(journal de mes sensations)

dimanche 10 juin 2012

Qu'un oiseau se pose sur ma tête !

Matin vague. Sensation de flottement. Impossible de fixer mon esprit, de contrôler mes pensées. Si tant est qu'il me soit déjà arrivé de les contrôler plus de dix minutes d'affilés... Du reste, je n'en ai aucune de pensée, pas même une malsaine. Aucun souvenir de ma nuit, hormis qu'elle fut trop courte, mais ça, ce n'est pas une idée.
Tout acte, quel qu'il soit, me coûte un effort titanesque. J'évite donc de m'agiter. Tout individu animé d'une quelconque énergie, d'un peu d'allant, m'épuise, rien qu'en passant.
Je ne peux même pas parler de vague à l'âme, je ne ressens pas plus de tristesse, que de joie. Rien d'autre que, le moment présent !
Mes seules sensations sont organiques. Je me contente de les observer, même pas... de les regarder ! Observer, impliquant une attitude trop engagée et, critique.
Immobile, dans cette non-action, une pensée tombe soudainement, comme la première goutte d'une pluie qui arrive : ce doit être comme ça, d'être légume, plante...
... Il ne pleut pas !? Sans doute un oiseau qui passait...
Un thé, un peu de musique, idéalement, un rayon de soleil pour me chauffer l'épiderme, un souffle de vent pour me bercer... et, voilà tout.
Rien avant, rien après, uniquement l'instant, intensément !
...
Des alarmes sur mes écrans ! Le ciel se pose sur ma tête avec fracas... le temps n'est plus à la méditation, qui plus est, involontaire. Allez, remettons bon ordre à tout ce bazar, avant qu'il ne soit trop tard...

samedi 9 juin 2012

Torpeur

Suis extirpé de ma sieste par la sonnerie de mon téléphone ! Bon sang quels rêves désagréables... Je bafouille, en remerciant mon interlocuteur de m'avoir réveillé. Bien sûr, elle veut me rappeler plus tard, mais j'insiste, percevant instinctivement que je ne veux pas y retourner. Évidemment je ne comprends rien à ce qui m'est raconté, je la prénomme même d'au moins trois noms différents... Pour tout dire, je serais incapable de dire qui je suis et où je suis... 
Il est 16h30 m'a-t-elle répondu avant de raccrocher, j'ai dû dormir un peu plus d'une heure et je suis complètement perdu, mais c'est mieux que ce que je vivais là, juste avant...
Il m'a bien fallu dix minutes pour reprendre mes esprits, savoir qui et où j'étais, quel jour et quel moment de la journée il était. Ça doit être un peu comme ça, Alzheimer !? Eh ben, ça fait peur.
Bon, il faut que j'aille faire quelques courses, l'air me fera du bien. Je ne fais pas de liste - liste mentale, écrite j'en suis incapable et ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça ! - de toute façon, je l'oublierai à peine entré dans le magasin, ça aussi, c'est comme ça ! 
On n'a pas fini d'en apprendre sur les dysfonctionnements de nos synapses et de nos neurones, ce qui est effrayant, c'est d'en avoir conscience, de ces dératés !
Et que dire de ses siestes qui sont plus proches du train fantôme de mon enfance que de ce que l'on attend d'une sieste habituellement ? J'ai mangé deux tranches de jambon à midi, le cochon aurait-il était abattu trop sauvagement ? 
J'ai encore des fantômes que me tiraillent, qui s'amusent avec mes nerfs. Cela ne m'arrivait jamais dans ces siestes, accompagnées... tout y était blanc, comme dans un nuage...
Allez ! Je crois que je peux sortir sans me faire de mal et en retrouvant le chemin du retour...

Ce n'est pas lui, c'est ce qu'il porte...

Hier, c'était l’anniversaire de mon père... 
Depuis quelques années, nous nous contentons d'un coup de fil, éventuellement, d'un courriel... Plus que de ne pas souhaiter s’appesantir sur un événement qui prend, d'année en année, figure de drame... c'est une faillite ! 
Je ne suis certainement pas un fils facile, mais lui n'est pas un père facile. Depuis quelques années nous nous éloignons l'un de l'autre, ne nous comprenant plus ; nous sommes nous, un jour, entendus ? 
J'avoue mon incapacité, aujourd'hui, à supporter les certitudes auxquelles il s'accroche comme un naufragé. Et je souffre de le voir ainsi vivre dans l'aigreur, alors, je fuis pour ne pas me confronter à ses peurs quand bien même il les muselle tant qu'il peut... Il porte le poids de décisions qui ne furent que des fuites, jamais des choix. La vie semble s'être toujours imposée à lui. Dès son enfance, ce sont d'autres qui décidèrent pour lui et, le poussèrent à fuir. Puis, il le fit toute sa vie ; jusqu'à aujourd'hui où il tente, désespérément, de se fuir lui-même. Portant, comme un força porte ses chaînes, ses échecs ! À voir ses réactions aussi désespérées que disproportionnées, je sens qu'il s'affaiblit. La marque de son caractère volontaire ne s'exprime plus que par des certitudes comme des murs de prison, des prises de positions tranchantes, des emportements excessifs à propos d'événements aussi irréversibles qu'inévitables... Conscient d'être dans une impasse, mais incapable de reculer, il a décidé de foncer tête baissée... de s'isoler ! Et je n'ai pas l’énergie de le sauver ! Voilà qui peut paraître prétentieux de ma part, de penser pouvoir sauver quelqu'un. Mais j'ai cette intime conviction d'être un sauveur, ou plus exactement, un de ces types qui vous indique par où et comment vous, sauver... 
Je n'ai pas l’énergie de le sauver, pas pour être trop occupé à essayer de me sauver moi-même, non... mais parce qu'il est, mon père ! Et que mon père, c'est forcément le plus fort ! C'est à lui de m'indiquer comment découvrir ce qui est bon pour moi... Certes, c'est enfantin... ce n'est que l'expression d'un manque, la conscience d'une faille...  Mais ça, c'est une autre histoire.
Cela me rend tellement triste de le voir ainsi, de savoir qu'il se ronge, se méprise... ne s'accorde pas le pardon, ne s'autorise pas de lâcher prise... 
Et de ce fait, qu'il ne peut pas prendre conscience, que ce qu'il porte, ce qui lui a été transmis, il n'en est pas responsable... Mais maintenant, à se laisser ainsi emporter par son égo, à ne pas chercher à s'ouvrir... il le devient ! 
Je voudrais pourtant qu'il soit aujourd'hui, celui qu'il est tout au fond de lui, celui qui parfois réussi, profitant d'un interstice, à esquisser un sourire.
Ceci n'est pas son portrait ! Ce n'est que le portrait que je réussis à faire de lui, influencé par ce que, moi-même, je subis, je suis...    

vendredi 8 juin 2012

Mon jardin en friche, mon île.

À quoi peut bien ressembler mon esprit ? Quel genre de place peut-il être ? Je crains que l'endroit soit peu intéressant... mis à part quelques idées qui, parfois, jaillissent de toutes ces autres qui traînent et tournent en boucles... j'ai remarqué à quel point, je peux ressasser mes misères... Écrivant ceci, l'image qui me vient à l'esprit (!), c'est un jardin en friche, entretenu irrégulièrement, par endroits seulement, au gré de mes rares présences. Un tas de choses y ont été commencées, puis abandonnées... Son seul intérêt, de n'avoir jamais cédé à l'urbanisation, au copier-coller, d'avoir gardé une certaine unicité.
Quand je lis mes auteurs favoris, je suis fasciné par leur capacité à organiser leurs pensées, à ne jamais s'égarer, à ne jamais perdre le fil de leurs idées. À construire leur raisonnement et, surtout, à aboutir à une œuvre originale ! Et je ne parle pas de leur érudition, de leur capacité à la variété... Pour reprendre ma métaphore, les leurs seraient des jardins luxuriants, peuplés de multiples essences, organisés de façon à ce que chacune s'y développe dans les conditions qui lui sont le plus favorables. Jardins à la Française pour certains, à l'Anglaise pour d'autres, Japonnais et Exotiques ou encore Méditerranéen. De beaux et singuliers jardins où l'on aimerait pouvoir y flâner indéfiniment, par plaisir et par curiosité ; des espaces où, moi, à chaque pas-j'apprends !
Alors que chez moi, j'ai déjà du mal à ouvrir la porte, et plus encore à la fermer, tant c'est envahi par les ronces et les mauvaises herbes. Lierre et gui parasitent les plus beaux arbres ; là, des orties jouxtent quelques fleurs dépareillées, ici des plantes persistantes s'étouffent dans leurs propres racines. Les quelques clairières sont ravagées par les taupes et des arbres tombés... Des colonnes se dressent sans rien porter et les chemins ne mènent pas forcément quelque part. Une fois y être entré, on n'a plus qu'une idée, en sortir. 
Il a cependant l'intérêt d'être nature et vivant ! Et au cœur de ces ronces, poussent même des mûres, et entre ces chardons on peut apercevoir une belle et tendre mousse... Si, sur les hauteurs, à côté de la source, pouvais se trouver deux beaux arbres, solides, formant une belle canopée et assez proches l'un de l'autre pour y étendre un hamac, je nettoierai tout autour pour y abriter ma table et deux chaises, et je crois bien que cela me suffirait ! Et puis, c'est mon jardin ! Qui sait, au détour d'un de ces chemins de pierres, de temps en temps glissantes, protégée par d'épineuses broussailles, se cache, peut-être, une espèce endémique, une plante unique ? 
Et ça, je crois bien que ça me comblerait, d'apprendre que mon jardin est une île ! 
Mon île, puisque c'est une île, je me la représente à l'image de cette autre qui m'enchanta tant, que j'y suis toujours un peu... Ce rocher plein de secrets, au large d'une baie en méditerranée, qui veille, avec sérénité, sur le cœur battant d'un des plus beaux et des plus versatiles volcans. 
Ce rocher sur lequel, naissaient à mon insu les prémices inconscientes, d'un violent et puissant élan de l'âme et du cœur, d'une ferveur et d'une dévotion, sans comparaison... Qui me conduirait à me demander à quoi peut ressembler cet esprit qui m'anime...
Alors voilà, à peu prés, ce à quoi j'aimerai qu'il ressemble.



