Déjà deux nuits, un jour et demi et ce second jour qui bientôt se termine… Je n’ai fait qu’un petit écart, je suis allé chercher quelques provisions en ville… plus précisément au centre commercial des environs, les horaires des petits commerçants ne correspondent pas aux miens… Prenez n’importe quel centre commercial, d’alimentation, où que ce soit dans le monde, et bien, ça pue pareil. C’est formidable cette odeur ! Ne peut-on rien y faire ? Bref, je n’ai pas fait long feu…
Je dois rentrer demain en fin de matinée... déjà !
Mais je recommence jeudi soir prochain, je reviens profiter encore de cette solitude champêtre… Enfin, je ne renoncerai pas à de la compagnie, qui plus est si elle est charmante...
Il est vrai que j'ai une bonne capacité à l'adaptation, mais il est indéniable que je glisserai facilement dans cette vie nature... Voilà une expérience qui valide ce que j’appellerais mon ambition personnelle.
Évidemment, il reste des détails à régler... Quelqu'un aussi doué d'empathie que je le suis, ne peut pas devenir un ermite pur et dur... Ce serait du gâchis !
(journal de mes sensations)
vendredi 20 juin 2014
jeudi 19 juin 2014
Expérience.
J’appréhendais un peu, je dois le reconnaître, malgré ces prémonitions que j’ai quant à mon futur style de vie, de me retrouver seul à la campagne ; moi qui le suis déjà à Paris… Durant tout le trajet, je me demandais, qu’elle allait être ma réaction. Ce dont je ne me doutais pas, c’est qu’une épreuve, pire encore, m’attendait.
En effet, en arrivant je compris très vite qu’il n’y avait plus ni téléphone, ni internet... J'étais seul !
Meeeeerde !
En cours de changement d’opérateur... et comme à son habitude pressé de passer à autre chose, mon père avait tout démonté, rangé, plié, avant de partir. Je rageais contre sa façon d’être… Quant à mon téléphone portable, dépourvu de relais WiFi, il m’indiquait que dans une campagne aussi perdue, le réseau 3G devrait être accessible que perché tout en haut du clocher de l’église… Ces facilités dont on a l’usage si communément, prennent leur véritable valeur dès lors que l’on ne peut plus en disposer. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un "geek" ; mais… si jamais il s’avérait que c’est justement à l'occasion de ces jours-ci qu’une tentative pour me contacter ait lieu… Et mon journal… si l’envie me venait d’y écrire… je ne pourrais le faire qu’en différé ! Et si...
La soirée et la nuit se passèrent normalement… à mon réveil (le coq...), je veillais comme de coutume, à la nécessaire première sortie de V juste avant d’aller courir… Au retour, quelques étirements, quelques minutes, immobile à regarder la campagne... une bonne douche et un petit déjeuner. Et à nouveau une ballade avec V, plus grande celle-ci…
Finalement, je fais avec, ou plus exactement, sans ! Sans même trop y penser.
Ce calme bucolique me repose. Et aucune onde pour ronger ma cervelle et mes nerfs… Tous ces présumés manques semblent comblés par cette quiétude qui règne ici et qui doucement m’envahit.
Pas tous, cependant, pas celui d’une présence féminine et aimante. Et tout particulièrement à ce moment… Certes, je n’irai pas jusqu’à dire que ce manque me torture affreusement, ni d’ailleurs qu’il n’est mû que par des élans du cœur et de l'esprit… C’est étonnant comme ici, même ça devient presque supportable. À croire que tout ici ralenti.
C’est entendu, je n’appartiens pas à ce genre d’individus qui vivent à cent à l’heure, et bien malgré cela, ici, dans ces conditions, j’ai la sensation de tout à coup vivre au ralenti, profitant presque de façon extatique de ces petites choses qui habituellement paraissent tellement anodines.
Il faut croire que c’est dans le dénuement de ce qui contribue au confort moderne que tout naturellement se réévalue ce qui compte vraiment.
En effet, en arrivant je compris très vite qu’il n’y avait plus ni téléphone, ni internet... J'étais seul !
Meeeeerde !
En cours de changement d’opérateur... et comme à son habitude pressé de passer à autre chose, mon père avait tout démonté, rangé, plié, avant de partir. Je rageais contre sa façon d’être… Quant à mon téléphone portable, dépourvu de relais WiFi, il m’indiquait que dans une campagne aussi perdue, le réseau 3G devrait être accessible que perché tout en haut du clocher de l’église… Ces facilités dont on a l’usage si communément, prennent leur véritable valeur dès lors que l’on ne peut plus en disposer. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis un "geek" ; mais… si jamais il s’avérait que c’est justement à l'occasion de ces jours-ci qu’une tentative pour me contacter ait lieu… Et mon journal… si l’envie me venait d’y écrire… je ne pourrais le faire qu’en différé ! Et si...
La soirée et la nuit se passèrent normalement… à mon réveil (le coq...), je veillais comme de coutume, à la nécessaire première sortie de V juste avant d’aller courir… Au retour, quelques étirements, quelques minutes, immobile à regarder la campagne... une bonne douche et un petit déjeuner. Et à nouveau une ballade avec V, plus grande celle-ci…
Finalement, je fais avec, ou plus exactement, sans ! Sans même trop y penser.
Ce calme bucolique me repose. Et aucune onde pour ronger ma cervelle et mes nerfs… Tous ces présumés manques semblent comblés par cette quiétude qui règne ici et qui doucement m’envahit.
Pas tous, cependant, pas celui d’une présence féminine et aimante. Et tout particulièrement à ce moment… Certes, je n’irai pas jusqu’à dire que ce manque me torture affreusement, ni d’ailleurs qu’il n’est mû que par des élans du cœur et de l'esprit… C’est étonnant comme ici, même ça devient presque supportable. À croire que tout ici ralenti.
C’est entendu, je n’appartiens pas à ce genre d’individus qui vivent à cent à l’heure, et bien malgré cela, ici, dans ces conditions, j’ai la sensation de tout à coup vivre au ralenti, profitant presque de façon extatique de ces petites choses qui habituellement paraissent tellement anodines.
Il faut croire que c’est dans le dénuement de ce qui contribue au confort moderne que tout naturellement se réévalue ce qui compte vraiment.
mardi 17 juin 2014
Autodérision.
C'est une étrange réflexion que je fais en ce moment. Quelque chose m'a sans doute attendri... alors de retour, pour
un temps, dans mon monde d'émotion, je m’abandonne à quelques pensées.
Il était étrange qu'elle soit toujours là, en
moi, alors que je ne suis, très probablement, plus en elle (l'ai-je été ? si je pousse vers l'absurdité)... Ce souvenir
que j'ai, toujours si vivace… alors que celui qu'elle a doit se résumer à : a disconfort (pain pourrait passer pour prétentieux... veillons à ne pas perdre mon sens de
l'autodérision) in the ass !
Évidemment, il y en aura pour dire qu’en fait, c’est l'Amour que j'aime... et d'autres,
qu'assurément je fais preuve d’une certaine immaturité... et patati
et patata…
Foutaises de manichéens ! Qui préfèrent tout simplifier pour ne pas trop s'en faire...
Ce qui me semble évident, ce que l'univers autour de moi m'indique
clairement, c'est
que rien n'est simple. Qu’un trait, ne suffit pas à définir un caractère, aussi
subtil soit-il. Que l’on sait si peu de chose ! Mes convictions valent
donc bien celles des autres.
Alors, finalement, qu'importe que l'on choisisse de voir les choses de la vie en noir et blanc
ou en couleur, ce qui compte c'est de faire ce choix avec une intime conviction.
Ce sont mes
convictions qui donnent un sens à ma vie, et cette vie qui me donne ce sens de l'autodérision...
vendredi 13 juin 2014
Sourire !
Je m’efforce de sourire, même si mes idées me poussent à
la gravité, parce que sourire fait du bien. C’est vrai ! Je l’ai entendu
l’autre jour au journal télévisé. Mais je le savais déjà, en fait je le sais
depuis toujours. Il a fallu des analyses scientifiques, des expériences
complexes pendant des années, pour démontrer scientifiquement, faire d’un
sentiment une vérité, que sourire est bon pour la santé et pour le moral, et cela
même si c’est un sourire forcé ! D’ailleurs, il est bien rare qu’après
quelques secondes passées à se forcer à sourire, on ne finisse pas tout
naturellement par sourire pour de bon. Et si l’on craint de passer pour un
demeuré, ou que l’on est édenté, on peut se contenter de sourire intérieurement,
ça a le même effet.
Ce matin, pas de tintement de cloches, ni de chant d’oiseaux
ou bruissement de feuilles... mais les bruits de la circulation et ses effluves
nauséabonds ! Je m'étais dit que j’irais courir… mais, j’y ai renoncé… Du
coup, je me suis occupé de tout ce qui pousse sans arrêt, puis dans la foulée
me suis rendu chez ma coiffeuse, histoire de soigner un peu mon apparence. On
ne sait jamais...
Me voici donc tout sourire, sans un poil qui dépasse avec
une coupe toute fraîche et seyante…
Pourquoi ne pas aller m’installer à la terrasse d’un de
ces cafés éphémères sur les quais de seine, munie d’un recueil de poèmes et d’une
paire de lunettes teintées pour regarder les filles légèrement vêtues passer ?
Même si cacher sous un air de dandy intello une nature de loup de Tex Avery, n’est pas très… correct. Quoi
qu’il en soit, de regarder passer les filles, devrait contribuer d’une part (pour
celles qui s’en aperçoivent) à les rassurer sur leur capacité à séduire, au
moins les faire sourire ; d’autre part à tirer vers le haut et sans effort
les commissures de mes lèvres, ce qui, on le sait désormais, est bon pour mon
moral et ma santé.
C’est parti, avec un léger sourire forcé, pour commencer…
Rentre ce ventre !
mercredi 11 juin 2014
Animalité...
Belle course ce matin ! Certes, pas comme au temps
de ma splendeur, où il m’arrivait même de courir avec une raideur particulièrement
localisée que je m’appliquais à camoufler… il faut dire qu’alors je pensais à
elle, enfin plus précisément à ses élégantes et émouvantes singularités… mais,
je m’égare… C’est à cause du coq de la ferme voisine qui ce matin tôt a
commençait à s’époumoner… pour repousser d’éventuels concurrents et aussi pour vanter
la puissance de ses hormones… Je n’en fais pas une maladie… mais, de temps en
temps, l’idée d’une bonne "saillie", pour un vieux
(n’exagérons pas, tout de même) loup comme moi, me remue hormones et
sang ! Veinard de gallinacé ! Tu comprends pourquoi un jour tu
finiras dans une sauce au vin.
