(journal de mes sensations)

dimanche 5 décembre 2010

Toutes parallèles se rejoignent

Et un jour ce qui n'était que rêve devient projet...
Ce qui n'était que le rêve de chacun devient le rêve de plusieurs...
Chaque chemin parcouru prend un sens. Toutes trajectoires parallèles finissent par se rejoindre, dans l'univers.
Une idée, une seule idée rassemble des êtres, les transforme, leur donne une raison d'être... Une force bouleversante.
Il suffit d'aimer et de croire avec persévérance... 
Il y a tant à faire...

samedi 4 décembre 2010

Embrasser les arbres

Enfant, mon grand-père, homme des bois, m'emmenait relever ses pièges, ramasser des champignons, à la découverte de son univers, du notre... C'est à cette époque que j'ai commencé à embrasser les arbres. Cela m'est venu tout naturellement, un appel, une envie... J'ai peu d'envie, mais celles que j'ai sont toujours puissantes. En embrassant les arbres je peux sentir l'énergie qu'ils concentrent, j'ai la sensation d'être en communion... avec l'univers. Ma première visite en Californie, c'est à un arbre que je la dois. 
Embrasser un Sequoia de plus de mille ans est une expérience émotionnelle étonnante, inoubliable ! Pénétrer une forêt de Séquoia dont le plus jeune à l'age de ce pays, ne peut pas ne pas vous émouvoir ! On prend conscience de notre terre, il semble y régner la genèse de ce que nous sommes.
Moins cependant que d'embrasser cette femme que j'aime, c'est dire depuis combien de temps, je l'aime... 

Nuit blanche

Trois heures, trois heures et demi, quatre heures et cinq minutes... tous ces mots qui ne cessent d'affluer, à la fois éveillé et endormi, comme égaré dans les limbes d'un esprit torturé... Impossible de les écrire, de les retenir, même. Essayer de les retrouver, il s'agissait de mots devant être lus comme la peau de cette féminité désirée, adorée, avec les doigts, les lèvres, les yeux... Les mots se précipitaient en un flot continu sans points ni virgules, sans sens évident, sinon de les prononcer tous, en les suivant. L'ensemble d'une apparente litanie, prenait alors vie, ritournelle éphémère constituant un avenir probable.
Pas tout seul c'est certain, un autre veille je le sens... Un esprit agité de trop d'idée... Dans ses idées aux bords tranchants et vifs comme des angles douloureux, des corps noueux couvert de soie pour adoucir le temps... Des hésitations passagères s'envolent et reviennent, regardent la pièce, à chaque geste pour les chasser, comme les corneilles noires elles croassent et puis sans que l'on sache pourquoi disparaissent... Enchevêtrement de calme et de fouillis, de fils tirés et de nœuds qu'il faut couper. Au dessus du lit s'élèvent comme des songes tout en arabesques, envahissants presque étouffants... Tous tout autour vie et danse, s'emmêle, s'emballe... quand tout à coup fulgurante une idée unique prend forme et naît effaçant le brouhaha l'agitation imposant le respect, nuançant noir et blanc, calmant chair et sang, apaisant corps et esprit... Slowly unravels in a ball of yarn...
Au dessus de mon lit un ciel lumineux d'où tombent des pétales petites et blanches ou sont-ce des flocons de neige cotonneux, plutôt qu'ils chutent ils restent suspendus comme en lévitation ; entre aube et aurore, le froid cristallise les sens, de part et d'autre de la seine deux âmes se calment... Comme pour couvrir les étoiles, au loin des nuages de sommeil arrivent au galop et surprennent l'esprit, détendent le corps, comme on tire un rideau.
Cette idée ne sera pas oubliée, pas comme mes mots que je cherche en vain et qui, pendant que de l'autre côté elle naissait, n'ont cessé de s'égrainer comme des mantras, formant une vision une fenêtre sur cette autre pièce où tout était agité...  

