(journal de mes sensations)

dimanche 14 novembre 2010

Le son du silence

S'il m'arrive d'être volubile, ce n'est que pour deux raisons :
 - un sentiment si puissant que je ne peux contenir ce que je ressens, qu'il me faut l'exprimer à l'intéressée, par tous les moyens dont je dispose...
 - apaiser l'autre, par mes paroles, le réconforter, l'empêcher de se noyer dans ses pensées, changer ses idées, le remettre sur pied.
Certains, très peu... à ma connaissance un, ou plus exactement une (!), me donne ces deux motifs d'être si prolixe, trop même ! Faiblesse ou revers de ce don d'apaiser que viennent chercher ceux qui m'approchent ?
Parce que ma nature profonde me porte plutôt au silence. Le Son du Silence ! Il me ressource, me soulage de toutes ces tempêtes que je récolte des autres...
La nature, le ressac de la mer, le vent, le chant des oiseaux... et certaines œuvres musicales s'en approchent. Mais seul le silence aiguise vos perceptions sans les influencer, vous révéle à vous-même. Vous modifie profondément, psychiquement et même physiquement. Répare vos sensations, huile leurs transmetteurs, recharge votre créativité, fait le grand nettoyage, éclaircit.
Cependant, une fois, bien que l'ayant pratiqué assidûment durant huit mois d'affilé... Et bien, pour la une déjà nommée, il n'a rien changé, rien réparé, rien effacé... Bien au contraire, il n'a fait que me la révèler, plus que moi-même ! 
Pourquoi une telle épreuve, un tel prix à payer ? Me faut-il bâtir un Taj Mahal ?

"A poet is a fellow who spends his time thinking about what it is that's wrong, and althought he knows he can never quite find out what this wrong is, he goes right on thinking it out and writing it down. 
A poet is a blind optimist.
The world is against him for many reasons. But the poet persists. He believes that he is on the right track, no matter what any of his fellow men say. In his eternal search for truth, the poet is alone.
He tries to be timeless in a society built on time."
Jack Kerouac

Avant un peu de silence, deux ressentis :
 
 


vendredi 12 novembre 2010

Tout le poids de la déception


La déception est proportionnelle à l'imagination, à l'innocence.
Celle d'un enfant est bouleversante, elle réveille vos peines les plus profondes.
Dans certains domaines, mon imagination n'est pas ordinaire...

Le poids de nos paupières


Il suffit de si peu pour que tout disparaisse... 
L'indifférence et le mépris n'auraient donc que le poids de nos paupières ?

Equilibre précaire

Parfois le passé vous rattrape comme une claque !
Perdre un père, un amour... perdre ses repères, se perdre un peu, beaucoup !
Puis se reprendre, se relever non indemne, parce qu'il faut continuer. 
Se remettre en péril, vivant sur le fil plutôt que par procuration...
Certaines choses vivent en nous plus que d'autres. De ce dont on se rappelle, quelle est la part de vrai, quelle est celle que l'on s'est dessinée ?
Finalement ce qui fait la profondeur de chacun de nous, ce sont nos fantômes, et notre capacité à garder l'équilibre.
Ainsi qu'à choisir ceux qui nous entourent.

