Quand je cours, c'est à tire d'ailes, pour que le vent chasse les peines, les peurs, emmêle les humeurs en une centaine d'éclats de rire, me donne la sensation d'avoir des ailes, des ailes pour elle.
Debout et fier je déploie sèchement mes ailes, blanches immaculées, aussi grandes que moi. Les muscles de mon dos sont tendus à craquer, l'effort se lit sur mon visage. Je semble tout à coup plus austère, mes veines affleurent et rampent tout le long de mon corps. Je serre les poings et non sans un sourire exprimant une fierté réprimée, fais claquer dans un éclat de tonnerre ces deux ailes devenues souveraines. Le souffle ainsi créé, balai tout autour de moi. Deux, trois coups comme celui-ci font naître tumultes et fracas, m’élèvent de quelques mètres, tel un christ suspendu et vénéneux. Je ne ressens plus qu'une étonnante vigueur qui me parcourt et rien désormais ne peut me résister. Je me cambre et bande tous mes muscles, prêt pour ce coup de reins élévateur, ultime acte de puissance et d'existence. L'envol et l’atterrissage sont les moments les plus extraordinaires, mélange de force et d'élégance, où l'on perçoit que cette toute-puissance n'est jamais vraiment sous contrôle et ne vous appartient qu'en partie...
Je regarde passer les anges, et constate qu'ils ne paraissent jamais vieux. Meurent-ils jeunes ? Dans des accidents de vols ? Serait-ce dangereux ? Peut-on percuter un avion, une fusée ? Ou, par excès quitter tout à coup l'atmosphère et ne plus pouvoir revenir sur terre sans finir brûlé ? Un peu comme être amoureux ? Parce que tout ça, c'est bien pour tenter de lui plaire. Montrer son courage, son assurance, s'arracher de la terre et hurler au ciel ce que l'on veut faire.
Si je portais ces ailes, je l'embrasserai et délicatement, sans bruit, je les déploierais et l'entourerais pour qu'elle sente leur étonnante robustesse, leur énergie, leur chaleureuse protection. Puis je lui murmurerais doucement de s'agripper, avec les bras, avec les jambes, comme elle le fait parfois, et nous envolerais, à tire d'ailes...
Les imaginer, n'est-ce pas déjà les avoir ?
Et mes mots, ne sont-ils pas ces ailes ?
Une certitude, mes ailes sont pour elle !
(journal de mes sensations)
lundi 20 décembre 2010
Trâces de paradis
Parfois on espère un geste simple, une attention particulière... Un petit rien, rêvé, souvent évoqué en une demande camouflée ou codée tant on désire qu'elle soit un souhait partagé.
Au moment où les circonstances l'appellent, il ne se produit pas...
Alors on s'en veut d'avoir voulu pour soi quelque chose que seul un autre peut offrir, de notre faiblesse d'avoir parfois besoin de ces petits rien qui vous indiquent ce désire que l'autre à de vous. Non pas pour vous rassurer de ses sentiments à votre égard, mais plutôt comme un geste fort de reconnaître en vous cet autre unique ou rare (c'est selon...), dont toutes les intimes singularités sont acceptées, et peut-être même appréciées.
Moi, je suis un peu comme cela, j'ai un côté primaire, avec ce besoin d'être, dans mon animalité, reconnu par l'autre comme étant de la même meute. Je ne suis pas comme ça dans le seul but de recevoir, je le suis en entier. Ne vous avisez pas de toucher, contre son gré, à cet autre qui m'accompagne, vous le regretteriez.
Bien qu'étant aussi un être d'esprit, ordinaire s'entend, j'aime cette animalité. C'est la source de la sensualité, l'éveil de l'émotivité. L'intimité, c'est notre paradis dès lors qu'on la partage. On y est au chaud, à l'abri. On y est soi dans toute sa vérité nue, même l'esprit ne peut rester caché. On s'y répare, on s'y rassure, on se recharge... C'est essentiel si l'on veut survivre.
Au moment où les circonstances l'appellent, il ne se produit pas...
Alors on s'en veut d'avoir voulu pour soi quelque chose que seul un autre peut offrir, de notre faiblesse d'avoir parfois besoin de ces petits rien qui vous indiquent ce désire que l'autre à de vous. Non pas pour vous rassurer de ses sentiments à votre égard, mais plutôt comme un geste fort de reconnaître en vous cet autre unique ou rare (c'est selon...), dont toutes les intimes singularités sont acceptées, et peut-être même appréciées.
Moi, je suis un peu comme cela, j'ai un côté primaire, avec ce besoin d'être, dans mon animalité, reconnu par l'autre comme étant de la même meute. Je ne suis pas comme ça dans le seul but de recevoir, je le suis en entier. Ne vous avisez pas de toucher, contre son gré, à cet autre qui m'accompagne, vous le regretteriez.
Bien qu'étant aussi un être d'esprit, ordinaire s'entend, j'aime cette animalité. C'est la source de la sensualité, l'éveil de l'émotivité. L'intimité, c'est notre paradis dès lors qu'on la partage. On y est au chaud, à l'abri. On y est soi dans toute sa vérité nue, même l'esprit ne peut rester caché. On s'y répare, on s'y rassure, on se recharge... C'est essentiel si l'on veut survivre.
vendredi 17 décembre 2010
Mon sujet, ma muse
Je m'étonne de mes mots actuels, ils ne sont plus tout à fait les même qu'ils étaient il y a quelque temps. Le sujet reste, quant à lui le même, enfin pas tout à fait, lui aussi change, évolue. Mes mots s'adaptent à ce sujet, comme lui, ils évoluent, prennent de la profondeur ou, du moins, une autre dimension. Il n'y a là, ni regret, ni satisfaction exagérée, juste la constatation d'une belle réalité. À dire vrai je trouve cela encourageant, même si je sais que je ne pourrai jamais cerner mon sujet, tant il est vaste et changeant, tant il y a à dire. Mais constater que l'ensemble, mots-sujet, avance, se transforme, vie, me réconforte.
Moi aussi j'avance, je réussis même à m'éloigner de mon sujet comme pour y revenir plus pertinemment. De façon elliptique je tourne autour. Je l'observe de plus loin, puis de plus près, me recul à nouveau me rapproche au plus près, etc. Je le découvre dans toute sa dimension, il devient mon univers, j'en visite avec attention chaque nouvelle étoile découverte ainsi que toutes ses planètes.
Si, à mon échelle, il existe une éternité, c'est mon sujet ! Quand bien même je parlerais de la pluie et du beau temps, ce ne serait pas éloigné de lui. Je parlerais de sport, de santé ou de travail, je le retrouverais. Donnez-moi n'importe quel thème, sur lequel plancher, je retombe sur mon sujet. Il est pour moi universel, il attise ma créativité.
Monsieur Aragon, si je n'ai pas votre talent c'est par souci d'équilibre, tant les yeux de ma muse vous feraient oublier ceux d'Elsa.
Voilà c'est dit, il le fallait. Vous voyez bien que je retombe toujours sur mon sujet, il est mon équilibre. Mon sujet est ma muse et je n'ai pas fini de vous en parler.
Moi aussi j'avance, je réussis même à m'éloigner de mon sujet comme pour y revenir plus pertinemment. De façon elliptique je tourne autour. Je l'observe de plus loin, puis de plus près, me recul à nouveau me rapproche au plus près, etc. Je le découvre dans toute sa dimension, il devient mon univers, j'en visite avec attention chaque nouvelle étoile découverte ainsi que toutes ses planètes.
Si, à mon échelle, il existe une éternité, c'est mon sujet ! Quand bien même je parlerais de la pluie et du beau temps, ce ne serait pas éloigné de lui. Je parlerais de sport, de santé ou de travail, je le retrouverais. Donnez-moi n'importe quel thème, sur lequel plancher, je retombe sur mon sujet. Il est pour moi universel, il attise ma créativité.
Monsieur Aragon, si je n'ai pas votre talent c'est par souci d'équilibre, tant les yeux de ma muse vous feraient oublier ceux d'Elsa.
Voilà c'est dit, il le fallait. Vous voyez bien que je retombe toujours sur mon sujet, il est mon équilibre. Mon sujet est ma muse et je n'ai pas fini de vous en parler.
jeudi 16 décembre 2010
Se reprendre
Je ressens tout à coup le besoin vital de bouger.
Ce matin, m'étant pesé, je suis resté atterré de constater le poids de mes derniers excès. Consternation, mon corps a comme enfilé un manteau pour l'hiver et j'ai maintenant trop chaud. Il faut que je me reprenne, agiter mes nerfs, m'inquiéter, bouger, avancer...