vendredi 3 décembre 2010

Vie à deux temps

N'étant pas plus adulte qu'ayant été enfant, j'ai l'impression d'être sur la touche, de ne pas être dans le jeu. De rare fois, une étrange sensation me fait accéder à quelque chose de différent de ce que je vis quotidiennement. La difficulté est de savoir si ces exceptionnels éclairs sont les tentatives d'une présence d'esprit ou les prémices d'une folie à venir ?
Si ce sont des éclats de lucidité, ce que j'entr'aperçois ne semble pas flatteur pour moi, trop souvent répétés, ils ne manqueraient pas de me conduire à la folie ! Quelle importance y a-t-il donc à chercher qui je suis, puisque dans tous les cas je cours droit vers l'asile ?
À moins d'être deux, depuis le début ?
Que penser de mon corps qui petit à petit sombre ? Alors qu'à l'intérieur, j'ai 18 ans ! Dedans, je rêve de pas de danse improbables, de sauts de l'ange, de nuages transpercés à la vitesse d'une chute, d'exploits et d'émotions... Dehors, j'aspire à de plus en plus de privations et d'efforts pour retarder l'inéluctable, l'insupportable. Me réconforte de règles en tout genre, d'un groupe, ai besoin de reconnaissance... Comment cohabiter ?
Je vis à deux temps, ou plutôt deux mouvements mais pas coordonnés, risquant le cisaillement à tous instants ! Tandis que dedans, je me joue du temps, m'amuse et apprends à me libérer, à exister. Au dehors je m'éprouve au fil des jours, cherche à me réchauffer, à me rassurer.
Nous ne pouvons pas avoir la même issue, c'est sûr, j'irai ailleurs... Esprit, aurai-je un autre corps ? Dans l'affirmative, j'aimerais choisir... avec mon expérience, j'ai constaté que deux ou trois détails ont leur importance pour profiter au mieux des plaisirs qui se présentent à vous.
Je ne suis pas seul, d'autres sont comme moi, même si nous sommes chacun, singulier... Et surtout, il y a celle que j'appelle, mon ciel ! Parce qu'elle est partout où mon regard s'échappe, qu'elle est constellée et qu'elle me donne des ailes et le cœur à laisser aller... Elle a cette retenue des premières vies, encore attachée à la raison, à la logique... Courageuse, acharnée et méthodique. Il ne lui reste plus qu'à tout lâcher pour accéder à sa pure créativité ! On dit qu'il faut sept vies pour s'émanciper, elle est précoce !
Une autre fois, peut-être, je parlerai du métier d'ange...

jeudi 2 décembre 2010

Précision et habituel dérapage...

J'essaye d'exprimer avec mes mots, plus ou moins maladroitement, ce que je ressens. Je ne me plains pas et ne fais l'aumône d'aucun sentiment, quel qu'il soit ! J’abhorre la pitié sous toutes ses formes, c'est un sentiment d'hypocrite et je méprise ceux qui en auraient pour moi ! Tant que faire ce peut, j'essaie de ne pas haïr, la haine rend bête ! J'aime, et alors tout est possible, ou je n'aime pas, et alors tout m'indiffère. Je ne juge pas !
J'écris avant tout pour moi*... Pour voir si je peux m’améliorer. Ce devrait être facile, je pars de rien. Ma vie, une peur de n'avoir aucun désir vrai, de n'être rien ! Autiste insoupçonné à l’intérieur duquel survit un fragile funambule, voilà ce que je suis. Ma seule réussite, ma seule persévérance, fut d'avoir sans cesses et sans compromis, échoué ! J'ai expérimenté l’Échec sous toutes ses formes, dans toutes les circonstances... À la naissance, déjà mes dispositions me prédestiner à sa conquête ! Là où d'autres abandonnent, finissent par se compromettre, j'ai fais preuve de caractère. Je préfère la beauté du geste à son bénéfice, je suis un esthète pas un homme d'affaires. La vraie jouissance est dans l'émotion d'un baiser, d'une caresse, d'un regard échangé, pas dans l'aboutissement, l'orgasme ! Le pendant de tout cela, c'est une exceptionnelle sensibilité, et un farouche besoin d'en parler... je cherche la façon la plus juste pour l'exprimer, pour m'en délivrer et pourquoi pas, la partager.
À ceux qui savent, l'émotion est toujours plus juste que la raison !


*Ce n'est pas tout à fait vrai ! 
C'est aussi pour un autre que moi, qui compte bien plus que moi et il faut bien ça... Un autre, à la fois semblable et bien trop différent pour que je ne le désire pas ! Un autre qui m'attire pour d'autres raisons que cet instinct saurien de perpétuer l’espèce. Un esthète qui enflamme mon désir et dans l’intimité duquel je m'enracine enfin. Un autre dont le corps exprime l'esprit comme pour mieux m'éblouir. Un autre que je devine et ressens tant et tellement que tout est difficile... Un autre bien mieux qu'un miroir, qui me fait accéder à ma réalité, à ma vie profonde, qui me libère de moi-même et me révèle toute la valeur et la puissance de mon existence. Un autre qui réveille mes souhaits perdus d'enfants, mais aussi, parfois, mes peurs...


mercredi 1 décembre 2010

I know, but I try !