mercredi 10 novembre 2010

Aphorismes

La mer mêlée au soleil, on ne peut l'admirer avec les yeux, tant elle est vaste et partout semblable. C'est l'éternité, disait Rimbaud . Il faut laisser le regard s'y perdre. Se faisant, la tension se calme, l'esprit doucement s'apaise et contemple alors la mer tout entière, éblouissante !
                                         ***
C'est à cause de leur figure de méchanceté, de leur face d'enseigne... De ces visages en biais, ces regards excédés, qui annoncent la bêtisent plus qu'ils ne la dénoncent, qu'on fini par détester les autres et prendre à notre tour une figure mauvaise. Il faudrait instaurer un permis d'expression et imposer des règles à toutes les gueules d'empeigne afin qu'ils ne déversent pas, à tout va, leur amer dedans.
Manifester la souffrance ne devrait être que l'apanage des gens d'émotions. De ceux dont la douleur ne prend pas au dehors une gueule d'aigreur. De ceux qui, lorsque l'on plonge dans leurs yeux, envahi par leur douceur on saisi combien la peine requière bien plus de cœur que d'estomac !
                                         ***
Il y a tant à saisir dans un regard, si fugace soit-il,
l'attentive douceur qui veille sur celle qui est regardée,
l'indiscrétion espérée découvrant les ombres et les peurs, 
le murmure de fragiles et rares tendresses,
une caresse, de celle qui fait briller,
le sentiment d'exister, pour un autre que soi...
                                         ***
J'ai, comme tous, eu cette peur qu'elle ne me désire plus... 
D'apprendre qu'elle ne m'a jamais désiré, c'est comprendre subitement le sens de la locution : double peine !
                                         ***
Deux choses me font peur, la maladie et la rue ! Mais des deux, la pire est la rue, parce qu'il n'y règne que le mépris !
                                         ***
Empêtré dans ce syndrome de Cassandre, je finis par constater, non sans amertume, que les réalités immédiates, bien qu'éphémères car inéluctablement irréalisables, condamnent les possibles essentiels ou idéals.
                                         ***
À force de prendre mes illusions pour des projets, ma réalité est devenue un cauchemar !
                                         *** 
L'ingratitude, un sentiment qui pousse secrètement à souhaiter l’amnésie, la maladie d'Alzheimer ! 
                                         *** 
Se perdre, s'abîmer entre n'importe quels membres pour ne plus y penser, se vautrer dans le stupre, faire pleurer plutôt que pitié, baiser plutôt qu'être abusé... 
En serai-je capable ?
                                         *** 
Sans que j'y prenne garde, parfois la colère me gagne. La tête comme un nid de guêpes, je rêve de haine. Je ne ressens plus que mes plaies... Heureusement, chez moi, la tristesse l'emporte toujours et mes larmes discrètes, noient cette soudaine velléité de nuire.
                                         ***
Vous est-il arrivé de l'admirer sans vous lasser, pendant qu'elle dormait ?
De la veiller comme un enfant, sans bouger, pendant qu'elle rêvait ? 
D'être éveillé plein d'une rassurante tendresse lorsqu'un cauchemar l'arrachait à son sommeil ?
Alors, vous ne serez jamais plus le même ! 
                                         ***
Si nous pouvions voir nos âmes, la mienne aurait l'aspect d'un cadavre, autopsié par des bouchers !
                                         *** 
J'essaie de combattre l'intérêt que je prends pour elle, je me figure ses yeux, ses joues, son nez, ses lèvres, en pleine putréfaction. Rien n'y fait : l'indéfinissable qu'elle dégage persiste. C'est dans des moments pareils que l'on comprend pourquoi la vie a réussi à se maintenir, en dépit de la connaissance.
                                          *** 
On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose. E.M.Cioran.

mardi 9 novembre 2010

Apostasie


Préférer à mes croyances passées cette folie déjà pressentie.
Lucidité, cynisme...
Et débauches, pour tenter d'oublier par courts instants...

jeudi 28 octobre 2010

À celle qui coule dans mes veines

Veilleur

A vif

Aujourd'hui encore je m'effondre... 
Un jour, quand j'aurai perdu tout espoir, je me prendrai à bras le corps et je m'emmènerai là-bas, vers mes quelques jours d'amour...
Ma vie a été un brouillon, je voudrais une autre feuille pour la refaire au propre.

Always in mind

La lumière particulière d'un lieu d'ascèse un peu austère
Le blanc rêche et rigoureux du linge de bain et de lit en lin
L'odeur de pin de la lessive Kitz et celle de l'huile corporelle à la prunelle
Les bougies parfumées aux essences de Myrrhe ou Feu de bois
La douceur sèche et poudrée d'une peau blanche constellée

mercredi 27 octobre 2010

Deux êtres au bord d'eux-mêmes

À peine un mot dit d'elle c'est un appel
Un déchirement du fin fond des temps,
Alors l'être que je cherche enfin s'éveille
Se redresse, se rebelle, cri du dedans
À peine un geste d'elle, il est Caïn, je suis Abel
Il m'éventre pour sortir tel un hurlement
Tout deux sommes fous de passion pour elles
Parce qu'elle est aussi deux, poussée par le même vent
Deux êtres au bord d'eux-mêmes en quêtent d'ailes
Deux équilibristes entre doutes et tourments