La nature m'a constituée comme je suis et je ne peux rien changer de ce qu'elle m'a donné. Cependant c'est à moi qu'incombe l'entretien de ce don. Hors de question de céder à l'abandon. Pas vraiment gâté par cette Mère joueuse, il me faut bien compenser par des efforts pour valoriser ce peu, mais déjà bien, reçu. Sans en faire l'inventaire, je dirai que mon équipement manque d'harmonie. Par exemple, je me perçois plus gros que je ne le suis ; mes aspirations amoureuses sont exagérément disproportionnées en comparaison de mon taux de testostérone ou de mes attributs du genre ; mon cœur me fait penser à un moteur Rolls Royce équipant une Trabant... Bref, mes intentions, je dirais même mes prétentions, pourraient paraître démesurées en comparaison de mes qualités d'origine, si je ne me donne pas les moyens, si je n'utilise pas tous les outils dont je dispose, à la limite de leur rupture, pour les réaliser.
Il faut que je lui plaise et que je ne la déçoive pas ! Je désire tant la satisfaire... Elle est belle, courageuse, magnifiquement fragile et délicate. Et si tout à coup elle comptait sur moi, être à la hauteur ne serait pas suffisant, il faut que je sois un peu au-dessus...
mardi 14 décembre 2010
Un peu plus d'intimité...
L'emmener là, d'où je viens, dans cette campagne douce et généreuse qui m'a bercée, c'est un peu lui montrer ma source, l'endroit le plus fragile, l'endroit préservé que si peu connaissent. C'est dévoiler mes simples racines, leur partie souterraine ; le temps de tous mes contes d'enfant, l'origine de mon énergie de vie.
Que pensera-t-elle ? Elle, dont les racines sont si extrêmes, si sauvages et si majestueuses. Habitée qu'elle est, d'infinis paysages de lacs purs et sans fonds ; de gigantesques montagnes, perpétuellement enneigées ; d'immenses forêts de Mélèzes aux parfums enivrants ; de plaines qui ne semblent jamais finir... Dont le climat, à l'image de cette nature y est extrême et contrasté ; la vie, une victoire de chaque instant. Espace, où vous ne pouvez qu'être prédateur ou proie !
C'est de là que lui vient cette force, cette étonnante détermination. C'est de là que lui vient ce regard perçant, qui voit toujours plus loin, qui prévient comme le fait le glatissement de l'aigle dans la limpidité du ciel...
Tandis que ma nature est calme, apaisante. S'il y a parfois du vent, c'est une caresse pour rafraichir et faire chanter les arbres ; s'il y neige, c'est pour étendre un voile de silence et accentuer l'odeur du feu de bois. L'hiver, seules les cloches du village et quelques corneilles, font parler d'elles. L'été, l'air y est doux, empli de gazouillements d'hirondelles. Dans la nuit noire, la chouette ulule comme un phare éclaire en mer.
Je sais que son cœur est grand, bien plus qu'il ne faut pour comprendre... tout comme mes jambes sont puissantes, bien plus qu'il ne faut pour la suivre ou la porter...
Je sais que son âme verra ce que la mienne contemple, tout comme la mienne ressent ce que la sienne réclame...
C'est un peu plus d'intimité qui nous lie...
lundi 13 décembre 2010
Chaos originel
Vous ai-je déjà parlé d'elle ? J'imagine que oui. Je n'ai qu'elle en tête, je n'ai qu'elle sur les lèvres !
Lorsque vous l'apercevez pour la première fois, elle semble irréelle, évanescente ! Frêle esquif qui croise au large, à la limite d'une mystérieuse brume éternelle. Lorsqu'elle s'approche, gracile, comme vêtue de mousseline et de perles de rosée, une onde fraîche et limpide la précède. Il y a dans sa présence toute la quintessence de la féminité. Une violente douceur !
Une fois près d'elle, si vous savez ressentir, vous serez pétrifié par la virulence des tempêtes permanentes qui l'anime. Elle porte en elle le chaos de la naissance d'un monde... La violence des contrastes qui l'habitent vous saisit aux larmes ou d'effroi. La plus forte détermination y côtoie le plus puissant désarroi, rien n'est à demi, tout est entier, exacerbé...
L'approcher est aisé, trop peut-être... Rester à ses côtés demande ce que peu sont disposés et surtout capables, de donner. Plus qu'une énergie proche de la sienne, il faut pouvoir comprendre et posséder une force de vie, il faut l'aimer, pour de vrai !
Cela parle d'elle et la présage...
"Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d'une étoile qui danse."
Friedrich Wilhelm Nietzsche
Lorsque vous l'apercevez pour la première fois, elle semble irréelle, évanescente ! Frêle esquif qui croise au large, à la limite d'une mystérieuse brume éternelle. Lorsqu'elle s'approche, gracile, comme vêtue de mousseline et de perles de rosée, une onde fraîche et limpide la précède. Il y a dans sa présence toute la quintessence de la féminité. Une violente douceur !
Une fois près d'elle, si vous savez ressentir, vous serez pétrifié par la virulence des tempêtes permanentes qui l'anime. Elle porte en elle le chaos de la naissance d'un monde... La violence des contrastes qui l'habitent vous saisit aux larmes ou d'effroi. La plus forte détermination y côtoie le plus puissant désarroi, rien n'est à demi, tout est entier, exacerbé...
L'approcher est aisé, trop peut-être... Rester à ses côtés demande ce que peu sont disposés et surtout capables, de donner. Plus qu'une énergie proche de la sienne, il faut pouvoir comprendre et posséder une force de vie, il faut l'aimer, pour de vrai !
Cela parle d'elle et la présage...
"Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d'une étoile qui danse."
Friedrich Wilhelm Nietzsche
dimanche 12 décembre 2010
Etait-ce un rêve ?
Il y eut d'abord un mail, de ces mails qui sont des appels... Elle est mon chemin, comment résister, comment ne pas tout pardonner ? Puis il y eut une voix, connue et reconnue, possédant sur moi ce pouvoir de révéler toutes mes émotions les plus secrètes. Enfin il y eut, elle, d'abord ses yeux, illuminés, son infinie présence, son émouvante féminité. Elle était là, avec ses attentes et ses offrandes. Certes, un soupçon de retenue, mais comment faire autrement ?... Il y a maintenant des projets, des possibilités teintées d'envies, et c'est là, le vrai trésor, c'est ce qui me donne vie ! Tous ces projets du plus proche au plus éloigné, tous brillants d'une merveilleuse réalité...
Nous avons partagé quelques moments privilégiés, en si peu de temps il y eut des émotions, des larmes, des craintes annoncées et des espoirs ; de tendres attentions, de la chaleur, de l'intimité, du sang, des regards, des baisers... Elle m'a offert du plaisir, je voudrais faire de même... dès qu'elle accepte, dès qu'elle est disposée...
Mon amour est intact, rien ne semble pouvoir l'atteindre... La tenir dans mes bras, c'est accéder à ma réalité, c'est me révéler. La regarder, c'est voir mon avenir, prendre soin du sien.
vendredi 10 décembre 2010
Exister
Ce qui compte ce sont nos rencontres. Les vraies, celles qui durent, qui survivent aux épreuves de la vie, à nos hésitations...
Plus on avance moins on nous suit. Ceux qui restent valent la peine.
On n'existe que dans le regard de celle où celui qu'on aime. Se voir dans ses yeux... Notre réalité se trouve quelque part entre l'image que l'on projette de soi et celle que l'autre perçoit et renvoie. Plus on est proche, moins elle est trouble.
On se trouve grâce à l'autre, et vis et versa.
mercredi 8 décembre 2010
Tout s'élève en moi avec elle !
Tant d’évènements en quelques jours, tant de troubles... Et toujours cette émotion dès que je l'entends.
Sa voix déjà, comme une sorte de sommation, fait réagir mon corps et atteint mon âme. J'ai tout à la fois l'âme qui s'élance et le sang qui me lance. Résister n'a pas de sens, l'appel atteignant mes instincts primaires capables de modifier ma constitution physique par un état congestif particulièrement localisé et ma constitution psychique par une élévation de ma spiritualité, une exacerbation de ma sensibilité. Je suis alors sous tension, foudroyé permanent ! Bête sauvage et concupiscente habitant un ange. Bon sang ! Que cet ange est résistant...
Je ne peux que regarder vers le haut, ne serai-ce parce que la perspective que m'offre cette contre-plongée donne à sa féminité une allure de divinité. Persuadé dorénavant que le noble sentiment est dû à la rencontre du païen et du divin.