Incapable de renoncer à... elle !

Tant de difficultés à m'endormir chaque soir et toujours cette envie de pleurer au milieu des rues ! Est-ce de me sentir tellement humilié que je ne peux m'empêcher de me diluer ? Est-ce de constater mon incapacité à répondre à ces interrogations qui m'obsèdent chaque jour d'avantage ? Est-ce de comprendre que je suis en train de disparaître pour n'avoir su me compromettre ?
Et cette fatigue neurasthénique, cet abattement mélancolique, plus invalidant que la fainéantise ? Je n'avais pas de passé, ne me voyais pas d'avenir, jusqu'à ces dernières années, qui maintenant me rongent, m'isolent de tout, de tous ! Je n'ai de force et de courage que pour me battre contre mes jours de haine. Quant à mes jours d'espoir, je fonds en larmes d'avoir failli la veille... Tantôt mon propre ennemi, tantôt mon seul allié, je me massacre. Tout comme je me sépare petit à petit de ce que je possède, je me sépare de ceux que j'aime. Les uns après les autres j'abandonne aussi ces petits gestes ordinaires et quotidiens, pourtant essentiels.
Certes, je portais en moi une faille... c'est aujourd'hui un gouffre abyssal ! Qu'ai-je donc dans les veines, qu'ai-je donc dans la tête, sinon une nuit d'encre noire et froide ?
Je dois reconnaître, bien qu'habitué à tous les renoncements, je suis incapable de renoncer à... elle !
Peut-être parce qu'elle me rendait capable de créer quelque chose qui n'exigeait pas le “je” !

dimanche 28 novembre 2010

Une infinie présence

Avant l'aube, une sensation plus légère, presqu'un soulagement... 
Après toute une semaine sous dépression, infiniment seul.
Une vague impression... 


Une infinie présence.
 

vendredi 26 novembre 2010

Un message, une ombre, un choc...

Vendredi 26 novembre 10h54, Gmail m'indique l'arrivée d'un message, ainsi que le nom de son expéditeur...
Quelque part dans le monde une ombre file, nerveuse, courbée, à la main une Kalachnikov AK-47, le «tacatacata» si particulier à cette arme annonce le sang. Les projectiles vrombissent en filant à sept cents mètres seconde. L'air tremble de l'onde de choc qui les précède. La première balle de 7,62 mm, chauffée à blanc par le frottement de l'air, déchire la chair, brise la dernière côte à droite et... éclate le foie ! Il est 10h54.
C'est encore trop rapide, imaginez la scène au ralenti, image par image, jusqu'à distinguer la première balle qui s'approche, les autres qui arrivent...
J'ouvre le mail, vingt-six mots en rafale, écrits à la hâte... laconiques.
Le haut du corps semble s'être vidé de tout son sang, le visage prend la couleur de l'âme. Les muscles des jambes brûlent, se tétanisent... Vingt-quatre autres balles sifflent comme des guêpes, un impact sourd, plus haut, plus à gauche, la vingt-sixième porte un nom gravé dans le plomb, le corps s'effondre, hagard... Il est 10h55.
Est-ce l'ombre d'une femme qui passe ?


jeudi 25 novembre 2010

À l'aube de moi

Que m'importe mon sort ! Je ne renonce pas plus que je ne dénonce, je me débats, pour obtenir mon compte de plaisirs avant qu'on me camisole, qu'on m'isole... Mes déraisons valent bien la raison de certain. Personne n'est plus grand que moi, seulement différent ! C'est ce que je me dis comprenant qu'affublé d'une intelligence trop singulière pour être utile, j'ai besoin des autres et plus précisément d'un autre. Un condensateur d'idées, un draineur de mots, un agitateur d'émotions... Un sujet, une idole, un bourreau, une muse, et tant qu'à faire, plaisante à regarder et à caresser... souffrir d'accord, mais pas sans quelques éclats de plaisirs.


