqué... Elle doit mesurer un mètre soixante-dix, très fine, une petite poitrine et des hanches bien dessinée, ainsi qu'une très jolie cambrure. Ses bras, ses jambes sont magnifiquement dessinés, elle ne porte aucun bijou, parce qu'inutile et une paire de chaussures à talon haut, parce qu'essentiels... Elle doit peser dans les quarante-cinq, quarante-huit kilos. Elle semble épuisée et retourne souvent près de son sac où sont déposés la réserve de prospects et son téléphone portable, pour regarder l'heure. Se faisant, elle s'accroupit élégamment et m'offre la vue sur le dessous de ses cuisses si blanches... et sa petite culotte noire, bombée à cet endroit, par sa vulve...
Hormis cet épisode, enchanteur et léger comme un courant d'air frais, je ne peux décrocher mon regard d'elle... Sa peau me fascine jusqu'aux larmes, les mouvements de son corps élancé, son bras qui s'étend pour tendre un papier, ses épaules qu'elle tire en arrière pour soulager son dos, ses jambes qu'elle étire discrètement en marchant... Son visage qu'un air excédé, par la fatigue et la chaleur, assombrie, mais qu'elle illumine tout à coup par un sourire, lorsque quelqu'un accepte le carton qu'elle lui tend.
J'ai envie, de lui apporter de l'eau fraîche... de lui dire que de toutes les femmes qui sont passées depuis que je suis là, aucune ne possède sa grâce. 
Que pour caresser une peau blanche et poudrée comme la sienne, je vendrais la mienne et mon âme avec. Que pour baiser des lèvres pastelles comme les siennes, je donnerai aux miennes tous ces mots que j'écris...
Mais, au mieux, elle me répondrait par un sourire angoissé, ne comprenant pas de quoi je parle et me prenant pour un de ces coureurs éhontés... Alors que je ne désirais lui offrir que quelques mots, de ceux qui réconfortent les femmes... 
Et, sincèrement, est-ce bien à elle que je me serais adressé ?
Je déteste être obsédé par ces objets qu'il faut acheter, c'est autant d'obsession qui n'est pas dirigée vers cet écrin qui annonce la beauté...  
Ah, puisqu'on est intime, je partage ici mon hésitation sur les modèles de chaussures qui m'attirent :


       

Vous allez me dire qu'elles ne sont pas de saisons ! Si vous saviez comment ça m'est égale... Et puis, quelle saison ?
Un petit plus, pour les premières. Non ? Ou bien, celles-ci ?




mardi 26 juin 2012

À l'arrache...

Il fallait bien que cela arrive, un coup de mou, la tête vide, rien envie de dire. En même temps le besoin mécanique d'écrire, d’aligner des mots pour dire ce rien, quitte à faire grimacer. Plus qu'une réelle fatigue, c'est de lassitude qu'il s'agit, probable conséquence de ce manque d'horizon, de ce manque de promesses... à moins que ce ne soit dû à mon impatience et à mon inconstance ?
Je déteste penser que je ne peux pas voler, que tout cela n'est que le rêve d'un gamin qui s'y accroche, pour conjurer son sort... que ce sont tous ces cons, qui ont raison !



Hier, L. avec qui j'avais une conversation m'avoue que M., l'exaspère de ne faire tout que pour elle... Que de tout ce qu'il projette, elle en soit le centre... Qu'il accepte tout, supporte tout d'elle, sans jamais se rebeller...
Je reste coi ! Bon sang, j'aime ce type qui aime L. ! 
Je lui confie alors ma pensée, ce n'est pas de la faiblesse, c'est tout le contraire... Sans elle il se contenterait d'exister, c'est bien assez pour lui. En elle, il a trouvé sa muse. Elle l'exalte, il exulte ! Donnant alors toute sa mesure et plus encore...  Voilà tout. Il ne dépend pas d'elle, elle est ce plus, miraculeux, qui donne à sa vie la dimension de l'univers.
Dali, Eluard, Picasso, Aragon... Sans Gala, Nush, les neufs femmes de Picasso comme les neufs muses de l'Olympe, Elsa... auraient-ils été ceux que nous connaissons ? 
"La femme est par essence l'animatrice et l'inspiratrice, c'est elle qui fait jaillir l'illumination au cœur de l'homme et l'homme en étant devenu conscient s'exprime en poète, se conduit en chevalier et agit en Mage. Mage-Prêtre qui célèbre un culte dont la femme devient Déesse. La Femme devenant elle, la prêtresse d'un Dieu qui ne demande qu'abandon, liberté et mystère." Valentin Bresle. 
Je crois que L. a compris...  au moins elle a écouté, troublée...
...
Je pourrais rebondir sur autre chose, de plus personnel, mais je n'en ai pas le cœur...
Pour le coup, mes points de suspension fétiches, prennent la valeur de mon état d'âme...  