Sa voix déjà, comme une sorte de sommation, fait réagir mon corps et atteint mon âme. J'ai tout à la fois l'âme qui s'élance et le sang qui me lance. Résister n'a pas de sens, l'appel atteignant mes instincts primaires capables de modifier ma constitution physique par un état congestif particulièrement localisé et ma constitution psychique par une élévation de ma spiritualité, une exacerbation de ma sensibilité. Je suis alors sous tension, foudroyé permanent ! Bête sauvage et concupiscente habitant un ange. Bon sang ! Que cet ange est résistant...
Je ne peux que regarder vers le haut, ne serai-ce parce que la perspective que m'offre cette contre-plongée donne à sa féminité une allure de divinité. Persuadé dorénavant que le noble sentiment est dû à la rencontre du païen et du divin.
mardi 7 décembre 2010
Naturellement...
À côté d'une masure en pierre, un grand potager agrémenté de fleurs en été ; un puits ; un épouvantail ; une basse-cour avec des poules pour les œufs et un verger. Un vieux tracteur rouge qui fonctionne et d'anciens outils en bois, dont on ne sait même pas à quoi ils servent, sont remisés dans une grange ou règne une perpétuelle poussière étincelante, suspendue aux rayons de soleil qui transpercent les parois. Ça sent fort le foin sec.
Adossée à cette resserre, une confortable réserve de bois coupé, pour ne jamais avoir froid, aussi longtemps que dure l’hiver.
Dans une chambre, une couette édredon remplie de plumes d'oie et quatre gros oreillers sur un énorme matelas nuageux, ornent un sommier en bois foncé aussi haut qu'une table. De chaque côté un chevet avec une lampe, une pile de livres, un ordinateur ; en face une armoire avec des glaces pour se voir. Deux fenêtres donnant sur le verger, un poêle à bois. Les nuits de grand froid, silencieuses de blanc, il faut se lever pour entretenir le feu. Le matin, c'est un soleil levant tout rougeoyant de t'apercevoir nue, qui nous éveillera...
Dans ce lit aussi haut que grand je te ferai l'amour, dans la grange aussi, si tu en as envie... après, en hiver je remettrai du bois pour que tu n’ait pas froid et te serrerai contre moi ; en été, j'ouvrirai grand les fenêtres pour écouter le silence rafraîchissant des nuits étoilées et te serrerai contre moi.
Le matin on recommencera, si tu en as envie... ou bien, je te ferai du Thé, quoi qu'il se passe je te ferai du Thé...
Une grande baignoire sur pied siégera au milieu d'une pièce avec une fenêtre. Une échelle posée contre le mur servira pour faire sécher des serviettes, blanches immaculées.
Le sol sera fait de grandes pierres de bourgogne rectangulaires et pas régulières. Dans chaque pièce, une grande cheminée. Pour le reste, quelques meubles en bois brut, une grande table avec deux bancs, d'énormes bols pour le café ou le thé. Un fourneau de cuisine, un vieux four à bois pour faire du pain et des pizzas, comme à Capri... Une grande armoire à ustensiles. De beaux torchons, un panier à salade grillagé, un pot à lait émaillé, et au bout du chemin qui fuit vers l'horizon, une ferme, pour le lait.
Nous ferons du pain, des omelettes aux herbes, aux pommes de terre, des quiches, des tartes et des merveilles...
Il y aura de grands peupliers pour ce chant de feuilles qui a bercé mon enfance, au moindre souffle de vent. Ou de vieux oliviers habités de cigales, si c'est en Provence...
L'été y sera toujours chaud, mais la maison restera fraîche, le jardin sera envahi de grandes fleurs sauvages de lavandes et d'abeilles...
Que les chiens ne montent pas dans le lit sera notre seul sujet de dispute...
On prendra soin l'un de l'autre... Surtout moi de toi !
D'autres vivront ici ou nous rendrons visite, chacun se sentira toujours chez soi, il y aura du cœur...
C'est une sensation tellement naturelle...
Adossée à cette resserre, une confortable réserve de bois coupé, pour ne jamais avoir froid, aussi longtemps que dure l’hiver.
Dans une chambre, une couette édredon remplie de plumes d'oie et quatre gros oreillers sur un énorme matelas nuageux, ornent un sommier en bois foncé aussi haut qu'une table. De chaque côté un chevet avec une lampe, une pile de livres, un ordinateur ; en face une armoire avec des glaces pour se voir. Deux fenêtres donnant sur le verger, un poêle à bois. Les nuits de grand froid, silencieuses de blanc, il faut se lever pour entretenir le feu. Le matin, c'est un soleil levant tout rougeoyant de t'apercevoir nue, qui nous éveillera...
Dans ce lit aussi haut que grand je te ferai l'amour, dans la grange aussi, si tu en as envie... après, en hiver je remettrai du bois pour que tu n’ait pas froid et te serrerai contre moi ; en été, j'ouvrirai grand les fenêtres pour écouter le silence rafraîchissant des nuits étoilées et te serrerai contre moi.
Le matin on recommencera, si tu en as envie... ou bien, je te ferai du Thé, quoi qu'il se passe je te ferai du Thé...
Une grande baignoire sur pied siégera au milieu d'une pièce avec une fenêtre. Une échelle posée contre le mur servira pour faire sécher des serviettes, blanches immaculées.
Le sol sera fait de grandes pierres de bourgogne rectangulaires et pas régulières. Dans chaque pièce, une grande cheminée. Pour le reste, quelques meubles en bois brut, une grande table avec deux bancs, d'énormes bols pour le café ou le thé. Un fourneau de cuisine, un vieux four à bois pour faire du pain et des pizzas, comme à Capri... Une grande armoire à ustensiles. De beaux torchons, un panier à salade grillagé, un pot à lait émaillé, et au bout du chemin qui fuit vers l'horizon, une ferme, pour le lait.
Nous ferons du pain, des omelettes aux herbes, aux pommes de terre, des quiches, des tartes et des merveilles...
Il y aura de grands peupliers pour ce chant de feuilles qui a bercé mon enfance, au moindre souffle de vent. Ou de vieux oliviers habités de cigales, si c'est en Provence...
L'été y sera toujours chaud, mais la maison restera fraîche, le jardin sera envahi de grandes fleurs sauvages de lavandes et d'abeilles...
Que les chiens ne montent pas dans le lit sera notre seul sujet de dispute...
On prendra soin l'un de l'autre... Surtout moi de toi !
D'autres vivront ici ou nous rendrons visite, chacun se sentira toujours chez soi, il y aura du cœur...
C'est une sensation tellement naturelle...
lundi 6 décembre 2010
J'aime...
...cette moue approbative quand satisfaite elle oublie ses doutes
pas qu'elle ne sache pas ce qu'elle veut
sa moue désapprobatrice quand ses doutes se confirment
pas qu'elle ne me dise pas ce qu'elle pense
l'expression qu'elle prend quand elle se regarde dans un miroir
pas son expression quand elle est excédée de tout ce qu'elle garde en elle
ses talons hauts perchés même si je n'arrive pas à bien marcher à son bras
pas ne pas trouver le bon rythme pour marcher à ses côtés
quand elle a mangé des petits pois frais, pas assez cuit
pas quand j'en ai mangé moi aussi
ses pieds, j'adore ses pieds, je ne sais pas pourquoi
pas qu'elle dorme avec des chaussettes
quand elle dors cul nu, mais avec moi
pas qu'elle garde une culotte sous mon pyjama
autre chose aussi, mais je le garde pour moi
pas son gyneco
sa peau, tout autour, même entre les doigts et derrière les genoux
pas quand elle veut pas être touchée
quand elle me touche, me parle, parce qu'il n'y a plus que moi
pas quand elle s'en va
son odeur de brioche, mousseline, mais elle le sait déjà
pas être privé de ma brioche toute chaude le matin
la nuit quand soudain elle vient se blottir dans mes bras
pas mon bras droit qui me gène pour rester tourné vers elle
qu'elle passe sa tête derrière le rideau quand je me douche
pas qu'elle n'ait pas envie de faire pipi quand je me douche
qu'elle m'attrape à pleine main, une suffit
pas qu'elle regarde pas
quand elle se moque de moi, m'embarrasse
pas qu'elle se débarrasse de moi
quand elle fait couler l'eau dans le lavabo
pas quand elle craint la lumière et le bruit
qu'elle mange avec les doigts assise en tailleur un coude sur la table
pas qu'elle se sente pas à l'aise avec moi
qu'elle se resserve, se justifiant la bouche pleine d'un :"heeee... j'ai faim !"
pas qu'elle ait pas d’appétit
qu'elle se vernisse les ongles de pied en Chanel charnel Rouge Noir
pas qu'elle ne me les montre pas, ses pieds d'indien tous peint
quand elle s'épile les jambes à la pince à épiler, elle semble ailleurs
pas quand elle est tendue, sur la défensive chargée d’électricité
qu'elle monte l'escalier devant moi
pas quand elle descend devant moi
quand elle siffle dans la rue pour attirer l'attention d'un Jack Russell
pas quand des types grossiers la siffle
la regarder quand elle se douche
pas qu'elle ferme la porte de la salle de bain
qu'elle me lave les cheveux
pas qu'elle fasse craquer mes doigts
l'envie que j'ai d'elle et qu'elle sans aperçoive
pas qu'elle remarque pas
l'attendre en bas de chez elle
pas qu'elle prenne le train
cirer ses chaussures et qu'elle me regarde le faire
pas son cordonnier
qu'elle me dise comment il faut faire
pas qu'elle m'invite pas à le faire
sa cérémonie du Thé le matin
pas ne pas rejouer un second acte
quand elle jure, qu'elle devient grossière
pas qu'elle me vouvoie
...