lundi 22 novembre 2010

Comme ça vient

Je n'avais que cela en tête durant tout le trajet de retour, et puis j'ouvre l'ordinateur et tout disparaît ! Le ventilateur de mon ordinateur portable est désaxé, il est si bruyant qu'il m’empêche de penser... J'avais une perle, une belle perle aux reflets verts et dorés, elle était fine et poudrée au touché, je l'ai égaré... Je suis aussi désolé qu'un mausolée effondré... En revenant, de là où je me trouvais, dans la voiture j'étais absent, c'est ma peine qui conduisait, moi j'imaginais mon autre vie. J'aime bien imaginer cette autre vie que je n'ai pas vécue sinon par le biais de mon imagination, mais que je pourrai vivre. Cela me réconforte, il faudrait que je note tous ce à quoi je pense, mais c'est chaque fois la même rengaine, une fois chez moi, je m'assieds, j'ouvre mon ordinateur, me relève pour me faire un Thé, me rassieds et … je ne sais plus ! Tout petit déjà, ça me faisait ça ! Bon sang quel boucan, je l'ai posé sur une grille de four pour qu'il respire et chauffe moins, mais ce n'est pas pratique pour écrire, ça bouge tout le temps... Où en étais-je, ah oui cette autre vie, je pourrai en faire un sujet d'écriture, mais elle est inintéressante tout s'y passe trop bien... Et celle que je vis, l'est-elle ? Je suis inquiet de ma jolie perle aux reflets verts et dorés, peur qu'elle ait froid qu'elle perde son éclat. Avec cette pluie incessante. Avez-vous déjà tenu une perle dans vos mains ? C'est doux et tiède de votre propre chaleur, vous la posez et c'est alors tout frais comme les fesses d'une femme aimée. Selon la lumière, ses reflets varient et vous ne vous lassez jamais de la regarder, elle vous apaise... Je reviens du marché, enfin plus exactement du Baron Rouge, on y boit du vin, rouge ou blanc selon qu'on y déguste du fromage ou des huîtres, debout sans manières, on salut les visages reconnus, alors forcément on s'y sent bien. Il y avait une jolie petite brune, avec des yeux de braise et des lèvres généreuses comme des grenades, à ses mains, on devinait un corps sec et ferme, mon pote n'arrêtait pas de me faire du coude, j'avais bien remarqué mais moi ce qui me manque plus que tout, c'est de dire : je t'aime ! Un vrai, un de ceux qui vous exposent aux tempêtes, qui vous montrent tel que vous êtes... Le vin désinhibe et me rend trop sensible, tout devient plus... difficile, une sieste s'impose... J'ai toujours en tête, la première, la seule, encore aujourd'hui comme si c'était hier, sur un balcon un après-midi à Capri... Rêver d'elle me bouleverse encore, c'est bon signe ?...
Quelle trêve, j'ai dormi comme une pierre sans rêves, fatigué par tous ces matins tôt levé et par toutes ces soirées tard couché. Lui, n'a pas cessé de ronronner, tenté quelques décollages, pour aller où ?... Ses cheveux poussent-ils, danse-t-elle, rit-elle ? Se penche-t-elle à sa fenêtre pour un autre qui se fait attendre ne sachant pas qu'il ne faut pas faire attendre les fleurs pour éviter qu'elles se fanent. Chaque fleur est un sexe, pensez-y en y enfouissant votre nez. L'odeur est l'intelligence des fleurs disait Montherlant, j'ajouterai que la subtilité est l'élégance de la féminité... Au marché j'ai acheté de la Mâche, pas en sachet, de celle qui a du caractère, avec l'idée de faire une purée sur laquelle je hacherai la Mâche, cela donne un goût subtile, végétale et délicat comme cette femme qui m'habite... L'intimité, seul, c'est un besoin culturel ; à deux c'est une envie, offerte et partagée, un miracle permanent ! Je suis une nature plutôt intime, qui préfère à tout autre plaisir la solitude à deux, c'est tout moi, monsieur Allais !... Au marché, j'ai aussi acheté des fleurs pour ma cadette dont c'est la fête, mon pote, m'a ramené sur son deux roues, enfin trois, heureusement. Derrière assis en hauteur je tenais le bouquet et mon sac-caba, jaune chantier, duquel dépassait deux bouteilles à étoiles d'un litre de vin tiré du tonneau, une botte de cèleri-branches et une baguette de pain... Je pensais à sa tenue à vélo, habillée de son manteau, distinguée, un peu détachée, tout en fluidité... Tant de détails me hantent et m'accompagnent. J'ai tout à coup l'envie d'une brassée de fleurs odorantes, d'un bouquet de vertiges...
  Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd'hui, dimanche, j'ai la sensation que c'est une sale journée qui a commencé ! Il est sept heures et demie et une indéfinissable sensation d'être tout à coup un peu plus seul, m'oppresse. Mon bouquet de vertiges, hier rêvé, prend l'aspect d'un bouquet de vestiges, aujourd'hui piétiné ! Quelle étrange sensation, non sans me rappeler septembre dernier... Je regarde ces photos prises hier soir, ces deux chats qui s'enlacent et se lèchent. Il m'a été demandé pourquoi je photographiais toujours ces chats ? Je ne savais plus quoi répondre, certains actes perdent si vite leur sens !
Une lettre à ma fille pour lui dire que tout n'a pas forcément de sens, mais que les convictions du cœur donnent un cap... Voyons voir cette Mâche...
  Ce matin, le temps ne s'arrange pas, froid et humide, cruel ! Une lueur blafarde m'indique que le jour se lève. De la fenêtre de mon bureau, je vois le ciel, il est si bas et uniformément gris que l'on ne sait plus où il commence où il finit ! Il faut vraiment me dépoussiérer et recommencer à voyager... Pour le reste, je préfère ne pas y penser... c'est comme le temps, bas et gris, sans reliefs, sans avenir...

