Exister : être à l'extérieur celui que l'on est à l'intérieur. Surgir de soi ! Sortir, se montrer... Ce que je tente de faire ici, avec des mots.
Il m'est arrivé d'exister, en réalité. De surgir de moi, ou, plus exactement, d'en être extirpé, arraché... par deux bras qui, bien que d'aspect frêle et délicat, étaient mues par une aussi foudroyante que surprenante, énergie. Que cet acte fût ou non voulu, il n'en est pas moins un fait !
Existant subitement, je me suis senti, à vif ! Tout à la fois fragile et, invincible.
Depuis, tous mes mots, ne sont que, d'incessantes prises d'élan, pour à nouveau resurgir hors de moi ; de perpétuelles tentatives, pour être attrapé, par deux jolis bras... pour exister !
(journal de mes sensations)
dimanche 17 juin 2012
samedi 16 juin 2012
Une si simple envie
Franchement, aujourd'hui j'ai ma tête des jours de travers... Je suis contrarié, sans être fichu de savoir pourquoi... Je me sens agité, inquiet. J'aurai besoin d'être consolé, mais je ne suis pas sûr de savoir de quoi. À défaut de tendres et rassurants câlins... un truc bien abrutissant, du genre film d'action plein de rebondissements, me ferait peut-être du bien...
Non ! en fait, j'aimerais être massé jusqu'à ce que je m'endorme... Ou encore, me trouver sur une plage de sable blanc, au bord d'une mer turquoise, à l'ombre de grands cocotiers avec à portée, une Piña Colada et la certitude de manger du poisson tout juste péché et grillé, au dîner...
J'imagine que ces circonstances m'aideraient à vivre l'instant présent et à ne pas me fourvoyer dans le passé ou dans un hypothétique futur.
À condition d'être accompagné, sinon, quel intérêt, tous ces souhaits.
En fait, il ne s'agit que d'une si simple envie...
Non ! en fait, j'aimerais être massé jusqu'à ce que je m'endorme... Ou encore, me trouver sur une plage de sable blanc, au bord d'une mer turquoise, à l'ombre de grands cocotiers avec à portée, une Piña Colada et la certitude de manger du poisson tout juste péché et grillé, au dîner...
J'imagine que ces circonstances m'aideraient à vivre l'instant présent et à ne pas me fourvoyer dans le passé ou dans un hypothétique futur.
À condition d'être accompagné, sinon, quel intérêt, tous ces souhaits.
En fait, il ne s'agit que d'une si simple envie...
Quelques heures après...
J'ai mal à la tête !
Je n'ai pourtant pas abusé, je n'ai bu que quelques verres de vin mais, à peine mangé, ce qui, vous dispose très rapidement à ne dire que des âneries... D'un autre côté, il faut reconnaître qu'il est particulièrement difficile de dire des choses sensées lorsqu'on s'entend tout juste... Hurler, le sens qu'on aimerait donner à sa vie, dans les oreilles de cet autre qui vient de vous hurler que sa vie n'avait pas de sens et qu'il, ou elle, cherchait a lui en donner un... serait dangereux, pour l'ouïe.
Et quand en plus, on a l'intime conviction de sentir la frite... Bon sang je ne mangerai plus de frite pendant les dix ans à venir.
Comment se débarrasse-t-on de l'odeur ? J'exagère, j'en suis conscient, mais cette odeur a pénétré dans ma tête, envahi tous mes souvenirs olfactifs, et j'ai la sensation que chaque molécule qui la constitue est aussi chargée d'huile de friture. Peut-être en prenant une douche brûlante pour que, se liquéfiant en gouttes lourdes, elle ruisselle jusque dans mes pieds... Il ne me restera plus, alors, qu'à bien les presser dans un bain de Cologne...
Quant à m'agiter au son d'une musique que je n'aime pas, ce n'est plus mon truc. Déjà m'agiter au son d'une musique que j'aime, je ne peux le concevoir que dans une tendre et luxurieuse intimité avec, un être du sexe opposé, bien plus que consentant...
Et qu'est-ce que les gens fument ! Je suis surpris, je pensais que le phénomène s'estompait... Cela contribue, certainement, à cette céphalée matinale...
Il faut se rendre à l'évidence, ont ne choisit pas toujours de quelle façon le sang va vous lancer, le matin suivant une telle agitation...
Sont-ce là les premiers signes de la dégénérescence de ces neurones qui nous faisaient faire n'importe quoi avec n'importe qui, n'importe où et n'importe comment, il n'y a pas si longtemps ?
Je n'ai pourtant pas abusé, je n'ai bu que quelques verres de vin mais, à peine mangé, ce qui, vous dispose très rapidement à ne dire que des âneries... D'un autre côté, il faut reconnaître qu'il est particulièrement difficile de dire des choses sensées lorsqu'on s'entend tout juste... Hurler, le sens qu'on aimerait donner à sa vie, dans les oreilles de cet autre qui vient de vous hurler que sa vie n'avait pas de sens et qu'il, ou elle, cherchait a lui en donner un... serait dangereux, pour l'ouïe.
Et quand en plus, on a l'intime conviction de sentir la frite... Bon sang je ne mangerai plus de frite pendant les dix ans à venir.
Comment se débarrasse-t-on de l'odeur ? J'exagère, j'en suis conscient, mais cette odeur a pénétré dans ma tête, envahi tous mes souvenirs olfactifs, et j'ai la sensation que chaque molécule qui la constitue est aussi chargée d'huile de friture. Peut-être en prenant une douche brûlante pour que, se liquéfiant en gouttes lourdes, elle ruisselle jusque dans mes pieds... Il ne me restera plus, alors, qu'à bien les presser dans un bain de Cologne...
Quant à m'agiter au son d'une musique que je n'aime pas, ce n'est plus mon truc. Déjà m'agiter au son d'une musique que j'aime, je ne peux le concevoir que dans une tendre et luxurieuse intimité avec, un être du sexe opposé, bien plus que consentant...
Et qu'est-ce que les gens fument ! Je suis surpris, je pensais que le phénomène s'estompait... Cela contribue, certainement, à cette céphalée matinale...
Il faut se rendre à l'évidence, ont ne choisit pas toujours de quelle façon le sang va vous lancer, le matin suivant une telle agitation...
Sont-ce là les premiers signes de la dégénérescence de ces neurones qui nous faisaient faire n'importe quoi avec n'importe qui, n'importe où et n'importe comment, il n'y a pas si longtemps ?
Une soirée de plus...
Quelle heure est-il ? Minuit et quarante-cinq minutes. Je suis rentré chez moi... Bon, que puis-je dire... Avant tout c'était une joie de retrouver ces amis laissés de côté pour n'avoir pas voulu partager avec eux, une peine beaucoup trop intime... Et, après tout, tout peut s'en tenir à cet avant tout !
J'ai passé ma soirée à tenir le grill et la friteuse (ça ce sent...) mais c'était avec plaisir... Et puis sincèrement, ce n'était pas un sacrifice, je crois que je n'avais rien à dire à tous ces gens, du moins pas dans ce genre de soirée... Il y a bien eu cette Italienne que je croyais danseuse tant son corps et sa façon de le tenir me faisaient penser à... Mais non, sa réponse fût d'ailleurs l'occasion d'un quiproquo, elle me dit avoir pratiqué durant toute sa jeunesse, le Tango ! J'ai donc pensé qu'elle venait d'Argentine ! Vous avouerez qu'apprendre le Tango pour une enfant Italienne est une chose surprenante... Elle ne semblait pas très sensible à mon humour, mais je compris pourquoi après avoir discuté avec son ami, il était Historien... Et, sincèrement, il n'y a rien de plus ennuyant et ennuyeux qu'un historien ! Pour s'entendre avec un historien, il faut être bibliothécaire... ou dénué de toute imagination...
Ces soirées, ne sont pas ma tasse de thé... voilà tout ! De toute façon, ce qui compte c'est d'avoir été là, à leur côté, et d'ailleurs, à mon départ, tous m'ont remercié...
J'ai passé ma soirée à tenir le grill et la friteuse (ça ce sent...) mais c'était avec plaisir... Et puis sincèrement, ce n'était pas un sacrifice, je crois que je n'avais rien à dire à tous ces gens, du moins pas dans ce genre de soirée... Il y a bien eu cette Italienne que je croyais danseuse tant son corps et sa façon de le tenir me faisaient penser à... Mais non, sa réponse fût d'ailleurs l'occasion d'un quiproquo, elle me dit avoir pratiqué durant toute sa jeunesse, le Tango ! J'ai donc pensé qu'elle venait d'Argentine ! Vous avouerez qu'apprendre le Tango pour une enfant Italienne est une chose surprenante... Elle ne semblait pas très sensible à mon humour, mais je compris pourquoi après avoir discuté avec son ami, il était Historien... Et, sincèrement, il n'y a rien de plus ennuyant et ennuyeux qu'un historien ! Pour s'entendre avec un historien, il faut être bibliothécaire... ou dénué de toute imagination...
Ces soirées, ne sont pas ma tasse de thé... voilà tout ! De toute façon, ce qui compte c'est d'avoir été là, à leur côté, et d'ailleurs, à mon départ, tous m'ont remercié...
vendredi 15 juin 2012
Instinct, ou simple malaise
Matin chagrin... De mon lit, j'entends bien que dehors il pleut et je devine que le ciel est gris. Cette boule est toujours là, sans doute amplifiée par ce temps. Est-ce que quelque chose se trame, est-ce que quelqu'un de proche, va mal... Impossible de me libérer de ce malaise...
Je me rappelle encore de cet appel au secours, en fin d'après-midi, un mois de juin, il y a longtemps... Il faisait chaud, j'étais dans le Marais, je me souviens exactement à quel endroit... seul, comme souvent...
Un vilain abcès s'était attaqué à une de ses jambes, paralysée par la douleur et par la peur, désemparée... elle avait alors pensé à moi...
Je ne me rappelle plus ce que j'avais fait... mais j'avais certainement dû accourir, laissant tout le reste, tomber. Eh bien, toute la journée précédent cet appel à l'aide, j'avais été sujet à ce genre de sensations désagréables...
Depuis mon adolescence, je suis comme ça... ceux à qui je tiens, vivent en moi...
J'ai, pour je ne sais quelle raison, développé mon instinct, certainement au détriment d'une autre qualité, plus essentielle... Quoi qu'il en soit, c'est un sens infaillible, j'en suis la seule partie fragile, le talon d’Achille, enfin, mon ego, dès qu'il prend le dessus... soit les deux-tiers du temps.
Sans doute me prenez-vous pour un cinglé, sans doute n'avez-vous pas tout à fait tort, mais, à l'occasion, demandez aux intéressés...
En attendant, il faut que je me bouge, j'ai quelques magasins à faire... et un coup de main à donner.
Je me rappelle encore de cet appel au secours, en fin d'après-midi, un mois de juin, il y a longtemps... Il faisait chaud, j'étais dans le Marais, je me souviens exactement à quel endroit... seul, comme souvent...
Un vilain abcès s'était attaqué à une de ses jambes, paralysée par la douleur et par la peur, désemparée... elle avait alors pensé à moi...
Je ne me rappelle plus ce que j'avais fait... mais j'avais certainement dû accourir, laissant tout le reste, tomber. Eh bien, toute la journée précédent cet appel à l'aide, j'avais été sujet à ce genre de sensations désagréables...
Depuis mon adolescence, je suis comme ça... ceux à qui je tiens, vivent en moi...
J'ai, pour je ne sais quelle raison, développé mon instinct, certainement au détriment d'une autre qualité, plus essentielle... Quoi qu'il en soit, c'est un sens infaillible, j'en suis la seule partie fragile, le talon d’Achille, enfin, mon ego, dès qu'il prend le dessus... soit les deux-tiers du temps.
Sans doute me prenez-vous pour un cinglé, sans doute n'avez-vous pas tout à fait tort, mais, à l'occasion, demandez aux intéressés...
En attendant, il faut que je me bouge, j'ai quelques magasins à faire... et un coup de main à donner.
jeudi 14 juin 2012
Plus qu'il ne le suffit, il faut le vouloir...
Le retour est toujours un peu difficile. Je ne sais pas pourquoi, mais je rentre toujours avec une boule dans le ventre. Impossible de tout se dire... Et les voir se chamailler pour des broutilles me rend malade. J'aspire à ce que les gens autour de moi soient en paix... Pas par altruisme ou par bonté, je suis comme ça, voilà tout. Et j'ai toujours été ainsi, du plus loin que je me souvienne, c'est pour moi la condition sine qua non à pouvoir être - j'allais dire heureux, n'exagérons rien - satisfait, et vivre pleinement ma satisfaction. Depuis que je connais mes parents, ils se disputent sans cesse ! C'est fou ! Alors qu'il suffit de s’asseoir à une table, de dire ce que l'on souhaite, ce que l'on attend, ce que l'on n'accepte pas... puis d'écouter ce que l'autre a à dire et, inventer des compromis ! Évidemment, c'est un exercice où il faut être honnête, tant avec l'autre qu'avec soi-même. Et, accepter de considérer que parfois, notre pire ennemi, c'est nous-même ! Ne serait-ce qu'à cause de cette fâcheuse habitude de rejeter nos propres fautes sur les autres...
Bref, j'ai ramené V. chez elle, et suis rentré chez moi. Elle aussi semblait triste, nous étions deux. Je suis condamné aux séparations... tant qu'il y a des retrouvailles, j'accepte mon sort...
Demain, j'ai promis à l'ami qui organise cette soirée guinguette, de l'aider à cuisiner et à préparer dans le courant de l'après-midi. Ce qui me laisse peu de temps pour trouver les éléments propres au style que j'aimerai afficher. Je pensais retrouver quelques accessoires chez ma grand-mère, mais près de quarante ans ont suffi à ce que presque tout, disparaisse...
J'avais aussi projeté de ramener quelques fraîcheurs à offrir, mais là aussi, les éléments n'ont pas accepté de jouer en ma faveur...
Je voudrais ne pas sembler pessimiste, mais il faut reconnaître que les déconvenues s'enchaînent, tout à coup... Même pour de si petits désirs, il faut se battre ! Restons optimiste, une belle surprise se produira peut-être...