Chemin


Aller en soi-même, n'y rencontrer personne. 
Devenir intimement soi, s'harmoniser du dedans ! 
Et le soir venu, pouvoir partager et se réchauffer de celui qui comprend...
C'est un chemin qui n'a pas d'autre fin que celle du pèlerin.

lundi 25 octobre 2010

" Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point."

Les mots prennent dans la poésie un sens qui me touche. Et, bizarrement la magie opère, je comprends ou plus honnêtement, je suis plus à même de comprendre. L'émotion exacerbe tous mes sens, je remarque tout, je n'oublie rien, mes accès de lucidité, ma vivacité à saisir le fugitif m'impressionnent, je n'en suis pas maître, c'est un don offert.
Je suis en fait plus disposé à comprendre ce qui m'entoure par l'émotion, l'analyse est pour moi secondaire, elle m'aide à vérifier mes perceptions. Lorsqu'il y a conflit entre l'analyse et le ressenti tout se complique. Je suis avant tout un indéfectible romantique. Quand j'aime, je ne le fais pas à moitié, je me donne tout entier.
Alors, pour résoudre ce conflit, je tords le sort, déchire la fatalité, je me bats contre tout, surtout contre moi... Parce qu'à mes yeux, la pire des souffrances serait de n'avoir pas tout tenté, l'impossible compris, pour y arriver ! Sans doute parce que je suis un homme de cœur. Mes convictions sont pures et puissantes, elles sont aussi rares et me viennent d'ailleurs comme un message, comme une voie... Et ça, l'analyse ne l'explique pas, il n'y a que le cœur pour comprendre cela ! Je rejoins Pascal pour au moins une de ses pensées : " Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point." 
J'imagine que "l'analyse" peut tenter d'expliquer l'univers, l'émotion elle, vous l'ouvre !

vendredi 22 octobre 2010

Obsession

Cela m'obsède tant que je me fuis moi-même. Je m'observe à essayer en vain d’aligner des mots, mais rien ne vient. Seule mon envie existe, elle surchauffe mes nuits, rend mes jours glacials. Comme une pression dans l'âme et dans les veines. Un chien fou me tenant de l'intérieur, me secouant en tous sens.
L'eau si pure quand elle est calme se trouble dès qu'on l'agite, de ce limon qui en tapisse le fond. 
Mon envie est pourtant belle...

jeudi 21 octobre 2010

Indices...

La tenir dans mes bras c'est accéder à toutes mes possibilités...

Qu'elle accepte mon regard, me voilà pourvu d'ailes
Qu'elle pose ses lèvres sur les miennes, me voilà immortel !

mardi 19 octobre 2010

Elle...

Son corps est un instrument si sensible qu'à son approche, je vibre 
Apprentis virtuose, je la hume, tourne autour, finalement ose et l'effleure 
La frôle, la touche, du bout des doigts, du bout des lèvres et j'ai la fièvre
...
mais déjà tenir sa main, c'est bien...

lundi 18 octobre 2010

Parce qu'elle a aimé

I'd like to live in front of your home...
your window would be my window , your room, my outside and you my sky.



jeudi 14 octobre 2010

"Passages"