jeudi 18 novembre 2010

Pensées obsessionnelles...

"Deux doctrines opposées ne sont que des déviations de la même vérité. Passant de l’une à l’autre, on ne change pas plus d’idéal qu’on ne change d’objet quand on contemple un même objet sous ses faces différentes."
Henri de Montherlant.
                              ***
À mes yeux, elle est belle, mais aux siens je n'étais pas beau. Il ne s'agit pas là d'apparence, mais d'immanence. Bien que...
                              ***
Bien que conscients, dans l'espace et le temps, que tous ces mensonges et abus sont, sans doute, muent par une prétention soucieuse tout autant que désespérée, de vouloir contrôler sa vie, le monde autour de soi plutôt que de s'y abandonner, et qu'aucun présage ne semble indiquer que cela changera... Malgré tout cela, je me surprends à être toujours partant, toujours croyant. C'est dire ce que je ressens... 
A peine un mot dit d'elle et c'est un appel ! Maudit soit-il... Ainsi soit-il...
                              ***
Cet amour que je lui porte relègue la magnanimité et la compassion à des artifices de charmeur sur le retour, de dragueur de la dernière chance ! Même mon étonnante empathie ne peut en venir à bout. C'est une bête féroce et puissante, Bukowski l'appelait : "le chien de l'enfer" !
                              ***
Il est des silences lourds d'incompréhension, aux relents nauséabonds de lâchetés... Et je pense à ces mots de Racine, "Je l'ai trop aimé pour ne point le haïr." D'Andromaque à Cassandre, la tragédie Grecque est bien en dessous de la réalité psychologique de ces êtres que nous sommes, massacrés autant par nous-mêmes que par ceux qui nous ont engendré. Tentant de se redresser.
                              ***
La transmission se joue du temps, la communication de l'espace. Le second est infiniment plus fragile, sans doute parce que dans un certain sens il dépend du premier. Il est pourtant infiniment plus utile dans les affaires de cul, les affaires de cœur, les relations humaines.
                              ***
J'avais pour elle tant de mots que je n'avais pas le temps de les écrire, certains étaient beaux, d'autres naïfs, puérils, mes mains ne pouvaient tous les contenir, occupées qu'elles étaient à rêver de sa peau.
                              ***
Jamais sans courage je passais de l'espoir au hurlement, repoussant toutes incertitudes, méprisant l'évidence, ne faisant corps qu'avec mes tourments. Avançant tel un don Quichotte, habité !
                              ***
"Love is just another dirty lie. I know about love. Love always hangs up behind the bathroom door. It smells like Lysol. To hell with love." Ernest Hemingway.
C'est là un coup de sang !
Lorsque l'on sait ce qui l'a poussé à en finir, on comprend qu'il ne soit pas donné à tous de savoir aimer, ou d'en prendre le risque...
                              ***

Je lui aurai donné mon sang, connaissant la valeur de sa vie. Et tant qu'elle me soufflait que rien n'était défini, tout était permis... J'avais confiance en elle, même en sachant qu'elle ne me disait pas... tout !
                              ***
Gérard de Nerval, Ernest Hemingway, Jack London, Romain Gary, Anne Sexton, Henri de Montherlant... poètes, écrivains, que j'admire... Quel effroi de découvrir que le seul acte qui les unis et qui soit à ma portée, ait quelque chose de définitif qui me donne le vertige ! Essayons d'en atteindre d'autres en attendant de bonnes raisons.
                              *** 
Intimement, je sais que j'étais dans le vrai. Trop intimement peut-être ?
                              *** 
Tant de mots inutiles et extraordinaires.
                              ***
Sensation... de froid intérieur...