...
Ressentir
J'adore la poésie, parce qu'elle m'émeut et que l'émotion est le moteur de mon imagination.
Il m'arrive de ne pas comprendre ce que je lis. La poésie peut parfois sembler sibylline. C'est la même chose avec l'art abstrait, la danse contemporaine... J'ai cependant constaté que n'avoir pas compris ne m'a jamais empêché d'être bouleversé ! Une poésie moderne vous semble inintelligible, peut-être que son rythme, l'originalité de l'association des mots ou les images qu'elle fait naître à votre esprit, vont vous toucher ? Qu'il y ait ou non quelque chose à comprendre importe peu dès lors qu'elle vous a émue. Lue par un autre individu, elle produira des conséquences similaires pour des causes différentes.
Inutile donc de tout comprendre, l'important étant de ressentir.
Lisez de la poésie à haute voie, faite le chaque matin et vous verrez, ça changera votre vie !
Il m'arrive de ne pas comprendre ce que je lis. La poésie peut parfois sembler sibylline. C'est la même chose avec l'art abstrait, la danse contemporaine... J'ai cependant constaté que n'avoir pas compris ne m'a jamais empêché d'être bouleversé ! Une poésie moderne vous semble inintelligible, peut-être que son rythme, l'originalité de l'association des mots ou les images qu'elle fait naître à votre esprit, vont vous toucher ? Qu'il y ait ou non quelque chose à comprendre importe peu dès lors qu'elle vous a émue. Lue par un autre individu, elle produira des conséquences similaires pour des causes différentes.
Inutile donc de tout comprendre, l'important étant de ressentir.
Lisez de la poésie à haute voie, faite le chaque matin et vous verrez, ça changera votre vie !
dimanche 5 décembre 2010
Essentielle capacité à s'émerveiller, à recommencer
Des éclats de rires
des chahuts tout nu
des mains qui cachent ce qu'on veut montrer
des heures à se découvrir
de gentilles moqueries
des regards qui n'écoutent plus
des moments forts de réconfort
des heures de travail passionné
des efforts acharnés
des satisfactions nourrissantes
des fiertés aux larmes
une main qui en surprend une autre
des lèvres qui se posent sur une nuque
des yeux brillant de mille larmes
des mains pleines de caresses
des mains pleines de caresses
des tendresses échangées
des baisers qui s’envolent
des mains qui se quittent
des peurs défiantes
des appels à l'aide
des yeux qui se hèlent
des mains qui se tendent
des bras qui s'ouvrent, se retrouvent
des regards sans rien dire
des bouches de pardons
des projets à poursuivre
des galères surmontées
du courage comme de la rage
des échecs partagés
des succès aussi partagés
des grands plats dans les petits
des airs de fêtes
des confettis des cotillons
des bulles dorées
des éclats argentés
des joies futiles et enfantines
des regards jamais fatigués
des intimités partagées
des corps qui s'enlacent
des âmes qui s’embrassent
des éclats de rires...
Toutes parallèles se rejoignent
Et un jour ce qui n'était que rêve devient projet...
Ce qui n'était que le rêve de chacun devient le rêve de plusieurs...
Chaque chemin parcouru prend un sens. Toutes trajectoires parallèles finissent par se rejoindre, dans l'univers.
Une idée, une seule idée rassemble des êtres, les transforme, leur donne une raison d'être... Une force bouleversante.
Il suffit d'aimer et de croire avec persévérance...
Il y a tant à faire...
Ce qui n'était que le rêve de chacun devient le rêve de plusieurs...
Chaque chemin parcouru prend un sens. Toutes trajectoires parallèles finissent par se rejoindre, dans l'univers.
Une idée, une seule idée rassemble des êtres, les transforme, leur donne une raison d'être... Une force bouleversante.
Il suffit d'aimer et de croire avec persévérance...
Il y a tant à faire...
samedi 4 décembre 2010
Embrasser les arbres
Enfant, mon grand-père, homme des bois, m'emmenait relever ses pièges, ramasser des champignons, à la découverte de son univers, du notre... C'est à cette époque que j'ai commencé à embrasser les arbres. Cela m'est venu tout naturellement, un appel, une envie... J'ai peu d'envie, mais celles que j'ai sont toujours puissantes. En embrassant les arbres je peux sentir l'énergie qu'ils concentrent, j'ai la sensation d'être en communion... avec l'univers. Ma première visite en Californie, c'est à un arbre que je la dois.
Embrasser un Sequoia de plus de mille ans est une expérience émotionnelle étonnante, inoubliable ! Pénétrer une forêt de Séquoia dont le plus jeune à l'age de ce pays, ne peut pas ne pas vous émouvoir ! On prend conscience de notre terre, il semble y régner la genèse de ce que nous sommes.
Moins cependant que d'embrasser cette femme que j'aime, c'est dire depuis combien de temps, je l'aime...
Nuit blanche
Trois heures, trois heures et demi, quatre heures et cinq minutes... tous ces mots qui ne cessent d'affluer, à la fois éveillé et endormi, comme égaré dans les limbes d'un esprit torturé... Impossible de les écrire, de les retenir, même. Essayer de les retrouver, il s'agissait de mots devant être lus comme la peau de cette féminité désirée, adorée, avec les doigts, les lèvres, les yeux... Les mots se précipitaient en un flot continu sans points ni virgules, sans sens évident, sinon de les prononcer tous, en les suivant. L'ensemble d'une apparente litanie, prenait alors vie, ritournelle éphémère constituant un avenir probable.
Pas tout seul c'est certain, un autre veille je le sens... Un esprit agité de trop d'idée... Dans ses idées aux bords tranchants et vifs comme des angles douloureux, des corps noueux couvert de soie pour adoucir le temps... Des hésitations passagères s'envolent et reviennent, regardent la pièce, à chaque geste pour les chasser, comme les corneilles noires elles croassent et puis sans que l'on sache pourquoi disparaissent... Enchevêtrement de calme et de fouillis, de fils tirés et de nœuds qu'il faut couper. Au dessus du lit s'élèvent comme des songes tout en arabesques, envahissants presque étouffants... Tous tout autour vie et danse, s'emmêle, s'emballe... quand tout à coup fulgurante une idée unique prend forme et naît effaçant le brouhaha l'agitation imposant le respect, nuançant noir et blanc, calmant chair et sang, apaisant corps et esprit... Slowly unravels in a ball of yarn...
Au dessus de mon lit un ciel lumineux d'où tombent des pétales petites et blanches ou sont-ce des flocons de neige cotonneux, plutôt qu'ils chutent ils restent suspendus comme en lévitation ; entre aube et aurore, le froid cristallise les sens, de part et d'autre de la seine deux âmes se calment... Comme pour couvrir les étoiles, au loin des nuages de sommeil arrivent au galop et surprennent l'esprit, détendent le corps, comme on tire un rideau.
Cette idée ne sera pas oubliée, pas comme mes mots que je cherche en vain et qui, pendant que de l'autre côté elle naissait, n'ont cessé de s'égrainer comme des mantras, formant une vision une fenêtre sur cette autre pièce où tout était agité...