vendredi 22 juin 2012

La fête à la Musique

Hier... c'est amusant, je me prétends diariste et je parle presque toujours du jour précédent, mais comment faire pour écrire dans l'instant immédiat ? Donc, hier c'était la fête de la musique, ou plutôt du bruit ! Mon pote m'a proposé de le rejoindre dans notre coin habituel. Installé en terrasse, rue du Faubourg Saint-Antoine, on a siroté quelques verres de Chardonnay en regardant passer les gens. Il faut dire qu'un jour comme hier à Paris, vous en voyez de drôles. Déjà, en sortant de chez moi, un vent ami, souleva la jupe de la demoiselle qui marchait devant moi, me découvrant une très jolie paire de fesses ! J'adore tous ces Strings et Tangas, etc. Là dépassant je lui ai dit que c'était charmant, et qu'elle et ses probables dessous, venaient d'égayer ma soirée... Elle avait de l'humour et, a ri franchement... Rien de pire qu'une femme à qui vous faites remarquer gentiment que son sac soulevant sa jupe, offre à votre vue son cul, vous montre en se retournant un visage excédé !
À ce propos, c'est celui de ma voisine d'en face que je n'ai toujours pas vu. Elle doit lire mon blog, je ne la vois plus ? Inutile d'insister lourdement, vous aurez compris que j'ai un réel plaisir à observer, en tout bien tout honneur, ce qui caractérise, physiquement, la féminité.
Évidemment, c'est ce que nous faisions en terrasse du "Chat bossu"... Et en ce jour de fête, il y avait de quoi... Après le troisième verre, il fût décidé d'aller dîner dans cet estaminet que nous ne fréquentions plus depuis longtemps pour des raisons gastronomiques, si je puis dire ! 
Toujours la même faune, et Yvan à l'accordéon, depuis André Verchuren et Yvette Horner, y a que les Roms pour jouer de l'accordéon... Un petit extra, prêtez attention à l'orchestre derrière Yvette et au premier commentaire en anglais... Ça vaut un coup de vin blanc ! "En glissant" . Je ne résiste pas à cet autre commentaire laissé sur une vidéo d'André Verchuren qui interprète "C'était le bon temps", je vous le cite (avec les fautes) : Ça me rappel quand mamie s'est faite tondre...
Bon jusque-là ça pouvait aller, le patron nous avait reconnus, faut dire que quand on se lâche avec mon pote, on se fait remarquer... Quelques poivrots tenaient le comptoir pour pas qu'il tombe, Carole Laure (une belle brune qui lui ressemble... un peu) minaudait pendant que son ami (qui ressemblait à personne) poussait la chansonnette, un peu de travers... Mais c'est la fête à la Musique, alors on pardonne tout, même si on rigole...
C'est là qu'est arrivé Zorro, je l'appelle comme ça parce qu'il est habillé en de La Vegas et qu'il porte un tambourin à la ceinture et une guitare à la main. Là, on a été pris d'un fou-rire à en pleurer, il faut dire que le Côte du Rhône avait du retour. Je vous ai fait une photo, pas très nette après développement, mais sur le moment elle l'était, je vous assure ! Était-ce un numéro de clown ? Si oui, alors le type est extraordinaire... 
Tout à une fin, surtout les histoires où il ne se passe rien... On a payé et, au milieu du bruit, on a cherché sa voiture... et on est rentré se coucher, chacun chez soi... 
Ce matin je ne suis pas allé courir mais pour une raison tout à fait différente que celles que j'évoque d'ordinaire. J'ai lu, hier, que chaque année plus de 800 sportifs amateurs décèdent dans des conditions inexpliquées... Le lendemain de la fête de la Musique, être retrouvé mort subitement, dans les bois, habillé en Frères Jacques, ça vous flingue une réputation ! Non ? Va falloir que je concocte un message à porter sur moi, en cas de malheur...
Allez, je vais me laver...



jeudi 14 juin 2012

Le laid et le beau...