Chacun est extraordinaire. Il est seul à s'en apercevoir. Découragement ! Enfin, il finit par s'y faire... puisque personne d'autre que lui ne le remarque.
Mais voilà que dix, quinze ans passent et quelqu'un d'autre, également, le trouve extraordinaire. Merveille. Être aimé. Et l'autre aussi, comme c'est étrange, justement l'autre aussi est extraordinaire, unique, vraiment unique. On n'eût pu l'imaginer... et elle est, naturellement, belle, mais surtout unique, unique.
Amour ! Il est soulagé du poids de sa personne, du poids de sa vie, de ses journées, de ses occupations et soulagé de la propriété à la fin lassante de sa personne.
Quelle merveille ! Qu'est-ce qui ne va pas arriver ? Plus rien n'est impossible. Il atteint sans effort le haut du monde.
Dans la suite, tout d'un coup, ce poète souvent doit apprendre beaucoup de prose...
Henri Michaux  

mardi 12 octobre 2010

Au bout d'un lourd et long silence, raviné par l'eau d'un coeur au bord de l'épuisement, déshumanisé, desséché... Une pluie, douce et tiède, vient de s'abattre sur moi et tout semble renaître...

samedi 25 septembre 2010

Le goût de la peau


Tout comme son âme, sa peau, pâle et poudrée, me fascine ! C'est elle qui me donne l'envie d'intimité, elle comble quatre de mes sens... Ainsi que le sixième, tant déjà à distance, elle m'allèche, elle m'exsangue... Errer, émerveillé, tout autour de son corps n'est qu'une succession d'émotions puissantes. Il s'y cache une source, délicate, généreuse, qui m'envoûte, me bouleverse... là où la peau se plisse, là d'où la vie s'immisce.

Errance

Un voyage intérieur, forcément initiatique, pour tenter de se trouver. Essayer de se reconnaître soi-même, ne l'ayant pas été par les autres. 
S'abandonner à sa singularité ! 

vendredi 24 septembre 2010

À Circé, l'enchanteresse



Aimer, c'est prendre des risques, s'exposer, devenir vulnérable. Si de l'amour, naît la douleur, faut-il pour autant s'en affranchir ? La crainte de la trahison, du mensonge... la peur du chagrin, de la disparition, devraient-ils m'empêcher de me passionner pour cette féminité dont l'intimité sensuelle éveille chez moi tout à la fois la plus noble et la plus outrancière des lubricités ? Pire encore, me priver de l'expression qu'ont ses yeux lorsqu'ils acceptent que les miens plongent en eux ? Ses mots tendres et drôles, ses attitudes, sa nature ? Son esprit ? De l'éternelle découverte de son âme ? Cette peau blanche, constellée, adorée, sera toujours plus vite oubliée que cet esprit souple et tendre, admiré ! Un corps se remplace, une intelligence, une attitude, tous ces petits détails qui vous marquent ne pourront jamais être effacés. Et quelle hérésie d'ailleurs que d'imaginer pouvoir le faire !
S'affectionner à un être, c'est dépendre de lui, s'inquiéter pour lui, souffrir à cause de lui. Je ne suis pas de ceux qui n'aspirent dans la vie qu'à tendre vers une glaciale sérénité. Non, je suis du genre sensible, riche en contradictions, avec du tempérament, des envies. Je suis de ceux qui croient que le propre d'un grand amour ou d'une grande amitié, est d'être irremplaçable ! Je suis de ceux qui veulent être envoûtés par leur Circé et je porte la coupe tendue par elle, à mes lèvres !

mardi 21 septembre 2010

Devenir

Toutes intimités confondues, partagées... et la vraie danse peut commencer. Des repas, un lit, des idées, inventer, s'étonner. S'éprendre et se surprendre, se bouleverser, s'épuiser ! Et puis recommencer. Se séparer sans se quitter, se retrouver, se bousculer. S'apprécier, des pieds à la tête, se reconnaître, s'envoyer paître ! Et toujours recommencer. À tourner sans compter, à se mélanger sans compromettre ce que l'on est, les corps s'accordent les esprits restent libres et la danse prend un sens...

vendredi 17 septembre 2010

Par amour


Au Japon, certains hommes apprennent aux oiseaux à voler ! Est-ce un comble ? Je ne pense pas, j'imagine que leur amour leur donne la connaissance nécessaire pour transmettre, à ceux qui sont pourtant mieux disposés qu'eux, les rudiments et l'énergie indispensables pour faire ce à quoi ils sont destinés !

jeudi 16 septembre 2010

Malgré tout


Anticiper la douleur de l'être aimé, sachant, mieux que d'autre, que la vie fait mal, que l'autre ne vous épargnera jamais ! Prévoir ses difficultés, ses peines. Et lui offrir un confort que l'on se refuse à soi-même.
Aurai-je, à mon insu, développé avec la souffrance, le syndrome de Stockholm ? De vouloir ainsi, même victime, ne garder la douleur que pour moi-même ? 
Je reconnais, quand même, que prendre soin d'elle c'est comme la douceur d'un matin tôt, de silence et de lumière, au bord de la mer ! 

jeudi 9 septembre 2010

Qu'est-ce que le bonheur ?