Pas tout seul c'est certain, un autre veille je le sens... Un esprit agité de trop d'idée... Dans ses idées aux bords tranchants et vifs comme des angles douloureux, des corps noueux couvert de soie pour adoucir le temps... Des hésitations passagères s'envolent et reviennent, regardent la pièce, à chaque geste pour les chasser, comme les corneilles noires elles croassent et puis sans que l'on sache pourquoi disparaissent... Enchevêtrement de calme et de fouillis, de fils tirés et de nœuds qu'il faut couper. Au dessus du lit s'élèvent comme des songes tout en arabesques, envahissants presque étouffants... Tous tout autour vie et danse, s'emmêle, s'emballe... quand tout à coup fulgurante une idée unique prend forme et naît effaçant le brouhaha l'agitation imposant le respect, nuançant noir et blanc, calmant chair et sang, apaisant corps et esprit... Slowly unravels in a ball of yarn...
Au dessus de mon lit un ciel lumineux d'où tombent des pétales petites et blanches ou sont-ce des flocons de neige cotonneux, plutôt qu'ils chutent ils restent suspendus comme en lévitation ; entre aube et aurore, le froid cristallise les sens, de part et d'autre de la seine deux âmes se calment... Comme pour couvrir les étoiles, au loin des nuages de sommeil arrivent au galop et surprennent l'esprit, détendent le corps, comme on tire un rideau.
Cette idée ne sera pas oubliée, pas comme mes mots que je cherche en vain et qui, pendant que de l'autre côté elle naissait, n'ont cessé de s'égrainer comme des mantras, formant une vision une fenêtre sur cette autre pièce où tout était agité...
vendredi 3 décembre 2010
Vie à deux temps
N'étant pas plus adulte qu'ayant été enfant, j'ai l'impression d'être sur la touche, de ne pas être dans le jeu. De rare fois, une étrange sensation me fait accéder à quelque chose de différent de ce que je vis quotidiennement. La difficulté est de savoir si ces exceptionnels éclairs sont les tentatives d'une présence d'esprit ou les prémices d'une folie à venir ?
Si ce sont des éclats de lucidité, ce que j'entr'aperçois ne semble pas flatteur pour moi, trop souvent répétés, ils ne manqueraient pas de me conduire à la folie ! Quelle importance y a-t-il donc à chercher qui je suis, puisque dans tous les cas je cours droit vers l'asile ?
À moins d'être deux, depuis le début ?
Que penser de mon corps qui petit à petit sombre ? Alors qu'à l'intérieur, j'ai 18 ans ! Dedans, je rêve de pas de danse improbables, de sauts de l'ange, de nuages transpercés à la vitesse d'une chute, d'exploits et d'émotions... Dehors, j'aspire à de plus en plus de privations et d'efforts pour retarder l'inéluctable, l'insupportable. Me réconforte de règles en tout genre, d'un groupe, ai besoin de reconnaissance... Comment cohabiter ?
Je vis à deux temps, ou plutôt deux mouvements mais pas coordonnés, risquant le cisaillement à tous instants ! Tandis que dedans, je me joue du temps, m'amuse et apprends à me libérer, à exister. Au dehors je m'éprouve au fil des jours, cherche à me réchauffer, à me rassurer.
Nous ne pouvons pas avoir la même issue, c'est sûr, j'irai ailleurs... Esprit, aurai-je un autre corps ? Dans l'affirmative, j'aimerais choisir... avec mon expérience, j'ai constaté que deux ou trois détails ont leur importance pour profiter au mieux des plaisirs qui se présentent à vous.
Je ne suis pas seul, d'autres sont comme moi, même si nous sommes chacun, singulier... Et surtout, il y a celle que j'appelle, mon ciel ! Parce qu'elle est partout où mon regard s'échappe, qu'elle est constellée et qu'elle me donne des ailes et le cœur à laisser aller... Elle a cette retenue des premières vies, encore attachée à la raison, à la logique... Courageuse, acharnée et méthodique. Il ne lui reste plus qu'à tout lâcher pour accéder à sa pure créativité ! On dit qu'il faut sept vies pour s'émanciper, elle est précoce !
jeudi 2 décembre 2010
Précision et habituel dérapage...
J'essaye d'exprimer avec mes mots, plus ou moins maladroitement, ce que je ressens. Je ne me plains pas et ne fais l'aumône d'aucun sentiment, quel qu'il soit ! J’abhorre la pitié sous toutes ses formes, c'est un sentiment d'hypocrite et je méprise ceux qui en auraient pour moi ! Tant que faire ce peut, j'essaie de ne pas haïr, la haine rend bête ! J'aime, et alors tout est possible, ou je n'aime pas, et alors tout m'indiffère. Je ne juge pas !
J'écris avant tout pour moi*... Pour voir si je peux m’améliorer. Ce devrait être facile, je pars de rien. Ma vie, une peur de n'avoir aucun désir vrai, de n'être rien ! Autiste insoupçonné à l’intérieur duquel survit un fragile funambule, voilà ce que je suis. Ma seule réussite, ma seule persévérance, fut d'avoir sans cesses et sans compromis, échoué ! J'ai expérimenté l’Échec sous toutes ses formes, dans toutes les circonstances... À la naissance, déjà mes dispositions me prédestiner à sa conquête ! Là où d'autres abandonnent, finissent par se compromettre, j'ai fais preuve de caractère. Je préfère la beauté du geste à son bénéfice, je suis un esthète pas un homme d'affaires. La vraie jouissance est dans l'émotion d'un baiser, d'une caresse, d'un regard échangé, pas dans l'aboutissement, l'orgasme ! Le pendant de tout cela, c'est une exceptionnelle sensibilité, et un farouche besoin d'en parler... je cherche la façon la plus juste pour l'exprimer, pour m'en délivrer et pourquoi pas, la partager.
À ceux qui savent, l'émotion est toujours plus juste que la raison !
*Ce n'est pas tout à fait vrai !
C'est aussi pour un autre que moi, qui compte bien plus que moi et il faut bien ça... Un autre, à la fois semblable et bien trop différent pour que je ne le désire pas ! Un autre qui m'attire pour d'autres raisons que cet instinct saurien de perpétuer l’espèce. Un esthète qui enflamme mon désir et dans l’intimité duquel je m'enracine enfin. Un autre dont le corps exprime l'esprit comme pour mieux m'éblouir. Un autre que je devine et ressens tant et tellement que tout est difficile... Un autre bien mieux qu'un miroir, qui me fait accéder à ma réalité, à ma vie profonde, qui me libère de moi-même et me révèle toute la valeur et la puissance de mon existence. Un autre qui réveille mes souhaits perdus d'enfants, mais aussi, parfois, mes peurs...
J'écris avant tout pour moi*... Pour voir si je peux m’améliorer. Ce devrait être facile, je pars de rien. Ma vie, une peur de n'avoir aucun désir vrai, de n'être rien ! Autiste insoupçonné à l’intérieur duquel survit un fragile funambule, voilà ce que je suis. Ma seule réussite, ma seule persévérance, fut d'avoir sans cesses et sans compromis, échoué ! J'ai expérimenté l’Échec sous toutes ses formes, dans toutes les circonstances... À la naissance, déjà mes dispositions me prédestiner à sa conquête ! Là où d'autres abandonnent, finissent par se compromettre, j'ai fais preuve de caractère. Je préfère la beauté du geste à son bénéfice, je suis un esthète pas un homme d'affaires. La vraie jouissance est dans l'émotion d'un baiser, d'une caresse, d'un regard échangé, pas dans l'aboutissement, l'orgasme ! Le pendant de tout cela, c'est une exceptionnelle sensibilité, et un farouche besoin d'en parler... je cherche la façon la plus juste pour l'exprimer, pour m'en délivrer et pourquoi pas, la partager.
À ceux qui savent, l'émotion est toujours plus juste que la raison !
*Ce n'est pas tout à fait vrai !
C'est aussi pour un autre que moi, qui compte bien plus que moi et il faut bien ça... Un autre, à la fois semblable et bien trop différent pour que je ne le désire pas ! Un autre qui m'attire pour d'autres raisons que cet instinct saurien de perpétuer l’espèce. Un esthète qui enflamme mon désir et dans l’intimité duquel je m'enracine enfin. Un autre dont le corps exprime l'esprit comme pour mieux m'éblouir. Un autre que je devine et ressens tant et tellement que tout est difficile... Un autre bien mieux qu'un miroir, qui me fait accéder à ma réalité, à ma vie profonde, qui me libère de moi-même et me révèle toute la valeur et la puissance de mon existence. Un autre qui réveille mes souhaits perdus d'enfants, mais aussi, parfois, mes peurs...
mercredi 1 décembre 2010
Incapable de renoncer à... elle !