Avant d'aller courir, j'ai pour habitude de faire sortir V. Dix minutes pour que la rosée matinale la réveille un peu... Ce matin, un type du genre qu'on ne remarque jamais, promène en laisse ses deux pantoufles d'appartement. Immédiatement V. fonce dans sa direction pour sympathiser avec les peluches permanentées... Et voilà que celui-ci s'affole, s'emmêle avec ses laisses, panique, se plaint... Je m'approche le rassurant sur le caractère de V. qui ne cherche qu'à faire connaissance, il me rétorque alors que ses chiens se sont déjà fait mordre et que je devrais quand même tenir le mien en laisse... Je lui fais remarquer, qu'ici on est à la campagne, et qu'il n'est pas obligé de venir promener ses chiens de plage arrière de voiture, devant chez moi et aussi loin de chez lui, et que s'il a peur que ses chiens se fassent mordre par un autre chien ou attaquer par un chat... pourquoi ne pas retourner vivre dans son appartement en ville ? Il est parti... 
J'ai alors dit à V. qu'il y avait un nouveau shérif dans le village !
Non mais, et puis quoi encore ? Moi, qui suis l'amabilité même le matin au réveil... Voilà tout à fait le genre de personnage, tout juste retraité, couple qui se retire à la campagne, où ils se sont fait construire une bicoque du style : garage (pour la Peugeot hors d'age) et atelier (dont chaque outil a sa place dessinée au mur) au rez de chaussé et, à l'étage, un appartement copié-collé de celui qu'ils ont habité durant quarante ans dans la ville d'à côté. Trente mètres carrés de jardin dont la moitié bétonnée (pour éviter les corvées), de toute façon, ils ne mangent jamais dehors à cause des abeilles... maman a peur d'en avaler une. 
Le genre de personnage qui défigure la campagne, se plaignant que les cloches de l'église sonnent trop souvent, que le coq de la ferme chante trop tôt, et trouvant que les vaches, ça pue et c'est sale... À quand un organisme comme celui des "architectes des bâtiments de France", pour préserver nos campagnes et villages de l'invasion de ces rongeurs écervelés ?
Bref, le genre, dont la culture se borne aux jeux télévisés, aux séries Américaine et à la lecture du programme télé...
Et voilà, je m'emporte...
J'ai rentré l'animal... et suis parti courir dans cette campagne et ces bois, retrouver la beauté... 
Ci-joint, des images glanées au cours de mon trajet habituel.







mercredi 13 juin 2012

Végétal









Quelques images prises aujourd'hui, avec mon Iphone, au gré d'une promenade et dans le petit potager...

mercredi 16 mai 2012

Pour partager...

Ce matin, je me suis décidé, je les ai récoltés. Pas facile... merde ! Pas facile ! Ça n'est vraiment pas ce que j'avais imaginé... les circonstances...
Je les ferai sauter à l'huile d'olive, pas plus de quelques minutes, servis avec un peu de fleur de sel et c'est tout... Minimalisme et simplicité, il n'y a rien de mieux, en tout.
Je suis un type fidèle à mes promesses, il m'arrive de faire des erreurs (souvent), d'avoir des faiblesses (tout le temps), mais je garde tout en tête, je me rappelle de chaque seconde essentielle... et cultive, avant tout et tant que possible, l'humilité... Malgré tout, malgré moi, je vais au bout de ce qui compte, de ce qui a du sens pour moi... Et je déteste qu'on dise de moi que je suis élégant ou noble de coeur. Je ne suis pas que ça ! Je ne vaux pas mieux que quiconque, j'ai simplement une conscience du tout, de vous, de moi, de nous... un peu... différente... mais, pas si folle... Je ne veux qu'être aimé et, un peu plus... Quoi !? Il n'y a pas de mal à ça.
Alors ce Kale, connu des Grecs et des Romains, depuis l'Antiquité, est un des légumes verts les plus riches en vitamines, minéraux et fibres. Particulièrement apprécié dans les milieux macrobiotiques, il est d'une grande valeur nutritive, contient des antioxydants et en plus, il se trouve qu'il est délicieux.
Vous savez, c'est le genre d'aliments, qu'une fois avalé, vous vous sentez bien... le genre de plat qu'on mange sur un petit coin de table en bois, avec un grand verre de St. Emilion, du fromage frais et du pain de chez Poujauran... un délice !