Bref, j'ai ramené V. chez elle, et suis rentré chez moi. Elle aussi semblait triste, nous étions deux. Je suis condamné aux séparations... tant qu'il y a des retrouvailles, j'accepte mon sort...
Demain, j'ai promis à l'ami qui organise cette soirée guinguette, de l'aider à cuisiner et à préparer dans le courant de l'après-midi. Ce qui me laisse peu de temps pour trouver les éléments propres au style que j'aimerai afficher. Je pensais retrouver quelques accessoires chez ma grand-mère, mais près de quarante ans ont suffi à ce que presque tout, disparaisse...
J'avais aussi projeté de ramener quelques fraîcheurs à offrir, mais là aussi, les éléments n'ont pas accepté de jouer en ma faveur...
Je voudrais ne pas sembler pessimiste, mais il faut reconnaître que les déconvenues s'enchaînent, tout à coup... Même pour de si petits désirs, il faut se battre ! Restons optimiste, une belle surprise se produira peut-être...
Le laid et le beau...
Avant d'aller courir, j'ai pour habitude de faire sortir V. Dix minutes pour que la rosée matinale la réveille un peu... Ce matin, un type du genre qu'on ne remarque jamais, promène en laisse ses deux pantoufles d'appartement. Immédiatement V. fonce dans sa direction pour sympathiser avec les peluches permanentées... Et voilà que celui-ci s'affole, s'emmêle avec ses laisses, panique, se plaint... Je m'approche le rassurant sur le caractère de V. qui ne cherche qu'à faire connaissance, il me rétorque alors que ses chiens se sont déjà fait mordre et que je devrais quand même tenir le mien en laisse... Je lui fais remarquer, qu'ici on est à la campagne, et qu'il n'est pas obligé de venir promener ses chiens de plage arrière de voiture, devant chez moi et aussi loin de chez lui, et que s'il a peur que ses chiens se fassent mordre par un autre chien ou attaquer par un chat... pourquoi ne pas retourner vivre dans son appartement en ville ? Il est parti...
J'ai alors dit à V. qu'il y avait un nouveau shérif dans le village !
Non mais, et puis quoi encore ? Moi, qui suis l'amabilité même le matin au réveil... Voilà tout à fait le genre de personnage, tout juste retraité, couple qui se retire à la campagne, où ils se sont fait construire une bicoque du style : garage (pour la Peugeot hors d'age) et atelier (dont chaque outil a sa place dessinée au mur) au rez de chaussé et, à l'étage, un appartement copié-collé de celui qu'ils ont habité durant quarante ans dans la ville d'à côté. Trente mètres carrés de jardin dont la moitié bétonnée (pour éviter les corvées), de toute façon, ils ne mangent jamais dehors à cause des abeilles... maman a peur d'en avaler une.
Le genre de personnage qui défigure la campagne, se plaignant que les cloches de l'église sonnent trop souvent, que le coq de la ferme chante trop tôt, et trouvant que les vaches, ça pue et c'est sale... À quand un organisme comme celui des "architectes des bâtiments de France", pour préserver nos campagnes et villages de l'invasion de ces rongeurs écervelés ?
Bref, le genre, dont la culture se borne aux jeux télévisés, aux séries Américaine et à la lecture du programme télé...
Et voilà, je m'emporte...
J'ai rentré l'animal... et suis parti courir dans cette campagne et ces bois, retrouver la beauté...
Ci-joint, des images glanées au cours de mon trajet habituel.
J'ai alors dit à V. qu'il y avait un nouveau shérif dans le village !
Non mais, et puis quoi encore ? Moi, qui suis l'amabilité même le matin au réveil... Voilà tout à fait le genre de personnage, tout juste retraité, couple qui se retire à la campagne, où ils se sont fait construire une bicoque du style : garage (pour la Peugeot hors d'age) et atelier (dont chaque outil a sa place dessinée au mur) au rez de chaussé et, à l'étage, un appartement copié-collé de celui qu'ils ont habité durant quarante ans dans la ville d'à côté. Trente mètres carrés de jardin dont la moitié bétonnée (pour éviter les corvées), de toute façon, ils ne mangent jamais dehors à cause des abeilles... maman a peur d'en avaler une.
Le genre de personnage qui défigure la campagne, se plaignant que les cloches de l'église sonnent trop souvent, que le coq de la ferme chante trop tôt, et trouvant que les vaches, ça pue et c'est sale... À quand un organisme comme celui des "architectes des bâtiments de France", pour préserver nos campagnes et villages de l'invasion de ces rongeurs écervelés ?
Bref, le genre, dont la culture se borne aux jeux télévisés, aux séries Américaine et à la lecture du programme télé...
Et voilà, je m'emporte...
J'ai rentré l'animal... et suis parti courir dans cette campagne et ces bois, retrouver la beauté...
Ci-joint, des images glanées au cours de mon trajet habituel.
mercredi 13 juin 2012
Végétal
Ce n'est pas qu'une question de poils.
Que d'eau, que d'eau... Une petite promenade avec V. et nous voilà rentrés trempés, surtout V., moi juste les pieds. Du coup, elle ne cesse de me coller, de sauter après moi, jusqu'à ce que je comprenne qu'elle souhaitait être essuyée ! V. me surprendra toujours.
Une fois le déjeuner avalé, je dois reconnaître que tout naturellement la sieste s'impose ! Le silence à peine rompu par le chant de quelques oiseaux et le tapotement de la pluie sur les fenêtres de toit, engagent au repos, mérité ou pas... V. ne rechigne pas à l'exercice et somnole d'un œil, attendant que je finisse d'écrire ces quelques mots pour venir se coller contre moi... Ce qui m'agace, à cause des poils ! Des petits poils blancs qui se fichent dans tous les vêtements comme autant de petites aiguilles. Des poils qu'il me suffit de voir pour que je commence à me gratter...
En effet, V. à quelques habitudes irréversibles que je ne supporte pas et, chaque soir c'est la bagarre... Je défends mon lit contre ses assauts répétés, dans un numéro qu'elle commence à connaître. Si elle finit toujours par l'emporter, j'obtiens quand même l'essentiel, qu'elle ne rentre pas sous la couette et se cantonne au dessus-de-lit.
Autant ce corps féminin, adoré... contre lequel on se love tout entier ; allant même jusqu'à retenir sa respiration pour ne pas qu'il s'éloigne ou, oublier ce bras coincé en dessous, pourtant atteint d’insupportables fourmillements, ainsi que cette tension persistante et palpitante au rythme de votre pulsion sanguine et qui, en plus, vous tient diablement éveillé... Bref, autant on est, dans ce cas, disposé à accepter tous les inconforts avec un plaisir béat qui cogne comme un forcené dans votre poitrine ! Autant elle, ma petite V., enroulée sur elle-même comme concentrée en un point immuable et toujours mal placé... m'incommode ! M'incommode, pour m'empêcher de simplement me retourner, de m'étendre en travers ou je ne sais quoi encore...
Allez, viens ici V., je t'aime quand même, tu le sais que je t'aime, hein... Ah, non ! Bah ! N'en profite pas pour me rouler un patin !
Une fois le déjeuner avalé, je dois reconnaître que tout naturellement la sieste s'impose ! Le silence à peine rompu par le chant de quelques oiseaux et le tapotement de la pluie sur les fenêtres de toit, engagent au repos, mérité ou pas... V. ne rechigne pas à l'exercice et somnole d'un œil, attendant que je finisse d'écrire ces quelques mots pour venir se coller contre moi... Ce qui m'agace, à cause des poils ! Des petits poils blancs qui se fichent dans tous les vêtements comme autant de petites aiguilles. Des poils qu'il me suffit de voir pour que je commence à me gratter...
En effet, V. à quelques habitudes irréversibles que je ne supporte pas et, chaque soir c'est la bagarre... Je défends mon lit contre ses assauts répétés, dans un numéro qu'elle commence à connaître. Si elle finit toujours par l'emporter, j'obtiens quand même l'essentiel, qu'elle ne rentre pas sous la couette et se cantonne au dessus-de-lit.
Autant ce corps féminin, adoré... contre lequel on se love tout entier ; allant même jusqu'à retenir sa respiration pour ne pas qu'il s'éloigne ou, oublier ce bras coincé en dessous, pourtant atteint d’insupportables fourmillements, ainsi que cette tension persistante et palpitante au rythme de votre pulsion sanguine et qui, en plus, vous tient diablement éveillé... Bref, autant on est, dans ce cas, disposé à accepter tous les inconforts avec un plaisir béat qui cogne comme un forcené dans votre poitrine ! Autant elle, ma petite V., enroulée sur elle-même comme concentrée en un point immuable et toujours mal placé... m'incommode ! M'incommode, pour m'empêcher de simplement me retourner, de m'étendre en travers ou je ne sais quoi encore...
Allez, viens ici V., je t'aime quand même, tu le sais que je t'aime, hein... Ah, non ! Bah ! N'en profite pas pour me rouler un patin !
Je pensais prendre le vert, c'est lui qui m'a saisi...
Je pensais prendre le vert, c'est lui qui m'a saisi ! Il est partout, envahissant et le plafond bas des nuages chargés d'eau accentue la sensation d'étouffement. Une brume aussi compacte que de la fumée se dégage de la canopée, on se croirait dans une jungle tropicale. Tous les bruits paraissent étouffés par l'humidité et par ce vert tout autour. La sensation est étrange, pas plus désagréable qu'agréable.
Le potager a explosé, il n'y a pas d'autres mots. Et il faut reconnaître qu'à le voir ainsi, on n'a pas envie de manger quoi que ce soit d'autre qui n'en proviendrait pas.
Je regrette déjà de n'être pas allé courir, mais, j'ai une petite forme, à l'image de mon moral. Dès que je lève la tête du guidon, que je regarde un peu trop loin devant avec une, a priori, lucidité, mes attentes, mes espérances ; c'est un peu comme si je commençais un travail malsain d'analyses hypothétiques, de réflexions spéculatives, d'intellectualisme chimérique... me rendant sujet, invariablement, à cet état de dépression, d'à quoi bon, que je connais si bien !
Et que dire de ces sifflements d'oreilles, qui toujours m'avertissent avec cette certitude diffuse et abstraite qu'un évènement somme toute, banal - au regard de la vingtaine qui se produisent chaque jour - ne l'est pas ? Les recoupements effectués depuis, sont bien trop en faveur de... l'inexplicable... Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit de la nature d'un attachement que je ne maîtrise pas... une part instinctive de moi, que je ne mesure pas encore. Et sans doute d'autres choses, plus universelles, du moins métaphysiques...
Et je suis là, comme un idiot, incapable de trouver une quelconque explication scientifique (il faut dire que je n'en ai pas vraiment les moyens) à ses sensations... Ce que je sais avec certitude, c'est que je ne me sens en paix qu'écoutant mon cœur et ne contenant pas la spontanéité de mes élans. Considérant avec une belle ouverture, toutes ces émotions inexplicables. Mais ce n'est pas aussi simple que de l'écrire...
Demain matin, il faut que j'aille courir, m'oxygéner les cellules... il faut pouvoir tenir, je ne suis qu'au tout début de cette volonté de réaliser mes souhaits, ce ne sont là que les balbutiements.
Il faut m'en tenir à l'envi et, à ce que je crois !
Allons voir si ce vert m'absorbe et me raisonne...
Le potager a explosé, il n'y a pas d'autres mots. Et il faut reconnaître qu'à le voir ainsi, on n'a pas envie de manger quoi que ce soit d'autre qui n'en proviendrait pas.
Je regrette déjà de n'être pas allé courir, mais, j'ai une petite forme, à l'image de mon moral. Dès que je lève la tête du guidon, que je regarde un peu trop loin devant avec une, a priori, lucidité, mes attentes, mes espérances ; c'est un peu comme si je commençais un travail malsain d'analyses hypothétiques, de réflexions spéculatives, d'intellectualisme chimérique... me rendant sujet, invariablement, à cet état de dépression, d'à quoi bon, que je connais si bien !
Et que dire de ces sifflements d'oreilles, qui toujours m'avertissent avec cette certitude diffuse et abstraite qu'un évènement somme toute, banal - au regard de la vingtaine qui se produisent chaque jour - ne l'est pas ? Les recoupements effectués depuis, sont bien trop en faveur de... l'inexplicable... Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit de la nature d'un attachement que je ne maîtrise pas... une part instinctive de moi, que je ne mesure pas encore. Et sans doute d'autres choses, plus universelles, du moins métaphysiques...
Et je suis là, comme un idiot, incapable de trouver une quelconque explication scientifique (il faut dire que je n'en ai pas vraiment les moyens) à ses sensations... Ce que je sais avec certitude, c'est que je ne me sens en paix qu'écoutant mon cœur et ne contenant pas la spontanéité de mes élans. Considérant avec une belle ouverture, toutes ces émotions inexplicables. Mais ce n'est pas aussi simple que de l'écrire...
Demain matin, il faut que j'aille courir, m'oxygéner les cellules... il faut pouvoir tenir, je ne suis qu'au tout début de cette volonté de réaliser mes souhaits, ce ne sont là que les balbutiements.
Il faut m'en tenir à l'envi et, à ce que je crois !
Allons voir si ce vert m'absorbe et me raisonne...
mardi 12 juin 2012
Ce style, d'entre les deux guerres...
Dernière matinée ! Je n'arrive pas à trouver ce petit élan qui ferait de chaque jour une possibilité...
Mon quotidien, c'est l'épuisement ! Il manque dans ma vie l’exaltation ! Voilà, c'est cela, je ne suis plus exalté et je m'épuise, démotivé. Il me manque... quelqu'un...
Honnêtement, je ne peux pas dire que je sois tout à fait désespéré, il reste quelque part cette petite flamme toujours bien vivace mais si petite, comme en veille, que parfois j'ai le sentiment de l'être, désespéré, et cette sensation contribue à réellement m'épuiser.
Après ma sieste, je vais chercher V. et l'emmène, deux jours, à la campagne. Et, vendredi, grande première... j'ai accepté une invitation pour une soirée à Paris. Une soirée guinguette chez des amis. On sera nombreux, dans un loft avec jardin. Il faut que je retrouve ma salopette en jean et ma casquette... Il faut aussi que je révise mes pas de valses, ceux où vous tenez votre partenaire bien serrée contre vous, d'un seul bras plaqué sur ses reins, l'autre main dans la poche, et vous tournez, tournez, ce qui attire le haut des corps en arrière et plaque intimement le bas... Je privilégierai le look ouvrier mineur qui, bien que vivant dans un coron, est fier comme un couteau à cran d’arrêt ! Quelle classe ! La valse, ça tourne, ça vous emporte, c'est un manège, c'est la fête ! Et elle, elle s'accroche à vous et vous regarde ébahie de vous voir si fier, et vous, galvanisé vous êtes d'airain, fusible à souhait ! Et ça tourne...