Tant de difficultés à m'endormir chaque soir et toujours cette envie de pleurer au milieu des rues ! Est-ce de me sentir tellement humilié que je ne peux m'empêcher de me diluer ? Est-ce de constater mon incapacité à répondre à ces interrogations qui m'obsèdent chaque jour d'avantage ? Est-ce de comprendre que je suis en train de disparaître pour n'avoir su me compromettre ?
Et cette fatigue neurasthénique, cet abattement mélancolique, plus invalidant que la fainéantise ? Je n'avais pas de passé, ne me voyais pas d'avenir, jusqu'à ces dernières années, qui maintenant me rongent, m'isolent de tout, de tous ! Je n'ai de force et de courage que pour me battre contre mes jours de haine. Quant à mes jours d'espoir, je fonds en larmes d'avoir failli la veille... Tantôt mon propre ennemi, tantôt mon seul allié, je me massacre. Tout comme je me sépare petit à petit de ce que je possède, je me sépare de ceux que j'aime. Les uns après les autres j'abandonne aussi ces petits gestes ordinaires et quotidiens, pourtant essentiels.
Certes, je portais en moi une faille... c'est aujourd'hui un gouffre abyssal ! Qu'ai-je donc dans les veines, qu'ai-je donc dans la tête, sinon une nuit d'encre noire et froide ?
Je dois reconnaître, bien qu'habitué à tous les renoncements, je suis incapable de renoncer à... elle !
Peut-être parce qu'elle me rendait capable de créer quelque chose qui n'exigeait pas le “je” !
dimanche 28 novembre 2010
Une infinie présence
Après toute une semaine sous dépression, infiniment seul.
Une vague impression...
Une infinie présence.
vendredi 26 novembre 2010
Un message, une ombre, un choc...
Vendredi 26 novembre 10h54, Gmail m'indique l'arrivée d'un message, ainsi que le nom de son expéditeur...
… Quelque part dans le monde une ombre file, nerveuse, courbée, à la main une Kalachnikov AK-47, le «tacatacata» si particulier à cette arme annonce le sang. Les projectiles vrombissent en filant à sept cents mètres seconde. L'air tremble de l'onde de choc qui les précède. La première balle de 7,62 mm, chauffée à blanc par le frottement de l'air, déchire la chair, brise la dernière côte à droite et... éclate le foie ! Il est 10h54.
C'est encore trop rapide, imaginez la scène au ralenti, image par image, jusqu'à distinguer la première balle qui s'approche, les autres qui arrivent...
J'ouvre le mail, vingt-six mots en rafale, écrits à la hâte... laconiques.
… Le haut du corps semble s'être vidé de tout son sang, le visage prend la couleur de l'âme. Les muscles des jambes brûlent, se tétanisent... Vingt-quatre autres balles sifflent comme des guêpes, un impact sourd, plus haut, plus à gauche, la vingt-sixième porte un nom gravé dans le plomb, le corps s'effondre, hagard... Il est 10h55.
Est-ce l'ombre d'une femme qui passe ?
Est-ce l'ombre d'une femme qui passe ?
jeudi 25 novembre 2010
À l'aube de moi
Que m'importe mon sort ! Je ne renonce pas plus que je ne dénonce, je me débats, pour obtenir mon compte de plaisirs avant qu'on me camisole, qu'on m'isole... Mes déraisons valent bien la raison de certain. Personne n'est plus grand que moi, seulement différent ! C'est ce que je me dis comprenant qu'affublé d'une intelligence trop singulière pour être utile, j'ai besoin des autres et plus précisément d'un autre. Un condensateur d'idées, un draineur de mots, un agitateur d'émotions... Un sujet, une idole, un bourreau, une muse, et tant qu'à faire, plaisante à regarder et à caresser... souffrir d'accord, mais pas sans quelques éclats de plaisirs.
lundi 22 novembre 2010
Comme ça vient
Je n'avais que cela en tête durant tout le trajet de retour, et puis j'ouvre l'ordinateur et tout disparaît ! Le ventilateur de mon ordinateur portable est désaxé, il est si bruyant qu'il m’empêche de penser... J'avais une perle, une belle perle aux reflets verts et dorés, elle était fine et poudrée au touché, je l'ai égaré... Je suis aussi désolé qu'un mausolée effondré... En revenant, de là où je me trouvais, dans la voiture j'étais absent, c'est ma peine qui conduisait, moi j'imaginais mon autre vie. J'aime bien imaginer cette autre vie que je n'ai pas vécue sinon par le biais de mon imagination, mais que je pourrai vivre. Cela me réconforte, il faudrait que je note tous ce à quoi je pense, mais c'est chaque fois la même rengaine, une fois chez moi, je m'assieds, j'ouvre mon ordinateur, me relève pour me faire un Thé, me rassieds et … je ne sais plus ! Tout petit déjà, ça me faisait ça ! Bon sang quel boucan, je l'ai posé sur une grille de four pour qu'il respire et chauffe moins, mais ce n'est pas pratique pour écrire, ça bouge tout le temps... Où en étais-je, ah oui cette autre vie, je pourrai en faire un sujet d'écriture, mais elle est inintéressante tout s'y passe trop bien... Et celle que je vis, l'est-elle ? Je suis inquiet de ma jolie perle aux reflets verts et dorés, peur qu'elle ait froid qu'elle perde son éclat. Avec cette pluie incessante. Avez-vous déjà tenu une perle dans vos mains ? C'est doux et tiède de votre propre chaleur, vous la posez et c'est alors tout frais comme les fesses d'une femme aimée. Selon la lumière, ses reflets varient et vous ne vous lassez jamais de la regarder, elle vous apaise... Je reviens du marché, enfin plus exactement du Baron Rouge, on y boit du vin, rouge ou blanc selon qu'on y déguste du fromage ou des huîtres, debout sans manières, on salut les visages reconnus, alors forcément on s'y sent bien. Il y avait une jolie petite brune, avec des yeux de braise et des lèvres généreuses comme des grenades, à ses mains, on devinait un corps sec et ferme, mon pote n'arrêtait pas de me faire du coude, j'avais bien remarqué mais moi ce qui me manque plus que tout, c'est de dire : je t'aime ! Un vrai, un de ceux qui vous exposent aux tempêtes, qui vous montrent tel que vous êtes... Le vin désinhibe et me rend trop sensible, tout devient plus... difficile, une sieste s'impose... J'ai toujours en tête, la première, la seule, encore aujourd'hui comme si c'était hier, sur un balcon un après-midi à Capri... Rêver d'elle me bouleverse encore, c'est bon signe ?...
Quelle trêve, j'ai dormi comme une pierre sans rêves, fatigué par tous ces matins tôt levé et par toutes ces soirées tard couché. Lui, n'a pas cessé de ronronner, tenté quelques décollages, pour aller où ?... Ses cheveux poussent-ils, danse-t-elle, rit-elle ? Se penche-t-elle à sa fenêtre pour un autre qui se fait attendre ne sachant pas qu'il ne faut pas faire attendre les fleurs pour éviter qu'elles se fanent. Chaque fleur est un sexe, pensez-y en y enfouissant votre nez. L'odeur est l'intelligence des fleurs disait Montherlant, j'ajouterai que la subtilité est l'élégance de la féminité... Au marché j'ai acheté de la Mâche, pas en sachet, de celle qui a du caractère, avec l'idée de faire une purée sur laquelle je hacherai la Mâche, cela donne un goût subtile, végétale et délicat comme cette femme qui m'habite... L'intimité, seul, c'est un besoin culturel ; à deux c'est une envie, offerte et partagée, un miracle permanent ! Je suis une nature plutôt intime, qui préfère à tout autre plaisir la solitude à deux, c'est tout moi, monsieur Allais !... Au marché, j'ai aussi acheté des fleurs pour ma cadette dont c'est la fête, mon pote, m'a ramené sur son deux roues, enfin trois, heureusement. Derrière assis en hauteur je tenais le bouquet et mon sac-caba, jaune chantier, duquel dépassait deux bouteilles à étoiles d'un litre de vin tiré du tonneau, une botte de cèleri-branches et une baguette de pain... Je pensais à sa tenue à vélo, habillée de son manteau, distinguée, un peu détachée, tout en fluidité... Tant de détails me hantent et m'accompagnent. J'ai tout à coup l'envie d'une brassée de fleurs odorantes, d'un bouquet de vertiges...
Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd'hui, dimanche, j'ai la sensation que c'est une sale journée qui a commencé ! Il est sept heures et demie et une indéfinissable sensation d'être tout à coup un peu plus seul, m'oppresse. Mon bouquet de vertiges, hier rêvé, prend l'aspect d'un bouquet de vestiges, aujourd'hui piétiné ! Quelle étrange sensation, non sans me rappeler septembre dernier... Je regarde ces photos prises hier soir, ces deux chats qui s'enlacent et se lèchent. Il m'a été demandé pourquoi je photographiais toujours ces chats ? Je ne savais plus quoi répondre, certains actes perdent si vite leur sens !
Une lettre à ma fille pour lui dire que tout n'a pas forcément de sens, mais que les convictions du cœur donnent un cap... Voyons voir cette Mâche...
Ce matin, le temps ne s'arrange pas, froid et humide, cruel ! Une lueur blafarde m'indique que le jour se lève. De la fenêtre de mon bureau, je vois le ciel, il est si bas et uniformément gris que l'on ne sait plus où il commence où il finit ! Il faut vraiment me dépoussiérer et recommencer à voyager... Pour le reste, je préfère ne pas y penser... c'est comme le temps, bas et gris, sans reliefs, sans avenir...
Quelle trêve, j'ai dormi comme une pierre sans rêves, fatigué par tous ces matins tôt levé et par toutes ces soirées tard couché. Lui, n'a pas cessé de ronronner, tenté quelques décollages, pour aller où ?... Ses cheveux poussent-ils, danse-t-elle, rit-elle ? Se penche-t-elle à sa fenêtre pour un autre qui se fait attendre ne sachant pas qu'il ne faut pas faire attendre les fleurs pour éviter qu'elles se fanent. Chaque fleur est un sexe, pensez-y en y enfouissant votre nez. L'odeur est l'intelligence des fleurs disait Montherlant, j'ajouterai que la subtilité est l'élégance de la féminité... Au marché j'ai acheté de la Mâche, pas en sachet, de celle qui a du caractère, avec l'idée de faire une purée sur laquelle je hacherai la Mâche, cela donne un goût subtile, végétale et délicat comme cette femme qui m'habite... L'intimité, seul, c'est un besoin culturel ; à deux c'est une envie, offerte et partagée, un miracle permanent ! Je suis une nature plutôt intime, qui préfère à tout autre plaisir la solitude à deux, c'est tout moi, monsieur Allais !... Au marché, j'ai aussi acheté des fleurs pour ma cadette dont c'est la fête, mon pote, m'a ramené sur son deux roues, enfin trois, heureusement. Derrière assis en hauteur je tenais le bouquet et mon sac-caba, jaune chantier, duquel dépassait deux bouteilles à étoiles d'un litre de vin tiré du tonneau, une botte de cèleri-branches et une baguette de pain... Je pensais à sa tenue à vélo, habillée de son manteau, distinguée, un peu détachée, tout en fluidité... Tant de détails me hantent et m'accompagnent. J'ai tout à coup l'envie d'une brassée de fleurs odorantes, d'un bouquet de vertiges...
Je ne sais pas pourquoi, mais aujourd'hui, dimanche, j'ai la sensation que c'est une sale journée qui a commencé ! Il est sept heures et demie et une indéfinissable sensation d'être tout à coup un peu plus seul, m'oppresse. Mon bouquet de vertiges, hier rêvé, prend l'aspect d'un bouquet de vestiges, aujourd'hui piétiné ! Quelle étrange sensation, non sans me rappeler septembre dernier... Je regarde ces photos prises hier soir, ces deux chats qui s'enlacent et se lèchent. Il m'a été demandé pourquoi je photographiais toujours ces chats ? Je ne savais plus quoi répondre, certains actes perdent si vite leur sens !
Une lettre à ma fille pour lui dire que tout n'a pas forcément de sens, mais que les convictions du cœur donnent un cap... Voyons voir cette Mâche...
Ce matin, le temps ne s'arrange pas, froid et humide, cruel ! Une lueur blafarde m'indique que le jour se lève. De la fenêtre de mon bureau, je vois le ciel, il est si bas et uniformément gris que l'on ne sait plus où il commence où il finit ! Il faut vraiment me dépoussiérer et recommencer à voyager... Pour le reste, je préfère ne pas y penser... c'est comme le temps, bas et gris, sans reliefs, sans avenir...
jeudi 18 novembre 2010
Pensées obsessionnelles...
"Deux doctrines opposées ne sont que des déviations de la même vérité. Passant de l’une à l’autre, on ne change pas plus d’idéal qu’on ne change d’objet quand on contemple un même objet sous ses faces différentes."
Henri de Montherlant.
***
À mes yeux, elle est belle, mais aux siens je n'étais pas beau. Il ne s'agit pas là d'apparence, mais d'immanence. Bien que...
À mes yeux, elle est belle, mais aux siens je n'étais pas beau. Il ne s'agit pas là d'apparence, mais d'immanence. Bien que...
***
Bien que conscients, dans l'espace et le temps, que tous ces mensonges et abus sont, sans doute, muent par une prétention soucieuse tout autant que désespérée, de vouloir contrôler sa vie, le monde autour de soi plutôt que de s'y abandonner, et qu'aucun présage ne semble indiquer que cela changera... Malgré tout cela, je me surprends à être toujours partant, toujours croyant. C'est dire ce que je ressens...
A peine un mot dit d'elle et c'est un appel ! Maudit soit-il... Ainsi soit-il...Bien que conscients, dans l'espace et le temps, que tous ces mensonges et abus sont, sans doute, muent par une prétention soucieuse tout autant que désespérée, de vouloir contrôler sa vie, le monde autour de soi plutôt que de s'y abandonner, et qu'aucun présage ne semble indiquer que cela changera... Malgré tout cela, je me surprends à être toujours partant, toujours croyant. C'est dire ce que je ressens...
***
Cet amour que je lui porte relègue la magnanimité et la compassion à des artifices de charmeur sur le retour, de dragueur de la dernière chance ! Même mon étonnante empathie ne peut en venir à bout. C'est une bête féroce et puissante, Bukowski l'appelait : "le chien de l'enfer" !
***
Il est des silences lourds d'incompréhension, aux relents nauséabonds de lâchetés... Et je pense à ces mots de Racine, "Je l'ai trop aimé pour ne point le haïr." D'Andromaque à Cassandre, la tragédie Grecque est bien en dessous de la réalité psychologique de ces êtres que nous sommes, massacrés autant par nous-mêmes que par ceux qui nous ont engendré. Tentant de se redresser.
***
La transmission se joue du temps, la communication de l'espace. Le second est infiniment plus fragile, sans doute parce que dans un certain sens il dépend du premier. Il est pourtant infiniment plus utile dans les affaires de cul, les affaires de cœur, les relations humaines.
***
J'avais pour elle tant de mots que je n'avais pas le temps de les écrire, certains étaient beaux, d'autres naïfs, puérils, mes mains ne pouvaient tous les contenir, occupées qu'elles étaient à rêver de sa peau.
***
Jamais sans courage je passais de l'espoir au hurlement, repoussant toutes incertitudes, méprisant l'évidence, ne faisant corps qu'avec mes tourments. Avançant tel un don Quichotte, habité !
***
"Love is just another dirty lie. I know about love. Love always hangs up behind the bathroom door. It smells like Lysol. To hell with love." Ernest Hemingway.
C'est là un coup de sang !
Lorsque l'on sait ce qui l'a poussé à en finir, on comprend qu'il ne soit pas donné à tous de savoir aimer, ou d'en prendre le risque...
***
Je lui aurai donné mon sang, connaissant la valeur de sa vie. Et tant qu'elle me soufflait que rien n'était défini, tout était permis... J'avais confiance en elle, même en sachant qu'elle ne me disait pas... tout !
***
Gérard de Nerval, Ernest Hemingway, Jack London, Romain Gary, Anne Sexton, Henri de Montherlant... poètes, écrivains, que j'admire... Quel effroi de découvrir que le seul acte qui les unis et qui soit à ma portée, ait quelque chose de définitif qui me donne le vertige ! Essayons d'en atteindre d'autres en attendant de bonnes raisons.
***
Intimement, je sais que j'étais dans le vrai. Trop intimement peut-être ?
***
Tant de mots inutiles et extraordinaires.
***
Sensation... de froid intérieur...
dimanche 14 novembre 2010
Le son du silence
S'il m'arrive d'être volubile, ce n'est que pour deux raisons :
- un sentiment si puissant que je ne peux contenir ce que je ressens, qu'il me faut l'exprimer à l'intéressée, par tous les moyens dont je dispose...
- apaiser l'autre, par mes paroles, le réconforter, l'empêcher de se noyer dans ses pensées, changer ses idées, le remettre sur pied.