jeudi 7 juin 2012

Factuel et sincère

Là en moins de temps qu'il ne le faut pour l'écrire, j'ai repassé une chemise !
Bof !
J'ai repassé ma chemise en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire !
Non, la première est mieux ! Avec une ou deux corrections.
Là, en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, j'ai repassé une chemise !
Non, décidément, quelque chose ne colle pas !
...
Mais, c'est... bien sûr :
C'est effroyable le temps qu'il me faut pour repasser une chemise ! une chemisette à manches courtes !
Mon pote à bien une solution, il ne repasse que le devant. Mais ça l'oblige à ne jamais quitter sa veste et sa cravate...

Voilà tout !

Certes, il m'est arrivé de faire mieux ! Mais aujourd'hui, c'est quand même pas mal. Alors que j'en connais qui ont bossé toute la journée, j'ai quant à moi eu une activité... de veille. Ce qui est certain c'est que je n'ai pas contribué à la dégradation de la couche d'ozone, encore que... Passons ! Levé à 08h00, lavé à 14h00, sorti voir le temps qu'il faisait vers 16h30, revenu épuisé de m'être traîné jusqu'au Monoprix de l'autre côté du pâté de maisons et d'être rentré en traînant, en plus de ma carcasse, un sac de courses, à 18h00... Je dois me résoudre à cette certitude, je ne suis absolument pas prêt à reprendre le boulot demain matin !
J'ai la sensation de sortir de ma machine à laver, je me sens complètement abruti. Serait-ce un état de conscience ? Me suis-je assoupi au cours de cette journée ? Je ne pourrais jurer de rien, peut-être ai-je atteins un autre niveau de conscience ? Quoi qu'il en soit aucune voix céleste ou intérieure, ne m'a soufflé une essentielle vérité. Seul le temps semble s'être contracté tant et si bien que je suis tout étonné que la journée soit déjà passée. J'ai le don, inné, de méditer ! Voilà tout.

Pas encore ermite !

À mon réveil, tout semblait idéal pour que j'aille courir. Mais, je n'y suis pas allé. Je n'avais pas envie. Quelques étirements dans mon lit, histoire de me dérouiller et je me suis préparé mon thé. Ce n'est pas que l'effort physique me rebute, c'est qu'il m'ennuie ces temps-ci. J'ai envie d'une grande balade dans Paris, de prendre mon temps, aller courir autour de ce Lac, me barbe. Je crois que c'est un moment à passer, que ça va revenir, je ne suis pas trop inquiet. Et, j'ai décidé de ne faire que ce dont j'ai envie ! L'essentiel étant d'avoir des envies que je puisse réaliser...
Je me rendrais bien dans un ashram en Inde, passer six mois à faire, de façon intensive, du Yoga et à méditer... C'est mon côté extrémiste, chaud ou froid, jamais tiède ! C'est une idée à garder de côté, mais à ce jour, je ne me sens pas du tout disposé à cela. Parce que, l'ascèse... ça commence à bien faire ! On va d'abord essayer de passer à d'autres plaisirs terrestres, pour pouvoir réguler ceux dont j'ai abusé jusqu'à présent ; et une fois repus, on envisagera plus sereinement l'avenir ! 
J'écris cela en prenant mon petit-déjeuner, entre quatre tartines grillées. Une fois les deux premières avalées, je reviens à mon ordinateur et continue en attendant que grillent les deux autres et surtout, qu'elles refroidissent, je déteste que le beurre fonde dessus, ça m'écœure et, avec la confiture, ça fait une bouillie peu ragoûtante. 
Bref, mes petits-déjeuners suivent des rites précis et... ridicules, des habitudes. Mais, il suffit que nous soyons deux, au levé, pour que toutes ces manies volent en éclats, pour mon plus grand plaisir. J'ai toujours été convaincu que c'était l'autre qui me faisait grandir, surtout celui du sexe opposé, et je n'ose m'imaginer en cet ermite, que je suis en train de devenir !
C'est donc une chose entendue, la décision est prise de trouver, chaussure à mon pied... Mais comment surmonter ces doutes terribles, qui m'assaillent alors ? Serai-je à la hauteur ? Et puis, à quoi je ressemble, enfin de quoi ai-je l'air ?
Ouh la... demain en rentrant du boulot, je crois que j'irai courir, ça paraît plus simple vu comme ça. 
Enfin je dis ça, mais quand même...

mercredi 6 juin 2012

De l'importance des lieux d'aisances

Étonnant, mais ça y est ! Finalement, le père de la locataire du dessus est venu reprendre possession de l'appartement et a entrepris les réparations... 
Du coup, la fuite a cessé. Et je peux réinvestir ce lieu capital, siège de toutes délivrances. Je dois dire que cette histoire m'avait plutôt... coincé. J'ai cette particularité d'avoir besoin de beaucoup de tranquillité et l'assurance de celle-ci, pour me rendre dans ces lieux, détendu !
Ce doit être le fait que je me situe à l'extrême pointe de la chaîne d'évolution selon la théorie de Darwin. En effet, je ne pourrais accomplir la fin de ce cycle de vie quotidienne et ordinaire, dans des fourrés quelconques ou derrière un arbre, en restant sur mes gardes, sur le qui-vive, sur la défensive... comme sans doute, devaient le faire nos ancêtres depuis la nuit des temps jusqu'à il y a peu. J'ai vu en Chine une cabane portant nom de latrines, une pièce unique équipée de trois pots de peintures métalliques et cabossés en guise de sièges et d'un paquet de journaux usagés attachés à un crochet... Inutile de vous dire que, par crainte de ne pas avoir suffisamment de vocabulaire pour tenir une conversation, durant l'effort, avec mon voisin, j'ai préféré garder ce que, de toute façon, j'aurais été incapable de lâcher. 
Bref, j'ai besoin, que l'endroit soit accueillant, propre, frais et bien isolé, avec une serrure dedans et tout ce qui contribue à rendre l'instant tranquille et confortable. Un peu comme les Japonnais (encore eux), qui équipent leurs lieux d'aisances, tant privés que publics, de toutes sortes de gadgets surprenant et parfois même déstabilisant... ainsi que d'un fond sonore champêtre (pourquoi pas des chants d'oiseaux, un orage en montagne ou une envolée de cloches dominicales... j'en connais qui font bien couler l'eau du robinet à grand jet) ou musical. Beethoven me semble le mieux indiqué, d'autant plus qu'il était sourd. Et, à l'occasion de grands évènements, de moments exceptionnels, la Walkyrie de Wagner peut s'avérer un choix tout aussi judicieux...
En homme élégant, j'aime que l'espace soit équipé du matériel nécessaire à le remettre dans l'état dans lequel je l'ai trouvé. Une fois de plus l'évolution a parlé, je ne me sens pas la nécessité de marquer un territoire, quel qu'il soit, de quelques manières que ce soit.

Chacun pour soi

Je pourrais détailler les tracas administratifs liés au nombre de propriétaires, au nombre de représentants de ces mêmes propriétaires, à la quasi-absence d'un syndic qui se retranche derrière les procédures légales à suivre, au fait qu'il n'y ait pas assez de plombiers... à l'irresponsabilité de sous-locataires et à la mauvaise foi de locataires... en cas de sinistres, mais quel intérêt ? Il s'agit d'une grande pitrerie, d'une farce où chacun se regarde jouer son rôle, se fichant bien des autres. Il est clair que nous sommes trop nombreux, et surtout pas disposé à cohabiter ou à nous entendre, et que ça ne va pas aller en s'arrangeant ! Seul point positif, mon assureur à qui j'ai tenté d'expliquer l'embrouillamini de cette situation et qui après avoir obtenu avec patience les adresses de tous les... belligérants (quel autre mot ?), m'a assuré qu'il faisait parvenir à chacun un courrier lui rappelant ses obligations, et que le dossier étant désormais ouvert je n'avais plus rien à faire ! Un visage, certes virtuel, mais souriant au milieu de tous ces autres, grincheux grimaçant !
À part ça ? Nulle beauté dans tout cela !
Et pourtant qu'un visage peut être beau, quand bien même le reflet d'un miroir lui fait un O, comme un éclat d'être qui, en partie, en révèle la face cachée...