 tout juste cueilli,
tout juste cuit.

lundi 14 mai 2012

Élégants parachutistes

Cet après-midi, après avoir découvert dans une vidéo, les charmes du vol libre... J'ai emmené V. se promener. La tête en l'air, je scrutais le bleu du ciel cherchant ce qui pourrait en tomber... 
Tout comme la mer, je peux regarder le ciel des heures durant... Un jour, c'est sûr, je partirai à bord d'un bateau à voile, blanc et bleu, entre ciel et mer. Même si ce n'est qu'un de ces voyages que l'on fait sans bouger. Le plus important étant de le faire, accompagné.
Et tout à coup, je les vois, ils sont là... fragiles et élégants, s'abandonnant au vent.

dimanche 13 mai 2012

Ce que m'inspire cette finale de The Voice.



Voilà, cette image résume parfaitement mon sentiment après cette finale de The Voice ! Et la carotte, je ne vous dirai pas où j'ai la sensation qu'elle m'a été mise, par souci de rester poli. 
Avant tout, il faut remercier ses grands artistes venus faire leurs promos auprès des finalistes. Plus particulièrement, L.K. qui, durant plus de deux minutes des trois que dure son titre, nous a démontré qu'il savait jouer de la guitare (même si c'était un peu répétitif), c'est vrai que pour le chant, il pouvait avoir des raisons d'être inquiet et vouloir éviter le plus possible la confrontation avec Al.Hy, sauf peut-être sur un tout autre terrain m'a-t-il semblé (mais je peux me tromper, mal interpréter ses délicates considérations de soi-disant tombeur)... N'oublions pas V.S., quelle délicatesse de s'excuser ainsi auprès de Aude une fois le mal fait, pour n'avoir jamais était dans le ton, et pire encore... de la part d'une professionnelle si expérimentée... Mais je peux comprendre qu'il soit difficile de savoir arrêter... À ce propos, J.H., il avait bien planqué son déambulatoire, et pas seulement, il semblerait... Mais que fait le fisc ? Reconnaissons cependant, qu'il a participé, sans aucunes frilosités, à faire gagner S.R., tout autant que son coach... Même si Y.N., fut le plus généreux dans ces duos promotionnels, pas prévus du tout... il resta discret et, je le répète : que fait le fisc ? 
Allez, je crois qu'il vaut mieux oublier. Une chose est certaine, s'ils ne s'en doutent pas déjà, les finalistes auront vite compris que dans ce jeu de la notoriété, il n'y a qu'une règle, chacun pour soi et le public pour tous, enfin, surtout pour eux ! 
On ne peut pas tous avoir le même avis, et cela s'est vérifié hier soir ! Ici, je donne le mien mais ne l'impose à personne. 
Le public à choisi ! Enfin celui qui à tenu jusqu'à cette heure avancé et qui a accepté d'enrichir la chaîne que je ne nommerai pas ici (cf. les articles à ce propos, sur le net). 
Il faut reconnaître que le gagnant en aura bien besoin de cette victoire pour l'éventuelle suite de sa carrière... À moins de reprendre les derniers titres de J.H. où gueuler suffit, son talent et son jeu de scène me semblent plus propices à chanter du gospel dans quelques églises Baptiste, qu'à chanter... quoi d'ailleurs ? Caruso, F.P. aurait dû lui dire, que ça se chante sans micro ! 
Le second me semble être en fait le grand perdant de cette fanfaronnade d'hier soir. Et, franchement, son accent d'éleveur de volailles est un sacré handicap. Quant à son interprétation de ce poème qu'est Avec le temps de Léo Ferré, tout porte à penser qu'il lui en manque encore de ce fameux temps... 
Aude nous a fait vibrer sur Cabrel et sur Keane... Quelle douceur ! 
Al.Hy s'est approprié un titre d'Alain Souchon, comme elle l'avait fait pour Piaf et Barbara, et comme elle le ferait pour Brel ou Léo Ferré ou même n'importe quel artiste réputé ininterprétable
Mais plus encore que ces interprétations toujours très personnelles, que nous ont offert Aude et Al.HY, on sent que toutes deux, ont d'autres choses à dire... Ces deux artistes ont acquis aujourd'hui assez de notoriété pour réaliser leurs souhaits, et c'est là, la seule chose qui compte !
Quant à ces grands artistes (je ne peux m'empêcher de revenir sur leur prestation, tant ils m'ont choqué) venus faire la promo de leur actualité, ils nous ont montrés à quel point ils n'étaient, pour la plupart d'entre eux, que des ego sur dimensionnés et/ou ravagés...
Désolé ! Mais ces deux premiers arrivés, au coude à coude, ne me touchent pas et, tout au long de ces émissions, ne m'ont jamais touché. Sans doute en raison de leur manque de charisme, d'émotivité. 
Aude et Al.Hy ont, quant à elles, une vraie personnalité, belle et singulière, qui les rend aussi touchantes qu'attachantes.
Bon, à part ça, ce matin je ne vais pas courir. Pas à cause de cette gueule de bois (bien que je n'aie pas bu hier soir) mais à cause de ce truc vert qui pend derrière, on dirait... des fanes (ou fans !?) de carotte !?