                                                                            

dimanche 14 novembre 2010

Le son du silence

S'il m'arrive d'être volubile, ce n'est que pour deux raisons :
 - un sentiment si puissant que je ne peux contenir ce que je ressens, qu'il me faut l'exprimer à l'intéressée, par tous les moyens dont je dispose...
 - apaiser l'autre, par mes paroles, le réconforter, l'empêcher de se noyer dans ses pensées, changer ses idées, le remettre sur pied.
Certains, très peu... à ma connaissance un, ou plus exactement une (!), me donne ces deux motifs d'être si prolixe, trop même ! Faiblesse ou revers de ce don d'apaiser que viennent chercher ceux qui m'approchent ?
Parce que ma nature profonde me porte plutôt au silence. Le Son du Silence ! Il me ressource, me soulage de toutes ces tempêtes que je récolte des autres...
La nature, le ressac de la mer, le vent, le chant des oiseaux... et certaines œuvres musicales s'en approchent. Mais seul le silence aiguise vos perceptions sans les influencer, vous révéle à vous-même. Vous modifie profondément, psychiquement et même physiquement. Répare vos sensations, huile leurs transmetteurs, recharge votre créativité, fait le grand nettoyage, éclaircit.
Cependant, une fois, bien que l'ayant pratiqué assidûment durant huit mois d'affilé... Et bien, pour la une déjà nommée, il n'a rien changé, rien réparé, rien effacé... Bien au contraire, il n'a fait que me la révèler, plus que moi-même ! 
Pourquoi une telle épreuve, un tel prix à payer ? Me faut-il bâtir un Taj Mahal ?

"A poet is a fellow who spends his time thinking about what it is that's wrong, and althought he knows he can never quite find out what this wrong is, he goes right on thinking it out and writing it down. 
A poet is a blind optimist.
The world is against him for many reasons. But the poet persists. He believes that he is on the right track, no matter what any of his fellow men say. In his eternal search for truth, the poet is alone.
He tries to be timeless in a society built on time."
Jack Kerouac

Avant un peu de silence, deux ressentis :
 
 


vendredi 12 novembre 2010

Tout le poids de la déception


La déception est proportionnelle à l'imagination, à l'innocence.
Celle d'un enfant est bouleversante, elle réveille vos peines les plus profondes.
Dans certains domaines, mon imagination n'est pas ordinaire...

Le poids de nos paupières


Il suffit de si peu pour que tout disparaisse... 
L'indifférence et le mépris n'auraient donc que le poids de nos paupières ?

Equilibre précaire

Parfois le passé vous rattrape comme une claque !
Perdre un père, un amour... perdre ses repères, se perdre un peu, beaucoup !
Puis se reprendre, se relever non indemne, parce qu'il faut continuer. 
Se remettre en péril, vivant sur le fil plutôt que par procuration...
Certaines choses vivent en nous plus que d'autres. De ce dont on se rappelle, quelle est la part de vrai, quelle est celle que l'on s'est dessinée ?
Finalement ce qui fait la profondeur de chacun de nous, ce sont nos fantômes, et notre capacité à garder l'équilibre.
Ainsi qu'à choisir ceux qui nous entourent.