En huit jours, la forêt s’est métamorphosée, c’est à
peine si je la reconnais ! Tout s’y redresse, s’érige, semble prêt à
exploser. De ces vaches, au loin, émanent cette odeur forte et caractéristique que
l’on retrouve dans le lait, pas celui des supermarchés, celui acheté à la
ferme. Une odeur à la fois fascinante et écœurante…
Il fait déjà chaud, je transpire à grosses gouttes ;
aucun problème de souffle, malgré ces quelques cigarettes prises hier soir
en arrivant, aucune raideur musculaire ni douleur articulaire… presque le pied !
Salop de coq ! Bon sang, je ne suis pas de bois… enfin,
presque...
Ah ! que tout cela me semble compliqué…
Quoi qu’il en soit, aujourd'hui et demain seront de belles journées, profitons
de cela avant de rentrer.
lundi 9 juin 2014
Du bois...
Reprendre ces habitudes de
diariste s'avère plus difficile que je ne le pensais. C'est comme reprendre la
course de façon régulière... dans les deux cas, il me manque quelque chose... la niaque,
l'émotion, l'envie...
J'imagine qu'arrêter de fumer
ces quelques cigarettes en fin de journée, dès que je me sens euphorique ou
quand je suis trop anxieux, sera tout aussi difficile ?
Et cette allure désormais, ce
corps négligé, empâté, de combien, huit, neuf kilos ? Impossible de m'en débarrasser...
pourtant, je fais tout à pied ! C'est l'apéro, clopes,
grignotage. Mais, bon…
En plus, depuis mon départ aux
USA, j'ai cessé de me raser ! Le résultat est assez singulier... L,I,D et J, aiment ça,
alors moi, ça me va... Mais, y a des trous, y a du blanc, on dirait un loup...
un vieux loup ! Personne ne m'en dit rien, même pas ce vieux renard de P. Il faut dire
que je n'ai jamais eu l'air commode... il y a comme une certaine froideur dans mon attitude, de
celle qu'on ceux qui ne sont pas forcément les plus forts, mais qui peuvent tout
endurer et bien plus longtemps que d’autres... on se méfie… On sent bien que derrière
l'aspect élimé, fatigué, il reste des crocs acérés et quelques mauvais éclats dans
ces yeux las... alors, ça pourrait ne pas être si facile, il pourrait y avoir des
dommages collatéraux... On ne se moque donc pas et on ne vient pas me dire que ça
ne va pas. On me fiche la paix !
… un peu trop même...
J'aimais quand elle était sur
mon dos ! Elle avait une sacrée paire... d'étriers ! J'étais en état
d'éveil permanent, toujours vaillant, jamais fatigué. Je n’avais jamais soif,
jamais faim, sauf d'elle. Ah, fallait voir dans la rue comme les gens nous
regardaient, nous souriaient, se retournaient... enfin, ce n'était peut-être que
pour elle ? Et cette sensation que j'avais d'être affûté.
Va falloir que je me fasse mal,
pour retrouver quelques-unes de ces sensations-là. Mais bon, il ne s'agit pas
de tout recommencer, tout remettre comme c'était. Il faut s'adapter, j'ai
acquis autre chose depuis... ce pouvoir que j'ai de calmer ceux qui sont à mes
côtés, il semble avoir augmenté, bien que je n'ai pas eu l'occasion depuis
longtemps de l'expérimenter, mais je le sens... il y a du recul... un peu plus
d'expérience... Il suffit de voir un de ces séquoias que le feu n'atteint pas. Plus
ça va, plus je me sens de bois... alors qu'en elle, il y avait quelque chose de
minéral. Un de ces grands mélèzes plantés au bord d'un lac, au cœur d’un
paysage minéral de montagne.
Il faut que j'aille chercher ça
de plus en plus loin ! Mais une fois trouvé, je m'aperçois que tout est
resté intact.
Il faut me motiver plus fort
que ça !
mercredi 4 juin 2014
Ma nature.
Quel déluge ce matin ! Sortir V deux minutes n’est pas désagréable, enfin pour moi parce qu’elle, ne traîne pas ! La pluie ici n’est jamais un obstacle pour sortir, mais de là à aller courir… J’irai demain, autour du lac du bois de Vincennes… bien moins sain, mais au moins on y croise beaucoup plus de monde…
Ce paysage dégage quelque chose de puissant, il est d’un vert si dense qu’il absorbe toutes les tensions, toutes les pensées... Au loin, une brume compacte s’élève au-dessus de la canopée… ça sent le vert, ça sent la terre… même le gris du ciel n’arrive pas à rendre ce paysage triste. D’ailleurs, en y réfléchissant, je ne pourrais pas dire que cette campagne autour soit triste ou gaie, ça ne convient pas ! On y perçoit quelque chose de bien plus grand. C’est cette expression qu’à la nature qui donne du sens à ma vie... comme d'autres ont un Dieu… Ici, au milieu d’elle, j'ai cette étonnante sensation, infiniment, que je lui appartiens, que j'en suis une partie. Et ça me fait du bien.
dimanche 1 juin 2014
La Californie...
Parmi les choses qui ont compté ces derniers mois, il y a eu ce voyage entrepris à la deuxième quinzaine d'avril. J'ai emmené L, D et J sur la côte ouest des États-Unis. Un beau voyage, à moitié Road trip, à moitié famille... mon frère y vit avec sa famille.
J'ai loué une voiture confortable en arrivant à San Francisco. Nous y sommes restés le temps de découvrir la ville, bien sûr nous sommes allés voire ces arbres qui ont des milliers d'années à Muir Woods... Puis nous avons longé la côte Pacifique : Monterrey, Carmel, Big Sûr... Puis, Santa Barbara et enfin Los Angeles avant de remonter sur Fresno, par cette fameuse vallée nourricière...
Je crois pouvoir dire que nous étions tous les quatre enchantés, je faisais de mon mieux pour satisfaire à toutes les curiosités, toutes les envies...
À Venice Beach... bien sûr, j'y ai pensé... C'était en Mars, j'avais alors craint pour sa vie ; journalistes et experts pensaient qu'il était probable que le tsunami qui venait de ravager le nord-est du Japon allait faire de même, pile sur cette partie de la côte ouest où elle logeait, à quelques pas seulement de l'océan. J'avais averti comme je pouvais et dans mes pires prévisions, je montais des plans pour aller la chercher dans ce qui serait certainement un chaos de fin du monde... Tout alors était... enfin, me semblait encore possible ; du moins, c'est l'idée à laquelle je m'accrochais, malgré... bref, on s'en fiche de ce que je savais... seul m'importe ce à quoi je croyais...
La seconde partie de notre voyage, nous avons retrouvé mon frère et sa famille. Nous sommes restés en leur compagnie jusqu'à notre départ. Vivant ensemble, ce fut un agréable moment de partage, et je peux dire que chacun se sentait bien.
Le retour fut plus mouvementé. Deux heures après avoir embarqué, on nous annonçait l'annulation du vol... Je passe sur les indécisions, les incertitudes, propres à ces cas de figure, qui peuvent si vous ne vous méfiez pas, rendre ce déjà mauvais moment encore plus désagréable et épuisant... Nous avons squatté dans l'aérogare, toute une nuit et la journée suivante... Mais nous nous sommes bien amusés, nous débrouillant comme des chefs, prenant à l'instinct les bonnes décisions, trouvant les meilleures places pour camper, ayant même obtenu dans la cohue le double de vouchers… Bonne figure et bon cœur attirent souvent la chance... au point même qu'une fois à bord, nous fûmes surclassés par le personnel un peu désorienté par tous ces gens qui faisaient mauvaise figure et exprimaient leur méchante humeur.
Ce camping improvisé remplaça, d'une certaine façon, celui que j'avais prévu dans le Yosemite ; projet abandonné après un conciliabule à quatre qui s'avéra unanimement en faveur de : plus de temps en famille !
Après un retour qui avait duré plus de quarante heures, un voyage qui semblait avoir duré le temps indéfini d'un bonheur... Retrouver toute cette partie figée de ma vie est un peu pénible... Heureusement que subsiste l'espoir de voyages à venir ainsi que celui d'éventuelles, agréables surprises... Il est encore permis de rêver ? Et puis, il paraît que tout a commencé par un rêve... La Californie...
samedi 31 mai 2014
Oser !
Ce n'était pas une surprise, c'était planifié... Mais plus l'échéance approchait, plus on pouvait sentir cette hésitation, cette méfiance enfler et les craintes, que les plus réfractaires au changement ne pouvaient s'empêcher de colporter comme des vérités, se faisaient de plus en plus sombres... Tout à coup, ce que l'on avait jusqu’à présent, sans cesse, décrié s'avérait aujourd'hui posséder toutes les qualités...
Ce nouvel outil informatique remettait en cause tous nos acquis, tous nos réflexes professionnels, alors il n'arrivait pas à la cheville de l'ancien.
Pour ma part, bien qu'un peu anxieux des efforts qu'il allait falloir fournir pour retrouver mes aisances, je dois avouer que j'étais relativement excité par curiosité ainsi que par le challenge à venir.
J'ai la chance d'avoir une capacité d'adaptation assez extraordinaire, et j'aime bien qu'elle soit sollicitée, mise à l'épreuve, de temps en temps...
Mais cette qualité n'a pas que des avantages, à propos de certaines autres choses, sur d'autres terrains... je suis, en effet, capable de rester à supporter l'insupportable. C'est certainement qu'il me manque quelques qualités et parmi elles au moins une essentielle, pour réussir à se distinguer : oser !
Le vrai malheur, c'est d'en avoir conscience, une bien trop fine conscience !
"Une conscience trop fine est plutôt un mal qu'un bien et nuit à la santé de l'âme." Euripide.
Et je me sens comme un prisonnier, qui plus est ignoré, parce qu'enfermé dans un carcan ridicule. Un peu à l'image d'un autiste ou de l'un de ces malades atteints du syndrome du "Locked in".
lundi 26 mai 2014
À suivre...
Par où commencer ? Mes idées se
bousculent... Je sais qu'il faut me calmer, laisser faire, mais c'est plus
facile à dire qu'à faire !
... J'ai repris la clope ! Il y a quelques mois. Je n'en fume que deux ou trois, toujours le soir. Beaucoup plus si c'est à l'occasion d'un verre avec des proches, mais parfois aucune. À l'occasion de ces quelques abus, les premières sont plaisantes, les suivantes, de stupides réflexes... Et le lendemain, toujours, je les regrette. Comme par souci d'équilibre, deux sentiments se contredisent, le premier revendique le plaisir, un laisser-aller au plaisir aussi morbide soit-il... Le second me reproche d'avoir failli... d'avoir mis fin à une œuvre poursuivie treize ans durant !