Calligraphie de l'idéogramme "beauté", par François Cheng. Si belle, qu'elle pourrait être dansée !

Tu peux rêver !

04h45, quelque chose me réveille. La voisine du dessus fait son ménage ou sa vaisselle dans la douche... Bon sang, je bous ! Je pousse une gueulante, la seule attitude qu'elle sache déchiffrer a priori et elle se calme. Mais me voilà réveillé, les oreilles bourdonnant encore de ce qui m'a échappé !
L'infiltration d'hier est devenue une fuite importante durant la nuit, j'ai besoin d'une paire de bottes pour aller pisser ! Demain ce sera un dégât des eaux ! J'ai fait toutes les démarches possibles et en mon pouvoir, ne me reste plus qu'à subir ! Voilà comment l'on finit par dépendre d'inconscients, d'irrespectueux, de jean-foutre... D'aucuns vous expliqueront qu'ils ne sont pas responsables (ce qui, somme toute, est inutile, l'ayant nous-même constaté, à nos frais), et que c'est en évitant les clivages... que les choses s'arrangeront. Pourquoi ces beaux parleurs ne les accueillent-ils pas chez eux, ou dans leur voisinage, alors ? 
C'est un de ces matins, où l'on comprend l'envie de tuer son prochain, qu'ont certains...
Voilà, j'ai épongé les irresponsabilités de ces voisins indélicats, mis à part qu'il me faut aller aux toilettes avec mon parapluie, tout va bien. Enfin presque, hier soir, embarqué dans une sortie imprévue, j'ai abusé du Château Minuty (côtes de Provence rosé), ainsi que de ces beignets d'oignons épicés... et me sens tout... boursoufler à l'extérieure et aigre à l'intérieur.
Sans compter que non contant des conneries écrites le matin, j'ai réitéré le soir même, sous les effets du poison... Par souci de transparence, j'en ai bien besoin, je ne les efface pas, mais j'y ai pensé.
Il faut que ça change ! Je suis sur une mauvaise pente, il faut me reprendre ! Il ne s'agit plus là de faire de l'humour ou de l'esprit, mais bien de cesser certains comportements malsains, autodestructeurs. Je me sens aussi acide que ce qui me remonte de l'estomac !
Je pourrai commencer par aller étrangler la folle du dessus, ça me soulagerait de quelques inquiétudes futurs, mais elle semble coriace et équipée d'un organe tonitruant rendant fou qui l'entend... et, surtout, ce serait une dépense d'énergie que je n'ai pas.
Là, je voudrais qu'on m'endorme... et qu'à mon réveil, je sois beau, que j'ai perdu ces kilos en trop, remplacés par des muscles (mais pas trop) et de l'argent en plus, avec à mes côtés, nue... une petite fée aussi féminine que délicieuse, tout en élans et m'aimant autant que je l'aime... S'il n'y a pas ça au paradis, je n'irai pas !
Je vais m'étendre un peu, en attendant que passent toutes ces aigreurs... 
Les Gyozas d'hier, ont empuanti mon réfrigérateur... Les Japonnais bouffent vraiment des trucs effroyables... surtout le matin à pas d'heure quand on cherche quelque chose de frais et d'agréablement parfumé... 

mardi 5 juin 2012

Fin de cette journée

Les jambes me tirent un peu. Mais à mon grand étonnement, j'ai passé presque toute la journée, dehors. Que pourrais-je en dire ? Chez Mariage frères, je suis tombé sur un vendeur passionné, qui m'a fait découvrir des Darjeeling noir et vert de printemps, des raretés aux senteurs magnifiques, mais à des prix incroyables, particulièrement pour un palais, sans doute pas assez développé pour les apprécier... Je me suis donc contenté de ce Darjeeling Earl Grey qui enchante mes matins, tant par son parfum que par les souvenirs qu'il transporte...
M'étant arrêté pour un café, j'ai lu au soleil la première des Cinq méditations sur la beauté de François Cheng. Où il est question de la nécessité de l'unicité tant, dans l'espace que dans le temps, pour que commence la beauté... Ainsi, l'unicité des êtres, transformant les êtres en présence, a rendu possible la beauté. Et, je ne sais pour quelle raison profonde chez moi, une citation de Henri Maldiney, extraite de "Ouvrir le rien. L'art nu" me fit quelque chose, la voici : "De chaque visage humain rayonne une transcendance impossessible qui nous enveloppe et nous traverse. Cette transcendance n'est pas celle d'une expression psychologique particulière, mais celle qu'implique, en chaque visage, sa qualité d'être, sa dimension métaphysique. Elle est la transcendance de la réalité s'interrogeant en lui et réfléchissant en lui, et dans cette interrogation même la dimension exclamative de l'Ouvert."
Je pensais pouvoir pousser cette réflexion un peu plus loin, mais un coup de fil et une proposition impossible à refuser...
... De retour, les voisins du dessus ont remis ça ! Mais cette fois ci, une fenêtre a été brisée, une porte défoncée... Une chance que personne n'ait été blessée, et depuis ce matin j'ai constaté qu'il y avait une infiltration d'eau chez moi... Je suis monté, mais on a refusé de m'ouvrir la porte et de coopérer... La police, les pompiers sont là...
Et moi, je pense tout à coup à ces trois visages qui bien que n'étant pas de mon sang m'ont touché. Un, est toujours présent ayant trouvé sa place... un, a disparu volontairement, mais je ne l'ai pas oublié... et le dernier... me hante, sans que je sache pourquoi, disparaîtra-t-il lui aussi ? Pourquoi reste-t-il aussi présent en moi ? Sans doute est-ce là une question, métaphysique... et un peu plus, peut-être ?
Bon, clairement, c'est le bordel dans l'immeuble ce soir ! Comme dans ma tête, j'attendais une autre journée... mais que voulez-vous, je peux tout désirer, tant qu'il ne s'agit que de moi... Mais, mieux vaut ne rien attendre.  

Pour aujourd'hui

De retour du bois, je me sens l'envie de sortir. J'irai bien faire un tour chez Mariage frère, je n'ai plus de thé, et flâner dans le quartier en fin de matinée. Et, si j'en ai le courage, je prendrai une noisette en terrasse d'un café de la rue du bourg Tibourg pour regarder les gens passer... En rentrant je m'arrêterai chez ce traiteur japonais, à Bastille, pour prendre quelques Gyoza au poulet et des nouilles sautés, je les adore. Il faudrait que je me trouve une paire de chaussures aussi... Mais avant, mon sacro saint thé, un petit déjeuné et une douche...
Cette course matinale m'a vidé la tête. Un peu trop même ! Peut-être retrouverai-je mes idées après cette promenade ? Parce que là, je suis à sec !

lundi 4 juin 2012

Se faire du bien

Ce n'est pas que je le mérite, ce n'est pas que je le vaux bien... Franchement s'il y avait une liste je ne m'y vois pas y figurer, compte tenu de mes actions... Mais au regard de ce que je suis, de mon insignifiance, quelle importance que je me fasse du mal ou du bien ? Alors, autant se faire du bien, non ?  Du coup, j'apprends, j'essaie, maladroitement, de me faire du bien, d'écouter mes désirs et de satisfaire ceux que je peux.
Le seul bien que je désespère de me faire, c'est celui que me procurait cette émotion, si puissante, que je ressentais quand, la nuit alors qu'elle était endormie, j'approchais ma main à quelques millimètres, sans toucher sa peau, effleurant de la pulpe de mes doigts ce halo lumineux qui ne peut qu'être deviné, et que je percevais à force de la regarder. Son aura, ce qui rayonnait d'elle, je m'y connectais... Vous vous dite, ça y est, il est fou... et pourtant, il se passait bien quelque chose... si mes organes internes, avaient eu des poils, ils se seraient alors dressés ! Je sentais chacune de mes cellules frénétiquement réceptive, la sensation était extraordinaire, si intense et unique...
Faut faire avec ce que l'on a sous la main, je crois qu'il me reste une Corona au frigo et un peu de citron vert. Une tomate, un avocat, du fromage blanc et de la compote de pommes. Un bon bouquin et pas besoin de me lever demain matin. S'il ne pleut pas, j'irai courir au bois... Et après je laisserai filer la journée en écoutant de la musique, sans rien attendre, sans m'obliger à rien. Un plaisir doit être simple s'il ne peut être extraordinaire. Rien d'autre !
Allez, Shake it loose...

Mineur...