Donc une salopette aux jambes bien larges, mes souliers en cuir noir, un petit haut rayé et juste au corps, la casquette et un foulard noué autour du cou... Non, le foulard, c'est un peu trop ! Enfin, c'est l'image que je me faiis. Et, bien que je n'aurai pas le temps pour vendredi, ce qui serai vraiment bien, ce serait de trouver une petite veste courte et cintrée... Je ne sais pas pourquoi, mais plus j'imagine, dans les moindres détails, ma tenue... plus ça m'enthousiasme. Je crois qu'après, je garderai ce style. Prolétaire d'entre les deux guerres ; le style de mon grand-père quand il sortait en ville, il était le meilleur valseur de la région !
Il y aura des ballons gonflés, un grand buffet, du vin à volonté et une friteuse pour faire à la demande, des frites fraîches et les servir dans des cornets en papier...
J'en connais qui, avec cette fameuse robe à fleurs style années quarante qui me fascinait, une paire de chaussures à talons, un rouge à lèvres et un vernis à ongles carmin, pour contraster avec la blancheur poudrée de sa peau, aurait eu pour effet de faire se retourner la foule...
Mon quotidien, c'est l'épuisement ! Il manque dans ma vie l’exaltation ! Voilà, c'est cela, je ne suis plus exalté et je m'épuise, démotivé. Il me manque... quelqu'un...
Honnêtement, je ne peux pas dire que je sois tout à fait désespéré, il reste quelque part cette petite flamme toujours bien vivace mais si petite, comme en veille, que parfois j'ai le sentiment de l'être, désespéré, et cette sensation contribue à réellement m'épuiser.
Après ma sieste, je vais chercher V. et l'emmène, deux jours, à la campagne. Et, vendredi, grande première... j'ai accepté une invitation pour une soirée à Paris. Une soirée guinguette chez des amis. On sera nombreux, dans un loft avec jardin. Il faut que je retrouve ma salopette en jean et ma casquette... Il faut aussi que je révise mes pas de valses, ceux où vous tenez votre partenaire bien serrée contre vous, d'un seul bras plaqué sur ses reins, l'autre main dans la poche, et vous tournez, tournez, ce qui attire le haut des corps en arrière et plaque intimement le bas... Je privilégierai le look ouvrier mineur qui, bien que vivant dans un coron, est fier comme un couteau à cran d’arrêt ! Quelle classe ! La valse, ça tourne, ça vous emporte, c'est un manège, c'est la fête ! Et elle, elle s'accroche à vous et vous regarde ébahie de vous voir si fier, et vous, galvanisé vous êtes d'airain, fusible à souhait ! Et ça tourne...
Donc une salopette aux jambes bien larges, mes souliers en cuir noir, un petit haut rayé et juste au corps, la casquette et un foulard noué autour du cou... Non, le foulard, c'est un peu trop ! Enfin, c'est l'image que je me faiis. Et, bien que je n'aurai pas le temps pour vendredi, ce qui serai vraiment bien, ce serait de trouver une petite veste courte et cintrée... Je ne sais pas pourquoi, mais plus j'imagine, dans les moindres détails, ma tenue... plus ça m'enthousiasme. Je crois qu'après, je garderai ce style. Prolétaire d'entre les deux guerres ; le style de mon grand-père quand il sortait en ville, il était le meilleur valseur de la région !
Il y aura des ballons gonflés, un grand buffet, du vin à volonté et une friteuse pour faire à la demande, des frites fraîches et les servir dans des cornets en papier...
J'en connais qui, avec cette fameuse robe à fleurs style années quarante qui me fascinait, une paire de chaussures à talons, un rouge à lèvres et un vernis à ongles carmin, pour contraster avec la blancheur poudrée de sa peau, aurait eu pour effet de faire se retourner la foule...
Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras...
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux.
Entraînés par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Nos deux mains restent soudées
Et parfois soulevés
Nos deux corps enlacés s'envolent
Et retombent tous deux
Épanouis, enivrés et heureux...
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras...
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux.
Entraînés par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Nos deux mains restent soudées
Et parfois soulevés
Nos deux corps enlacés s'envolent
Et retombent tous deux
Épanouis, enivrés et heureux...
(Édith Piaf,"La Foule", extrait)
Bon sang, qu'est-ce que cette chanson peut me bouleverser...
Je crois que ma grand-mère conserve quelques vêtements ayant appartenu à mon grand-père, il faut que je regarde cela de plus près.
Il faut aussi que je pense à dire, à cet ami qui organise la fête, l'importance du petit vin blanc...
Voici le printemps
La douceur du temps
Nous fait des avances
Partez mes enfants
Vous avez vingt ans
Partez en vacances
Vous verrez agiles
Sur l'onde tranquille
Les barques dociles
Au bras des amants
De fraîches guinguettes
Des filles bien faites
Les frites sont prêtes
Et y a du vin blanc
Ah ! le petit vin blanc
Qu'on boit sous les tonnelles
Quand les filles sont belles
Du coté de Nogent
Et puis de temps de temps
Un air de vieille romance
Semble donner la cadence
Pour fauter, pour fauter
Dans les bois, dans les prés
Du côté, du côté de Nogent
Suivant ce conseil
Monsieur le Soleil
Connaît son affaire
Cueillons, en chemin
Ce minois mutin
Cette robe claire
Venez belle fille
Soyez bien gentille
Là, sous la charmille
L'amour nous attend
Les tables sont prêtes
L'aubergiste honnête
Y a des chansonnettes
Et y a du vin blanc.
A ces jeux charmants
La taille souvent
Prend de l'avantage
Ça n'est pas méchant
Ça finit tout le temps
Par un mariage
Le gros de l'affaire
C'est lorsque la mère
Demande, sévère
A la jeune enfant
Ma fille raconte
Comment, triste honte
As-tu fait ton compte?
Réponds, je t'attends...
Car c'est toujours pareil
Tant qu' y aura du soleil
On verra les amants au printemps
S'en aller pour fauter
Dans les bois, dans les prés
Du côté, du côté de Nogent.
La douceur du temps
Nous fait des avances
Partez mes enfants
Vous avez vingt ans
Partez en vacances
Vous verrez agiles
Sur l'onde tranquille
Les barques dociles
Au bras des amants
De fraîches guinguettes
Des filles bien faites
Les frites sont prêtes
Et y a du vin blanc
Ah ! le petit vin blanc
Qu'on boit sous les tonnelles
Quand les filles sont belles
Du coté de Nogent
Et puis de temps de temps
Un air de vieille romance
Semble donner la cadence
Pour fauter, pour fauter
Dans les bois, dans les prés
Du côté, du côté de Nogent
Suivant ce conseil
Monsieur le Soleil
Connaît son affaire
Cueillons, en chemin
Ce minois mutin
Cette robe claire
Venez belle fille
Soyez bien gentille
Là, sous la charmille
L'amour nous attend
Les tables sont prêtes
L'aubergiste honnête
Y a des chansonnettes
Et y a du vin blanc.
A ces jeux charmants
La taille souvent
Prend de l'avantage
Ça n'est pas méchant
Ça finit tout le temps
Par un mariage
Le gros de l'affaire
C'est lorsque la mère
Demande, sévère
A la jeune enfant
Ma fille raconte
Comment, triste honte
As-tu fait ton compte?
Réponds, je t'attends...
Car c'est toujours pareil
Tant qu' y aura du soleil
On verra les amants au printemps
S'en aller pour fauter
Dans les bois, dans les prés
Du côté, du côté de Nogent.
(Lina Margy,"Ah ! le petit vin blanc")
Vivement vendredi. Friday on my mind ! Sauf que le lendemain, je commence à 5h30... Ça n'a pas d'importance ! J'aurai bien assez de temps pour me reposer, plus tard... bien plus tard... C'est ça la magie de la vie, qu'entre les grandes et rares exaltations, il y en a de petites, pour vous soutenir... Alors, il faut savoir en profiter.
lundi 11 juin 2012
Où il est question de pamplemousse rosé et de faille sismique...
Cette nuit, à nouveau, je fus victime d'un cauchemar horrible. L'ultime cauchemar, puisqu'il s'agissait de la fin du monde ! Passant sur tous les drames et horreurs que cet évènement avait pour conséquences... la tour Eiffel finissait complètement noyée, et j'étais horrifié de comprendre qu'à plus de 300 mètres de profondeur, les éventuels abrités (!?) finiraient écrasés par la pression, et ceux en surface, écrasés par les débris ! Me suis-je débattu, pour sauver des êtres chers ? Quoi qu'il en soit, j'ai sur l'avant bras un bleu imposant !
Franchement, hier soir je n'avais pas fait d’excès, n'ayant dîné que de crudités, de fromage frais et d'un pamplemousse rosé de Californie. Après les informations télévisées, comprenant que la soirée aurait pour vedettes tous ces faisans de la politique, annonçant tous qu'ils avaient ou qu'ils allaient gagner... Je me suis couché avec les "Cinq méditations sur la beauté" de F.Cheng.
Rien, dans ma journée ne semblait avoir un rapport avec ce dramatique rêve, mis à part, peut-être, le temps qu'il fait depuis le mois la fin de mars.
Donc, ce matin, bien qu'épuisé, je n'étais pas trop mécontent de devoir me lever à 04h00 pour aller bosser. Dehors, c'était le déluge, mais je n'étais plus inquiet, j'avais vécu pire au cours de la nuit !
Je me suis, soudain, rappeler que l'année dernière, le 11 mars, un tsunami anéantissait la côte nord-est du Japon causant une des plus graves catastrophes nucléaires que l'humanité ait connue, et que des vagues possiblement meurtrières se dirigeaient de l'autre côté, vers la côte ouest des États-unis... Où séjournait, tout au bord de la mer, l'une des prunelles de mes yeux... Bien que sachant que c'était la nuit là-bas, je lui avais envoyé un message que je ne voulais pas trop alarmant, connaissant sa fragilité, mais je me souviens encore comme j'étais saisi d’inquiétudes. Après tous ces reportages sur le tsunami en Thaïlande et en Indonésie, je m'imaginais déjà à sa recherche dans les décombres de L.A. pour la ramener ici. Vivante, bien entendu, je suis d'une nature optimiste et obstinée...
Ce tsunami, que les spécialistes craignaient, se révéla n'être que quelques dizaines de vagues plus importantes qu'à l'ordinaire que j'eus même l'occasion de suivre en directe...
À l'avenir, j'éviterai les pamplemousses de Californie, même s'ils sont rosés comme l'était sa... hop hop hop ! Je ne parle ici que de failles sismiques, qui n'ont jamais rien eu de rosé, même si elles aussi, sont propres à la naissance du monde et aux séismes profondément ravageurs...
Drôle d'algarade avec un demeuré
Hier, sur l'autoroute, dans les encombrements en direction de Paris, une Alpha-Roméo noire, aux vitres teintées, me fait quelques incivilités, cherchant à me forcer à lui céder le passage. Le fâcheux se trouvant sur la file à ma droite, rien ne m'y obligeait, pas même la courtoisie. En eut-il été autrement, que je ne m'y serais pas résolu, eu égard à ses méthodes outrancières.
Un peu plus loin, ma voie reste encombrée tandis que son côté se dégage... Il se porte à ma hauteur, j'ouvre donc ma vitre passager, il fait de même en se mordant le poing comme pour me signifier son agacement extrême... Le voyant alors, je prends conscience des ravages que cause la consanguinité dans certains milieux défavorisés ! Il hurle et vocifère à mon encontre, me traite de tous les noms d'oiseaux qu'il connaît, mais finit rapidement à court d'arguments pour conclure, ridiculement, par un : "... va te faire couper les cheveux, tapette" !
Est-ce le fait que sa voiture toute rutilante semblait être l'objet (humain compris) qu'il chérit le plus sur terre ou bien, cette ligne blanche qui séparait nos véhicules respectifs, accentué par la vision dans mon rétroviseur extérieur droit de l'arrivée d'un véhicule de police ? Toujours est-il que je lui demande alors, si ses géniteurs ne l'ont pas conçu en regardant des... - non, à ce stade de bestialité, un seul suffira - donc, un cartoon à la télé ? Il faut dire que sa tête porte les caractéristiques de ses chromosomes déviants, de ses gènes défaillants : un regard inexpressif donnant le vertige, un visage livide, grossier, faisant penser à une pomme de terre Binje et, comble de l'ironie, coiffé comme un dessous-de-bras ! Bien que toutes les apparences indiquaient avec certitudes qu'il ne disposait pas des facultés minimums et nécessaires pour comprendre ma question et l'imager - j’hésite encore sur le personnage de Tex Avery - il entre dans une colère folle, m'intimant de m'arrêter et de venir en découdre avec lui... Ce qui, de mon point de vue, serait une folie, constatant que ses poings sont plus gros que sa tête (ce qui n'est pas difficile, certes)... Je lui rétorque donc avant de fermer ma vitre, feignant un distant mépris, que je ne pourrai jamais faire mieux que ses parents, quand bien même j'aurai le talent de Picasso !
Conduisant au ralenti, pour se tenir à ma hauteur, sur une voie dégagée, la police comme prévu vint se positionner sur son côté droit lui demandant, sans égard, de circuler immédiatement. Lui fulminait, fou de rage d'être ainsi piégé ! Bien qu'il n'eût, sans l'ombre d'un doute, rien compris à mes traits d'humour sarcastiques, il n'avait pas supporté que je puisse lui avoir tenu tête et, découvrait les affres du sentiment d'impuissance. Il s'éloigna donc, contraint et forcé, rageur avec suffisamment d'aigreur pour lui gâter l'estomac le reste de sa journée et sans doute, toute la nuit.