vendredi 11 mai 2012

Hier au cours d'une balade

Sur un de ces chemins de sable, 
Une ombre saisie au passage.


Et un peu plus loin, l'œuvre du temps...


jeudi 10 mai 2012

Energie matinale.

Trente-six jours déjà que je n'avais pas couru... Ce matin, dix kilomètres d'une traite et même pas mal ! Courir ici, c'est s'accorder à la nature...
Et quel spectacle, le soleil matinal et de lourds nuages conféraient au vert de la forêt et des champs, un puissant contraste, énergisant, presque animal.


mercredi 9 mai 2012

Signes...

Dans le sens du vent


une cabane abandonnée


un Lilas bleu sang 

"Kale" surprise !

Arrivé dans ma campagne... Je suis effaré par le changement depuis ma dernière visite. 
Pour la déco, la couleur dominante c'est le vert, dans tous les tons imaginables. Quelle étonnante frénésie en ce début de soirée, il y a dehors, une de ces animations, un de ces boucans ! Mais où étaient donc tous ces piailleurs, ces gazouilleurs... les mois précédents ? Et ce bruit de fond, comme celui d'un grand ventilateur, en plus tendre, d'où vient-il ? Ce sont ces jeunes feuilles de Peupliers toutes fringantes de leurs premières soirées, toutes agitées d'être ainsi flattées par le vent...
Je fais le tour du propriétaire, et constate comme la nature est toujours pleine de surprises... Ces plantes d'un autre continent, moribondes il y a quelques semaines, semblent aujourd'hui autant de belles promesses...


vendredi 4 mai 2012

Trous noirs...