Petite forme aujourd'hui. Ma journée de travail n'en fut qu'une demie pour cause de visite médicale obligatoire. Si cela avait été pour rentrer chez moi, je ne m'en plaindrai pas, mais j'ai dû patienter entre les divers examens avant d'être reçu par le médecin... Elle m'a, entre autres, demandé si je rencontrais des difficultés dans mon travail, si je n'avais pas de problèmes ou si je n'étais pas en conflit avec ma hiérarchie ou avec mes collègues ! 
Après coup, ses questions m'ont fait réfléchir. Je ne me rappelle pas avoir eu de dispute avec quelqu'un, depuis...? J'ai eu des désillusions, des vexations, des humiliations même, du moins c'était mon ressenti. J'ai même été blessé, et ça m'a fait tellement mal... Je porte plus de peines que de joies, certains maux subsistent encore aujourd'hui et quelques-uns m'accompagneront sans doute jusqu'à la fin. Dix, cent, mille fois, étant seul j'ai eu envie de blesser à mon tour, d'être sans pitié, d'attraper à la gorge et de plaquer avec violence contre un mur... mais ce n'était que l'expression de l'insupportable causé par mes souffrances, un hurlement de bête blessée... Trop violentes pour être étouffées et puis, tellement persistantes que comment ne pas devenir, humble, s'agenouiller, vaincu... 
Mais au bureau ? Personne, n'a les moyens de m'atteindre ! Bien sûr, je peux être en désaccord avec une idée, une règle ou quelqu'un, mais pas au point d'en souffrir ! Vous voulez rire ?
C'est peut-être à cause de mon genre d'ambition, qui n'est pas celle du pouvoir, ni celle de l'argent, qui s'acquièrent principalement au détriment des autres... mais plutôt de celle, de ce qui se donne et se reçoit, sans jamais compter... 
Je suis un mineur solitaire qui risque sa peau pour trouver une émeraude, un saphir ou un rubis. Tant que vous ne venez pas creuser dans mon trou, pourquoi me fâcherai-je ? Mais surtout, si j'en trouve une, aussi précieuse et brillante qu'unique et fragile, ne vous avisez jamais de toucher à mon joyau. Je vous tue ! 
- Non, Docteur, tout va bien, vous savez, moi de toute façon, je ne parle à personne.
Bon... Il fallait bien compenser avec les jours précédents, et justifier d'avoir fait mienne cette phrase de Boris Vian, dans "l’Écume des jours" : l'humour c'est la politesse du désespoir. 
Et puis ma mélancolie, c'est un peu mon garde fou ! Pour me remettre à ma place. Pour rester un type fréquentable, on ne sait jamais. 

dimanche 3 juin 2012

Mea culpa !

Alors, alors ? Eh bien, j'avais tort ! 
Bon, pas tout à fait, mais je dois reconnaître que ce ne fut pas aussi désagréable que je l'avais pensé. C'est amusant comme, souvent, l'imagination tend à enfler d'hypothétiques tourments et à minimiser les probables plaisirs...
Arrivant, alors que la réunion avait commencé... c'est dire mon entrain... je constatais, dans un premier temps, que la réalité s'avérait pire que mes craintes. Que des cheveux blancs pour ceux qui en avaient encore ! J'ai même pensé m'être trompé de péniche. Au dernier rang, comme déjà à l'époque, un camarade connu et reconnu depuis, J.M.... Pour être sincère, jeunes nous n'étions pas vraiment amis, je n'appréciais pas son genre... Mais il y a trois ans le hasard fit que nous reprîmes contact, et son humour, son auto dérision et son humilité... firent mouche. À peine nous croisons-nous désormais que nous ne pouvons nous empêcher de blaguer, de nous marrer, de passer un bon moment.
C'était donc bien là ! Et il y avait plusieurs générations d’élèves... mais où étaient les trentenaires ? 
La discussion portait sur la nécessité absolue d'augmenter le nombre d’adhérents... Parmi les moyens évoqués, l'informatique et le web semblaient à tous le meilleur, avec cependant une remarque, certes, judicieuse de la part de cette femme d'un âge certain : "... mais je connais beaucoup de femmes qui ne sont pas sur internet !" Il n'en fallut pas plus pour que J.M. et moi échangions nos premières plaisanteries... Mince alors ! Un vivier vierge et inexploité ! Je conseillais vivement à J.M. de prendre des notes et d'essayer d'en savoir plus à propos de ce trésor... Lui qui venait de me raconter que lors de sa dernière tentative pour trouver l'âme-sœur - non, excuse moi J.M, mais je me dois d'être ici sincère, et nous savons tout deux que c'est une blague - pour chercher une aventure [de] culturelle, se contentant de la première syllabe. Il s'était connecté à un nouveau site internet spécialisé qui lui avait demandé, son âge, sa ville puis son quartier et, avait fini par le mettre en relation avec sa propre sœur ! Alors, forcément, une population féminine, non répertoriée sur le web, il était intéressé... 
Un peu plus tard c'est une amie, très proche à l'époque, de mon frère, qui vint vers moi. Le genre de personne pleine d'énergie et d'entrain, n'ayant jamais quitté le quartier, et ayant gardé beaucoup de contact...
Il y avait aussi cette femme, la quarantaine plutôt plaisante et, a priori, toute disposée à offrir ses services... de photographe, en attendant... à suivre.
Une fois l'A.G. terminée et la péniche partie, il fut décidé, par l'équipe dirigeante, d'aller prendre un verre cours Saint-Emilion et de m'y convier. 
L'amie de mon frère s'enquit de savoir comment se portaient mes parents, évoqua ses souvenirs de révision du bac en compagnie de mon frère (ils étaient inséparables sans pour autant être amants) et je sentis qu'elle regrettait le manque d'échange avec lui, depuis... Et, m'entrepris dans la foulée, à propos d'une de ses très bonnes amies. Une belle fille célibataire et hôtesse de l'air, plutôt nature à entendre les anecdotes croustillantes à son sujet... et, à constater le soudain intérêt des autres mâles présents qui ne la connaissaient, à leurs grands désarrois, et dont la tension était palpable, que de vue ! Elle me montra même, sur son Iphone, une photo (très correcte), mais avec le soleil, difficile de se faire une idée, hormis, sur celle qu'avait en tête mon interlocutrice...
Nous finassâmes cette journée, avec mon pote et le type chargé du site informatique de l'association, charmant au demeurant, Chez Prosper, mais sans "yop la boum !"... comme je l'avais écrit, quelques jours auparavant, à une amie...
Rentré, pas trop tard et pas trop fatigué, voilà une journée dont il me faudra savoir tirer une leçon quant à mes préjugés.

samedi 2 juin 2012

Contrariétés.

05h00 du mat, dans ma voiture, Radio Nova joue ce titre de Bill Withers, Use me. Vous savez ce black baraqué coupe afro mais pas trop et rouflaquettes des année soixante-dix... Le type qui a chanté Ain't no Sunshine et Lean on me... Ça vous cause ?
Use me, c'est pour moi, l'un de ces meilleurs titres, il a un de ces groove ! Un truc qui fait que vous vous sentez bien, même dehors à 05h00 pour aller bosser un samedi matin ; tout juste si au feu, je ne sors pas esquisser un ou deux pas de danse, me sentant capable de tout remuer... Mais bon... je calme mes ardeurs, à cette heure un samedi matin, l'humour n'est plus de règle. 
Bien entendu, il y a aussi les paroles ! Et là, tous ne peuvent comprendre ce qu'il raconte, je ne parle pas de la langue... Paroles et musique dans cette chanson sont indissociables, les todooto todooto to-dooto to-todootodooto du synthé (faut écouter en même temps, mais c'est exactement ça) avec la tonalité de sa voix, explique tout ! 
Certaines de nos faiblesses sont nos beautés... Lutter est, de toute façon, désespéré, alors autant essayer de s'accepter... Bref, ce morceau bouge des trucs en moi... et en même temps, me rassure, allez comprendre. 
Dans le parking, je marche sur des coussins d'air, le cœur dans un nuage de mots... Jusqu'à ce que j'entende un : "Eh ! Attend !" essoufflé, derrière moi... Un collègue qui après un "salut" entre deux souffles, m'entreprend des problèmes qu'il a eu hier sur un vol, de la difficulté de trouver une place dans le parking, de la nouvelle patronne qu'il ne trouve pas mal... Sans même frapper avant d'entrer, sans se demander si je ne préférais pas marcher seul avec mes idées en tête avec ce visage que je garde toujours quelque part, avec mes mots, avec ma vie à moi... Mais que sa vie doit manquer de densité pour venir ainsi tourner autour de la mienne, sans pudeur ni gêne ! Il ne doit pas savoir que Bach a écrit une musique qui... Le genre de mec qui range avec certitude chaque individu dans une catégorie, qui classe... Dans quelle case m'a-t-il placé ? Le genre même de type qui ne pourrait pas comprendre ce qu’exprime cette chanson de Bill Withers, parce qu'il se refuse à vivre quoi que ce soit, parce qu'il est bien installé au centre de son monde et, qu'il ne saura jamais à quel point, on est si peu de chose dès qu'on ose en sortir... Et que si je le touche, là à cet instant, et que par un extraordinaire pouvoir que j'aurai, je lui montre tout ce que je perçois, tous ces doutes, tous ces maux, tout autour comme une foule, en permanence, même la nuit... il se sauverait en hurlant pensant devenir fou.
Bref, ce type m'a mis de mauvais poil ! Mais je me suis contenté de lui sourire et même de lui répondre gentiment... Lâcheté ou bon sens ? J'hésite encore...
À part ça, hier j'ai été faible ! Bon sang, une fois encore ! Après avoir reçu un énième message m'invitant à cette première et officielle Assemblée Générale d'anciens élèves de... J'ai cédé et promis à cet ami que j'y serai ! Consternation ! Je n'ai pas envie d'y aller. Pourquoi lui ai-je dit que je viendrai ? Par amitié !? Alors que l'idée même de retrouver des gens qui viennent pour en retrouver d'autres qu'ils croient connaître... pensant quoi d'ailleurs ? Que viennent-ils chercher ? Sans compter qu'ils doivent avoir mon âge, pour la majorité d'entre-eux... Ce qui va me mettre dans cette position que je déteste, ne sachant jamais si je dois leur dire tu ou vous... tant ils me sembleront vieux et cons, enfin peut-être je dramatise ! Et puis, parler de quoi, avec qui ? La probabilité que j'y croise quelqu'un ayant les mêmes sensibilités et aspirations que moi, est particulièrement faible, et quand bien même elle se produirait, n'étant pas d'un naturel extraverti...
Cet après-midi, je dois donc me rendre sur cette péniche, glauque et qui pue ! Et mon ami, aura sa poule avec lui... j'avais oublié ce détail...
Ah mais quelle misère ! Mais que vais-je donc faire dans cette galère ! 
Ça y est, me voilà contrarié !