C'est un peu honteux que j'avoue avoir ressenti, quant à moi, un certain plaisir à cet échange d’amabilités... Et je pense à nouveau à ce bouquin de Boris Vian : "Et on tuera tous les affreux", mais au sens littéral du titre.
dimanche 10 juin 2012
En ce jour de devoir, beaucoup clament leurs droits
J'ai sacrifié ma sieste afin d'accomplir mon devoir ! J'ai bien peur que beaucoup n'aient pas eu le même élan civique... C'est fou comme de nos jours les droits passent avant les devoirs. Il faut dire que l'apologie du devoir est devenue désuète, ne fait plus recette... tandis que les exemples pour faire valoir ses droits individuels, font légions, et même des vedettes !
À nous entendre, nous vivons dans un monde de victimes, mais sans coupables ! Quelques fois, nous est livré un pauvre imbécile pour nous défouler... les gens ne sont pas dupes, quand même !
Ils ne sont pas dupes, surtout à propos des autres. Un type qui tombe dans la rue, c'est forcément un poivrot ; une femme qui a oublié son sac a, bien évidemment, était détroussée... je peux continuer comme ça, toute la soirée. Ça ne changera rien, mais j'ai le droit de dire le fond de ma pensée ici, au même titre que j'ai le devoir d'exprimer mes convictions lorsqu'il y a des élections qui concernent tout le monde. De nos jours, ce qui importe aux yeux des gens, c'est de juger et de sanctionner, comme on le faisait dans l’arène, de faire valoir son droit au pouvoir. S'engager, participer, coopérer au fonctionnement du tout, éventuellement... dès lors que ça rapporte, mais on ne veut pas être responsable si ça ne fonctionne pas ! Il ne faut pas nous la faire, on en a, nous-même, trop condamné au nom de l'exemple à donner ! Et puis il faut bien reconnaître que gueuler c'est dans notre nature et c'est plus facile que s'engager.
Et moi, j'imagine que je ne vaux pas beaucoup mieux... mais, au moins, j'essaie de m'améliorer. Conscient que pour ne pas risquer de les perdre, ses soi-disant droits, ce serait bien de les oublier un peu, quand c'est le temps du devoir.
À nous entendre, nous vivons dans un monde de victimes, mais sans coupables ! Quelques fois, nous est livré un pauvre imbécile pour nous défouler... les gens ne sont pas dupes, quand même !
Ils ne sont pas dupes, surtout à propos des autres. Un type qui tombe dans la rue, c'est forcément un poivrot ; une femme qui a oublié son sac a, bien évidemment, était détroussée... je peux continuer comme ça, toute la soirée. Ça ne changera rien, mais j'ai le droit de dire le fond de ma pensée ici, au même titre que j'ai le devoir d'exprimer mes convictions lorsqu'il y a des élections qui concernent tout le monde. De nos jours, ce qui importe aux yeux des gens, c'est de juger et de sanctionner, comme on le faisait dans l’arène, de faire valoir son droit au pouvoir. S'engager, participer, coopérer au fonctionnement du tout, éventuellement... dès lors que ça rapporte, mais on ne veut pas être responsable si ça ne fonctionne pas ! Il ne faut pas nous la faire, on en a, nous-même, trop condamné au nom de l'exemple à donner ! Et puis il faut bien reconnaître que gueuler c'est dans notre nature et c'est plus facile que s'engager.
Et moi, j'imagine que je ne vaux pas beaucoup mieux... mais, au moins, j'essaie de m'améliorer. Conscient que pour ne pas risquer de les perdre, ses soi-disant droits, ce serait bien de les oublier un peu, quand c'est le temps du devoir.
Qu'un oiseau se pose sur ma tête !
Matin vague. Sensation de flottement. Impossible de fixer mon esprit, de contrôler mes pensées. Si tant est qu'il me soit déjà arrivé de les contrôler plus de dix minutes d'affilés... Du reste, je n'en ai aucune de pensée, pas même une malsaine. Aucun souvenir de ma nuit, hormis qu'elle fut trop courte, mais ça, ce n'est pas une idée.
Tout acte, quel qu'il soit, me coûte un effort titanesque. J'évite donc de m'agiter. Tout individu animé d'une quelconque énergie, d'un peu d'allant, m'épuise, rien qu'en passant.
Je ne peux même pas parler de vague à l'âme, je ne ressens pas plus de tristesse, que de joie. Rien d'autre que, le moment présent !
Tout acte, quel qu'il soit, me coûte un effort titanesque. J'évite donc de m'agiter. Tout individu animé d'une quelconque énergie, d'un peu d'allant, m'épuise, rien qu'en passant.
Je ne peux même pas parler de vague à l'âme, je ne ressens pas plus de tristesse, que de joie. Rien d'autre que, le moment présent !
Mes seules sensations sont organiques. Je me contente de les observer, même pas... de les regarder ! Observer, impliquant une attitude trop engagée et, critique.
Immobile, dans cette non-action, une pensée tombe soudainement, comme la première goutte d'une pluie qui arrive : ce doit être comme ça, d'être légume, plante...
... Il ne pleut pas !? Sans doute un oiseau qui passait...
Un thé, un peu de musique, idéalement, un rayon de soleil pour me chauffer l'épiderme, un souffle de vent pour me bercer... et, voilà tout. Immobile, dans cette non-action, une pensée tombe soudainement, comme la première goutte d'une pluie qui arrive : ce doit être comme ça, d'être légume, plante...
... Il ne pleut pas !? Sans doute un oiseau qui passait...
Rien avant, rien après, uniquement l'instant, intensément !
...
Des alarmes sur mes écrans ! Le ciel se pose sur ma tête avec fracas... le temps n'est plus à la méditation, qui plus est, involontaire. Allez, remettons bon ordre à tout ce bazar, avant qu'il ne soit trop tard...
samedi 9 juin 2012
Torpeur
Suis extirpé de ma sieste par la sonnerie de mon téléphone ! Bon sang quels rêves désagréables... Je bafouille, en remerciant mon interlocuteur de m'avoir réveillé. Bien sûr, elle veut me rappeler plus tard, mais j'insiste, percevant instinctivement que je ne veux pas y retourner. Évidemment je ne comprends rien à ce qui m'est raconté, je la prénomme même d'au moins trois noms différents... Pour tout dire, je serais incapable de dire qui je suis et où je suis...
Il est 16h30 m'a-t-elle répondu avant de raccrocher, j'ai dû dormir un peu plus d'une heure et je suis complètement perdu, mais c'est mieux que ce que je vivais là, juste avant...
Il m'a bien fallu dix minutes pour reprendre mes esprits, savoir qui et où j'étais, quel jour et quel moment de la journée il était. Ça doit être un peu comme ça, Alzheimer !? Eh ben, ça fait peur.
Bon, il faut que j'aille faire quelques courses, l'air me fera du bien. Je ne fais pas de liste - liste mentale, écrite j'en suis incapable et ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça ! - de toute façon, je l'oublierai à peine entré dans le magasin, ça aussi, c'est comme ça !
On n'a pas fini d'en apprendre sur les dysfonctionnements de nos synapses et de nos neurones, ce qui est effrayant, c'est d'en avoir conscience, de ces dératés !
Et que dire de ses siestes qui sont plus proches du train fantôme de mon enfance que de ce que l'on attend d'une sieste habituellement ? J'ai mangé deux tranches de jambon à midi, le cochon aurait-il était abattu trop sauvagement ?
J'ai encore des fantômes que me tiraillent, qui s'amusent avec mes nerfs. Cela ne m'arrivait jamais dans ces siestes, accompagnées... tout y était blanc, comme dans un nuage...
Allez ! Je crois que je peux sortir sans me faire de mal et en retrouvant le chemin du retour...
Il est 16h30 m'a-t-elle répondu avant de raccrocher, j'ai dû dormir un peu plus d'une heure et je suis complètement perdu, mais c'est mieux que ce que je vivais là, juste avant...
Il m'a bien fallu dix minutes pour reprendre mes esprits, savoir qui et où j'étais, quel jour et quel moment de la journée il était. Ça doit être un peu comme ça, Alzheimer !? Eh ben, ça fait peur.
Bon, il faut que j'aille faire quelques courses, l'air me fera du bien. Je ne fais pas de liste - liste mentale, écrite j'en suis incapable et ne me demandez pas pourquoi. C'est comme ça ! - de toute façon, je l'oublierai à peine entré dans le magasin, ça aussi, c'est comme ça !
On n'a pas fini d'en apprendre sur les dysfonctionnements de nos synapses et de nos neurones, ce qui est effrayant, c'est d'en avoir conscience, de ces dératés !
Et que dire de ses siestes qui sont plus proches du train fantôme de mon enfance que de ce que l'on attend d'une sieste habituellement ? J'ai mangé deux tranches de jambon à midi, le cochon aurait-il était abattu trop sauvagement ?
J'ai encore des fantômes que me tiraillent, qui s'amusent avec mes nerfs. Cela ne m'arrivait jamais dans ces siestes, accompagnées... tout y était blanc, comme dans un nuage...
Allez ! Je crois que je peux sortir sans me faire de mal et en retrouvant le chemin du retour...
Ce n'est pas lui, c'est ce qu'il porte...
Hier, c'était l’anniversaire de mon père...
Depuis quelques années, nous nous contentons d'un coup de fil, éventuellement, d'un courriel... Plus que de ne pas souhaiter s’appesantir sur un événement qui prend, d'année en année, figure de drame... c'est une faillite !
Je ne suis certainement pas un fils facile, mais lui n'est pas un père facile. Depuis quelques années nous nous éloignons l'un de l'autre, ne nous comprenant plus ; nous sommes nous, un jour, entendus ?
J'avoue mon incapacité, aujourd'hui, à supporter les certitudes auxquelles il s'accroche comme un naufragé. Et je souffre de le voir ainsi vivre dans l'aigreur, alors, je fuis pour ne pas me confronter à ses peurs quand bien même il les muselle tant qu'il peut... Il porte le poids de décisions qui ne furent que des fuites, jamais des choix. La vie semble s'être toujours imposée à lui. Dès son enfance, ce sont d'autres qui décidèrent pour lui et, le poussèrent à fuir. Puis, il le fit toute sa vie ; jusqu'à aujourd'hui où il tente, désespérément, de se fuir lui-même. Portant, comme un força porte ses chaînes, ses échecs ! À voir ses réactions aussi désespérées que disproportionnées, je sens qu'il s'affaiblit. La marque de son caractère volontaire ne s'exprime plus que par des certitudes comme des murs de prison, des prises de positions tranchantes, des emportements excessifs à propos d'événements aussi irréversibles qu'inévitables... Conscient d'être dans une impasse, mais incapable de reculer, il a décidé de foncer tête baissée... de s'isoler ! Et je n'ai pas l’énergie de le sauver ! Voilà qui peut paraître prétentieux de ma part, de penser pouvoir sauver quelqu'un. Mais j'ai cette intime conviction d'être un sauveur, ou plus exactement, un de ces types qui vous indique par où et comment vous, sauver...
Je n'ai pas l’énergie de le sauver, pas pour être trop occupé à essayer de me sauver moi-même, non... mais parce qu'il est, mon père ! Et que mon père, c'est forcément le plus fort ! C'est à lui de m'indiquer comment découvrir ce qui est bon pour moi... Certes, c'est enfantin... ce n'est que l'expression d'un manque, la conscience d'une faille... Mais ça, c'est une autre histoire.
Cela me rend tellement triste de le voir ainsi, de savoir qu'il se ronge, se méprise... ne s'accorde pas le pardon, ne s'autorise pas de lâcher prise...
Et de ce fait, qu'il ne peut pas prendre conscience, que ce qu'il porte, ce qui lui a été transmis, il n'en est pas responsable... Mais maintenant, à se laisser ainsi emporter par son égo, à ne pas chercher à s'ouvrir... il le devient !
Je voudrais pourtant qu'il soit aujourd'hui, celui qu'il est tout au fond de lui, celui qui parfois réussi, profitant d'un interstice, à esquisser un sourire.
Ceci n'est pas son portrait ! Ce n'est que le portrait que je réussis à faire de lui, influencé par ce que, moi-même, je subis, je suis...
Depuis quelques années, nous nous contentons d'un coup de fil, éventuellement, d'un courriel... Plus que de ne pas souhaiter s’appesantir sur un événement qui prend, d'année en année, figure de drame... c'est une faillite !
Je ne suis certainement pas un fils facile, mais lui n'est pas un père facile. Depuis quelques années nous nous éloignons l'un de l'autre, ne nous comprenant plus ; nous sommes nous, un jour, entendus ?
J'avoue mon incapacité, aujourd'hui, à supporter les certitudes auxquelles il s'accroche comme un naufragé. Et je souffre de le voir ainsi vivre dans l'aigreur, alors, je fuis pour ne pas me confronter à ses peurs quand bien même il les muselle tant qu'il peut... Il porte le poids de décisions qui ne furent que des fuites, jamais des choix. La vie semble s'être toujours imposée à lui. Dès son enfance, ce sont d'autres qui décidèrent pour lui et, le poussèrent à fuir. Puis, il le fit toute sa vie ; jusqu'à aujourd'hui où il tente, désespérément, de se fuir lui-même. Portant, comme un força porte ses chaînes, ses échecs ! À voir ses réactions aussi désespérées que disproportionnées, je sens qu'il s'affaiblit. La marque de son caractère volontaire ne s'exprime plus que par des certitudes comme des murs de prison, des prises de positions tranchantes, des emportements excessifs à propos d'événements aussi irréversibles qu'inévitables... Conscient d'être dans une impasse, mais incapable de reculer, il a décidé de foncer tête baissée... de s'isoler ! Et je n'ai pas l’énergie de le sauver ! Voilà qui peut paraître prétentieux de ma part, de penser pouvoir sauver quelqu'un. Mais j'ai cette intime conviction d'être un sauveur, ou plus exactement, un de ces types qui vous indique par où et comment vous, sauver...
Je n'ai pas l’énergie de le sauver, pas pour être trop occupé à essayer de me sauver moi-même, non... mais parce qu'il est, mon père ! Et que mon père, c'est forcément le plus fort ! C'est à lui de m'indiquer comment découvrir ce qui est bon pour moi... Certes, c'est enfantin... ce n'est que l'expression d'un manque, la conscience d'une faille... Mais ça, c'est une autre histoire.
Cela me rend tellement triste de le voir ainsi, de savoir qu'il se ronge, se méprise... ne s'accorde pas le pardon, ne s'autorise pas de lâcher prise...