Ce qui m'ennuie le plus, ce sont des détails, comme cette haleine désagréable et cette odeur sur soi, chez soi... Mais pour l'instant, je m'en accommode, je n'ai personne à embrasser, personne à enlacer !
C'est un peu comme la reprise de ce journal. Reprise... je m'avance un peu ! Disons la résurrection d'une envie ou, peut-être, d'une nature... Quoi qu'il en soit, il faut que j'évite de m'emballer, que je me contente de n'en faire qu'à mon cœur !
Je dois dire que D. y est, involontairement, pour quelque chose. J'ai découvert, lors d'un récent voyage, qu'elle tenait un journal... Déjà, trois gros cahiers, tous semblables, noirs et sobres. Toujours écrits à la main, où qu'elle se trouve, dès que ça la prend. Je suis admiratif !
... J'ai repris la clope ! Il y a quelques mois. Je n'en fume que deux ou trois, toujours le soir. Beaucoup plus si c'est à l'occasion d'un verre avec des proches, mais parfois aucune. À l'occasion de ces quelques abus, les premières sont plaisantes, les suivantes, de stupides réflexes... Et le lendemain, toujours, je les regrette. Comme par souci d'équilibre, deux sentiments se contredisent, le premier revendique le plaisir, un laisser-aller au plaisir aussi morbide soit-il... Le second me reproche d'avoir failli... d'avoir mis fin à une œuvre poursuivie treize ans durant !
Ce qui m'ennuie le plus, ce sont des détails, comme cette haleine désagréable et cette odeur sur soi, chez soi... Mais pour l'instant, je m'en accommode, je n'ai personne à embrasser, personne à enlacer !
C'est un peu comme la reprise de ce journal. Reprise... je m'avance un peu ! Disons la résurrection d'une envie ou, peut-être, d'une nature... Quoi qu'il en soit, il faut que j'évite de m'emballer, que je me contente de n'en faire qu'à mon cœur !
Je dois dire que D. y est, involontairement, pour quelque chose. J'ai découvert, lors d'un récent voyage, qu'elle tenait un journal... Déjà, trois gros cahiers, tous semblables, noirs et sobres. Toujours écrits à la main, où qu'elle se trouve, dès que ça la prend. Je suis admiratif !
Nous en avons
parlé, non pas du contenu, mais de ce que l'on ne sait pas pour quoi, ni
pourquoi cela nous pousse à ça.... j'ai alors découvert en elle
des sentiments que j'ai. J'imagine que cela m'a encouragé à surmonter cette
honte d'avoir arrêté, celle qui vous pousse à la lâcheté plutôt qu'à
recommencer.
Il faut dire que
j'avais perdu le sens du présent... Je tentais de faire de mes désirs la
réalité, je cherchais même, parfois, à orienter l'avenir. Je dois me concentrer
essentiellement sur ma vérité ; la Vérité n'est qu'un leurre...
samedi 24 mai 2014
Cette tendresse désespérée...
Je suis, sans doute, le plus surpris !
C'est en fait, la faute d'une petite bulle d'émotion qui semble avoir réussi à
s'immiscer, bien malgré moi, à travers les mailles de... ces attitudes... de
vie que je m'impose désormais.
Elle éclate à
l'instant me poussant à cela... quelques jours après que le choc a eu lieu,
preuve évidente de l'existence d'une profonde fissure.
Un choc provoqué
par un visage, aperçu dans un film... c'est stupide ! Un film sans intérêt,
hormis cette actrice, sa silhouette, son visage, sa douceur si particulière.
Une actrice que je n'avais jamais vue avant ! Sans que je puisse dire
pourquoi et même que je m'en aperçoive, ce visage éveilla tout doucement
mon intérêt, me charmant au fur et à mesure des scènes... puis, il me bouleversa...
comme l'avait fait un jour celui qu'il venait de me rappeler. C'est
au détour d'un angle, d'une expression ou d'une ombre passante, que je me fis
surprendre... Bon sang ! je n'ai vraiment aucune contenance de caractère !
Perturbé, j'ai
voulu en savoir plus, qui elle était, d'où elle venait... et au fil des photos
observées ces similitudes que j'avais devinées se confirmèrent, me donnant la
sensation à chaque fois de recevoir une décharge électrique.
J'en rêvais la nuit
suivante. Ce visage, tout à la fois, anguleux et d'une extraordinaire douceur,
si volontaire et pourtant si terriblement anxieux ; ce visage, baisait mes
lèvres et mes tempes avec cette tendresse désespérée... qu'aucun autre être n'avait
su m'offrir avant et, j'imagine, qu'aucun autre être ne saura m'offrir...
Il faut que ce
manque soit d'une extraordinaire violence pour être à ce point et après tout ce
temps passé, encore capable de me faire ainsi vaciller.
J'ai compris que je
ne serai jamais celui que je me destinais à être... que quelque chose
d'irréversible s'était produit, m'avait fauché ou plus vraisemblablement, changé...
et qu'il me faut dorénavant penser différemment. Après ces dernières années, passées
dans le silence et l'isolement, j'ai, aujourd'hui, l'impression de sortir d'une
longue dépression, d'un drôle de sommeil. Je prends la mesure de ce
dont je m'extrais avec tant de difficulté... N'ayant d'autre choix
que celui d'accepter d'être à jamais différent, à jamais... marqué !
Je me dis que ce
qui a été vrai et sincère ne peut s'oublier, alors qu'il faudra bien faire
avec... Et que derrière chacune de mes insouciances passagères, une vision, une
odeur, une sensation... pourrait tout à coup me gifler.
jeudi 16 janvier 2014
Question de nature !
Un temps mort qui s'impose, à la manière d'une maladie. Je ne peux que subir... sans peine, sans manque réel, à ma grande surprise ! J'ai même la sensation d'être... presque bien. Un peu comme quand le médecin est passé, qu'il a expliqué... que la crainte a désenflé et qu'il ne reste plus qu'à s'abandonner, à se reconstituer, doucement...
Peut-être est-il temps d'à nouveau me laisser aller ? Aller à vivre. Cela fait combien de temps déjà ? Trois, quatre ans peut-être ? Je ne sais plus ! Pourtant, il y a peu, je comptais encore... Je ne sais plus depuis combien de temps j'attends... qu'au nom de la reconnaissance, les choses me soient exprimées... ni depuis quand, j'ai compris que ce n'est, probablement, qu'un vœu pieux !
Certes, je suis en partie fautif... ne savais-je pas ce qu'il en était ? Ne savais-je pas tout ce qui se passait, ou presque...? Mais voilà, j'aimais ! J'aimais tant, que je me refusais tout jugement, ne m'en tenant qu'à ce que je ressentais profondément, choisissant de ne croire qu'au meilleur de chacun... d'imaginer toutes les justifications possibles ; choisissant d'avaler celles qui m'étaient servies, même indigestes... d'ailleurs, pourquoi prendre la peine de me les servir ? Mais cet exercice d'imagination avait d'effroyables revers !
Que de temps perdu ! De ce temps pourtant plus précieux que jamais, où la vie tend à se contracter... Et toutes ces conséquences dont il me faut bien constater le désastre... Quelle énergie il va falloir désormais, pour me rafistoler !
Cela aurait pu m'être épargné, il ne s'en fallait que d'un peu d’honnêteté, de reconnaissance et d'un soupçon de courage...
Sans doute en ai-je manqué moi-même, de courage... Et pourtant, tous ces faits, cauchemardesques, que j’enfouissais au fur et à mesure de leur découverte, profondément en moi, à force de volonté... d'espoirs aussi ! Peut-être ai-je péché par naïveté, de croire qu'un pareil amour, qu'un pareil espoir, aussi fou et tenace, même malgré quelques cruelles évidences que je n'aurais jamais dû découvrir... ne pouvait finir que par l'emporter... suffirait à tout transformer... Et tous ces mots inscrits ici, en pensant qu'ils seraient saisis, compris... et qu'alors quelque chose serait osé...
Maintenant, avec ce recul qui inéluctablement s'impose, cette décantation... cela semble prendre l'aspect d'un petit drame ; dénué de sens, comme tous les petits drames ; et dont l'extrait tiré, n'en évoquerait que le pire. Et cela me désole, infiniment...
Je dois me restaurer... trouver quelqu'un, ne serait-ce que pour soulager ma chair... puis mon cœur, s'il y a lieu... Mon âme, je m'en charge et je me garderai bien, dorénavant, de l'exposer.
Ni tristesse, ni rancune, quoiqu'un peu d'amertume et d'étonnement, d'incrédibilité même, de m'être à ce point fourvoyé.
Tout cela ne révèle, finalement, que la nature de chacun ! De l'importance que l'on donne à cette conscience que l'on a de l'autre et de soi. Et plus particulièrement, de nos facultés à déterminer notre comportement, à commander nos attitudes...
"Alors, quand toutes les facultés sont suspendues, nous devenons semblables aux démons de l’enfer qui ressentent le remords, mais qui ignorent le repentir." Walter Scott.
Et maintenant que vais-je faire de cette souffrance d'hier ?
La chérir... comme une compagne ?
Quoi qu'il en soit, une sensation de vide m'a absorbé il y a trois ans, cette dépression m'a brisé. Elle a émoussé ma volonté et mon corps s'est effondré... Aujourd'hui, sans doute sous l'effet d'un sursaut d'accord, d'un sursaut d'envie... celui que je suis, ma nature profonde, ne supporte plus celui que je montre.
Je me sens au pied d'une paroi qui se dresse devant moi, et qui m'apparaît dix fois plus vertigineuse que celle que j'ai gravie il y a huit ans ; à moins que ce soit moi, qui soit dix fois plus petit, plus rabougri... Avec personne près de moi, pour comprendre, m'encourager brillamment et surtout, pour s’enorgueillir de me voir tordre mon sort... Je ne parle pas de souhaits, d'intentions ou de ces faciles amitiés et amours virtuels ! Mais de ceux qui s'offrent, fières et sans craindre le péril... De ceux qui savent que seuls les actes comptent.
Alors, je risque d'être un peu juste, de n'avoir pas assez d'énergie pour autre chose... Autre chose d'aussi suivi que ce l'était ici ! Je ne suis pas né mâle alpha, je ne fonctionne qu'au courage, et chez moi, au même titre que les hormones, c'est compté juste...