Quelques moments privés-légers ?
Lors de notre seconde rencontre, nous avions soupé, dans un restaurant Asiatique. Alors que je m'apprêtais à la raccompagner chez elle, elle me dit désirer que je l'emmène chez moi... 
Nous avons eu soif toute la nuit... le matin aussi !
Un matin chez elle, nue, elle prépare le thé, je la regarde, le contre-jour l'auréole d'une pâle douceur, elle me surprend et me sourit !
Une autre fois, me réveillant le premier, je me penche sur son visage endormi pour y déposer un baiser, avant même que je la touche, un sourire éclairci avec tendresse son visage, elle m'enlace alors dans sa chaleur matinale et m'embrasse...
Quelques moments d'intimité partagée !

mardi 7 septembre 2010

Empreinte

Lorsque que l'on embrasse et enlace une femme que l'on aime vraiment. Elle laisse sur vous une empreinte si profonde, que vos bras gardent à jamais la mémoire de son corps. Vous savez dés lors, que pour toujours, elle y trouvera sa place comme au premier jour.

vendredi 3 septembre 2010

Choc ou drame

Entre plaisir et horreur, une violente stupeur m'indique combien fragile est ma vie ! Une chance sur deux ! Perds ou passe ! 
Tout à coup, en égoïste, je ne pense qu'à la futilité de mes privations, à l'imbécillité de mon respect, de mon attente... À cette crédulité assassine. 
À tout ce temps perdu...
Et puis, après coup, recouvrant mes esprits, comment regretter ce qui sans doute est d'une exceptionnelle rareté ?

jeudi 2 septembre 2010

Impression



Presqu'un Vermeer, quelle lumière ! Assurément d'un esthétisme nordique, forcément une sensibilité que j'ai ! C'est toi que je devine dans cette photo. Naturelle, élégante et provocante ! Un corps élancé, une peau pâle et lumineuse, une beauté singulière.

Il a suffit de si peu

Depuis que Schopenhauer eut l'inspiration saugrenue d'introduire la sexualité en métaphysique, et Freud celle de supplanter la grivoiserie par une pseudo-science de nos troubles, il est de mise que le premier venu nous entretienne de la "signification" de ses exploits, de ses timidités et de ses réussites. Toutes les confidences débutent par là ; toutes les conversations y aboutissent. Bientôt nos relations avec les autres se réduiront à l'enregistrement de leurs orgasmes effectifs ou inventés... C'est le destin de notre race, dévasté par l'introspection et l'anémie, de se reproduire en paroles, d'étaler ses nuits et d'en grossir les défaillances ou les triomphes.
E.M.Cioran

Je ressens pour ma part une certaine aversion à l'encontre des vantards. Ces hommes qui ont toujours à faire valoir des exploits, des réussites, des risques pris, racontars toujours emballés d'une pédante humilité... Peut-être parce que je ne sais pas faire ça, où que j'estime ne pas en avoir les moyens ? De quoi pourrais-je me vanter, pour me faire aimer, puisqu'il s'agit bien de cela ? Je ne me trouve pas exceptionnellement brillant, ma situation générale n'est pas enviable et je suis d'un physique... moyen, je préfère le mot anglais "average", on y entend presque "avantage" ? Non ! moi, je dois envoyer d'entrée ce qui ne devrait qu'être distillé, suggéré . Il me faut faire preuve d'imagination, d'astuce, stratégiquement c'est beaucoup plus... délicat !
Cependant, bien que j'ai peine à y croire, à quelques centimètres près, j'eusse, sans doute, été un vantard !