Et de ce fait, qu'il ne peut pas prendre conscience, que ce qu'il porte, ce qui lui a été transmis, il n'en est pas responsable... Mais maintenant, à se laisser ainsi emporter par son égo, à ne pas chercher à s'ouvrir... il le devient !
Je voudrais pourtant qu'il soit aujourd'hui, celui qu'il est tout au fond de lui, celui qui parfois réussi, profitant d'un interstice, à esquisser un sourire.
Ceci n'est pas son portrait ! Ce n'est que le portrait que je réussis à faire de lui, influencé par ce que, moi-même, je subis, je suis...
vendredi 8 juin 2012
Mon jardin en friche, mon île.
À quoi peut bien ressembler mon esprit ? Quel genre de place peut-il être ? Je crains que l'endroit soit peu intéressant... mis à part quelques idées qui, parfois, jaillissent de toutes ces autres qui traînent et tournent en boucles... j'ai remarqué à quel point, je peux ressasser mes misères... Écrivant ceci, l'image qui me vient à l'esprit (!), c'est un jardin en friche, entretenu irrégulièrement, par endroits seulement, au gré de mes rares présences. Un tas de choses y ont été commencées, puis abandonnées... Son seul intérêt, de n'avoir jamais cédé à l'urbanisation, au copier-coller, d'avoir gardé une certaine unicité.
Quand je lis mes auteurs favoris, je suis fasciné par leur capacité à organiser leurs pensées, à ne jamais s'égarer, à ne jamais perdre le fil de leurs idées. À construire leur raisonnement et, surtout, à aboutir à une œuvre originale ! Et je ne parle pas de leur érudition, de leur capacité à la variété... Pour reprendre ma métaphore, les leurs seraient des jardins luxuriants, peuplés de multiples essences, organisés de façon à ce que chacune s'y développe dans les conditions qui lui sont le plus favorables. Jardins à la Française pour certains, à l'Anglaise pour d'autres, Japonnais et Exotiques ou encore Méditerranéen. De beaux et singuliers jardins où l'on aimerait pouvoir y flâner indéfiniment, par plaisir et par curiosité ; des espaces où, moi, à chaque pas-j'apprends !
Alors que chez moi, j'ai déjà du mal à ouvrir la porte, et plus encore à la fermer, tant c'est envahi par les ronces et les mauvaises herbes. Lierre et gui parasitent les plus beaux arbres ; là, des orties jouxtent quelques fleurs dépareillées, ici des plantes persistantes s'étouffent dans leurs propres racines. Les quelques clairières sont ravagées par les taupes et des arbres tombés... Des colonnes se dressent sans rien porter et les chemins ne mènent pas forcément quelque part. Une fois y être entré, on n'a plus qu'une idée, en sortir.
Il a cependant l'intérêt d'être nature et vivant ! Et au cœur de ces ronces, poussent même des mûres, et entre ces chardons on peut apercevoir une belle et tendre mousse... Si, sur les hauteurs, à côté de la source, pouvais se trouver deux beaux arbres, solides, formant une belle canopée et assez proches l'un de l'autre pour y étendre un hamac, je nettoierai tout autour pour y abriter ma table et deux chaises, et je crois bien que cela me suffirait ! Et puis, c'est mon jardin ! Qui sait, au détour d'un de ces chemins de pierres, de temps en temps glissantes, protégée par d'épineuses broussailles, se cache, peut-être, une espèce endémique, une plante unique ?
Et ça, je crois bien que ça me comblerait, d'apprendre que mon jardin est une île !
Mon île, puisque c'est une île, je me la représente à l'image de cette autre qui m'enchanta tant, que j'y suis toujours un peu... Ce rocher plein de secrets, au large d'une baie en méditerranée, qui veille, avec sérénité, sur le cœur battant d'un des plus beaux et des plus versatiles volcans.
Ce rocher sur lequel, naissaient à mon insu les prémices inconscientes, d'un violent et puissant élan de l'âme et du cœur, d'une ferveur et d'une dévotion, sans comparaison... Qui me conduirait à me demander à quoi peut ressembler cet esprit qui m'anime...
Alors voilà, à peu prés, ce à quoi j'aimerai qu'il ressemble.
Quand je lis mes auteurs favoris, je suis fasciné par leur capacité à organiser leurs pensées, à ne jamais s'égarer, à ne jamais perdre le fil de leurs idées. À construire leur raisonnement et, surtout, à aboutir à une œuvre originale ! Et je ne parle pas de leur érudition, de leur capacité à la variété... Pour reprendre ma métaphore, les leurs seraient des jardins luxuriants, peuplés de multiples essences, organisés de façon à ce que chacune s'y développe dans les conditions qui lui sont le plus favorables. Jardins à la Française pour certains, à l'Anglaise pour d'autres, Japonnais et Exotiques ou encore Méditerranéen. De beaux et singuliers jardins où l'on aimerait pouvoir y flâner indéfiniment, par plaisir et par curiosité ; des espaces où, moi, à chaque pas-j'apprends !
Alors que chez moi, j'ai déjà du mal à ouvrir la porte, et plus encore à la fermer, tant c'est envahi par les ronces et les mauvaises herbes. Lierre et gui parasitent les plus beaux arbres ; là, des orties jouxtent quelques fleurs dépareillées, ici des plantes persistantes s'étouffent dans leurs propres racines. Les quelques clairières sont ravagées par les taupes et des arbres tombés... Des colonnes se dressent sans rien porter et les chemins ne mènent pas forcément quelque part. Une fois y être entré, on n'a plus qu'une idée, en sortir.
Il a cependant l'intérêt d'être nature et vivant ! Et au cœur de ces ronces, poussent même des mûres, et entre ces chardons on peut apercevoir une belle et tendre mousse... Si, sur les hauteurs, à côté de la source, pouvais se trouver deux beaux arbres, solides, formant une belle canopée et assez proches l'un de l'autre pour y étendre un hamac, je nettoierai tout autour pour y abriter ma table et deux chaises, et je crois bien que cela me suffirait ! Et puis, c'est mon jardin ! Qui sait, au détour d'un de ces chemins de pierres, de temps en temps glissantes, protégée par d'épineuses broussailles, se cache, peut-être, une espèce endémique, une plante unique ?
Et ça, je crois bien que ça me comblerait, d'apprendre que mon jardin est une île !
Mon île, puisque c'est une île, je me la représente à l'image de cette autre qui m'enchanta tant, que j'y suis toujours un peu... Ce rocher plein de secrets, au large d'une baie en méditerranée, qui veille, avec sérénité, sur le cœur battant d'un des plus beaux et des plus versatiles volcans.
Ce rocher sur lequel, naissaient à mon insu les prémices inconscientes, d'un violent et puissant élan de l'âme et du cœur, d'une ferveur et d'une dévotion, sans comparaison... Qui me conduirait à me demander à quoi peut ressembler cet esprit qui m'anime...
Alors voilà, à peu prés, ce à quoi j'aimerai qu'il ressemble.
jeudi 7 juin 2012
Factuel et sincère
Bof !
Non, la première est mieux ! Avec une ou deux corrections.
Non, décidément, quelque chose ne colle pas !
...
Mais, c'est... bien sûr :
C'est effroyable le temps qu'il me faut pour repasser
Mon pote à bien une solution, il ne repasse que le devant. Mais ça l'oblige à ne jamais quitter sa veste et sa cravate...
Voilà tout !
Certes, il m'est arrivé de faire mieux ! Mais aujourd'hui, c'est quand même pas mal. Alors que j'en connais qui ont bossé toute la journée, j'ai quant à moi eu une activité... de veille. Ce qui est certain c'est que je n'ai pas contribué à la dégradation de la couche d'ozone, encore que... Passons ! Levé à 08h00, lavé à 14h00, sorti voir le temps qu'il faisait vers 16h30, revenu épuisé de m'être traîné jusqu'au Monoprix de l'autre côté du pâté de maisons et d'être rentré en traînant, en plus de ma carcasse, un sac de courses, à 18h00... Je dois me résoudre à cette certitude, je ne suis absolument pas prêt à reprendre le boulot demain matin !
J'ai la sensation de sortir de ma machine à laver, je me sens complètement abruti. Serait-ce un état de conscience ? Me suis-je assoupi au cours de cette journée ? Je ne pourrais jurer de rien, peut-être ai-je atteins un autre niveau de conscience ? Quoi qu'il en soit aucune voix céleste ou intérieure, ne m'a soufflé une essentielle vérité. Seul le temps semble s'être contracté tant et si bien que je suis tout étonné que la journée soit déjà passée. J'ai le don, inné, de méditer ! Voilà tout.
J'ai la sensation de sortir de ma machine à laver, je me sens complètement abruti. Serait-ce un état de conscience ? Me suis-je assoupi au cours de cette journée ? Je ne pourrais jurer de rien, peut-être ai-je atteins un autre niveau de conscience ? Quoi qu'il en soit aucune voix céleste ou intérieure, ne m'a soufflé une essentielle vérité. Seul le temps semble s'être contracté tant et si bien que je suis tout étonné que la journée soit déjà passée. J'ai le don, inné, de méditer ! Voilà tout.
Pas encore ermite !
À mon réveil, tout semblait idéal pour que j'aille courir. Mais, je n'y suis pas allé. Je n'avais pas envie. Quelques étirements dans mon lit, histoire de me dérouiller et je me suis préparé mon thé. Ce n'est pas que l'effort physique me rebute, c'est qu'il m'ennuie ces temps-ci. J'ai envie d'une grande balade dans Paris, de prendre mon temps, aller courir autour de ce Lac, me barbe. Je crois que c'est un moment à passer, que ça va revenir, je ne suis pas trop inquiet. Et, j'ai décidé de ne faire que ce dont j'ai envie ! L'essentiel étant d'avoir des envies que je puisse réaliser...
Je me rendrais bien dans un ashram en Inde, passer six mois à faire, de façon intensive, du Yoga et à méditer... C'est mon côté extrémiste, chaud ou froid, jamais tiède ! C'est une idée à garder de côté, mais à ce jour, je ne me sens pas du tout disposé à cela. Parce que, l'ascèse... ça commence à bien faire ! On va d'abord essayer de passer à d'autres plaisirs terrestres, pour pouvoir réguler ceux dont j'ai abusé jusqu'à présent ; et une fois repus, on envisagera plus sereinement l'avenir !
J'écris cela en prenant mon petit-déjeuner, entre quatre tartines grillées. Une fois les deux premières avalées, je reviens à mon ordinateur et continue en attendant que grillent les deux autres et surtout, qu'elles refroidissent, je déteste que le beurre fonde dessus, ça m'écœure et, avec la confiture, ça fait une bouillie peu ragoûtante.
Bref, mes petits-déjeuners suivent des rites précis et... ridicules, des habitudes. Mais, il suffit que nous soyons deux, au levé, pour que toutes ces manies volent en éclats, pour mon plus grand plaisir. J'ai toujours été convaincu que c'était l'autre qui me faisait grandir, surtout celui du sexe opposé, et je n'ose m'imaginer en cet ermite, que je suis en train de devenir !
C'est donc une chose entendue, la décision est prise de trouver, chaussure à mon pied... Mais comment surmonter ces doutes terribles, qui m'assaillent alors ? Serai-je à la hauteur ? Et puis, à quoi je ressemble, enfin de quoi ai-je l'air ?
Ouh la... demain en rentrant du boulot, je crois que j'irai courir, ça paraît plus simple vu comme ça.
Enfin je dis ça, mais quand même...
Je me rendrais bien dans un ashram en Inde, passer six mois à faire, de façon intensive, du Yoga et à méditer... C'est mon côté extrémiste, chaud ou froid, jamais tiède ! C'est une idée à garder de côté, mais à ce jour, je ne me sens pas du tout disposé à cela. Parce que, l'ascèse... ça commence à bien faire ! On va d'abord essayer de passer à d'autres plaisirs terrestres, pour pouvoir réguler ceux dont j'ai abusé jusqu'à présent ; et une fois repus, on envisagera plus sereinement l'avenir !
J'écris cela en prenant mon petit-déjeuner, entre quatre tartines grillées. Une fois les deux premières avalées, je reviens à mon ordinateur et continue en attendant que grillent les deux autres et surtout, qu'elles refroidissent, je déteste que le beurre fonde dessus, ça m'écœure et, avec la confiture, ça fait une bouillie peu ragoûtante.
Bref, mes petits-déjeuners suivent des rites précis et... ridicules, des habitudes. Mais, il suffit que nous soyons deux, au levé, pour que toutes ces manies volent en éclats, pour mon plus grand plaisir. J'ai toujours été convaincu que c'était l'autre qui me faisait grandir, surtout celui du sexe opposé, et je n'ose m'imaginer en cet ermite, que je suis en train de devenir !
C'est donc une chose entendue, la décision est prise de trouver, chaussure à mon pied... Mais comment surmonter ces doutes terribles, qui m'assaillent alors ? Serai-je à la hauteur ? Et puis, à quoi je ressemble, enfin de quoi ai-je l'air ?
Ouh la... demain en rentrant du boulot, je crois que j'irai courir, ça paraît plus simple vu comme ça.
Enfin je dis ça, mais quand même...
mercredi 6 juin 2012
De l'importance des lieux d'aisances
Étonnant, mais ça y est ! Finalement, le père de la locataire du dessus est venu reprendre possession de l'appartement et a entrepris les réparations...
Du coup, la fuite a cessé. Et je peux réinvestir ce lieu capital, siège de toutes délivrances. Je dois dire que cette histoire m'avait plutôt... coincé. J'ai cette particularité d'avoir besoin de beaucoup de tranquillité et l'assurance de celle-ci, pour me rendre dans ces lieux, détendu !
Ce doit être le fait que je me situe à l'extrême pointe de la chaîne d'évolution selon la théorie de Darwin. En effet, je ne pourrais accomplir la fin de ce cycle de vie quotidienne et ordinaire, dans des fourrés quelconques ou derrière un arbre, en restant sur mes gardes, sur le qui-vive, sur la défensive... comme sans doute, devaient le faire nos ancêtres depuis la nuit des temps jusqu'à il y a peu. J'ai vu en Chine une cabane portant nom de latrines, une pièce unique équipée de trois pots de peintures métalliques et cabossés en guise de sièges et d'un paquet de journaux usagés attachés à un crochet... Inutile de vous dire que, par crainte de ne pas avoir suffisamment de vocabulaire pour tenir une conversation, durant l'effort, avec mon voisin, j'ai préféré garder ce que, de toute façon, j'aurais été incapable de lâcher.