Mais ne présumons pas de l'avenir... D'un certain point de vue, au regard de ma position, les perspectives ne peuvent qu'être favorables ! Non ?
Le moment est venu de fermer le cahier de cette histoire, même si je le trouve inachevé.
Peut-être est-il temps d'à nouveau me laisser aller ? Aller à vivre. Cela fait combien de temps déjà ? Trois, quatre ans peut-être ? Je ne sais plus ! Pourtant, il y a peu, je comptais encore... Je ne sais plus depuis combien de temps j'attends... qu'au nom de la reconnaissance, les choses me soient exprimées... ni depuis quand, j'ai compris que ce n'est, probablement, qu'un vœu pieux !
Certes, je suis en partie fautif... ne savais-je pas ce qu'il en était ? Ne savais-je pas tout ce qui se passait, ou presque...? Mais voilà, j'aimais ! J'aimais tant, que je me refusais tout jugement, ne m'en tenant qu'à ce que je ressentais profondément, choisissant de ne croire qu'au meilleur de chacun... d'imaginer toutes les justifications possibles ; choisissant d'avaler celles qui m'étaient servies, même indigestes... d'ailleurs, pourquoi prendre la peine de me les servir ? Mais cet exercice d'imagination avait d'effroyables revers !
Que de temps perdu ! De ce temps pourtant plus précieux que jamais, où la vie tend à se contracter... Et toutes ces conséquences dont il me faut bien constater le désastre... Quelle énergie il va falloir désormais, pour me rafistoler !
Cela aurait pu m'être épargné, il ne s'en fallait que d'un peu d’honnêteté, de reconnaissance et d'un soupçon de courage...
Sans doute en ai-je manqué moi-même, de courage... Et pourtant, tous ces faits, cauchemardesques, que j’enfouissais au fur et à mesure de leur découverte, profondément en moi, à force de volonté... d'espoirs aussi ! Peut-être ai-je péché par naïveté, de croire qu'un pareil amour, qu'un pareil espoir, aussi fou et tenace, même malgré quelques cruelles évidences que je n'aurais jamais dû découvrir... ne pouvait finir que par l'emporter... suffirait à tout transformer... Et tous ces mots inscrits ici, en pensant qu'ils seraient saisis, compris... et qu'alors quelque chose serait osé...
Maintenant, avec ce recul qui inéluctablement s'impose, cette décantation... cela semble prendre l'aspect d'un petit drame ; dénué de sens, comme tous les petits drames ; et dont l'extrait tiré, n'en évoquerait que le pire. Et cela me désole, infiniment...
Je dois me restaurer... trouver quelqu'un, ne serait-ce que pour soulager ma chair... puis mon cœur, s'il y a lieu... Mon âme, je m'en charge et je me garderai bien, dorénavant, de l'exposer.
Ni tristesse, ni rancune, quoiqu'un peu d'amertume et d'étonnement, d'incrédibilité même, de m'être à ce point fourvoyé.
Tout cela ne révèle, finalement, que la nature de chacun ! De l'importance que l'on donne à cette conscience que l'on a de l'autre et de soi. Et plus particulièrement, de nos facultés à déterminer notre comportement, à commander nos attitudes...
"Alors, quand toutes les facultés sont suspendues, nous devenons semblables aux démons de l’enfer qui ressentent le remords, mais qui ignorent le repentir." Walter Scott.
Et maintenant que vais-je faire de cette souffrance d'hier ?
La chérir... comme une compagne ?
Quoi qu'il en soit, une sensation de vide m'a absorbé il y a trois ans, cette dépression m'a brisé. Elle a émoussé ma volonté et mon corps s'est effondré... Aujourd'hui, sans doute sous l'effet d'un sursaut d'accord, d'un sursaut d'envie... celui que je suis, ma nature profonde, ne supporte plus celui que je montre.
Je me sens au pied d'une paroi qui se dresse devant moi, et qui m'apparaît dix fois plus vertigineuse que celle que j'ai gravie il y a huit ans ; à moins que ce soit moi, qui soit dix fois plus petit, plus rabougri... Avec personne près de moi, pour comprendre, m'encourager brillamment et surtout, pour s’enorgueillir de me voir tordre mon sort... Je ne parle pas de souhaits, d'intentions ou de ces faciles amitiés et amours virtuels ! Mais de ceux qui s'offrent, fières et sans craindre le péril... De ceux qui savent que seuls les actes comptent.
Alors, je risque d'être un peu juste, de n'avoir pas assez d'énergie pour autre chose... Autre chose d'aussi suivi que ce l'était ici ! Je ne suis pas né mâle alpha, je ne fonctionne qu'au courage, et chez moi, au même titre que les hormones, c'est compté juste...
Mais ne présumons pas de l'avenir... D'un certain point de vue, au regard de ma position, les perspectives ne peuvent qu'être favorables ! Non ?
Le moment est venu de fermer le cahier de cette histoire, même si je le trouve inachevé.
vendredi 6 décembre 2013
En tête
Plus qu'un ami, c'est la féminité qui me manque. Parce qu'une femme est une promesse d'intime et que cela change tout... Plus de foutaises... on ne peut qu'être soi dès lors qu'on aime et qu'on se sait aimé.
Avec elle, pas d'absurdes comparaisons, simplement de l'émulation... L'origine des maux, c'est la comparaison !
Que de temps perdu, cet isolement... par chance, malgré la tristesse de ces dernières années, les déceptions accumulées... quel désir encore d'aimer et surtout, quelle intacte ivresse à la seule vue d'un paysage, d'un ciel et ses nuages ou d'un visage aimé...
Avec elle, pas d'absurdes comparaisons, simplement de l'émulation... L'origine des maux, c'est la comparaison !
Que de temps perdu, cet isolement... par chance, malgré la tristesse de ces dernières années, les déceptions accumulées... quel désir encore d'aimer et surtout, quelle intacte ivresse à la seule vue d'un paysage, d'un ciel et ses nuages ou d'un visage aimé...
jeudi 5 décembre 2013
Révélation !
Hier, en début de soirée... le pire des moments, celui de toutes les tentations... Désœuvré, résistant avec difficulté à l'une d'entre elles... j'allume la télé... Je passe de chaîne en chaîne, tellement de conneries ! Tout à coup, un paysage de neige, de montagnes, de lacs et de mélèzes... Un homme, un trappeur, avec ses chiens, chasse les couguars, les lynx, les loups ou les ours qui s'approchent trop près des fermes ou qui déciment les troupeaux... Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt si, je sais très bien pourquoi... je me dis ce doit être le Montana... C'était ça !
Trappeur, quelle vie ! Une cabane en rondins, du bois coupé, un poêle, des outils, des pièges... La forêt, la nature...
Petit, mon grand-père m'emmenait relever les pièges qu'il posait... Sa besace, son manteau, son chapeau, sa serpette tranchante (dont il avait fait le manche) qui battait à sa hanche, l'allure de ses pas précis, dont il cassait sans cesse le rythme en forêt... nous devons toujours surprendre, jamais être surpris, m'apprenait-il. D'où vient le vent ? Écoute ! Là... que sens-tu ? Observe... Je le suivais, admirant sa grande carcasse qui semblait aussi solide que les chênes alentour et j'étais envoûté par les odeurs d'humus et de musc. Parfois, nous stoppions brusquement, il me faisait m'accroupir et nous pouvions patienter de longues minutes sans bouger. Puis, il me regardait, tendait son doigt en silence pour que je le suive du regard et je découvrais, ébahi, une laie et ses marcassins... une biche et son fan... un renard qui filait ou encore, un autre coureur des bois qui lui ne nous avez pas vus... Nous les laissions passer et reprenions notre course à travers bois... Comment ne pas être marqué par de telles expériences ?
Bien sûr, ma campagne n'est pas comparable à l'immensité du Montana, à la rudesse et à la brutalité de la nature sauvage qui règne là-bas... mais toute proportion gardée, on s'y trouve imprégné identiquement...
J'ai eu cette chance, durant les dix premières années de ma vie, d'être marqué par cette vie naturelle... Pas de télé... l’électricité ne servait qu'à éclairer, nous mangions ce que mon grand-père faisait pousser dans le potager et aux champs, glanait ou cueillait dans la forêt ; le gibier qu'il avait chassé ou piégé. On se chauffait au bois, dans les chambres il faisait froid ; on se lavait dans la cuisine à l'évier ou dans une grande bassine et il fallait faire chauffer l'eau sur la cuisinière à bois...
Je pense n'avoir jamais plus était heureux comme à ce moment là. De ce bonheur dont on ne sait même plus que c'en est un, tant on n'y pense même pas...
J'ai gardé de cette époque un instinct puissant que cette vie avait développé, une certaine humilité et un amour de la nature comme celui que l'on voue à sa mère. Je pense pouvoir reconnaître le peu de ceux qui me ressemblent quand bien même, un peu comme moi, ils se sont eux aussi perdus...
Toute ma vie d'avant, bien que ne manquant pas tout à fait de talent, je fus incapable d'avoir une réelle et profonde ambition, sans savoir pourquoi...
Maintenant, je sais, rien ne me convenait... et ce n'est qu'en revenant sur mes pas que j'ai trouvé...
Trappeur, quelle vie ! Une cabane en rondins, du bois coupé, un poêle, des outils, des pièges... La forêt, la nature...
Petit, mon grand-père m'emmenait relever les pièges qu'il posait... Sa besace, son manteau, son chapeau, sa serpette tranchante (dont il avait fait le manche) qui battait à sa hanche, l'allure de ses pas précis, dont il cassait sans cesse le rythme en forêt... nous devons toujours surprendre, jamais être surpris, m'apprenait-il. D'où vient le vent ? Écoute ! Là... que sens-tu ? Observe... Je le suivais, admirant sa grande carcasse qui semblait aussi solide que les chênes alentour et j'étais envoûté par les odeurs d'humus et de musc. Parfois, nous stoppions brusquement, il me faisait m'accroupir et nous pouvions patienter de longues minutes sans bouger. Puis, il me regardait, tendait son doigt en silence pour que je le suive du regard et je découvrais, ébahi, une laie et ses marcassins... une biche et son fan... un renard qui filait ou encore, un autre coureur des bois qui lui ne nous avez pas vus... Nous les laissions passer et reprenions notre course à travers bois... Comment ne pas être marqué par de telles expériences ?
Bien sûr, ma campagne n'est pas comparable à l'immensité du Montana, à la rudesse et à la brutalité de la nature sauvage qui règne là-bas... mais toute proportion gardée, on s'y trouve imprégné identiquement...