vendredi 1 juin 2012

Dérapage... controlé !

Je ne sais pas ce que j'ai ce matin, mais entre mon bouquin et ma musique, je sens qu'un rien fait dangereusement monter le niveau de mon émotivité, pourtant bas ces temps-ci... Impossible de ne pas me contrôler sous peine d'être irrémédiablement submergé de l'intérieur... C'est un peu comme-ci l'extérieur gardait encore l'engourdissement de ces jours passés et qu'à l’intérieur la bête s'éveillait, furieuse d'avoir été ainsi estourbie...
Hier soir, comme à mon habitude, désinvolte, en caleçon dans la cuisine, je vaquais aux occupations habituelles de l'endroit. En face, un bel appartement refait il y a peu et dans lequel a emménagé une femme, seule et, qui plus est, semble... euh, comment dire... élégante ! Bref... au moment où je regarde par la fenêtre, je l’entraperçois en train de, furtivement, fermer les volets de, ce qui doit être sa chambre. Attiré... j'écarte le rideau pour mieux l'observer et, devine qu'elle me remarque à son tour... Aurai-je, dans le feu de l'action, manqué de discrétion ? Quoi qu'il en soit, elle apparaît alors plus franchement pour fermer l'autre battant, et sans doute plus ostentatoirement (du moins c'est mon sentiment), ne portant qu'une petite nuisette bleutée plutôt affriolante, s'arrêtant à peine pudiquement à mi-cuisse ; le genre de délicatesse qui se porte quand on est deux, pour le plaisir d'être encore déshabillée, du regard puis des mains ou mieux, d'être délicieusement troussée, partout dans son appartement... Le torchon m'en tomba des mains... 
Impossible de distinguer les traits de son visage à cette distance, mais la façon dont étaient attachés ses cheveux blond platine, sa fine silhouette et sa façon de se mouvoir, font, que d'ici, seul, en caleçon dans ma cuisine, les bras ballants (et seulement les bras depuis cet instant), je la trouvais plutôt... soyons franc et perspicace... bandante ! avec une tendance poussant aux vices... 
J'avais remarqué le soin qu'elle avait eu à décorer son intérieur au fur et à mesure de son installation, et l'armoire ouverte, visible dans la chambre, révélait une multitude de robes et de chaussures, me rappelant... Signes d'une évidente et profonde féminité, selon mon expérience... 
L'appartement d'au moins trois pièces, l'ampleur des travaux réalisés, l'apparente élégance bourgeoise de la décoration, la finesse des rideaux et de sa nuisette... en disent long sur qui elle doit être. Attachée de presse, ou cadre en ressources humaine... la quarantaine à la silhouette entretenue, sexy et distinguée ; une solitude dévoilant un possible carriérisme fuyant les attachements sentimentaux. L'accord parfait entre la notion bourgeoise de la féminité, une évidente culture et une fine compréhension de la condition féminine, aujourd'hui... Un poison pour les romantiques, un passe-temps pour les décadents. Bien que très certainement plus intéressée par les types possédant du pouvoir et toujours overbookés, afin de lui foutre (oups ! ça ma échappé), une paix royale dans leur palais... Elle pourrait, tout aussi bien, s'avérer être, le genre plan-cul équitable option tendresse à discrétion, sans prise de têtes et chacun chez soi le reste du temps... pour qui sait si prendre.
Et moi qui, juste avant, balance que j'ai l'émotion qui atteint les dents du fond... Il faut croire qu'il n'y a pas que l'émotion qui pousse... Ou bien, que je confonds !?

jeudi 31 mai 2012

Ce journal...

Quelque chose, tout à coup, me chiffonne. Ce journal, comment l'achever ? Ce que je veux dire, c'est que si c'était un cahier, voilà, il suffirait d'en venir au bout. Mais dans ce cas, sur ce site virtuel, où les jours, les mois, les années s'accumulent en une liste sur le côté, qui pourrait ne jamais finir... 
L'avais-je définie préalablement ou s'est-elle imposé naturellement, cette règle de la sincérité ? Une sincérité du moment, quitte à me contredire un peu plus loin. Une sincérité ou c'est l'idée qui, toujours doit précéder le mot. Quoi qu'il en soit, pour que cela tienne, il ne fallait qu'une règle, pas deux. Je ne sais déjà plus qui trouva l'autre.
Aujourd'hui, je suis conscient que je ne dis pas encore tout ! Que certaine chose ne sorte pas. Qu'il m'en reste à dire, même si parfois l'idée, ne semble plus vouloir venir. Je trouve encore à m'échapper... Mais je vais bien finir par m'attraper !
Est-ce là, quelque éparses confessions, dont l'ensemble m'échappe forcément et inéluctablement ? Un peu à l'image d'un de ces petits murets, comme on en voit dans les landes Écossaises, où chaque jour, bâtissant le mien, j'aligne à la suite, de nouvelles pierres pas nécessairement semblables, mais qui ne jurent pas avec l'ensemble déjà constitué. Sans plan préalable, sans but défini, juste en allant vers l'infini. Aucun repère, rien, j'avance sur une vaste étendue et chaque jour m'éloigne un peu plus du début. Et pourtant le muret, reste intègre !
En tout cas, ça me plaît de venir là. Je ne considère pas cela comme un travail commandé, une nécessité, dans le cas contraire, il y a longtemps que j'aurais cessé. C'est devenu une part de moi, un espace intime où je m'amuse tout le temps et, si je m'y ennuie, c'est toujours délicieusement...
Ce qui m'en a donné l'envie ? Bien sûr je l'évoque au début, mais ce n'était que la partie visible... J'écris, je crois, poussé par un extraordinaire, un insatiable besoin d'aimer et d'être aimé. À tel point, que même le fait de ne pas me sentir récompensé, ne réussit pas à me dissuader de continuer. N'y a-t-il pas là quelque chose d'inspiré, de mystique ?
J'en entends certain dire, il brode pour tenter d'atteindre les 50 ! Je le reconnais, j'y ai pensé...  