mercredi 10 novembre 2010

Aphorismes

La mer mêlée au soleil, on ne peut l'admirer avec les yeux, tant elle est vaste et partout semblable. C'est l'éternité, disait Rimbaud . Il faut laisser le regard s'y perdre. Se faisant, la tension se calme, l'esprit doucement s'apaise et contemple alors la mer tout entière, éblouissante !
                                         ***
C'est à cause de leur figure de méchanceté, de leur face d'enseigne... De ces visages en biais, ces regards excédés, qui annoncent la bêtisent plus qu'ils ne la dénoncent, qu'on fini par détester les autres et prendre à notre tour une figure mauvaise. Il faudrait instaurer un permis d'expression et imposer des règles à toutes les gueules d'empeigne afin qu'ils ne déversent pas, à tout va, leur amer dedans.
Manifester la souffrance ne devrait être que l'apanage des gens d'émotions. De ceux dont la douleur ne prend pas au dehors une gueule d'aigreur. De ceux qui, lorsque l'on plonge dans leurs yeux, envahi par leur douceur on saisi combien la peine requière bien plus de cœur que d'estomac !
                                         ***
Il y a tant à saisir dans un regard, si fugace soit-il,
l'attentive douceur qui veille sur celle qui est regardée,
l'indiscrétion espérée découvrant les ombres et les peurs, 
le murmure de fragiles et rares tendresses,
une caresse, de celle qui fait briller,
le sentiment d'exister, pour un autre que soi...
                                         ***
J'ai, comme tous, eu cette peur qu'elle ne me désire plus... 
D'apprendre qu'elle ne m'a jamais désiré, c'est comprendre subitement le sens de la locution : double peine !
                                         ***
Deux choses me font peur, la maladie et la rue ! Mais des deux, la pire est la rue, parce qu'il n'y règne que le mépris !
                                         ***
Empêtré dans ce syndrome de Cassandre, je finis par constater, non sans amertume, que les réalités immédiates, bien qu'éphémères car inéluctablement irréalisables, condamnent les possibles essentiels ou idéals.
                                         ***
À force de prendre mes illusions pour des projets, ma réalité est devenue un cauchemar !
                                         *** 
L'ingratitude, un sentiment qui pousse secrètement à souhaiter l’amnésie, la maladie d'Alzheimer ! 
                                         *** 
Se perdre, s'abîmer entre n'importe quels membres pour ne plus y penser, se vautrer dans le stupre, faire pleurer plutôt que pitié, baiser plutôt qu'être abusé... 
En serai-je capable ?
                                         *** 
Sans que j'y prenne garde, parfois la colère me gagne. La tête comme un nid de guêpes, je rêve de haine. Je ne ressens plus que mes plaies... Heureusement, chez moi, la tristesse l'emporte toujours et mes larmes discrètes, noient cette soudaine velléité de nuire.
                                         ***
Vous est-il arrivé de l'admirer sans vous lasser, pendant qu'elle dormait ?
De la veiller comme un enfant, sans bouger, pendant qu'elle rêvait ? 
D'être éveillé plein d'une rassurante tendresse lorsqu'un cauchemar l'arrachait à son sommeil ?
Alors, vous ne serez jamais plus le même ! 
                                         ***
Si nous pouvions voir nos âmes, la mienne aurait l'aspect d'un cadavre, autopsié par des bouchers !
                                         *** 
J'essaie de combattre l'intérêt que je prends pour elle, je me figure ses yeux, ses joues, son nez, ses lèvres, en pleine putréfaction. Rien n'y fait : l'indéfinissable qu'elle dégage persiste. C'est dans des moments pareils que l'on comprend pourquoi la vie a réussi à se maintenir, en dépit de la connaissance.
                                          *** 
On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose. E.M.Cioran.

mardi 9 novembre 2010

Apostasie


Préférer à mes croyances passées cette folie déjà pressentie.
Lucidité, cynisme...
Et débauches, pour tenter d'oublier par courts instants...

jeudi 28 octobre 2010

À celle qui coule dans mes veines

Veilleur

A vif

Aujourd'hui encore je m'effondre... 
Un jour, quand j'aurai perdu tout espoir, je me prendrai à bras le corps et je m'emmènerai là-bas, vers mes quelques jours d'amour...
Ma vie a été un brouillon, je voudrais une autre feuille pour la refaire au propre.

Always in mind

La lumière particulière d'un lieu d'ascèse un peu austère
Le blanc rêche et rigoureux du linge de bain et de lit en lin
L'odeur de pin de la lessive Kitz et celle de l'huile corporelle à la prunelle
Les bougies parfumées aux essences de Myrrhe ou Feu de bois
La douceur sèche et poudrée d'une peau blanche constellée

mercredi 27 octobre 2010

Deux êtres au bord d'eux-mêmes

À peine un mot dit d'elle c'est un appel
Un déchirement du fin fond des temps,
Alors l'être que je cherche enfin s'éveille
Se redresse, se rebelle, cri du dedans
À peine un geste d'elle, il est Caïn, je suis Abel
Il m'éventre pour sortir tel un hurlement
Tout deux sommes fous de passion pour elles
Parce qu'elle est aussi deux, poussée par le même vent
Deux êtres au bord d'eux-mêmes en quêtent d'ailes
Deux équilibristes entre doutes et tourments

Chemin


Aller en soi-même, n'y rencontrer personne. 
Devenir intimement soi, s'harmoniser du dedans ! 
Et le soir venu, pouvoir partager et se réchauffer de celui qui comprend...
C'est un chemin qui n'a pas d'autre fin que celle du pèlerin.

lundi 25 octobre 2010

" Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point."