Bref, j'ai besoin, que l'endroit soit accueillant, propre, frais et bien isolé, avec une serrure dedans et tout ce qui contribue à rendre l'instant tranquille et confortable. Un peu comme les Japonnais (encore eux), qui équipent leurs lieux d'aisances, tant privés que publics, de toutes sortes de gadgets surprenant et parfois même déstabilisant... ainsi que d'un fond sonore champêtre (pourquoi pas des chants d'oiseaux, un orage en montagne ou une envolée de cloches dominicales... j'en connais qui font bien couler l'eau du robinet à grand jet) ou musical. Beethoven me semble le mieux indiqué, d'autant plus qu'il était sourd. Et, à l'occasion de grands évènements, de moments exceptionnels, la Walkyrie de Wagner peut s'avérer un choix tout aussi judicieux...
En homme élégant, j'aime que l'espace soit équipé du matériel nécessaire à le remettre dans l'état dans lequel je l'ai trouvé. Une fois de plus l'évolution a parlé, je ne me sens pas la nécessité de marquer un territoire, quel qu'il soit, de quelques manières que ce soit.
Du coup, la fuite a cessé. Et je peux réinvestir ce lieu capital, siège de toutes délivrances. Je dois dire que cette histoire m'avait plutôt... coincé. J'ai cette particularité d'avoir besoin de beaucoup de tranquillité et l'assurance de celle-ci, pour me rendre dans ces lieux, détendu !
Ce doit être le fait que je me situe à l'extrême pointe de la chaîne d'évolution selon la théorie de Darwin. En effet, je ne pourrais accomplir la fin de ce cycle de vie quotidienne et ordinaire, dans des fourrés quelconques ou derrière un arbre, en restant sur mes gardes, sur le qui-vive, sur la défensive... comme sans doute, devaient le faire nos ancêtres depuis la nuit des temps jusqu'à il y a peu. J'ai vu en Chine une cabane portant nom de latrines, une pièce unique équipée de trois pots de peintures métalliques et cabossés en guise de sièges et d'un paquet de journaux usagés attachés à un crochet... Inutile de vous dire que, par crainte de ne pas avoir suffisamment de vocabulaire pour tenir une conversation, durant l'effort, avec mon voisin, j'ai préféré garder ce que, de toute façon, j'aurais été incapable de lâcher.
Bref, j'ai besoin, que l'endroit soit accueillant, propre, frais et bien isolé, avec une serrure dedans et tout ce qui contribue à rendre l'instant tranquille et confortable. Un peu comme les Japonnais (encore eux), qui équipent leurs lieux d'aisances, tant privés que publics, de toutes sortes de gadgets surprenant et parfois même déstabilisant... ainsi que d'un fond sonore champêtre (pourquoi pas des chants d'oiseaux, un orage en montagne ou une envolée de cloches dominicales... j'en connais qui font bien couler l'eau du robinet à grand jet) ou musical. Beethoven me semble le mieux indiqué, d'autant plus qu'il était sourd. Et, à l'occasion de grands évènements, de moments exceptionnels, la Walkyrie de Wagner peut s'avérer un choix tout aussi judicieux...
En homme élégant, j'aime que l'espace soit équipé du matériel nécessaire à le remettre dans l'état dans lequel je l'ai trouvé. Une fois de plus l'évolution a parlé, je ne me sens pas la nécessité de marquer un territoire, quel qu'il soit, de quelques manières que ce soit.
Chacun pour soi
Je pourrais détailler les tracas administratifs liés au nombre de propriétaires, au nombre de représentants de ces mêmes propriétaires, à la quasi-absence d'un syndic qui se retranche derrière les procédures légales à suivre, au fait qu'il n'y ait pas assez de plombiers... à l'irresponsabilité de sous-locataires et à la mauvaise foi de locataires... en cas de sinistres, mais quel intérêt ? Il s'agit d'une grande pitrerie, d'une farce où chacun se regarde jouer son rôle, se fichant bien des autres. Il est clair que nous sommes trop nombreux, et surtout pas disposé à cohabiter ou à nous entendre, et que ça ne va pas aller en s'arrangeant ! Seul point positif, mon assureur à qui j'ai tenté d'expliquer l'embrouillamini de cette situation et qui après avoir obtenu avec patience les adresses de tous les... belligérants (quel autre mot ?), m'a assuré qu'il faisait parvenir à chacun un courrier lui rappelant ses obligations, et que le dossier étant désormais ouvert je n'avais plus rien à faire ! Un visage, certes virtuel, mais souriant au milieu de tous ces autres, grincheux grimaçant !
À part ça ? Nulle beauté dans tout cela !
Et pourtant qu'un visage peut être beau, quand bien même le reflet d'un miroir lui fait un O, comme un éclat d'être qui, en partie, en révèle la face cachée...
Calligraphie de l'idéogramme "beauté", par François Cheng. Si belle, qu'elle pourrait être dansée !
À part ça ? Nulle beauté dans tout cela !
Et pourtant qu'un visage peut être beau, quand bien même le reflet d'un miroir lui fait un O, comme un éclat d'être qui, en partie, en révèle la face cachée...
Calligraphie de l'idéogramme "beauté", par François Cheng. Si belle, qu'elle pourrait être dansée !
Tu peux rêver !
04h45, quelque chose me réveille. La voisine du dessus fait son ménage ou sa vaisselle dans la douche... Bon sang, je bous ! Je pousse une gueulante, la seule attitude qu'elle sache déchiffrer a priori et elle se calme. Mais me voilà réveillé, les oreilles bourdonnant encore de ce qui m'a échappé !
L'infiltration d'hier est devenue une fuite importante durant la nuit, j'ai besoin d'une paire de bottes pour aller pisser ! Demain ce sera un dégât des eaux ! J'ai fait toutes les démarches possibles et en mon pouvoir, ne me reste plus qu'à subir ! Voilà comment l'on finit par dépendre d'inconscients, d'irrespectueux, de jean-foutre... D'aucuns vous expliqueront qu'ils ne sont pas responsables (ce qui, somme toute, est inutile, l'ayant nous-même constaté, à nos frais), et que c'est en évitant les clivages... que les choses s'arrangeront. Pourquoi ces beaux parleurs ne les accueillent-ils pas chez eux, ou dans leur voisinage, alors ?
C'est un de ces matins, où l'on comprend l'envie de tuer son prochain, qu'ont certains...
Voilà, j'ai épongé les irresponsabilités de ces voisins indélicats, mis à part qu'il me faut aller aux toilettes avec mon parapluie, tout va bien. Enfin presque, hier soir, embarqué dans une sortie imprévue, j'ai abusé du Château Minuty (côtes de Provence rosé), ainsi que de ces beignets d'oignons épicés... et me sens tout... boursoufler à l'extérieure et aigre à l'intérieur.
Sans compter que non contant des conneries écrites le matin, j'ai réitéré le soir même, sous les effets du poison... Par souci de transparence, j'en ai bien besoin, je ne les efface pas, mais j'y ai pensé.
Il faut que ça change ! Je suis sur une mauvaise pente, il faut me reprendre ! Il ne s'agit plus là de faire de l'humour ou de l'esprit, mais bien de cesser certains comportements malsains, autodestructeurs. Je me sens aussi acide que ce qui me remonte de l'estomac !
Je pourrai commencer par aller étrangler la folle du dessus, ça me soulagerait de quelques inquiétudes futurs, mais elle semble coriace et équipée d'un organe tonitruant rendant fou qui l'entend... et, surtout, ce serait une dépense d'énergie que je n'ai pas.
Là, je voudrais qu'on m'endorme... et qu'à mon réveil, je sois beau, que j'ai perdu ces kilos en trop, remplacés par des muscles (mais pas trop) et de l'argent en plus, avec à mes côtés, nue... une petite fée aussi féminine que délicieuse, tout en élans et m'aimant autant que je l'aime... S'il n'y a pas ça au paradis, je n'irai pas !
Je vais m'étendre un peu, en attendant que passent toutes ces aigreurs...
Les Gyozas d'hier, ont empuanti mon réfrigérateur... Les Japonnais bouffent vraiment des trucs effroyables... surtout le matin à pas d'heure quand on cherche quelque chose de frais et d'agréablement parfumé...
L'infiltration d'hier est devenue une fuite importante durant la nuit, j'ai besoin d'une paire de bottes pour aller pisser ! Demain ce sera un dégât des eaux ! J'ai fait toutes les démarches possibles et en mon pouvoir, ne me reste plus qu'à subir ! Voilà comment l'on finit par dépendre d'inconscients, d'irrespectueux, de jean-foutre... D'aucuns vous expliqueront qu'ils ne sont pas responsables (ce qui, somme toute, est inutile, l'ayant nous-même constaté, à nos frais), et que c'est en évitant les clivages... que les choses s'arrangeront. Pourquoi ces beaux parleurs ne les accueillent-ils pas chez eux, ou dans leur voisinage, alors ?
C'est un de ces matins, où l'on comprend l'envie de tuer son prochain, qu'ont certains...
Voilà, j'ai épongé les irresponsabilités de ces voisins indélicats, mis à part qu'il me faut aller aux toilettes avec mon parapluie, tout va bien. Enfin presque, hier soir, embarqué dans une sortie imprévue, j'ai abusé du Château Minuty (côtes de Provence rosé), ainsi que de ces beignets d'oignons épicés... et me sens tout... boursoufler à l'extérieure et aigre à l'intérieur.
Sans compter que non contant des conneries écrites le matin, j'ai réitéré le soir même, sous les effets du poison... Par souci de transparence, j'en ai bien besoin, je ne les efface pas, mais j'y ai pensé.
Il faut que ça change ! Je suis sur une mauvaise pente, il faut me reprendre ! Il ne s'agit plus là de faire de l'humour ou de l'esprit, mais bien de cesser certains comportements malsains, autodestructeurs. Je me sens aussi acide que ce qui me remonte de l'estomac !
Je pourrai commencer par aller étrangler la folle du dessus, ça me soulagerait de quelques inquiétudes futurs, mais elle semble coriace et équipée d'un organe tonitruant rendant fou qui l'entend... et, surtout, ce serait une dépense d'énergie que je n'ai pas.
Là, je voudrais qu'on m'endorme... et qu'à mon réveil, je sois beau, que j'ai perdu ces kilos en trop, remplacés par des muscles (mais pas trop) et de l'argent en plus, avec à mes côtés, nue... une petite fée aussi féminine que délicieuse, tout en élans et m'aimant autant que je l'aime... S'il n'y a pas ça au paradis, je n'irai pas !
Je vais m'étendre un peu, en attendant que passent toutes ces aigreurs...
Les Gyozas d'hier, ont empuanti mon réfrigérateur... Les Japonnais bouffent vraiment des trucs effroyables... surtout le matin à pas d'heure quand on cherche quelque chose de frais et d'agréablement parfumé...
mardi 5 juin 2012
Fin de cette journée
Les jambes me tirent un peu. Mais à mon grand étonnement, j'ai passé presque toute la journée, dehors. Que pourrais-je en dire ? Chez Mariage frères, je suis tombé sur un vendeur passionné, qui m'a fait découvrir des Darjeeling noir et vert de printemps, des raretés aux senteurs magnifiques, mais à des prix incroyables, particulièrement pour un palais, sans doute pas assez développé pour les apprécier... Je me suis donc contenté de ce Darjeeling Earl Grey qui enchante mes matins, tant par son parfum que par les souvenirs qu'il transporte...
M'étant arrêté pour un café, j'ai lu au soleil la première des Cinq méditations sur la beauté de François Cheng. Où il est question de la nécessité de l'unicité tant, dans l'espace que dans le temps, pour que commence la beauté... Ainsi, l'unicité des êtres, transformant les êtres en présence, a rendu possible la beauté. Et, je ne sais pour quelle raison profonde chez moi, une citation de Henri Maldiney, extraite de "Ouvrir le rien. L'art nu" me fit quelque chose, la voici : "De chaque visage humain rayonne une transcendance impossessible qui nous enveloppe et nous traverse. Cette transcendance n'est pas celle d'une expression psychologique particulière, mais celle qu'implique, en chaque visage, sa qualité d'être, sa dimension métaphysique. Elle est la transcendance de la réalité s'interrogeant en lui et réfléchissant en lui, et dans cette interrogation même la dimension exclamative de l'Ouvert."
Je pensais pouvoir pousser cette réflexion un peu plus loin, mais un coup de fil et une proposition impossible à refuser...
... De retour, les voisins du dessus ont remis ça ! Mais cette fois ci, une fenêtre a été brisée, une porte défoncée... Une chance que personne n'ait été blessée, et depuis ce matin j'ai constaté qu'il y avait une infiltration d'eau chez moi... Je suis monté, mais on a refusé de m'ouvrir la porte et de coopérer... La police, les pompiers sont là...
Et moi, je pense tout à coup à ces trois visages qui bien que n'étant pas de mon sang m'ont touché. Un, est toujours présent ayant trouvé sa place... un, a disparu volontairement, mais je ne l'ai pas oublié... et le dernier... me hante, sans que je sache pourquoi, disparaîtra-t-il lui aussi ? Pourquoi reste-t-il aussi présent en moi ? Sans doute est-ce là une question, métaphysique... et un peu plus, peut-être ?
Bon, clairement, c'est le bordel dans l'immeuble ce soir ! Comme dans ma tête, j'attendais une autre journée... mais que voulez-vous, je peux tout désirer, tant qu'il ne s'agit que de moi... Mais, mieux vaut ne rien attendre.
M'étant arrêté pour un café, j'ai lu au soleil la première des Cinq méditations sur la beauté de François Cheng. Où il est question de la nécessité de l'unicité tant, dans l'espace que dans le temps, pour que commence la beauté... Ainsi, l'unicité des êtres, transformant les êtres en présence, a rendu possible la beauté. Et, je ne sais pour quelle raison profonde chez moi, une citation de Henri Maldiney, extraite de "Ouvrir le rien. L'art nu" me fit quelque chose, la voici : "De chaque visage humain rayonne une transcendance impossessible qui nous enveloppe et nous traverse. Cette transcendance n'est pas celle d'une expression psychologique particulière, mais celle qu'implique, en chaque visage, sa qualité d'être, sa dimension métaphysique. Elle est la transcendance de la réalité s'interrogeant en lui et réfléchissant en lui, et dans cette interrogation même la dimension exclamative de l'Ouvert."