J'ai eu cette chance, durant les dix premières années de ma vie, d'être marqué par cette vie naturelle... Pas de télé... l’électricité ne servait qu'à éclairer, nous mangions ce que mon grand-père faisait pousser dans le potager et aux champs, glanait ou cueillait dans la forêt ; le gibier qu'il avait chassé ou piégé. On se chauffait au bois, dans les chambres il faisait froid ; on se lavait dans la cuisine à l'évier ou dans une grande bassine et il fallait faire chauffer l'eau sur la cuisinière à bois...
Je pense n'avoir jamais plus était heureux comme à ce moment là. De ce bonheur dont on ne sait même plus que c'en est un, tant on n'y pense même pas...
J'ai gardé de cette époque un instinct puissant que cette vie avait développé, une certaine humilité et un amour de la nature comme celui que l'on voue à sa mère. Je pense pouvoir reconnaître le peu de ceux qui me ressemblent quand bien même, un peu comme moi, ils se sont eux aussi perdus...
Toute ma vie d'avant, bien que ne manquant pas tout à fait de talent, je fus incapable d'avoir une réelle et profonde ambition, sans savoir pourquoi...
Maintenant, je sais, rien ne me convenait... et ce n'est qu'en revenant sur mes pas que j'ai trouvé...
mercredi 4 décembre 2013
Élémentaire !
J'ai besoin de savoir... que l'on me dise.
Qu'un cahier des charges soit établi, que des plans soient tracés, pas nécessairement précis, mais pas sur la comète pour autant...
J'ai besoin qu'un échéancier soit ouvert, même s'il enchaîne au hasard de petits et grands écarts...
J'ai besoin qu'un échéancier soit ouvert, même s'il enchaîne au hasard de petits et grands écarts...
Que soit affichée une liste, des possibles en vert et des probables en bleu et une autre où seraient reportés en rouge mes acquis et mes avoirs en noir. Tout cela afin de garder des repères et d'éviter que l'on s'égare...
J'accepte que soit définit des règles, qu'elles me soient imposées, ainsi que des devoirs... mais il est juste que soient reconnus mes droits et que l'on m'accorde, au mérite, quelques grâces et avantages...
Qu'il y ait des cloisons dressées ? Tant qu'on y trouve des portes d'espoir...
Épargnez-moi cependant, tous ces contes et histoires à dormir debout... ou cette manière de me bercer trop près du mur... c'est sans effet, je ne réfléchis qu'avec le cœur !
Ainsi, respecté, reconnu, je peux exister. Me sentir homme et libre...
Libre de tout accepter, de vous... et bien plus encore... vous n'avez pas idée !
Voilà qui est élémentaire et qui, de mon point de vue, convient à toutes les situations...
J'accepte que soit définit des règles, qu'elles me soient imposées, ainsi que des devoirs... mais il est juste que soient reconnus mes droits et que l'on m'accorde, au mérite, quelques grâces et avantages...
Qu'il y ait des cloisons dressées ? Tant qu'on y trouve des portes d'espoir...
Épargnez-moi cependant, tous ces contes et histoires à dormir debout... ou cette manière de me bercer trop près du mur... c'est sans effet, je ne réfléchis qu'avec le cœur !
Ainsi, respecté, reconnu, je peux exister. Me sentir homme et libre...
Libre de tout accepter, de vous... et bien plus encore... vous n'avez pas idée !
Voilà qui est élémentaire et qui, de mon point de vue, convient à toutes les situations...
mardi 3 décembre 2013
Patience...
Une journée pour rien... Attente, indécisions, ennui, mais pas d'envies... Le genre de journée où l'on se dit, vivement demain ! J'aurai pu venir ici, mais il y des jours sans, c'est comme ça...
En fin d'après-midi, je me suis enfin décidé à sortir. Je suis allé acheter de cette huile d'olive nouvelle que je ne veux pas rater cette année. On ne la trouve qu'en ce moment, et pas pour longtemps... Celle que j'ai trouvé vient de Sicile. Elle est fruitée verte et divinement ardente, comme je les aime... Diable, serait-ce un lapsus ?
J'ai aussi acheté une baguette paline... Ainsi, j'ai l'essentiel, du pain à la farine de sarrasin, de l'huile d'olive ardente et du fromage de brebis ! Me viennent en tête les images de ce film Le quattro volte, cette ode à la vie simple, dépouillé, naturelle... Il n'y a pas de meilleurs remèdes, de meilleure vie... Alors, en attendant, un petit plaisir pour oublier cette journée... Demain sera un autre jour. Je dois sans cesse me raisonner, j'ai la patience où les poules ont l'œuf !
Le quattro volte.
En fin d'après-midi, je me suis enfin décidé à sortir. Je suis allé acheter de cette huile d'olive nouvelle que je ne veux pas rater cette année. On ne la trouve qu'en ce moment, et pas pour longtemps... Celle que j'ai trouvé vient de Sicile. Elle est fruitée verte et divinement ardente, comme je les aime... Diable, serait-ce un lapsus ?
J'ai aussi acheté une baguette paline... Ainsi, j'ai l'essentiel, du pain à la farine de sarrasin, de l'huile d'olive ardente et du fromage de brebis ! Me viennent en tête les images de ce film Le quattro volte, cette ode à la vie simple, dépouillé, naturelle... Il n'y a pas de meilleurs remèdes, de meilleure vie... Alors, en attendant, un petit plaisir pour oublier cette journée... Demain sera un autre jour. Je dois sans cesse me raisonner, j'ai la patience où les poules ont l'œuf !
Le quattro volte.
lundi 2 décembre 2013
Question de style...
Pas de course, mais quand même du sport. Grand nettoyage, faut qu'ça brille !
D'abord, mon thé, un nouveau, un cadeau... dans un paquet avec un ruban, qu'elle a ouvert pour moi, pour que je le sente, pour m'expliquer ce que c'est et pourquoi... emportée par son plaisir de m'offrir... Et moi qui n'entendais pas bien, et aussi un peu bête, jamais sûr de rien... craignant de l'embarrasser, en pensant trop vite que c'est un cadeau pour moi et qu'en fait ça ne le serait pas... j'ai feint que je n'avais pas bien compris que c'était pour moi... Et pourtant... c'est le seul cadeau que j'ai reçu... et le plaisir que j'ai eu... Mais surtout, il me réajuste sur son rite matinal... c'est déjà un début...
Faut qu'ça brille ! Poussières... évier, lavabo, douche, toilette... Du détergent qui brûle ces petites plaies d'envies sur mes mains... qui pique le nez... Aspirateur... Mon seau carré et mon ballet magique... frotte-frotte... À poils, parce que c'est plus pratique et que chaque fois que je passe devant la glace... eh bien, je m'agite encore plus frénétiquement, j'me démène... j'astique... Il y a sans doute un peu d'exhibitionnisme, refoulé pour me juger n'avoir pas les arguments suffisants, j'imagine... que j'exprime, que je libère, parce qu'il n'y a personne... comme d'autres chantent à tue-tête sous la douche...
Je finis de nettoyer la douche tout en la prenant... je distingue mon savon habituel du détergent-détartrant quand ça brûle... faut que je fasse attention tout de même... Je manque tomber tant ça glisse... Faut se méfier, les accidents domestiques c'est de sous-estimer...
Hum... Ça sent le propre ! Dans mon brumisateur, quelques gouttes de Tea tree pour tuer tous les microbes et de Petitgrain Bigarade pour ces propriétés anti-dépressive...
Quelque chose me chiffonne... Faudrait que je pense à faire les vitres, que je me dis en regardant si les voisins d'en face ne sont pas en train de me reluquer, planqués derrière leurs rideaux... Depuis que je suis là... bref... il faut dire que l'extérieur ne m'attirait pas, et puis je n'ai pas le matériel qui convient...
Pourtant, laveur de carreaux, c'est un boulot qui m'a toujours attiré... pas que ce soit une vocation ! Mais, au cas où j'aurais rien d'autre pour vivre... C'est simple, un seau, une ou deux raclettes, un chiffon, une mobylette et savoir faire de belles circonvolutions sur les baies vitrées, avec style (pas comme j'en vois avec la raie des fesses poilues, apparente)... On voit le résultat tout de suite... À Paris on peut se retrouver suspendu tout en haut des tours... et puis on voit chez les gens... on doit en voir de drôle parfois... Mateur ? Oui aussi, un peu... enfin comme tout le monde... Mais je crois que j'aurais le vertige... comme dans ces rêves où, au bord d'un précipice, on se sent tétanisé... il parait que ça veut dire quelque chose...
Mon style est un peu différent... C'est à cause de la frénésie... habituelle conséquence d'un choc psychique... les émotions sont confuses, difficiles à cerner, à exprimer... Ce mélange d'incertitudes et d'exaltations produit comme des convulsions de sensations et donc de mots... Du lyrisme style télégraphique... de l'exalté sous extasy !
D'abord, mon thé, un nouveau, un cadeau... dans un paquet avec un ruban, qu'elle a ouvert pour moi, pour que je le sente, pour m'expliquer ce que c'est et pourquoi... emportée par son plaisir de m'offrir... Et moi qui n'entendais pas bien, et aussi un peu bête, jamais sûr de rien... craignant de l'embarrasser, en pensant trop vite que c'est un cadeau pour moi et qu'en fait ça ne le serait pas... j'ai feint que je n'avais pas bien compris que c'était pour moi... Et pourtant... c'est le seul cadeau que j'ai reçu... et le plaisir que j'ai eu... Mais surtout, il me réajuste sur son rite matinal... c'est déjà un début...
Faut qu'ça brille ! Poussières... évier, lavabo, douche, toilette... Du détergent qui brûle ces petites plaies d'envies sur mes mains... qui pique le nez... Aspirateur... Mon seau carré et mon ballet magique... frotte-frotte... À poils, parce que c'est plus pratique et que chaque fois que je passe devant la glace... eh bien, je m'agite encore plus frénétiquement, j'me démène... j'astique... Il y a sans doute un peu d'exhibitionnisme, refoulé pour me juger n'avoir pas les arguments suffisants, j'imagine... que j'exprime, que je libère, parce qu'il n'y a personne... comme d'autres chantent à tue-tête sous la douche...
Je finis de nettoyer la douche tout en la prenant... je distingue mon savon habituel du détergent-détartrant quand ça brûle... faut que je fasse attention tout de même... Je manque tomber tant ça glisse... Faut se méfier, les accidents domestiques c'est de sous-estimer...