Les mots prennent dans la poésie un sens qui me touche. Et, bizarrement la magie opère, je comprends ou plus honnêtement, je suis plus à même de comprendre. L'émotion exacerbe tous mes sens, je remarque tout, je n'oublie rien, mes accès de lucidité, ma vivacité à saisir le fugitif m'impressionnent, je n'en suis pas maître, c'est un don offert.
Je suis en fait plus disposé à comprendre ce qui m'entoure par l'émotion, l'analyse est pour moi secondaire, elle m'aide à vérifier mes perceptions. Lorsqu'il y a conflit entre l'analyse et le ressenti tout se complique. Je suis avant tout un indéfectible romantique. Quand j'aime, je ne le fais pas à moitié, je me donne tout entier.
Alors, pour résoudre ce conflit, je tords le sort, déchire la fatalité, je me bats contre tout, surtout contre moi... Parce qu'à mes yeux, la pire des souffrances serait de n'avoir pas tout tenté, l'impossible compris, pour y arriver ! Sans doute parce que je suis un homme de cœur. Mes convictions sont pures et puissantes, elles sont aussi rares et me viennent d'ailleurs comme un message, comme une voie... Et ça, l'analyse ne l'explique pas, il n'y a que le cœur pour comprendre cela ! Je rejoins Pascal pour au moins une de ses pensées : " Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point." 
J'imagine que "l'analyse" peut tenter d'expliquer l'univers, l'émotion elle, vous l'ouvre !

vendredi 22 octobre 2010

Obsession

Cela m'obsède tant que je me fuis moi-même. Je m'observe à essayer en vain d’aligner des mots, mais rien ne vient. Seule mon envie existe, elle surchauffe mes nuits, rend mes jours glacials. Comme une pression dans l'âme et dans les veines. Un chien fou me tenant de l'intérieur, me secouant en tous sens.
L'eau si pure quand elle est calme se trouble dès qu'on l'agite, de ce limon qui en tapisse le fond. 
Mon envie est pourtant belle...

jeudi 21 octobre 2010

Indices...

La tenir dans mes bras c'est accéder à toutes mes possibilités...

Qu'elle accepte mon regard, me voilà pourvu d'ailes
Qu'elle pose ses lèvres sur les miennes, me voilà immortel !

mardi 19 octobre 2010

Elle...

Son corps est un instrument si sensible qu'à son approche, je vibre 
Apprentis virtuose, je la hume, tourne autour, finalement ose et l'effleure 
La frôle, la touche, du bout des doigts, du bout des lèvres et j'ai la fièvre
...
mais déjà tenir sa main, c'est bien...

lundi 18 octobre 2010

Parce qu'elle a aimé

I'd like to live in front of your home...
your window would be my window , your room, my outside and you my sky.



jeudi 14 octobre 2010

"Passages"

Chacun est extraordinaire. Il est seul à s'en apercevoir. Découragement ! Enfin, il finit par s'y faire... puisque personne d'autre que lui ne le remarque.
Mais voilà que dix, quinze ans passent et quelqu'un d'autre, également, le trouve extraordinaire. Merveille. Être aimé. Et l'autre aussi, comme c'est étrange, justement l'autre aussi est extraordinaire, unique, vraiment unique. On n'eût pu l'imaginer... et elle est, naturellement, belle, mais surtout unique, unique.
Amour ! Il est soulagé du poids de sa personne, du poids de sa vie, de ses journées, de ses occupations et soulagé de la propriété à la fin lassante de sa personne.
Quelle merveille ! Qu'est-ce qui ne va pas arriver ? Plus rien n'est impossible. Il atteint sans effort le haut du monde.
Dans la suite, tout d'un coup, ce poète souvent doit apprendre beaucoup de prose...
Henri Michaux  

mardi 12 octobre 2010

Au bout d'un lourd et long silence, raviné par l'eau d'un coeur au bord de l'épuisement, déshumanisé, desséché... Une pluie, douce et tiède, vient de s'abattre sur moi et tout semble renaître...

samedi 25 septembre 2010

Le goût de la peau


Tout comme son âme, sa peau, pâle et poudrée, me fascine ! C'est elle qui me donne l'envie d'intimité, elle comble quatre de mes sens... Ainsi que le sixième, tant déjà à distance, elle m'allèche, elle m'exsangue... Errer, émerveillé, tout autour de son corps n'est qu'une succession d'émotions puissantes. Il s'y cache une source, délicate, généreuse, qui m'envoûte, me bouleverse... là où la peau se plisse, là d'où la vie s'immisce.