Je pensais pouvoir pousser cette réflexion un peu plus loin, mais un coup de fil et une proposition impossible à refuser...
... De retour, les voisins du dessus ont remis ça ! Mais cette fois ci, une fenêtre a été brisée, une porte défoncée... Une chance que personne n'ait été blessée, et depuis ce matin j'ai constaté qu'il y avait une infiltration d'eau chez moi... Je suis monté, mais on a refusé de m'ouvrir la porte et de coopérer... La police, les pompiers sont là...
Et moi, je pense tout à coup à ces trois visages qui bien que n'étant pas de mon sang m'ont touché. Un, est toujours présent ayant trouvé sa place... un, a disparu volontairement, mais je ne l'ai pas oublié... et le dernier... me hante, sans que je sache pourquoi, disparaîtra-t-il lui aussi ? Pourquoi reste-t-il aussi présent en moi ? Sans doute est-ce là une question, métaphysique... et un peu plus, peut-être ?
Bon, clairement, c'est le bordel dans l'immeuble ce soir ! Comme dans ma tête, j'attendais une autre journée... mais que voulez-vous, je peux tout désirer, tant qu'il ne s'agit que de moi... Mais, mieux vaut ne rien attendre.
Pour aujourd'hui
De retour du bois, je me sens l'envie de sortir. J'irai bien faire un tour chez Mariage frère, je n'ai plus de thé, et flâner dans le quartier en fin de matinée. Et, si j'en ai le courage, je prendrai une noisette en terrasse d'un café de la rue du bourg Tibourg pour regarder les gens passer... En rentrant je m'arrêterai chez ce traiteur japonais, à Bastille, pour prendre quelques Gyoza au poulet et des nouilles sautés, je les adore. Il faudrait que je me trouve une paire de chaussures aussi... Mais avant, mon sacro saint thé, un petit déjeuné et une douche...
Cette course matinale m'a vidé la tête. Un peu trop même ! Peut-être retrouverai-je mes idées après cette promenade ? Parce que là, je suis à sec !
Cette course matinale m'a vidé la tête. Un peu trop même ! Peut-être retrouverai-je mes idées après cette promenade ? Parce que là, je suis à sec !
lundi 4 juin 2012
Se faire du bien
Ce n'est pas que je le mérite, ce n'est pas que je le vaux bien... Franchement s'il y avait une liste je ne m'y vois pas y figurer, compte tenu de mes actions... Mais au regard de ce que je suis, de mon insignifiance, quelle importance que je me fasse du mal ou du bien ? Alors, autant se faire du bien, non ?
Du coup, j'apprends, j'essaie, maladroitement, de me faire du bien, d'écouter mes désirs et de satisfaire ceux que je peux.
Le seul bien que je désespère de me faire, c'est celui que me procurait cette émotion, si puissante, que je ressentais quand, la nuit alors qu'elle était endormie, j'approchais ma main à quelques millimètres, sans toucher sa peau, effleurant de la pulpe de mes doigts ce halo lumineux qui ne peut qu'être deviné, et que je percevais à force de la regarder. Son aura, ce qui rayonnait d'elle, je m'y connectais... Vous vous dite, ça y est, il est fou... et pourtant, il se passait bien quelque chose... si mes organes internes, avaient eu des poils, ils se seraient alors dressés ! Je sentais chacune de mes cellules frénétiquement réceptive, la sensation était extraordinaire, si intense et unique...
Faut faire avec ce que l'on a sous la main, je crois qu'il me reste une Corona au frigo et un peu de citron vert. Une tomate, un avocat, du fromage blanc et de la compote de pommes. Un bon bouquin et pas besoin de me lever demain matin. S'il ne pleut pas, j'irai courir au bois... Et après je laisserai filer la journée en écoutant de la musique, sans rien attendre, sans m'obliger à rien. Un plaisir doit être simple s'il ne peut être extraordinaire. Rien d'autre !
Allez, Shake it loose...
Le seul bien que je désespère de me faire, c'est celui que me procurait cette émotion, si puissante, que je ressentais quand, la nuit alors qu'elle était endormie, j'approchais ma main à quelques millimètres, sans toucher sa peau, effleurant de la pulpe de mes doigts ce halo lumineux qui ne peut qu'être deviné, et que je percevais à force de la regarder. Son aura, ce qui rayonnait d'elle, je m'y connectais... Vous vous dite, ça y est, il est fou... et pourtant, il se passait bien quelque chose... si mes organes internes, avaient eu des poils, ils se seraient alors dressés ! Je sentais chacune de mes cellules frénétiquement réceptive, la sensation était extraordinaire, si intense et unique...
Faut faire avec ce que l'on a sous la main, je crois qu'il me reste une Corona au frigo et un peu de citron vert. Une tomate, un avocat, du fromage blanc et de la compote de pommes. Un bon bouquin et pas besoin de me lever demain matin. S'il ne pleut pas, j'irai courir au bois... Et après je laisserai filer la journée en écoutant de la musique, sans rien attendre, sans m'obliger à rien. Un plaisir doit être simple s'il ne peut être extraordinaire. Rien d'autre !
Allez, Shake it loose...
Mineur...
Petite forme aujourd'hui. Ma journée de travail n'en fut qu'une demie pour cause de visite médicale obligatoire. Si cela avait été pour rentrer chez moi, je ne m'en plaindrai pas, mais j'ai dû patienter entre les divers examens avant d'être reçu par le médecin... Elle m'a, entre autres, demandé si je rencontrais des difficultés dans mon travail, si je n'avais pas de problèmes ou si je n'étais pas en conflit avec ma hiérarchie ou avec mes collègues !
Après coup, ses questions m'ont fait réfléchir. Je ne me rappelle pas avoir eu de dispute avec quelqu'un, depuis...? J'ai eu des désillusions, des vexations, des humiliations même, du moins c'était mon ressenti. J'ai même été blessé, et ça m'a fait tellement mal... Je porte plus de peines que de joies, certains maux subsistent encore aujourd'hui et quelques-uns m'accompagneront sans doute jusqu'à la fin. Dix, cent, mille fois, étant seul j'ai eu envie de blesser à mon tour, d'être sans pitié, d'attraper à la gorge et de plaquer avec violence contre un mur... mais ce n'était que l'expression de l'insupportable causé par mes souffrances, un hurlement de bête blessée... Trop violentes pour être étouffées et puis, tellement persistantes que comment ne pas devenir, humble, s'agenouiller, vaincu...
Mais au bureau ? Personne, n'a les moyens de m'atteindre ! Bien sûr, je peux être en désaccord avec une idée, une règle ou quelqu'un, mais pas au point d'en souffrir ! Vous voulez rire ?
C'est peut-être à cause de mon genre d'ambition, qui n'est pas celle du pouvoir, ni celle de l'argent, qui s'acquièrent principalement au détriment des autres... mais plutôt de celle, de ce qui se donne et se reçoit, sans jamais compter...
Je suis un mineur solitaire qui risque sa peau pour trouver une émeraude, un saphir ou un rubis. Tant que vous ne venez pas creuser dans mon trou, pourquoi me fâcherai-je ? Mais surtout, si j'en trouve une, aussi précieuse et brillante qu'unique et fragile, ne vous avisez jamais de toucher à mon joyau. Je vous tue !
- Non, Docteur, tout va bien, vous savez, moi de toute façon, je ne parle à personne.
Bon... Il fallait bien compenser avec les jours précédents, et justifier d'avoir fait mienne cette phrase de Boris Vian, dans "l’Écume des jours" : l'humour c'est la politesse du désespoir.
Et puis ma mélancolie, c'est un peu mon garde fou ! Pour me remettre à ma place. Pour rester un type fréquentable, on ne sait jamais.
Après coup, ses questions m'ont fait réfléchir. Je ne me rappelle pas avoir eu de dispute avec quelqu'un, depuis...? J'ai eu des désillusions, des vexations, des humiliations même, du moins c'était mon ressenti. J'ai même été blessé, et ça m'a fait tellement mal... Je porte plus de peines que de joies, certains maux subsistent encore aujourd'hui et quelques-uns m'accompagneront sans doute jusqu'à la fin. Dix, cent, mille fois, étant seul j'ai eu envie de blesser à mon tour, d'être sans pitié, d'attraper à la gorge et de plaquer avec violence contre un mur... mais ce n'était que l'expression de l'insupportable causé par mes souffrances, un hurlement de bête blessée... Trop violentes pour être étouffées et puis, tellement persistantes que comment ne pas devenir, humble, s'agenouiller, vaincu...
Mais au bureau ? Personne, n'a les moyens de m'atteindre ! Bien sûr, je peux être en désaccord avec une idée, une règle ou quelqu'un, mais pas au point d'en souffrir ! Vous voulez rire ?
C'est peut-être à cause de mon genre d'ambition, qui n'est pas celle du pouvoir, ni celle de l'argent, qui s'acquièrent principalement au détriment des autres... mais plutôt de celle, de ce qui se donne et se reçoit, sans jamais compter...
Je suis un mineur solitaire qui risque sa peau pour trouver une émeraude, un saphir ou un rubis. Tant que vous ne venez pas creuser dans mon trou, pourquoi me fâcherai-je ? Mais surtout, si j'en trouve une, aussi précieuse et brillante qu'unique et fragile, ne vous avisez jamais de toucher à mon joyau. Je vous tue !
- Non, Docteur, tout va bien, vous savez, moi de toute façon, je ne parle à personne.
Bon... Il fallait bien compenser avec les jours précédents, et justifier d'avoir fait mienne cette phrase de Boris Vian, dans "l’Écume des jours" : l'humour c'est la politesse du désespoir.
Et puis ma mélancolie, c'est un peu mon garde fou ! Pour me remettre à ma place. Pour rester un type fréquentable, on ne sait jamais.
dimanche 3 juin 2012
Mea culpa !
Alors, alors ? Eh bien, j'avais tort !
Bon, pas tout à fait, mais je dois reconnaître que ce ne fut pas aussi désagréable que je l'avais pensé. C'est amusant comme, souvent, l'imagination tend à enfler d'hypothétiques tourments et à minimiser les probables plaisirs...
Arrivant, alors que la réunion avait commencé... c'est dire mon entrain... je constatais, dans un premier temps, que la réalité s'avérait pire que mes craintes. Que des cheveux blancs pour ceux qui en avaient encore ! J'ai même pensé m'être trompé de péniche. Au dernier rang, comme déjà à l'époque, un camarade connu et reconnu depuis, J.M.... Pour être sincère, jeunes nous n'étions pas vraiment amis, je n'appréciais pas son genre... Mais il y a trois ans le hasard fit que nous reprîmes contact, et son humour, son auto dérision et son humilité... firent mouche. À peine nous croisons-nous désormais que nous ne pouvons nous empêcher de blaguer, de nous marrer, de passer un bon moment.
C'était donc bien là ! Et il y avait plusieurs générations d’élèves... mais où étaient les trentenaires ?
La discussion portait sur la nécessité absolue d'augmenter le nombre d’adhérents... Parmi les moyens évoqués, l'informatique et le web semblaient à tous le meilleur, avec cependant une remarque, certes, judicieuse de la part de cette femme d'un âge certain : "... mais je connais beaucoup de femmes qui ne sont pas sur internet !" Il n'en fallut pas plus pour que J.M. et moi échangions nos premières plaisanteries... Mince alors ! Un vivier vierge et inexploité ! Je conseillais vivement à J.M. de prendre des notes et d'essayer d'en savoir plus à propos de ce trésor... Lui qui venait de me raconter que lors de sa dernière tentative pour trouver l'âme-sœur - non, excuse moi J.M, mais je me dois d'être ici sincère, et nous savons tout deux que c'est une blague - pour chercher une aventure [de] culturelle, se contentant de la première syllabe. Il s'était connecté à un nouveau site internet spécialisé qui lui avait demandé, son âge, sa ville puis son quartier et, avait fini par le mettre en relation avec sa propre sœur ! Alors, forcément, une population féminine, non répertoriée sur le web, il était intéressé...
Un peu plus tard c'est une amie, très proche à l'époque, de mon frère, qui vint vers moi. Le genre de personne pleine d'énergie et d'entrain, n'ayant jamais quitté le quartier, et ayant gardé beaucoup de contact...
Il y avait aussi cette femme, la quarantaine plutôt plaisante et, a priori, toute disposée à offrir ses services... de photographe, en attendant... à suivre.
Une fois l'A.G. terminée et la péniche partie, il fut décidé, par l'équipe dirigeante, d'aller prendre un verre cours Saint-Emilion et de m'y convier.
L'amie de mon frère s'enquit de savoir comment se portaient mes parents, évoqua ses souvenirs de révision du bac en compagnie de mon frère (ils étaient inséparables sans pour autant être amants) et je sentis qu'elle regrettait le manque d'échange avec lui, depuis... Et, m'entrepris dans la foulée, à propos d'une de ses très bonnes amies. Une belle fille célibataire et hôtesse de l'air, plutôt nature à entendre les anecdotes croustillantes à son sujet... et, à constater le soudain intérêt des autres mâles présents qui ne la connaissaient, à leurs grands désarrois, et dont la tension était palpable, que de vue ! Elle me montra même, sur son Iphone, une photo (très correcte), mais avec le soleil, difficile de se faire une idée, hormis, sur celle qu'avait en tête mon interlocutrice...
Nous finassâmes cette journée, avec mon pote et le type chargé du site informatique de l'association, charmant au demeurant, Chez Prosper, mais sans "yop la boum !"... comme je l'avais écrit, quelques jours auparavant, à une amie...Rentré, pas trop tard et pas trop fatigué, voilà une journée dont il me faudra savoir tirer une leçon quant à mes préjugés.
samedi 2 juin 2012
Contrariétés.
05h00 du mat, dans ma voiture, Radio Nova joue ce titre de Bill Withers, Use me. Vous savez ce black baraqué coupe afro mais pas trop et rouflaquettes des année soixante-dix... Le type qui a chanté Ain't no Sunshine et Lean on me... Ça vous cause ?