Elitisme commercial façon East Coast

Nuit calme mais bien trop courte ! De temps en temps, même un peu de satisfaction semble inatteignable...
Hier, j'ai retrouvé J., aux Champs Élysée ! Pour me faire aller là-bas, il faut vraiment que ça soit important... C'est, sans doute, l'endroit de Paris que je déteste le plus. 
Nous devions nous retrouver chez Abercrombie & Fitch ! Autre exploit de ma part, que d'entrer dans ce genre de temple... Une explication vague de l'adresse et me voilà parti. J'ai cherché durant une dizaine de minute avant d’appeler, c'est mon côté obstiné. Il faut dire que l'entrée, qui se fait par un grand portail de grilles dorées et un jardin, est inhabituelle. Mais ce n'était que le début de ma surprise. 
À l'entrée, une bande de jeunes gens propres sur eux, en bermudas rouges, ceinture de toile tressée, chemisette à carreaux et nu-pieds en cuir épais, vous accueillent dans un jardin à la Française, carrés de pelouse et buissons taillés au cordeau, arbres élégants aux troncs habillés une toile beige clair enroulée comme un bandage... Enfin devant le sanctuaire, une immense porte ornée d'écussons dorés, s'ouvre sur une majestueuse entrée, où vous attend tout sourire, un jeune éphèbe, torse nu jusqu'au pubis, carte en chair de tous les muscles que l'on peut trouver sur un buste. À ses côtés, une jeune fille vêtue de blanc et de peau, qui, accessoirisée d'un énorme appareil à photos instantanées, vous propose de vous immortaliser en compagnie de cette statue vivante de l'Olympe !
À l'intérieur, un vaste atrium orné d'un immense escalier tout en métal, distribuent, un sous-sol et deux étages. Il y fait sombre et frais. Partout, de ces jeunes filles à peine vêtues de blanc, chair de poule, vous sourient en remuant doucement au rythme d'une musique répétitive et... insistante. Les murs et le sol, sont couverts de bois foncé, l'air embaume le parfum-maison, au point que l'odeur persiste encore, une fois dehors. Quelques fauteuils clubs en cuir usagés et partout, des frises, des fresques, hallucinantes, où de jeunes hommes athlétiques, le plus souvent nus, pratiquent des sports d'université : tennis, aviron, lutte et course à pied... Sorte d'ode gay à la beauté et à la jeunesse, dont le style aurait pour mère la Grèce Antique et pour père un artiste arriviste de la propagande national-socialiste ou bolchevik. 
Et puis, il y a cette myriade d'employés, habillés de sombre, invisibles, qui nettoient sans interruption, astiquent discrètement... Tout ici, se veut beau, propre et gaie... certes, un peu stéréotypé... cela me fait d'ailleurs penser à ce roman de Boris Vian : "Et on tuera tous les affreux"... 
J. est excitée comme une puce... elle, choisi avec assurance, sait où tout trouver, bien qu'il n'y ait aucun panneau... Trouve ces jeunes hommes beaux... et se fait même photographier à l'entrée... Elle est aux anges dans cet espace onirique...
Pour tout dire, le concept est tellement particulier que j'ai (presque) cru qu'il fallait payer à l'entrée... 
Tiens, comme c'est étrange, je n'y aie pas croisé mes voisins du dessus...  
Ah oui, au fait, dans cette boutique, s'y vendent vêtements et quelques accessoires de mode au style décontracté chic américain Côte Est...
Sept millions et quarante-sept millions, loyer et chiffre d'affaires annuel en euros de cette seule boutique !

mercredi 30 mai 2012

Mauvaise nuit, coup de gueule

Quelle nuit ! Au départ il s'agit d'une erreur de ma part... Hier, après avoir fait une théière de thé vert, je me suis laissé aller à une petite sieste. Puis j'ai oublié mon thé jusqu'au soir, m'en apercevant et pour ne pas le perdre, je l'ai bue malgré l'heure avancée ! Conséquence, impossible de m'endormir ! Vers 05h30, les voisins du dessus ont commencé à se disputer. Enfin suffisamment fort pour que j'en profite et au moment même où je pensais pouvoir venir à bout de mon insomnie. Durant près de deux heures, la dispute prenait petit à petit de l'ampleur... pour finir par des cris de la femme, demandant d’appeler la police, et menaçant de se jeter par la fenêtre. Ça partait sérieusement en vrille, il n'était plus question de mon confort mais bien d'une assistance à personne en danger. J'ai donc composé le 17, donné l'adresse et le code de la porte de l'immeuble, après avoir succinctement détaillé les événements en cours ! Moins de dix minutes après mon coup de fil, ils sont arrivés...
Je me suis résolu à me lever et sortir courir. À mon retour, le véhicule de police stationnait encore devant l'immeuble. Le gardien, m’entretint sur la dégradation de l'immeuble et le genre, disons, marqué, des nouveaux locataires depuis quelque temps... J'étais en nage et commençais à me refroidir, je n'avais qu'une hâte, rentrer chez moi... mais j'ai de l'éducation et je compatissais au désarroi de ce pauvre homme, qui très vite en vint à son sujet préféré, se plaindre de tout et de tous... 
Je dois reconnaître que les propos que s’étaient échangés mes voisins du dessus ne laissaient aucun doute possible quant à leur genre, leur éducation et leur savoir vivre ! Alors même que la police était présente, le jeune homme continuait d'injurier copieusement sa copine et à la menacer d'aller voir sa mère !? Celle de la fille, hallucinant, non ? 
Leur truc, systématique, c'est : " ... tu m'manques de respect ! " C'est étonnant de constater à quel point ce genre d'individu est toujours susceptible à propos de la notion de respect ! À peine vous répondez à leur agressivité ou à leur fanfaronnade par un laconique : "Plaît-il ?" qu'ils vous suspectent de ne pas les respecter... Ne confondent-ils pas avec cette autre notion qu'est la soumission ? 
J'ai eu l'occasion de voyager dans bien des pays, de rencontrer des gens démunis... mais presque tous avaient des valeurs morales proches des miennes. Dans notre monde d'hypocrisie, il est plus convenable de prétendre que cette dérive comportementale est la conséquence d'un problème social. Comme ci être pauvre et désœuvrer faisait obligatoirement de vous un délinquant en puissance, sans foi ni loi. Et ce, malgré les affaires dans le milieu, pourtant élitiste, de la politique, du business ou plus généralement des notables... L'exemple étant donné, comment s'étonner après. On comprend que la répression soit devenue un mot grossier... Chacun se repli sur soi, vote noir quand il dit penser rouge... bref, joue le jeu des profiteurs. On se regarde par en-dessous, doute de tout, pire, je serai curieux de savoir combien d'entre nous, habitants de l'immeuble et du quartier, avons été à appeler la Police ?
J'ai quitté une impasse tranquille où des sans abris et sans papiers provenant des pays de l'Est, s'enivraient et maltraitaient leurs frangines à coup de poing parce qu'elles leur reprochaient de fricoter avec une voisine. Propriétaire, à l'abris du besoin, dépressive et désespérée qui ne pouvait pas s'empêcher de s'envoyer toutes les brutes qui étaient à sa portée (mettant à mal la cohésion du groupe, forcément)... Pour tomber ici, où un jeune con des pays de la région parisienne, arborant tongues, short à carreaux, casquette et lunettes grandes marques commerciales (équivalent de "merde très cher mais qu'on s'arrache" enfin qu'ils vous arrachent si vous en avez), gueule et violente à tout va. Voulant faire sa loi en se dandinant et en tabassant sa nana, qui je le reconnais, gueule aussi fort, sans que je puisse définir précisément quel hurlement pouvait être la cause ou la conséquence... En amabilité, les deux se valaient !  
Il y en a qui serait prêt à tout pour gagner plus de fric, pour obtenir du pouvoir ; d'autre qui fréquente et couche par intérêt... certes, sans aller jusqu'à faire leur cul-boutique (comme on dit en Afrique), mais uniquement par manque de courage... 
Dans quel monde vit-on ? Et moi, qu'est-ce qui me rendrait disposé à toutes les bassesses ? Je me pense capable de trucs tordus, mais alors... avec élégance !
Un truc que je garderai de l'évolution de l'être humain, avant de retomber à l'âge de pierre. Un qualificatif, paraît-il !
Méfions-nous, je suis déjà capable d'écrire n'importe quoi, n'importe comment, la preuve... le vice, est à coup sûr, universel.
Allez, je sors prendre l'air... 

mardi 29 mai 2012

Raté

Samedi, la poste s'est présentée pour me distribuer un colis en provenance de la campagne. Évidemment, je travaillais... 
De toute façon, que La Poste soit ou non, un service public, courrier et paquet seront toujours livrés pendant votre absence... Donc récupérable par vos soins, douze heures plus tard que prévu, dans le meilleur des cas, et surtout en prenant garde de rester courtois avec le personnel qui, lui, ne l'est pas tout le temps... Pour le moment on n'a pas vraiment le choix, mais dès l’avènement du fax à pizzas, les choses pourraient changer ! Tiens, à ce propos, une chance que la Pizzeria du coin n'utilise pas le Colissimo pour livrer votre pizza... Mais, je m'égare.
Il s'agissait de la dernière récolte de Kale qui m'était envoyée ! Pas de chance avec ce lundi férié mon paquet est resté, bien au chaud, trois jours durant. Je n'ai pu le récupérer qu'aujourd'hui. Résultat, le Kale avait jauni et commencé à fermenter, j'aurais dû leur laisser, il aurait peut-être fini par exploser... 
C'est dommage, j'avais l'idée, folle ou saugrenue, d'en livrer la moitié, à qui de droit... Ce n'est que partie remise, me direz-vous. Inutile donc de s'étaler ainsi... Sauf qu'il semble, cependant, que trois pieds soient perdus, rongés par un mystérieux ver aussi sournois que gourmand... Et que rien n'est moins sûr quant à la possibilité d'une autre récolte cette année. À croire que derrière chaque sourire ce cache une grimace ? Même si je suis de ceux qui pensent que, peut-être pas... Que les sourires sont des plantes persistantes qui, certes, peuvent être rongées par les grimaces... jusqu'au jour où on les efface !
Mais pourquoi diable évoquer ici ce qui aurait, simplement, dû être fait ? Pour moi ! Parce qu'il était intimement évident, que je devais partager ces premières récoltes... Parce que rien n'est anodin... Parce que je trouvais ça bien et que, je déteste l'idée même de remords, de la parole manquée, de la facilité... 
Bon, je sais bien qu'au final, seul le résultat compte, mais, parfois le hasard ne favorise pas vos intentions, y compris les plus... j'allais dire, nobles, quelle plaisanterie, pourquoi pas élégantes... non, simplement, les plus belles ! 
Peut-être aussi, l'ordre des choses à venir doit-il être respecté, selon cette volonté que j'avais annoncée ? Bref, je pourrai tant en dire, à ce propos, mais ce n'est pas là, le sujet de ce raté. 
Je dois bien convenir, cependant, que pareils mots, ni ne nourrissent, ni ne réconfortent autant que l'eut faite une bonne poêlée de Kale...  