Comme à mon habitude, lors de mon premier jour off, je lis sur le net les nouvelles des derniers jours... Allez savoir pourquoi, je tombe sur un fait divers sans intérêt qui cependant m'attire sans que je puisse en expliquer de façon compréhensible, la raison. 
La découverte, à Vienne, dans le Danube, du cadavre d'un notable étranger, peu fréquentable, ancien (c'est toujours amusant, le temps qu'il faut à certain pour s’apercevoir de leurs erreurs et, changer de camp)ministre et forcément proche d'un des pires dictateurs, récemment éliminé... Le genre de type qui pue le fric et le mauvais goût, ayant de surcroît les mauvaises habitudes de ceux qui ont abusé d'un pouvoir, illégitime...
À voir son visage, on devine derrière son air affable, charmeur (encore que...), l'âme sombre qui l'habite et qui s'affiche lorsqu'il est seul. Ce fond funèbre, insondable - qui me fait penser à ce trou noir découvert il y a peu (par le chercheur Ryan Chornock, du Centre d'astrophysique Harvard-Smithsonian) en train de dévorer une étoile s'étant trop approchée, dans une galaxie pas si lointaine - qu'il sait faire disparaître en une fraction de seconde, au profit d'un sourire enjôleur, dès qu'approche un plus fort... ou, une potentielle victime. Le genre d'homme perpétuellement sur ses gardes, toujours en éveille, à l'affût, projetant haut ces qualités artificielles afin de cacher sa ténébreuse vérité et d'attirer ses proies. Son visage porte les stigmates de l'homme prêt à tout, et il y a dans ses yeux quelque chose de cruel, que seules les personnes déséquilibrées, fragilisées ou affaiblies, ne peuvent déceler. Je me refuse à imaginer ce qu'il faisait de ses quelques (parce que, quand même quand on le voit, il est difficile d'imaginer qu'elles soient nombreuses) victimes féminines, quand on connaît les mœurs de son ancien ami K., à ce sujet... En suis-je seulement capable ?
Ainsi, il s'est noyé ! Dans le Danube, en avril, brrrr ! Il serait tombé, victime d'un soi disant malaise (...d'un balaise, oui), sachant qu'en premier lieu, les autorités du pays accueillant, avaient annoncé l'avoir retrouvé décédé à son domicile ! On nous prend vraiment pour des imbéciles... 
Dans ce milieu, tout va plus vite, l'argent, le pouvoir... et, la chute aussi brutale que fatale ! 
Quant à leurs victimes... je ne sais quoi dire, il y aura toujours des gens fragiles, démunis de repères ou de caractère... pour être éblouis par ce qui brille, et en particulier par le Pouvoir, la Notoriété... au point de se perdre eux-mêmes, muselant cet instinct qui pourtant n'a cessé de leur crier : DANGER ! Âmes ne pouvant s'empêcher, dès lors qu'elles se trouvent esseulées, de s'approcher, de s'accrocher, à tout ce qui les regarde, les flatte... bref, feint de s’intéresser à ce qu'elles sont...
En voilà un drôle de délire d'humeur ce matin !? Parfois je me demande si je ne suis pas un peu "bredin" (mot que j'affectionne, emprunté au dialecte bourbonnais qui signifie : simple d'esprit, imbécile, illuminé) sur les bords ? 
Un fait divers, alors que dimanche il va nous falloir choisir, celui qui pendant cinq ans, c'est entendu ne nous dira pas tout sur la nature et la moralité de ses semblables que sa fonction l'amènera à fréquenter... Quel "bordel" et je pèse mes mots au regard du choix que nous aurions dû avoir si le hasard ou quelques anges ne s'en étaient mêlés...  
Alors qu'au centre de notre galaxie, rôde un de ces trous noirs, tout aussi considérables que cet autre, surprit en flagrant délit par Chornock ?
Si, ceux-là même qui se veulent détenteur de la moralité, s'avèrent, pour quelques-uns voire plusieurs, parce qu'érudits, les pires d'entre nous. Et que, sans scrupules, au regard de notre insignifiance constatée dans l'univers, ils se disent : tant qu'à faire, autant en profiter ! Rien, ne paraît plus incertain que l'avenir de l'humanité !
Franchement, je préférerais écrire ici de jolis mots inspirés par ma Muse. Mais, cela fait déjà longtemps que je l'ai perdue, mon étoile... Puisse-t-elle ne pas avoir été dévorée par l'un de ces fameux et envoûtants trous noirs...



http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/02/phenomene-rare-un-trou-noir-supermassif-avale-une-etoile_1694409_1650684.html

jeudi 19 avril 2012

Paradis perdus

Bon, aujourd'hui, revenons à mon mouton. Pas que je sois particulièrement intéressant, mais je reste le seul sujet que j'ai, presque, en permanence sous la main ! Je dis, presque, parce qu'il m'arrive des absences, le sommeil, mes siestes comateuses et parfois quelques verres (toujours du bon, il faut se soigner tout de même et jamais seul, c'est une règle)...
Inutile de revenir sur le fait que je n'arrive pas à retrouver une régularité à courir. C'est dans la tête et dans le temps, bien qu'aujourd'hui j'aurai dû... Je vais aller faire ma balade habituelle, voir quelle tête ont les gens dehors... me chauffer les jambes...
Je me sens incertain, comme le temps. Le passé ne me lâche pas... et puis après l'euphorie (il faut bien le dire) de ces derniers jours, je ne sais pas si j'appréhende ou pas de me trouver à nouveau avec moi ? Plus jeune, à l'époque où je faisais des conneries, enfin c'est ce qu'on me disait... On appelait ça "la descente", considérant qu'on ne pouvait que monter pour accéder à ces paradis artificiels ! Et qu'en bas se trouvait, forcément, l'enfer. Eh bien, cette "descente", était toujours redoutable, déprimante... Ce sont toujours les passages qui coûtent, n'est-ce pas ?
L'autre jour, je discutais avec un ami de retour du Japon... Il me disait à quel point les Japonais pouvaient picoler, les femmes autant que les hommes... Comment ne pas constater que c'est bien un point commun aux êtres humains, que de chercher à fuir l'ordinaire... Et cette propension fait l'affaire d'un bon paquet de vendeur de rêve...
Je ne juge pas, j'y trouve, moi aussi, mon compte, je constate. Accro au pinard, à la coke, à un dieu ou à l'orgueil, c'est pas ce qui nous distingue, mais plutôt ce qui nous... lisse.
En attendant, moi qui ai visité, plusieurs fois, le plus extraordinaire de ces paradis... parfois, je désespère, tant il est facile à perdre et difficile à trouver, et comme le manque, rend alors mon ordinaire amer...
Parfois, je me sens comme habillé pour sortir en enfer !