Hum... Ça sent le propre ! Dans mon brumisateur, quelques gouttes de Tea tree pour tuer tous les microbes et de Petitgrain Bigarade pour ces propriétés anti-dépressive...
Quelque chose me chiffonne... Faudrait que je pense à faire les vitres, que je me dis en regardant si les voisins d'en face ne sont pas en train de me reluquer, planqués derrière leurs rideaux... Depuis que je suis là... bref... il faut dire que l'extérieur ne m'attirait pas, et puis je n'ai pas le matériel qui convient...
Pourtant, laveur de carreaux, c'est un boulot qui m'a toujours attiré... pas que ce soit une vocation ! Mais, au cas où j'aurais rien d'autre pour vivre... C'est simple, un seau, une ou deux raclettes, un chiffon, une mobylette et savoir faire de belles circonvolutions sur les baies vitrées, avec style (pas comme j'en vois avec la raie des fesses poilues, apparente)... On voit le résultat tout de suite... À Paris on peut se retrouver suspendu tout en haut des tours... et puis on voit chez les gens... on doit en voir de drôle parfois... Mateur ? Oui aussi, un peu... enfin comme tout le monde... Mais je crois que j'aurais le vertige... comme dans ces rêves où, au bord d'un précipice, on se sent tétanisé... il parait que ça veut dire quelque chose...
Mon style est un peu différent... C'est à cause de la frénésie... habituelle conséquence d'un choc psychique... les émotions sont confuses, difficiles à cerner, à exprimer... Ce mélange d'incertitudes et d'exaltations produit comme des convulsions de sensations et donc de mots... Du lyrisme style télégraphique... de l'exalté sous extasy !
Il y a longtemps que je ne m'étais pas senti exalté... Chez moi ça peut atteindre un tel degré que ça me brûle les calories... Ça "booste" mon imagination, au point que je n'ai plus besoin de dormir, de sucrerie, d'alcool, de rien d'autre que ce qui m'est essentiel, primordial...
dimanche 1 décembre 2013
Un geste...
Deux heures plus tard... Je me dis que ce petit jeu n'en est pas un. De parfois transcrire la partie émergente de mes agitations est une sorte d'exutoire, positif... Cela permet à la part plus profonde de persévérer dans l'affinage... Rien n'est facile, pour continuer, il faut savoir se défouler, se purger de la scorie.
L'esprit un peu plus limpide, j'essaie de traduire ce que j'ai enregistré. C'est abstrait... normal, du temps est passé. Qu'a perçu mon âme ? Plus de calme... Certes, un peu de réserves... Mais le fond, celui que j'avais percé à jour, reste le même... comment aurait-il pu en être autrement ? J'ai senti que je pouvais toujours y avoir accès, qu'il m'était même plus accessible qu'avant... qu'il faudrait un peu de temps évidemment. Ce n'est qu'une sensation, mais elle me vient de ce sens qui me trompe rarement.
Une image, cette façon de faire signe au revoir, bicyclette enfourchée, un pied-à-terre, haut du corps retourné et bras droit tendu haut, très haut...
Un geste pas sans effort, un geste émouvant...
L'esprit un peu plus limpide, j'essaie de traduire ce que j'ai enregistré. C'est abstrait... normal, du temps est passé. Qu'a perçu mon âme ? Plus de calme... Certes, un peu de réserves... Mais le fond, celui que j'avais percé à jour, reste le même... comment aurait-il pu en être autrement ? J'ai senti que je pouvais toujours y avoir accès, qu'il m'était même plus accessible qu'avant... qu'il faudrait un peu de temps évidemment. Ce n'est qu'une sensation, mais elle me vient de ce sens qui me trompe rarement.
Une image, cette façon de faire signe au revoir, bicyclette enfourchée, un pied-à-terre, haut du corps retourné et bras droit tendu haut, très haut...
Un geste pas sans effort, un geste émouvant...
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
J'ai remis à demain... une nuit médiocre et ce besoin, le premier matin de mes repos, de traîner au lit jusque neuf heures ; qui plus est, le premier du mois de décembre... et un dimanche ! Je déteste les dimanches...
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
J'ai classé quelques papiers... Enfin, j'ai ouvert le courrier qui traîne depuis... je jette les enveloppes et empile le reste dans une boite... je déteste ça !
On vit dans un monde où, au nom d'une soi-disant liberté, on a choisit de tout empiler... les lois, les procédures, les obligations, les devoirs, les droits... alors, forcément, ça finit par dysfonctionner.
Comme ce *µ%°#& de Windows qui bug depuis la dernière mise à jour... mais pourquoi j'ai pas pris un Mac ?
... Et cette poussière... Il faudrait que je fasse le ménage... Pff... on verra demain matin ; de toute façon, c'est mieux de le faire avant de se doucher... Je ne suis pas encore lavé... Ok ! Mais on est déjà l'après-midi... et puis, j'ai d'autres choses à penser, bien plus importantes ! Enfin... importantes pour moi...
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
15h00, un sandwich, debout dans la cuisine... pas lavé, coiffé comme un dessous-de-bras... Non ! Je ne pue pas... j'ai cette chance. Enfin, pas après trois jours... Ce qui fait qu'il faudra au moins trois jours de plus que pour un autre, pour que les voisins soient alertés par l'odeur... Je me fais pitié... parfois.
Et là... dans mes cheveux, quelques peaux sèches... comme des pellicules, c'est dégueulasse ! Bon sang, que ça peut m'exaspérer ce genre de choses !
C'est nerveux m'a dit le toubib...
Pourvu que mes nerfs n'aient pas aussi bousillé quelque chose à l'intérieur !
... Une sorte d'eczéma... plutôt bénin... Mais, dites-moi... vous ne seriez pas dépressif, des fois ?
De quoi j'me mêle ? File-moi donc un truc pour la tête, l'extérieur ! L'intérieur, je m'en occupe !
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
J'ai classé quelques papiers... Enfin, j'ai ouvert le courrier qui traîne depuis... je jette les enveloppes et empile le reste dans une boite... je déteste ça !
On vit dans un monde où, au nom d'une soi-disant liberté, on a choisit de tout empiler... les lois, les procédures, les obligations, les devoirs, les droits... alors, forcément, ça finit par dysfonctionner.
Comme ce *µ%°#& de Windows qui bug depuis la dernière mise à jour... mais pourquoi j'ai pas pris un Mac ?
... Et cette poussière... Il faudrait que je fasse le ménage... Pff... on verra demain matin ; de toute façon, c'est mieux de le faire avant de se doucher... Je ne suis pas encore lavé... Ok ! Mais on est déjà l'après-midi... et puis, j'ai d'autres choses à penser, bien plus importantes ! Enfin... importantes pour moi...
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
15h00, un sandwich, debout dans la cuisine... pas lavé, coiffé comme un dessous-de-bras... Non ! Je ne pue pas... j'ai cette chance. Enfin, pas après trois jours... Ce qui fait qu'il faudra au moins trois jours de plus que pour un autre, pour que les voisins soient alertés par l'odeur... Je me fais pitié... parfois.
Et là... dans mes cheveux, quelques peaux sèches... comme des pellicules, c'est dégueulasse ! Bon sang, que ça peut m'exaspérer ce genre de choses !
C'est nerveux m'a dit le toubib...
Pourvu que mes nerfs n'aient pas aussi bousillé quelque chose à l'intérieur !
... Une sorte d'eczéma... plutôt bénin... Mais, dites-moi... vous ne seriez pas dépressif, des fois ?
De quoi j'me mêle ? File-moi donc un truc pour la tête, l'extérieur ! L'intérieur, je m'en occupe !
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
Franchement, je n'ai pas envie de mettre le nez dehors... Je boirais bien un café, ou je discuterais bien avec quelqu'un... Comme l'autre soir, enfin j'me comprends... Tout le reste... n'a aucun sens.
À vouloir pousser plus loin ce petit jeu, je me trouve tout-à-coup être un peu... limite. Allez, c'est plus sage que je m'arrête là.
Franchement, je n'ai pas envie de mettre le nez dehors... Je boirais bien un café, ou je discuterais bien avec quelqu'un... Comme l'autre soir, enfin j'me comprends... Tout le reste... n'a aucun sens.
À vouloir pousser plus loin ce petit jeu, je me trouve tout-à-coup être un peu... limite. Allez, c'est plus sage que je m'arrête là.
Et puis, je n'arrête pas de gamberger...
samedi 30 novembre 2013
Citation... Juste une ! Pour...
Je vais pouvoir dormir les trois jours à venir...
peut-être aussi courir... il se pourrait que je retrouve l'envie d'être beau...
et aussi de me sentir mieux... Mais on va assurer, essayer d'y aller
doucement.
Sincèrement... de lire vos commentaires... eh bien, ça me fait plaisir. Je ne sais pas vraiment quoi dire... Merci, semble un peu ridicule, mais plus paraîtrait prétentieux, déplacé... Ce que je fais ici me fait à moi, beaucoup de bien, c'est déjà beaucoup... alors ce qui vient en plus c'est...
Bref, bien que ça ne soit pas mon truc ici (je dis ça à chaque fois), je vous offre une citation qui compte beaucoup pour moi... parce qu'elle est à la fois un point de départ et un bâton de pèlerin...
Elle est d'un stoïcien, philosophe, écrivain (parce qu'il écrivait bien, il suffit de le lire pour comprendre...) et même, accessoirement... empereur ! Elle est surtout d'un homme dont on comprend, en avançant, qu'il avait tout compris :
"Fouille en dedans. C'est en dedans qu'est la source du bien et elle peut jaillir sans cesse, si tu fouilles toujours."
Marc Aurèle. "Pensées pour moi-même". IIe siècle apr. J.-C.
Sincèrement... de lire vos commentaires... eh bien, ça me fait plaisir. Je ne sais pas vraiment quoi dire... Merci, semble un peu ridicule, mais plus paraîtrait prétentieux, déplacé... Ce que je fais ici me fait à moi, beaucoup de bien, c'est déjà beaucoup... alors ce qui vient en plus c'est...
Bref, bien que ça ne soit pas mon truc ici (je dis ça à chaque fois), je vous offre une citation qui compte beaucoup pour moi... parce qu'elle est à la fois un point de départ et un bâton de pèlerin...
Elle est d'un stoïcien, philosophe, écrivain (parce qu'il écrivait bien, il suffit de le lire pour comprendre...) et même, accessoirement... empereur ! Elle est surtout d'un homme dont on comprend, en avançant, qu'il avait tout compris :
"Fouille en dedans. C'est en dedans qu'est la source du bien et elle peut jaillir sans cesse, si tu fouilles toujours."