Certains, très peu... à ma connaissance un, ou plus exactement une (!), me donne ces deux motifs d'être si prolixe, trop même ! Faiblesse ou revers de ce don d'apaiser que viennent chercher ceux qui m'approchent ?
Parce que ma nature profonde me porte plutôt au silence. Le Son du Silence ! Il me ressource, me soulage de toutes ces tempêtes que je récolte des autres...
La nature, le ressac de la mer, le vent, le chant des oiseaux... et certaines œuvres musicales s'en approchent. Mais seul le silence aiguise vos perceptions sans les influencer, vous révéle à vous-même. Vous modifie profondément, psychiquement et même physiquement. Répare vos sensations, huile leurs transmetteurs, recharge votre créativité, fait le grand nettoyage, éclaircit.
Cependant, une fois, bien que l'ayant pratiqué assidûment durant huit mois d'affilé... Et bien, pour la une déjà nommée, il n'a rien changé, rien réparé, rien effacé... Bien au contraire, il n'a fait que me la révèler, plus que moi-même !
Pourquoi une telle épreuve, un tel prix à payer ? Me faut-il bâtir un Taj Mahal ?
"A poet is a fellow who spends his time thinking about what it is that's wrong, and althought he knows he can never quite find out what this wrong is, he goes right on thinking it out and writing it down.
A poet is a blind optimist.
The world is against him for many reasons. But the poet persists. He believes that he is on the right track, no matter what any of his fellow men say. In his eternal search for truth, the poet is alone.
He tries to be timeless in a society built on time."
Jack KerouacAvant un peu de silence, deux ressentis :
vendredi 12 novembre 2010
Tout le poids de la déception
La déception est proportionnelle à l'imagination, à l'innocence.
Celle d'un enfant est bouleversante, elle réveille vos peines les plus profondes.
Dans certains domaines, mon imagination n'est pas ordinaire...
Le poids de nos paupières
Il suffit de si peu pour que tout disparaisse...
L'indifférence et le mépris n'auraient donc que le poids de nos paupières ?
Equilibre précaire
Parfois le passé vous rattrape comme une claque !
Perdre un père, un amour... perdre ses repères, se perdre un peu, beaucoup !
Puis se reprendre, se relever non indemne, parce qu'il faut continuer.
Se remettre en péril, vivant sur le fil plutôt que par procuration...
Certaines choses vivent en nous plus que d'autres. De ce dont on se rappelle, quelle est la part de vrai, quelle est celle que l'on s'est dessinée ?
Finalement ce qui fait la profondeur de chacun de nous, ce sont nos fantômes, et notre capacité à garder l'équilibre.
Ainsi qu'à choisir ceux qui nous entourent.
Perdre un père, un amour... perdre ses repères, se perdre un peu, beaucoup !
Puis se reprendre, se relever non indemne, parce qu'il faut continuer.
Se remettre en péril, vivant sur le fil plutôt que par procuration...
Certaines choses vivent en nous plus que d'autres. De ce dont on se rappelle, quelle est la part de vrai, quelle est celle que l'on s'est dessinée ?
Finalement ce qui fait la profondeur de chacun de nous, ce sont nos fantômes, et notre capacité à garder l'équilibre.
Ainsi qu'à choisir ceux qui nous entourent.
mercredi 10 novembre 2010
Aphorismes
La mer mêlée au soleil, on ne peut l'admirer avec les yeux, tant elle est vaste et partout semblable. C'est l'éternité, disait Rimbaud . Il faut laisser le regard s'y perdre. Se faisant, la tension se calme, l'esprit doucement s'apaise et contemple alors la mer tout entière, éblouissante !
***
C'est à cause de leur figure de méchanceté, de leur face d'enseigne... De ces visages en biais, ces regards excédés, qui annoncent la bêtisent plus qu'ils ne la dénoncent, qu'on fini par détester les autres et prendre à notre tour une figure mauvaise. Il faudrait instaurer un permis d'expression et imposer des règles à toutes les gueules d'empeigne afin qu'ils ne déversent pas, à tout va, leur amer dedans.
Manifester la souffrance ne devrait être que l'apanage des gens d'émotions. De ceux dont la douleur ne prend pas au dehors une gueule d'aigreur. De ceux qui, lorsque l'on plonge dans leurs yeux, envahi par leur douceur on saisi combien la peine requière bien plus de cœur que d'estomac !
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Il y a tant à saisir dans un regard, si fugace soit-il,
l'attentive douceur qui veille sur celle qui est regardée,
l'indiscrétion espérée découvrant les ombres et les peurs,
le murmure de fragiles et rares tendresses,
une caresse, de celle qui fait briller,
le sentiment d'exister, pour un autre que soi...
l'indiscrétion espérée découvrant les ombres et les peurs,
le murmure de fragiles et rares tendresses,
une caresse, de celle qui fait briller,
le sentiment d'exister, pour un autre que soi...
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J'ai, comme tous, eu cette peur qu'elle ne me désire plus...
D'apprendre qu'elle ne m'a jamais désiré, c'est comprendre subitement le sens de la locution : double peine !
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Deux choses me font peur, la maladie et la rue ! Mais des deux, la pire est la rue, parce qu'il n'y règne que le mépris !
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Empêtré dans ce syndrome de Cassandre, je finis par constater, non sans amertume, que les réalités immédiates, bien qu'éphémères car inéluctablement irréalisables, condamnent les possibles essentiels ou idéals.
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À force de prendre mes illusions pour des projets, ma réalité est devenue un cauchemar !
À force de prendre mes illusions pour des projets, ma réalité est devenue un cauchemar !
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L'ingratitude, un sentiment qui pousse secrètement à souhaiter l’amnésie, la maladie d'Alzheimer !
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Se perdre, s'abîmer entre n'importe quels membres pour ne plus y penser, se vautrer dans le stupre, faire pleurer plutôt que pitié, baiser plutôt qu'être abusé...
L'ingratitude, un sentiment qui pousse secrètement à souhaiter l’amnésie, la maladie d'Alzheimer !
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Se perdre, s'abîmer entre n'importe quels membres pour ne plus y penser, se vautrer dans le stupre, faire pleurer plutôt que pitié, baiser plutôt qu'être abusé...
En serai-je capable ?
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Sans que j'y prenne garde, parfois la colère me gagne. La tête comme un nid de guêpes, je rêve de haine. Je ne ressens plus que mes plaies... Heureusement, chez moi, la tristesse l'emporte toujours et mes larmes discrètes, noient cette soudaine velléité de nuire.
***
Vous est-il arrivé de l'admirer sans vous lasser, pendant qu'elle dormait ?
De la veiller comme un enfant, sans bouger, pendant qu'elle rêvait ?
D'être éveillé plein d'une rassurante tendresse lorsqu'un cauchemar l'arrachait à son sommeil ?
Alors, vous ne serez jamais plus le même !
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Si nous pouvions voir nos âmes, la mienne aurait l'aspect d'un cadavre, autopsié par des bouchers !
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J'essaie de combattre l'intérêt que je prends pour elle, je me figure ses yeux, ses joues, son nez, ses lèvres, en pleine putréfaction. Rien n'y fait : l'indéfinissable qu'elle dégage persiste. C'est dans des moments pareils que l'on comprend pourquoi la vie a réussi à se maintenir, en dépit de la connaissance.
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On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose. E.M.Cioran.
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Sans que j'y prenne garde, parfois la colère me gagne. La tête comme un nid de guêpes, je rêve de haine. Je ne ressens plus que mes plaies... Heureusement, chez moi, la tristesse l'emporte toujours et mes larmes discrètes, noient cette soudaine velléité de nuire.
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Vous est-il arrivé de l'admirer sans vous lasser, pendant qu'elle dormait ?
De la veiller comme un enfant, sans bouger, pendant qu'elle rêvait ?
D'être éveillé plein d'une rassurante tendresse lorsqu'un cauchemar l'arrachait à son sommeil ?
Alors, vous ne serez jamais plus le même !
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Si nous pouvions voir nos âmes, la mienne aurait l'aspect d'un cadavre, autopsié par des bouchers !
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J'essaie de combattre l'intérêt que je prends pour elle, je me figure ses yeux, ses joues, son nez, ses lèvres, en pleine putréfaction. Rien n'y fait : l'indéfinissable qu'elle dégage persiste. C'est dans des moments pareils que l'on comprend pourquoi la vie a réussi à se maintenir, en dépit de la connaissance.
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On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose. E.M.Cioran.
mardi 9 novembre 2010
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