mercredi 18 avril 2012

Rien ! Sans les autres...

Puisque ici j'ai voulu que tout soit nécessairement franchise, même si parfois... souvent ! je la maquille, je la déguise. Merci à cette voix... à cette émotion... qui m'a touché au point qu'il m'a fallu le lui dire... puis, m'a éclairé, l'espace d'un instant... suffisant cependant, pour que vous passiez me lire et que, se faisant, certains, à leur tour touché, se soient mis à m'encourager, à me suivre, et même à m'écrire...
Qu'importe l'once de vanité inhérente à ce nouvel élan que vous m'insufflez, j'ai toujours senti avoir quelque chose à donner, mais que pour ce faire, je devais me mettre en quête de la confiance en soi et apprendre à la concilier avec ce scepticisme que j'ai, à propos de moi. 
Je sais, que seul, je n'y parviendrai pas ! Ce que l'on fait, ce que l'on exprime, n'a de sens que parce qu'il y a les autres.
Et je sais aussi, que certains conseils, valent d'être suivis :

samedi 7 avril 2012

Etat d'âme d'un soir

Hier soir, dîner chez des amis. Un très grand appartement juste en face de l'église du Val de grâce. Soirée fort sympathique et décontractée. Un peu avant minuit j'ai pris le chemin du retour, en ayant décidé de rentrer à pied. Luxembourg, la Sorbonne (même pas... trop mal...) puis le boulevard Saint Germain jusque la Seine. En traversant par le Pont de Sully, je me suis arrêté pour regarder vers l'ouest. La rambarde n'est pas si haute. L'eau sombre paraît vivante, attirante même... y sauter, si facile. 
À cet endroit elle fait bien une centaine de mètres de large et de chaque côté, les berges sont de hauts mûrs abrupts empêchant tout échappatoires... Saisi par le froid de l'eau, nager jusqu'à eux doit déjà être un véritable exploit... Quelle drôle d'idée ! Il faut reconnaître que sauter dans l'eau est un geste plus facile que d'appuyer sur une gâchette ou que de chasser un tabouret de dessous ses pieds...
En revanche l'instant suivant dure plus longtemps ! Le vif et brutal contact avec l'eau doit faire l'effet d'un électrochoc, et donner alors pleinement conscience de la nature irrémédiable du piège dans lequel on s'est jeté ou,devrais-je peut- être dire, précipité.
C'est en effet à ce moment précis que l'on constate, réellement, du bon sens ou non, d'un tel geste. Accepter calmement de sombrer ou, paniquer, lutter, se débattre ?
Sauter d'un pont dans l'eau est finalement plus courageux que d'appuyer sur une gâchette, ou que de chasser des pieds un tabouret, parce que pendant les longues minutes qui suivent, on se fait face sans pouvoir se fuir !
Après cette réflexion penché au dessus d'une eau me semblant de plus en plus inacueillante, j'imagine que je me débattrais comme un forcené. Inutile donc de sauter !

Sans compter, que là juste devant moi, une seule étoile brille, une planète plus exactement, Vénus veille... peut-être sur moi ?
Arrivé sur la rive droite sans m'être mouillé, j'emprunte un vélo (un vélib, bien entendu) remonte le boulevard Henri IV (m'aperçois au cours des deux premiers mètres que j'ai quand même un petit coup dans le nez), traverse sans peur la place de la Bastille, enfile (en tout bien tout honneur) la rue du Faubourg Saint Antoine puis les rues Crozatier et de Charenton, jusque chez moi. Me déshabille dans le noir et me couche plein d'espoirs. Pour me lever, à peine quatre heures plus tard, contraint et épuisé.

"Si un homme manque de reconnaître sa véritable nature, le véritable objet de son amour, la confusion est grande et irrémédiable." (Platon)