Marc Aurèle. "Pensées pour moi-même". IIe siècle apr. J.-C.
vendredi 29 novembre 2013
Synesthésies...
À cet instant, chacun de mes mouvements semblait
dégager les effluves de ce parfum, au nom de cette divinité nordique, qu'elle portait... ne l'ayant pas enlacé... à
peine embrassé... m'étant depuis, il le fallait bien, changé et douché... ce ne pouvait être qu'un
tour de mon esprit, qui usant de ces synesthésies chères à Baudelaire, avait poétiquement lié,
les effets envoûtant de ce capiteux parfum à cette... énième... rencontre.
J'avais, il est vrai, reniflé chacun de ses gestes... tout ce qu'exhalaient ses
mouvements, tout en l'observant intensément. L'écoutant avec passion, je faisais
tous les efforts possibles pour l'entendre malgré mon ouïe défaillante, parce qu'elle se
protège toujours exagérément dans le brouhaha...
C'est au cours de la nuit que me sont revenues ces
odeurs qui ont ponctué nos successives rencontres... Peut-être un jour serai-je
celui qui aura le plus souvent franchi cette si fragile et capricieuse limite
qu'elle évoquait alors ?
De notre première
rencontre je peux encore sentir le parfum caractéristique, comme un voile
légèrement acidulé et pourtant si doux au goût, de sa cyprine abondante...
ensuite celui de levain qu'avaient ces parties les plus chaudes, tendres et
cachées de sa peau poudrée... celui de prunelle de cette huile
pour le corps du Dr Hauschka et ceux, doux-amers, des citrons et oranges
naturels de Capri.
Une autre fois, il y eut celles, mystiques, de myrrhe et de bois ciré... celles des vins de Saint-Emilion, de Vouvray et de vinaigre balsamique... celle de la lessive Kitz qui embaumait son linge et, lors d'un après-midi de printemps, l'extatique parfum d'un bouquet de Lilas pourpres...
À l'occasion d'un été trop chaud, ce fut ceux d'alcool iodé de sa plaie et de son pansement qu'il fallait changer, des lingettes Mustela pour sa toilette intime du moment, pour ne savoir plus bouger... et ce musc délicat, enivrant... de ses petites culottes que je lavais à la main.
Puis, il y eut ces huiles essentielles de tea tree et d’ylang-ylang... et cette odeur persistante et douloureuse de la suie, de la fumée d'incendie... Cette autre aussi douloureuse mais si discrète et fragile de toutes ces bougies allumées avec recueillement pour accompagner un être aimé qui s'en allait... et cette autre, tellement réconfortante, du tendre et tiède parfum de bergamote qu'exhalait son haleine matinale...
Ce fut ensuite celles du marché d'Aligre ; de tous ces légumes verts, ces fleurs ; du quinoa et du pain frais grillé de chez Kayser et aussi celle-ci, qui nous fit rire aux éclats, de ces petits pois frais mais pas assez cuits... ah non ! ce n'était que des bruits impromptus...
Une autre fois, il y eut celles, mystiques, de myrrhe et de bois ciré... celles des vins de Saint-Emilion, de Vouvray et de vinaigre balsamique... celle de la lessive Kitz qui embaumait son linge et, lors d'un après-midi de printemps, l'extatique parfum d'un bouquet de Lilas pourpres...
À l'occasion d'un été trop chaud, ce fut ceux d'alcool iodé de sa plaie et de son pansement qu'il fallait changer, des lingettes Mustela pour sa toilette intime du moment, pour ne savoir plus bouger... et ce musc délicat, enivrant... de ses petites culottes que je lavais à la main.
Puis, il y eut ces huiles essentielles de tea tree et d’ylang-ylang... et cette odeur persistante et douloureuse de la suie, de la fumée d'incendie... Cette autre aussi douloureuse mais si discrète et fragile de toutes ces bougies allumées avec recueillement pour accompagner un être aimé qui s'en allait... et cette autre, tellement réconfortante, du tendre et tiède parfum de bergamote qu'exhalait son haleine matinale...
Ce fut ensuite celles du marché d'Aligre ; de tous ces légumes verts, ces fleurs ; du quinoa et du pain frais grillé de chez Kayser et aussi celle-ci, qui nous fit rire aux éclats, de ces petits pois frais mais pas assez cuits... ah non ! ce n'était que des bruits impromptus...
Ma mémoire embaume de tant de souvenirs... De presque tous
les raviver ne me déplairait pas...
jeudi 28 novembre 2013
Cette partie de l'autre en nous...
Après ma sieste en plomb d'hier, j'ai
réussi à reprendre un peu de recul... Tout cela ne m'atteint pas tant que ça,
finalement... c'est plutôt que mon relativisme n'apparaît qu'après une pénible
et nécessaire introspection... il n'est pas encore un réflexe.
La première vague d'émotion qui me vient est toujours empreinte de vanité... le sentiment d'être insignifiant aux yeux de l'autre m'envahit puis c'est celui d'injustice qui alors me déchire... et j'en viens fatalement à craindre ce qui me semble être bien pire encore ; qu'à bout, j'en arrive à cette extrémité tapie en moi, de tout effacer...
De ces discussions que j'ai parfois avec ma grand-mère, ce qui a toujours été une sensation chez moi devient petit à petit une conviction. Ce souvenir que l'on conserve de l'autre est véritablement une part réelle de son existence. L'effacer de sa mémoire revient à, en partie, contribuer à sa disparition. Ce que d’ailleurs ne nieront pas ceux qui, ne pouvant sans tenir à ce qui leur est nécessaire et ayant tout obtenu, argent, pouvoir... finissent par convoiter, avec encore plus d’acharnement que jamais... Entrer dans la postérité, pour y obtenir le saint Graal, la survivance !
« Est-ce que tu penseras à moi, après que je ne sois plus là ? » me demande-t-elle. Sachant que la question n'est pas nécessaire, mais, la réponse infiniment réconfortante...
Un message est arrivé pendant ma sieste... m'inspire tant d'autres choses que je ne sais plus quoi écrire... Je reprends ce billet abrégé de retour de cette soirée... mais tant de sensations se bousculent que je ne peux pas plus en dire... Peut-être me faudra-t-il un peu de temps...
La première vague d'émotion qui me vient est toujours empreinte de vanité... le sentiment d'être insignifiant aux yeux de l'autre m'envahit puis c'est celui d'injustice qui alors me déchire... et j'en viens fatalement à craindre ce qui me semble être bien pire encore ; qu'à bout, j'en arrive à cette extrémité tapie en moi, de tout effacer...
De ces discussions que j'ai parfois avec ma grand-mère, ce qui a toujours été une sensation chez moi devient petit à petit une conviction. Ce souvenir que l'on conserve de l'autre est véritablement une part réelle de son existence. L'effacer de sa mémoire revient à, en partie, contribuer à sa disparition. Ce que d’ailleurs ne nieront pas ceux qui, ne pouvant sans tenir à ce qui leur est nécessaire et ayant tout obtenu, argent, pouvoir... finissent par convoiter, avec encore plus d’acharnement que jamais... Entrer dans la postérité, pour y obtenir le saint Graal, la survivance !
« Est-ce que tu penseras à moi, après que je ne sois plus là ? » me demande-t-elle. Sachant que la question n'est pas nécessaire, mais, la réponse infiniment réconfortante...
Un message est arrivé pendant ma sieste... m'inspire tant d'autres choses que je ne sais plus quoi écrire... Je reprends ce billet abrégé de retour de cette soirée... mais tant de sensations se bousculent que je ne peux pas plus en dire... Peut-être me faudra-t-il un peu de temps...
mercredi 27 novembre 2013
Abandons...
Qu'est-ce qu'il y a eu ? Un aller-retour à la campagne, seul, trop bref... Là-bas, j'ai surpris dans les yeux de ma grand-mère des absences qui semblaient être des abandons... C'est l'ennui, la solitude de l'âge, qui l'emporte doucement, l'amène à l'abandon.
Hier... un jour comme les autres finalement. Même si les jours comme celui-ci, on tend à se sentir plus fragile, plus seul qu'à l'ordinaire... Le premier souhait est arrivé tôt le matin... cette faculté de toujours me surprendre... d'apparaître toujours un temps plus loin que celui que j'avais prévu, à l'instant même où je n'attends plus. Saurai-je un jour si c'est dû à un effet travaillé ou à une conscience singulière de l'autre ?
Ce matin, j'ai envie de me montrer, comme de me pendre ! Il me semble que jamais je ne me suis senti aussi vide d'élans, aussi démuni d'envies... même la spontanéité me paraît être une grossièreté. Voilà plusieurs fois que je me surprends à caresser l'idée de tomber malade... comme cette année où j'avais eu la grippe. La vraie, pas celle que tous ne cessent d'évoquer chaque fois qu'ils prennent froid. Dix jours dans le brouillard, incapable de me lever, juste bon à somnoler dans mon lit toute la journée et dormir la nuit... Déshydraté, sans appétit, décharné... M'abandonner à cette faiblesse qui fait que l'on se pardonne tout... que l'on se fiche de tout...
dimanche 24 novembre 2013
Retrouvailles...
Alors voilà... Tout a
commencé hier... À midi je recevais L,I,D et J pour célébrer l’anniversaire de
I... avec un peu de décalage ! Il me fallait faire les courses, récupérer le
cadeau acheté sur internet, préparer la petite sauterie, faire le paquet cadeau
sans oublier les bougies... tout cela avant midi... Inutile de dire que cela
était loin de mon ordinaire... Mais ce fut, au final, un moment réussi... et
même qu'en catimini nous réussîmes à partager avec D et I un peu de cette Oaxaca
que nous avions ramenée de notre voyage au printemps dernier et que je gardais
précieusement pour nous... L et D furent les premières à partir pour raisons
professionnelles, puis I et J pour aller faire un peu de
shopping.
Entre temps P m'avait
contacté pour me proposer d'aller dîner chez B, un ami d'enfance, qui nous
invitait pour le dîner. Je remis donc mon départ pour la campagne à ce
matin...
Alors que j'étais encore
sous l'effet des émotions de cet agréable moment passé ensemble... du champagne
et de l'Oaxaca... P se présenta pour que nous allions ensemble chez B... lui
ayant fait remarqué qu'il était encore trop tôt pour nous présenter chez B...
nous partageâmes, en attendant une heure plus acceptable, un petit extra...
Puis, particulièrement bien disposés... nous partîmes pour Opéra — reprenant
en cœur les chansons de Gainsbourg — vers où résident B et sa
femme.