Plaisant constat

Ce matin, à 07h45, j'étais dans la rue, en petite tenue, mes Saucony aux pieds... À 09h30, devant mon ordinateur, un thé à porté, écoutant Chet Baker plutôt que la musique que j'écoute en boucle depuis plusieurs années... Si j'étais un optimiste non expérimenté, je pourrai penser que quelque chose a changé.
Mais je ne m’emballe pas, je sais à quel point les habitudes sont sournoises... Cela ne m'empêche cependant pas de profiter de ce moment, comme d'une pâtisserie qu'on s'accorde au cours d'un régime. Je me délecte donc de cette attitude positive, et la conserve dans un coin, comme exemple à, désormais, suivre.
Je sais qu'il m'arrive d'écrire n'importe quoi, mais toujours avec un réel plaisir. Et cette sensation de plaisir que j'en tire est, de plus en plus évidente et facile. Avec une évolution notable, plus que le faire parce qu'après je me sens exister... je le fais parce que j'en ai une naturelle envie, bien sûr, mais aussi, pour le plaisir de l'instant du faire ! Ce qui explique peut-être ma prolixité ces dernières semaines... Tiendrai-je la distance ? Quelle importance, ce sera au fil de mon envie, je sais qu'il me faudra prendre le temps de lire, j'ai tant à apprendre... et peut-être aussi, celui de me ressourcer... Mais, au regard de ce à quoi cette passion a résisté jusqu'à aujourd'hui, je peux penser que bien plus qu'ancrée en moi, elle est bel et bien innée, chez moi. En tout cas, ça me plaît de le croire !

Chet Baker

Hier soir, sur Arte, une émission sur Chet Baker. 
La voix la plus douce du Jazz, la trompette la plus lyrique, la plus romantique qui soit, aujourd'hui encore inégalée. Spontanée et incroyablement fluide, la musique paraît innée chez lui. Elle semble si facile, d'une pureté et d'une beauté si extraordinaire... tout le contraire de ce qu'a été sa vie, pourtant. Sa passion pour le speedball* a eu raison de son apparence, de sa vie même. Comment a-t-il fait pour que sa musique soit restée intacte du début à la fin ? Gueule d'ange devenue momie en à peine trente ans. Mais bien que physiquement méconnaissable, dès qu'il chantait ou jouait de la trompette, immédiatement on reconnaissait, Chet Baker. 
Comme-ci son génie, son exceptionnel sens de la musique avait eu pour contrepartie, toutes ses faiblesses, toutes ses addictions. Par nécessité d'équilibre ! Pour rester humain.
J'ai ressorti tous ses disques et les écoute quinze ans après, avec la même fascination que lorsque je les avais découverts.
Ce lien, où il est question de respect,
Almost Blue
Et cet autre, où il est question d'autre chose...
I'm a fool to want you
*mélange de cocaïne et d'héroine.

lundi 28 mai 2012

Maux et troubles communs.

Parfois, me levant brusquement de ma position de lecture, la tête me tourne tellement que je retombe assis. D'autres fois, accroupi, pour ramasser quelque chose ou refaire mon lacet, alors que je me redresse, apparaissent devant mes yeux des dizaines de points lumineux et je vacille prêt à m'effondrer. Au moment de m'endormir, me sentant chuter abruptement en arrière, je me redresse en poussant un cri étouffé par la soudaine contracture de tous mes muscles. Incapable de trouver le sommeil, je me tourne et me retourne, avec une étrange douleur lancinante et angoissante, localisée au sommet de la nuque. Toujours en attendant le sommeil, allongé sur le côté, le sang pulsé par mon coeur fait le boucan d'une locomotive à vapeur dans cette oreille collé à l'oreiller. Plus rarement, une gêne persistante, douloureuse et diffuse dans les jambes, tant et si bien que je ne sais plus comment les positionner et je m'agite perdant patience. Au cours de l'endormissement, entre conscience et sommeil, brutale émergence au bord de l'asphyxie. Rarement, au bout des doigts ou sur la plante des pieds, une démangeaison, intérieur, impossible à soulager. Régulièrement... au milieu de la nuit, une érection insistante et épuisante me lance par à coup jusqu'à me réveiller, désemparé. Ces corps étranges et translucides en suspension se déplaçant, dans mon champ de vision, selon où je porte le regard comme s'ils n'étaient pas soumis à la gravitation. Ces sifflements, plus ou moins stridents, plus ou moins forts, plus ou moins présents, qui ne viennent ni de l'extérieur, ni de l'intérieur et que moi seul entend...  
Tant d'agitations organiques qui m'appartiennent intimement et que pourtant nous sommes des millions à partager. Vertiges, étourdissements, sursauts à l'endormissement (myoclonies hypnagogiques), angoisses et anxiétés, acouphènes objectifs, impatiences des jambes, apnées du sommeil, corps flottants du vitré (myodésopsies), acouphènes subjectives... Symptômes de spasmophilie, ou maux anodins du corps vivant... Finalement, c'est celui qui n'en est pas un, dont les causes et les soulagements sont les plus élémentaires, qui me pose le plus de problèmes, même si y mettre fin est à portée de main...
Ces mots pour dire qu'il vaut mieux rire de nos maux... 

Cet engourdissement

C'est étonnant comme parfois tout semble avancer au ralenti. La sensation d'être dans un doux engourdissement, un peu amer toute fois... La première nuit de sommeil qui clos mon cycle de travail me met souvent dans cet état, et le matin je ne me sens la force de rien, à part celle de me préparer du thé, et de me mettre devant mon ordinateur... songeur, à la limite entre conscience et inconscience, n'étant plus qu'organique, le temps m'échappe...
Pour quelle raison ai-je cet étrange besoin de m'enfuir ainsi, à ce moment précis ? 
Serait-ce une sorte de sas de désinfection, de décompression, entre deux états incompatibles ? Est-ce parce que ma vie, dès lors que je n'aie pas d'obligation, la nécessité de paraître ou de m'occuper d'un autre... manque d'intensité ? Est-ce une façon de me rendre, de me livrer à mes émotions qui se font de plus en plus rares ? 
Avant, elles étaient d'immenses vagues qui sans cesse me submergeaient, maintenant il faut que je plonge la tête dans mon lavabo pour retrouver le goût de la noyade. 
Il me presse de retrouver, l'exaltation et l'intensité, de retrouver cette sensation de brûler ma vie avec éclat.

dimanche 27 mai 2012

Pff...

Pourquoi, ce que l'on veut, ce dont on a besoin et ce que l'on obtient ne correspondent jamais ? 
Pff... Je vous laisse y réfléchir, là tout de suite, je subis le contre-coup de ne pas avoir fait de sieste cet après-midi... 
Je voudrais profiter de ma soirée à lire ou écrire, mais j'ai terriblement besoin de sommeil et j'ai mon pote qui passe ! Pff...
Heureusement, j'ai trois jours off pour me remettre.