Use me, c'est pour moi, l'un de ces meilleurs titres, il a un de ces groove ! Un truc qui fait que vous vous sentez bien, même dehors à 05h00 pour aller bosser un samedi matin ; tout juste si au feu, je ne sors pas esquisser un ou deux pas de danse, me sentant capable de tout remuer... Mais bon... je calme mes ardeurs, à cette heure un samedi matin, l'humour n'est plus de règle.
Bien entendu, il y a aussi les paroles ! Et là, tous ne peuvent comprendre ce qu'il raconte, je ne parle pas de la langue... Paroles et musique dans cette chanson sont indissociables, les todooto todooto to-dooto to-todootodooto du synthé (faut écouter en même temps, mais c'est exactement ça) avec la tonalité de sa voix, explique tout !
Certaines de nos faiblesses sont nos beautés... Lutter est, de toute façon, désespéré, alors autant essayer de s'accepter... Bref, ce morceau bouge des trucs en moi... et en même temps, me rassure, allez comprendre.
Dans le parking, je marche sur des coussins d'air, le cœur dans un nuage de mots... Jusqu'à ce que j'entende un : "Eh ! Attend !" essoufflé, derrière moi... Un collègue qui après un "salut" entre deux souffles, m'entreprend des problèmes qu'il a eu hier sur un vol, de la difficulté de trouver une place dans le parking, de la nouvelle patronne qu'il ne trouve pas mal... Sans même frapper avant d'entrer, sans se demander si je ne préférais pas marcher seul avec mes idées en tête avec ce visage que je garde toujours quelque part, avec mes mots, avec ma vie à moi... Mais que sa vie doit manquer de densité pour venir ainsi tourner autour de la mienne, sans pudeur ni gêne ! Il ne doit pas savoir que Bach a écrit une musique qui... Le genre de mec qui range avec certitude chaque individu dans une catégorie, qui classe... Dans quelle case m'a-t-il placé ? Le genre même de type qui ne pourrait pas comprendre ce qu’exprime cette chanson de Bill Withers, parce qu'il se refuse à vivre quoi que ce soit, parce qu'il est bien installé au centre de son monde et, qu'il ne saura jamais à quel point, on est si peu de chose dès qu'on ose en sortir... Et que si je le touche, là à cet instant, et que par un extraordinaire pouvoir que j'aurai, je lui montre tout ce que je perçois, tous ces doutes, tous ces maux, tout autour comme une foule, en permanence, même la nuit... il se sauverait en hurlant pensant devenir fou.
Bref, ce type m'a mis de mauvais poil ! Mais je me suis contenté de lui sourire et même de lui répondre gentiment... Lâcheté ou bon sens ? J'hésite encore...
À part ça, hier j'ai été faible ! Bon sang, une fois encore ! Après avoir reçu un énième message m'invitant à cette première et officielle Assemblée Générale d'anciens élèves de... J'ai cédé et promis à cet ami que j'y serai ! Consternation ! Je n'ai pas envie d'y aller. Pourquoi lui ai-je dit que je viendrai ? Par amitié !? Alors que l'idée même de retrouver des gens qui viennent pour en retrouver d'autres qu'ils croient connaître... pensant quoi d'ailleurs ? Que viennent-ils chercher ? Sans compter qu'ils doivent avoir mon âge, pour la majorité d'entre-eux... Ce qui va me mettre dans cette position que je déteste, ne sachant jamais si je dois leur dire tu ou vous... tant ils me sembleront vieux et cons, enfin peut-être je dramatise ! Et puis, parler de quoi, avec qui ? La probabilité que j'y croise quelqu'un ayant les mêmes sensibilités et aspirations que moi, est particulièrement faible, et quand bien même elle se produirait, n'étant pas d'un naturel extraverti...
Cet après-midi, je dois donc me rendre sur cette péniche, glauque et qui pue ! Et mon ami, aura sa poule avec lui... j'avais oublié ce détail...
Ah mais quelle misère ! Mais que vais-je donc faire dans cette galère !
Ça y est, me voilà contrarié !
Use me, c'est pour moi, l'un de ces meilleurs titres, il a un de ces groove ! Un truc qui fait que vous vous sentez bien, même dehors à 05h00 pour aller bosser un samedi matin ; tout juste si au feu, je ne sors pas esquisser un ou deux pas de danse, me sentant capable de tout remuer... Mais bon... je calme mes ardeurs, à cette heure un samedi matin, l'humour n'est plus de règle.
Bien entendu, il y a aussi les paroles ! Et là, tous ne peuvent comprendre ce qu'il raconte, je ne parle pas de la langue... Paroles et musique dans cette chanson sont indissociables, les todooto todooto to-dooto to-todootodooto du synthé (faut écouter en même temps, mais c'est exactement ça) avec la tonalité de sa voix, explique tout !
Certaines de nos faiblesses sont nos beautés... Lutter est, de toute façon, désespéré, alors autant essayer de s'accepter... Bref, ce morceau bouge des trucs en moi... et en même temps, me rassure, allez comprendre.
Dans le parking, je marche sur des coussins d'air, le cœur dans un nuage de mots... Jusqu'à ce que j'entende un : "Eh ! Attend !" essoufflé, derrière moi... Un collègue qui après un "salut" entre deux souffles, m'entreprend des problèmes qu'il a eu hier sur un vol, de la difficulté de trouver une place dans le parking, de la nouvelle patronne qu'il ne trouve pas mal... Sans même frapper avant d'entrer, sans se demander si je ne préférais pas marcher seul avec mes idées en tête avec ce visage que je garde toujours quelque part, avec mes mots, avec ma vie à moi... Mais que sa vie doit manquer de densité pour venir ainsi tourner autour de la mienne, sans pudeur ni gêne ! Il ne doit pas savoir que Bach a écrit une musique qui... Le genre de mec qui range avec certitude chaque individu dans une catégorie, qui classe... Dans quelle case m'a-t-il placé ? Le genre même de type qui ne pourrait pas comprendre ce qu’exprime cette chanson de Bill Withers, parce qu'il se refuse à vivre quoi que ce soit, parce qu'il est bien installé au centre de son monde et, qu'il ne saura jamais à quel point, on est si peu de chose dès qu'on ose en sortir... Et que si je le touche, là à cet instant, et que par un extraordinaire pouvoir que j'aurai, je lui montre tout ce que je perçois, tous ces doutes, tous ces maux, tout autour comme une foule, en permanence, même la nuit... il se sauverait en hurlant pensant devenir fou.
Bref, ce type m'a mis de mauvais poil ! Mais je me suis contenté de lui sourire et même de lui répondre gentiment... Lâcheté ou bon sens ? J'hésite encore...
À part ça, hier j'ai été faible ! Bon sang, une fois encore ! Après avoir reçu un énième message m'invitant à cette première et officielle Assemblée Générale d'anciens élèves de... J'ai cédé et promis à cet ami que j'y serai ! Consternation ! Je n'ai pas envie d'y aller. Pourquoi lui ai-je dit que je viendrai ? Par amitié !? Alors que l'idée même de retrouver des gens qui viennent pour en retrouver d'autres qu'ils croient connaître... pensant quoi d'ailleurs ? Que viennent-ils chercher ? Sans compter qu'ils doivent avoir mon âge, pour la majorité d'entre-eux... Ce qui va me mettre dans cette position que je déteste, ne sachant jamais si je dois leur dire tu ou vous... tant ils me sembleront vieux et cons, enfin peut-être je dramatise ! Et puis, parler de quoi, avec qui ? La probabilité que j'y croise quelqu'un ayant les mêmes sensibilités et aspirations que moi, est particulièrement faible, et quand bien même elle se produirait, n'étant pas d'un naturel extraverti...
Cet après-midi, je dois donc me rendre sur cette péniche, glauque et qui pue ! Et mon ami, aura sa poule avec lui... j'avais oublié ce détail...
Ah mais quelle misère ! Mais que vais-je donc faire dans cette galère !
Ça y est, me voilà contrarié !
vendredi 1 juin 2012
Dérapage... controlé !
Je ne sais pas ce que j'ai ce matin, mais entre mon bouquin et ma musique, je sens qu'un rien fait dangereusement monter le niveau de mon émotivité, pourtant bas ces temps-ci... Impossible de ne pas me contrôler sous peine d'être irrémédiablement submergé de l'intérieur... C'est un peu comme-ci l'extérieur gardait encore l'engourdissement de ces jours passés et qu'à l’intérieur la bête s'éveillait, furieuse d'avoir été ainsi estourbie...
Hier soir, comme à mon habitude, désinvolte, en caleçon dans la cuisine, je vaquais aux occupations habituelles de l'endroit. En face, un bel appartement refait il y a peu et dans lequel a emménagé une femme, seule et, qui plus est, semble... euh, comment dire... élégante ! Bref... au moment où je regarde par la fenêtre, je l’entraperçois en train de, furtivement, fermer les volets de, ce qui doit être sa chambre. Attiré... j'écarte le rideau pour mieux l'observer et, devine qu'elle me remarque à son tour... Aurai-je, dans le feu de l'action, manqué de discrétion ? Quoi qu'il en soit, elle apparaît alors plus franchement pour fermer l'autre battant, et sans doute plus ostentatoirement (du moins c'est mon sentiment), ne portant qu'une petite nuisette bleutée plutôt affriolante, s'arrêtant à peine pudiquement à mi-cuisse ; le genre de délicatesse qui se porte quand on est deux, pour le plaisir d'être encore déshabillée, du regard puis des mains ou mieux, d'être délicieusement troussée, partout dans son appartement... Le torchon m'en tomba des mains...
Impossible de distinguer les traits de son visage à cette distance, mais la façon dont étaient attachés ses cheveux blond platine, sa fine silhouette et sa façon de se mouvoir, font, que d'ici, seul, en caleçon dans ma cuisine, les bras ballants (et seulement les bras depuis cet instant), je la trouvais plutôt... soyons franc et perspicace... bandante ! avec une tendance poussant aux vices...
J'avais remarqué le soin qu'elle avait eu à décorer son intérieur au fur et à mesure de son installation, et l'armoire ouverte, visible dans la chambre, révélait une multitude de robes et de chaussures, me rappelant... Signes d'une évidente et profonde féminité, selon mon expérience...
L'appartement d'au moins trois pièces, l'ampleur des travaux réalisés, l'apparente élégance bourgeoise de la décoration, la finesse des rideaux et de sa nuisette... en disent long sur qui elle doit être. Attachée de presse, ou cadre en ressources humaine... la quarantaine à la silhouette entretenue, sexy et distinguée ; une solitude dévoilant un possible carriérisme fuyant les attachements sentimentaux. L'accord parfait entre la notion bourgeoise de la féminité, une évidente culture et une fine compréhension de la condition féminine, aujourd'hui... Un poison pour les romantiques, un passe-temps pour les décadents. Bien que très certainement plus intéressée par les types possédant du pouvoir et toujours overbookés, afin de lui foutre (oups ! ça ma échappé), une paix royale dans leur palais... Elle pourrait, tout aussi bien, s'avérer être, le genre plan-cul équitable option tendresse à discrétion, sans prise de têtes et chacun chez soi le reste du temps... pour qui sait si prendre.
Et moi qui, juste avant, balance que j'ai l'émotion qui atteint les dents du fond... Il faut croire qu'il n'y a pas que l'émotion qui pousse... Ou bien, que je confonds !?
Hier soir, comme à mon habitude, désinvolte, en caleçon dans la cuisine, je vaquais aux occupations habituelles de l'endroit. En face, un bel appartement refait il y a peu et dans lequel a emménagé une femme, seule et, qui plus est, semble... euh, comment dire... élégante ! Bref... au moment où je regarde par la fenêtre, je l’entraperçois en train de, furtivement, fermer les volets de, ce qui doit être sa chambre. Attiré... j'écarte le rideau pour mieux l'observer et, devine qu'elle me remarque à son tour... Aurai-je, dans le feu de l'action, manqué de discrétion ? Quoi qu'il en soit, elle apparaît alors plus franchement pour fermer l'autre battant, et sans doute plus ostentatoirement (du moins c'est mon sentiment), ne portant qu'une petite nuisette bleutée plutôt affriolante, s'arrêtant à peine pudiquement à mi-cuisse ; le genre de délicatesse qui se porte quand on est deux, pour le plaisir d'être encore déshabillée, du regard puis des mains ou mieux, d'être délicieusement troussée, partout dans son appartement... Le torchon m'en tomba des mains...
Impossible de distinguer les traits de son visage à cette distance, mais la façon dont étaient attachés ses cheveux blond platine, sa fine silhouette et sa façon de se mouvoir, font, que d'ici, seul, en caleçon dans ma cuisine, les bras ballants (et seulement les bras depuis cet instant), je la trouvais plutôt... soyons franc et perspicace... bandante ! avec une tendance poussant aux vices...
J'avais remarqué le soin qu'elle avait eu à décorer son intérieur au fur et à mesure de son installation, et l'armoire ouverte, visible dans la chambre, révélait une multitude de robes et de chaussures, me rappelant... Signes d'une évidente et profonde féminité, selon mon expérience...
L'appartement d'au moins trois pièces, l'ampleur des travaux réalisés, l'apparente élégance bourgeoise de la décoration, la finesse des rideaux et de sa nuisette... en disent long sur qui elle doit être. Attachée de presse, ou cadre en ressources humaine... la quarantaine à la silhouette entretenue, sexy et distinguée ; une solitude dévoilant un possible carriérisme fuyant les attachements sentimentaux. L'accord parfait entre la notion bourgeoise de la féminité, une évidente culture et une fine compréhension de la condition féminine, aujourd'hui... Un poison pour les romantiques, un passe-temps pour les décadents. Bien que très certainement plus intéressée par les types possédant du pouvoir et toujours overbookés, afin de lui foutre (oups ! ça ma échappé), une paix royale dans leur palais... Elle pourrait, tout aussi bien, s'avérer être, le genre plan-cul équitable option tendresse à discrétion, sans prise de têtes et chacun chez soi le reste du temps... pour qui sait si prendre.
Et moi qui, juste avant, balance que j'ai l'émotion qui atteint les dents du fond... Il faut croire qu'il n'y a pas que l'émotion qui pousse... Ou bien, que je confonds !?
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