samedi 26 mai 2012

Question d'exaltation

Entre hier et aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il y a eu une distorsion du temps, que ces vingt-quatre heures ont duré une semaine ! Est-ce le contre-coup de la reprise ? Je commence mon troisième jour et j'ai déjà récupéré l'état de fatigue dans lequel je me trouvais juste avant de partir en vacances. Certes, la tête y est pour l'essentiel, y compris pour moi, qui paraissait pourtant préservé, au regard de mes dispositions intellectuelles...
Qu'a-t-il bien pu se passer ? Hier, après avoir mis plus d'une heure et demie, pour rentrer chez moi - à croire que les fins de semaine commencent le vendredi midi - en pleine chaleur, la climatisation de la voiture étant en panne, je n'ai rien fait de particulier ; excepté être allé m'acheter (chose rarissime ces temps-ci) quelques bouquins dont un, qui m'a été chaudement recommandé, "mange prie aime" de Elizabeth Gilbert... 
Il y a bien eu ce sentiment d’inquiétude, avant-hier... Mais hormis cela, non... rien de marquant. Ce doit être le changement de temps ou encore, ma tête !
Il y a aussi ce sentiment de léger embonpoint qui m'exaspère... Je dis sentiment parce qu'il y a des doutes quant à la perception que j'en ai et qu'en ont les autres. Certains ne me trouvent pas changé (!), d'autres me préfèrent ainsi, me trouvant plus vivant, plus en accord, etc. Il n'y a que ceux qui n'ont pas osé, moi et ma balance (que je boycotte pour le coup) pour, voir ou penser, le contraire. Donc par salubrité psychologique, je m'efforce de relativiser cette... non moins véritable sensation. Exercice mental particulièrement difficile chaque fois que je me trouve nu devant ma glace, c'est-à-dire tous les jours. Un des autres petits travers de ma personnalité qui consiste, vous l'aurez compris, à essayer de voir ce que les autres verraient s'ils me voyaient nu ; ce qui bien sûr, n'arrive pas tous les jours, même rarement compte tenu de ma pudeur... Serai-je le seul exhibitionniste pudique ? Bref, ce comportement avait probablement comme but principal de me rassurer, dorénavant, il semble plus enclin à éprouver ma capacité à la consternation !
J'imagine que tout cela est la conséquence d'une dépression sournoise que je traîne depuis plus d'un an et, je dois le reconnaître, des quelques canons que j'ai pris l'habitude de partager chaque fois que l'occasion se présente. Ajoutez à cela une sorte de flou, que j'aimerais artistique (quel rêveur je fais), sur mon avenir à court et moyen terme et, je crois pouvoir dire que j'ai défini là, les causes de ce sentiment... d'épaisseur localisée de la tête à juste au-dessous de la taille, un peu à l'image du haut d'une combinaison de plongé ! 
J'en tire cette conclusion, déprimé, je prends du poids, alors qu'exalté, je fonds ! 
Il y a bien des méthodes... dynamiques, mais je n'en ai, ni les moyens ni le courage pour le moment. Je continue à ne pas perdre pied, si je puis dire, en courant dès que possible, c'est déjà ça. Par souci de bonne conscience et aussi poussé par la nécessité, je suis amené, de temps en temps, à m'astreindre en la matière, à une certaine ascèse. Ce qui d'ailleurs n'est pas si difficile pour déjà la pratiquer, assidûment même, dans un autre domaine... 
C'est vrai que l'idéal serait l'exaltation, mais ça ne se commande pas. Quel étonnant pouvoir à l'esprit d'ainsi maîtriser notre chimie, si seulement on savait le commander...
J'espère bien trouver dans ce livre, "mange prie aime" de quoi me soulager... Pas que je tienne expressément à rencontrer Dieu... à moins, bien sûr, qu'il ne m’envoie comme messager sauveteur, un ange équipé de toutes ces alléchantes caractéristiques et fonctionnalités qui concrétisent la féminité et la beauté... qui plus est, par un temps aussi chaud et ensoleillé que celui de ces jours-ci, fort propice à la contemplation...

vendredi 25 mai 2012

Elles me vont si bien

Puisse l'auteur du blog concerné ne pas m'en vouloir... Je viens de tomber sur les phrases de F. Cheng, un de ces auteurs que j'admire tant, qu'il ou elle, cite... 
Des mots qui expriment beaucoup trop ce en quoi je crois, ce que je me sens être, et particulièrement ce que je fais ici... pour ne pas les citer à mon tour :
Toujours démuni et dépossédé, j'ai certes appris à n'être sûr de rien, et j'ai néanmoins la naïve conviction, indéracinable celle-là, que toute chose semée par moi, même seulement en pensée ou par le désir, cheminera jusqu'à son terme, irrésistiblement,
comme indépendamment de ma volonté, pour s'épanouir à des moments peut-être proches, peut-être lointains - peut-être dans une autre vie ? -, où je ne m'y attendrai pas.

Ma tâche principale consistera plutôt à apprendre à les repérer, ces moments.
François Cheng Le dit de Tian-Yi extrait (sur le blog PoésiEtmoi PoésiEmois)

La prochaine étape...

Le grand écart ! Levé tôt couché tard ! Je dois bien me résoudre à accepter que je ne suis pas (ou plus) fait pour ce genre d'exercice... 
Je reste sur ce couple, croisé hier soir, invisible pour presque tous, et tellement en dissonance avec tous ces autres autour. Même mon compagnon, plutôt porté sur les grivoiseries, au point parfois même, de m'agacer, n'a là, pas relevé ni osé un quelconque trait. Il faut dire que rien en moi ne l'y incitait et qu'il prenait, sans l'avouer mais je le percevais, la dimension de ce que je tentais de lui expliquer depuis des années, par cet exemple. Ils étaient les seuls, avec moi, à ne pas parler, tant parler dans ces moments-là, semble ridicule...
Mon plaisir serait de trouver les mots justes, pour qu'en les lisant, on ressente ce que j'ai déjà ressenti, ce qu'hier j'ai retrouvé, en un extrait volé... cette interruption, cette absence que vous ne pouvez expliquer, parce que vous n'avez jamais été aussi intense qu'à cet instant et que... en fait, c'est tout le reste qui est une absence !
Une vie d'absence pour quelques instants d'intense présence, et encore, pas pour tous. Que de chemin à encore parcourir. Aurons-nous le temps d'atteindre cette étape, avant de nous foutre en l'air ?

jeudi 24 mai 2012

Cet autre monde, l'espace d'un instant

À peine repris le boulot qu'une opportunité de sortir en fin d'après-midi se présente... Un pot puis un plat en terrasse de ce resto bruyant et bousculé des alentours de Bastille. Les femmes, en ce jour d'été, sont toutes plus belles les unes que les autres... enfin c'est une image. 
Un couple, la table en face, attire mon regard. La cinquantaine, elle, agréable à regarder, cheveux très clairs presque blancs, corps sec, habillée très décontractée, sandales en cuir, jeans, chemise d'homme en soie, une pince tenant négligemment ses cheveux ; lui, cheveux frisés et plutôt longs en arrière dégageant sont front, un cuir travaillé, roux brun sur une chemise blanche, jeans, et bottines en cuir, casque de moto sur la table. Ils se regardent, sans sourire, presque sans expression, mais avec une telle intensité que j'en suis bouleversé... Je ressens, tout à coup, ce qu'ils s'échangent... Il lève sa main et lui caresse le visage, si doucement, qu'à elle seule cette caresse exprime toute la tendresse de ceux dont les âmes s'appartiennent. Dans leurs yeux, un monde que je connais, un ailleurs, pas forcément facile, mais d'une puissance extraordinaire... 
Ils ne s’aperçoivent même pas de mon indiscrétion... Touché... je ne peux regarder leurs yeux que comme on regarde le soleil... De mes observations, mes sensations, ils ne vivent pas ensemble, se voient de temps de temps mais se connaissent depuis la nuit des temps... Qu'importe qui ils sont, ce qui les sépare ou leur histoire... Seul compte, cet instant présent, comme ils se regardent... je n'existe pas, rien autour d'eux n'existe, ils semblent ailleurs, leurs corps sont figés, mais je sens l'agitation frénétique et sensuelle de leurs âmes... 
J'ai, l'espace de quelques secondes, pénétré leur bulle, par je ne sais quel enchantement... Ce fût aussi plaisant que douloureux de retrouver chez d'autres ce monde que j'ai connu... Je n'en avais jamais vraiment observé d'autres, avant. Mais je les ai reconnus tout de suite... Ce sont des âmes-soeurs !

Reprise...

Même si je devrais être habitué, depuis le temps, c'est chaque fois pareil, levé 04h15... arrivé ici à 05h25 et là, devant tous mes écrans d'ordinateurs allumés, je cherche mes codes d'accès en me demandant ce que je fiche ici... Je prends connaissance des nouveautés, vérifie mon courrier et constate que je suis convoqué pour une visite médicale, la semaine prochaine. Je lève la tête, regarde autour de moi... mis à part le service médical, que je sois ici ou pas, n'intéresse personne. Ce n'est pas que cela soit désespérant, finalement je n'en attends pas plus, je dirais même que je ne supporterais pas d'être indispensable, mais... c'est malgré tout une autre vie que j'aurai pu apprécier... hum... que j'ai presque appréciée, je dois bien l'avouer... Jusqu'à ce sentiment de suffisance qui m'a alors envahi et cette soudaine peur viscérale de devenir pédant ! Même mon corps s'est alors rebellé, s'infligeant un ulcère... Incroyable ! s'était exclamé le médecin...
Non, ce n'est pas mon truc. Je suis fait pour faire autre chose, faire du pain ou des pizzas, faire pousser des légumes et élever des poules, et surtout, regarder les nuages... et les jolies femmes...
Bon, c'est pas le tout, ni l'endroit... un thé et c'est parti...