B, au même titre que P
est un ami d'adolescence. Nous nous connaissons depuis le lycée. Il était
certainement le plus cultivé d'entre nous... Il peignait, faisait de la
musique... il échoua au Bac, mais réussit brillamment l'école des Beaux arts...
Et en parallèle de sa peinture, travailla au Louvre puis de fil en aiguille
obtenu des diplômes universitaires, et devint un spécialiste des ressources
humaines, prisé par de nombreux services de l'état...
Avec sa femme,
conservatrice..., ils bénéficient d'un logement de fonction assez originale. Ils
logent dans la Chapelle expiatoire, au centre d'un petit parc public, véritable
havre de paix dans ce quartier animé... Monument classé, le confort y est
sommaire, mais d'un charme infini...
C'est à plus de trois
heures du matin, après un pot-au-feu, trois bouteilles d'excellent vin, deux de
champagne et un rhum hors d'âge, que nous et nos hôtes, réalisâmes qu'il était
peut-être temps d'en finir et de nous quitter...
Inutile de dire que ce
matin, réveillé vers neuf heures... Déshydraté, la peau du visage me tiraillant,
l'esprit embrumé... je maudissais le fait de devoir être avant treize heures à
deux heures d'ici... pour recommencer.
J'ai concédé un peu de
ma santé et de mon aspect à quelques heures d'une charmante convivialité... Et
alors ? On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs ! Trop d’excès nuit à
votre santé, mais trop d'ascèse et de solitude nuisent à votre psychisme...
Avant de trouver le juste équilibre, il est un peu normal d'aller, d'excès en
abus...
Demain, avant de prendre
le chemin du retour, j'essayerai d'aller courir et d'évacuer toutes ces toxines
que je sens m'empoisonner...
J'espère revoir B, bientôt, j'ai eu beaucoup de
plaisir à converser avec lui, nos sensibilités sont très proches... Je comprends
ce talent que tous lui trouvent, professionnellement, cette capacité qu'il a
d'arrondir les angles, avec une simplicité et une humilité désarmantes associées
à une érudition stupéfiante. vendredi 22 novembre 2013
Paradoxes...
Au cours de mes dernières vacances, qui ont
pris fin il y a quelques jours... je n'ai rien fait de ce que j'avais projeté,
comme me remettre à courir, m'astreindre à l'ascèse... mais je me suis reposé.
Les sept matinées, depuis ma reprise, semblent en avoir effacé tous les
bénéfices... Ce matin, après que le réveil ait sonné, à peine avais-je fermé les
yeux puis les rouvrais que dix minutes étaient passées... Sous la douche, je
devais me tenir aux murs pour ne pas me laisser couler avec l'eau en
tourbillonnant au fond du siphon... Même pour m'habiller j'ai dû m’asseoir sur
le lit... Ce prix qu'il faut payer, de me lever au milieu de la nuit pour que
l'ennui glisse plus vite, est sujet à une telle inflation que je crains de ne
pouvoir suivre encore longtemps...
Il va me falloir remettre en question l'organisation de ma vie et en particulier celle de ce temps qu'il me faut passer sans cœur ni âme... Et de savoir que je ne suis certainement pas le seul à vivre cela, ne me réconforte pas !
Ma tendance naturelle à la misanthropie tend à s'affirmer pour être chaque jour témoin de ces petits détails comportementaux, prétentieux et égocentriques, dont fait preuve la majorité de mes semblables... Quant aux autres qui se prétendent dévoués à la cause humaine et animale... je les suspecte d'être pire encore ! Et ce ne sont pas les actualités qui vont me contredire...
J'aurai pu, petit à petit, m'ouvrir à la compassion... suivre la voie du Bouddha. C'est cependant, la misanthropie qui m'emporte... parce que je sais que l'humilité — seule véritable voie d'accès à l'autre — ne s'offre qu'à ceux qui ont surmonté l'humiliation, la souffrance et acceptés de se reconnaître, finalement, aussi insignifiant qu'un éphémère... Et qu'il est clair, que la plupart préfèrent s'amputer de cette conscience déjà trop souvent embarrassante...
Et pourtant... j'ai eu avec certains (si peu) de ces autres, les échanges les plus attentionnés, les sensations les plus enchanteresses qui soient... Tant et si bien que je garde en moi cet essentiel qui fait que l'on ne me fuit pas... qui m'évite de passer pour un aigri, comme ceux qui prennent toute remarque pour une offense et qui ne peuvent s'empêcher de rendre la monnaie, cela toujours d'une manière volontairement équivoque, parce qu'on ne sait jamais...
J'ai la chance d'être un misanthrope optimiste, affublé d'une crédulité sans cesse renaissante.
Un misanthrope aimable qui ose imaginer que dans peu de temps... il va faire le plein de cette précieuse attention qui lui manque si cruellement... qu'à nouveau, il va sentir son âme, explorée, fouillée ; sa sensibilité sollicitée et son intérêt, s'embraser ! Et qu'il va sans doute regretter, à peine les premières secondes passées, de ne pas être né talentueux peintre portraitiste... afin d'exprimer, tout à la fois, ce qu'il voit et ce qu'il ressent, de cet autre qui lui fait face...
Je repense à cette surprise que j'avais eue de constater que de les aimer tous n'amenait pas à en aimer un en particulier, tandis que d'en aimer un suffisait à se sentir soudainement les aimer tous ! Enfin, je verrai bien...
Il va me falloir remettre en question l'organisation de ma vie et en particulier celle de ce temps qu'il me faut passer sans cœur ni âme... Et de savoir que je ne suis certainement pas le seul à vivre cela, ne me réconforte pas !
Ma tendance naturelle à la misanthropie tend à s'affirmer pour être chaque jour témoin de ces petits détails comportementaux, prétentieux et égocentriques, dont fait preuve la majorité de mes semblables... Quant aux autres qui se prétendent dévoués à la cause humaine et animale... je les suspecte d'être pire encore ! Et ce ne sont pas les actualités qui vont me contredire...
J'aurai pu, petit à petit, m'ouvrir à la compassion... suivre la voie du Bouddha. C'est cependant, la misanthropie qui m'emporte... parce que je sais que l'humilité — seule véritable voie d'accès à l'autre — ne s'offre qu'à ceux qui ont surmonté l'humiliation, la souffrance et acceptés de se reconnaître, finalement, aussi insignifiant qu'un éphémère... Et qu'il est clair, que la plupart préfèrent s'amputer de cette conscience déjà trop souvent embarrassante...
Et pourtant... j'ai eu avec certains (si peu) de ces autres, les échanges les plus attentionnés, les sensations les plus enchanteresses qui soient... Tant et si bien que je garde en moi cet essentiel qui fait que l'on ne me fuit pas... qui m'évite de passer pour un aigri, comme ceux qui prennent toute remarque pour une offense et qui ne peuvent s'empêcher de rendre la monnaie, cela toujours d'une manière volontairement équivoque, parce qu'on ne sait jamais...
J'ai la chance d'être un misanthrope optimiste, affublé d'une crédulité sans cesse renaissante.
Un misanthrope aimable qui ose imaginer que dans peu de temps... il va faire le plein de cette précieuse attention qui lui manque si cruellement... qu'à nouveau, il va sentir son âme, explorée, fouillée ; sa sensibilité sollicitée et son intérêt, s'embraser ! Et qu'il va sans doute regretter, à peine les premières secondes passées, de ne pas être né talentueux peintre portraitiste... afin d'exprimer, tout à la fois, ce qu'il voit et ce qu'il ressent, de cet autre qui lui fait face...
Je repense à cette surprise que j'avais eue de constater que de les aimer tous n'amenait pas à en aimer un en particulier, tandis que d'en aimer un suffisait à se sentir soudainement les aimer tous ! Enfin, je verrai bien...
mercredi 20 novembre 2013
Quel supplice...
Grande difficulté à m'endormir hier soir.
Ces crispations soudaines dans la tête, qui me font crier "un deux trois" ou
"merde" — un peu à la manière de ces malades atteints de la maladie de Gilles
de la Tourette — pour reprendre le contrôle...
Une accumulation de tensions,
d'insatisfactions, de déceptions... sans doute. Un manque d'activité physique
régulier aussi. Pas assez de ceci, trop de cela, et voilà ça
dérape.
Ce qui
m'étonne, c'est que ces difficultés de vie n'entament pas mon calme apparent...
Ce n'est qu'une fois seul, à cet instant précis où je m'abandonne, que toute ma
peine s'exprime, angoissante, brutale et traîtresse...
Si je n'étais pas tant attiré par les vices
que nous offre la nature et tous ces plaisirs de chair, de cœur et d'âme... Je
crois que je porterai fort bien la toge orange, le crâne rasé et un bol en
bois... L'odeur de l'encens, la chaleur du bois des temples, la frugalité des
repas, l'amabilité des échanges et la simplicité des taches me combleraient bien
assez.
Mais voilà, de la même façon je comprends
parfaitement ce qu'est le génie, l'exception, la performance... sans être
pourtant capable de les atteindre ; je comprends le bien-être qu'une vie
d'ascèse, de dévotion et de compassion peut apporter, sans être pourtant capable
de m'y restreindre.
Alors,
j'apprends à faire avec ce que j'ai, tantôt bien, tantôt mal, mais toujours avec
une infinie conscience de ce que je fais. Une conscience de ce mieux qui m'est
inatteignable, comme le supplice de Tantale.
Aurai-je, lors d'une vie antérieure, offensé, volé ou refusé de rendre quelque chose de précieux à quelques divinités ? Aurai-je un don offert par la nature dont je ne sache m’acquitter ? Pour être ainsi condamné à regarder sans toucher...
Aurai-je, lors d'une vie antérieure, offensé, volé ou refusé de rendre quelque chose de précieux à quelques divinités ? Aurai-je un don offert par la nature dont je ne sache m’acquitter ? Pour être ainsi condamné à regarder sans toucher...
mardi 19 novembre 2013
Les émotions sont dans le mouvement...
Pour commencer, à peine étais-je rentré du travail,
qu'un coup de fil m'annonçait une déception !
J'avais proposé que nous fêtions chez moi, avec L, D et J, l’anniversaire de I, et comme chacun a ses propres occupations, ses obligations... nous réunir n'est pas évident. Mais nous avions trouvé le compromis de faire cela l'après-midi du jour J, mercredi. Un goûter en quelque sorte... C'est annulé pour cause de maladie... Deux d'entre elles ont attrapé un coup de froid... et se retrouvent couchées. Et cela remettra peut-être en question mon week-end avec J à la campagne... Ce n'est pas grave en soi, mais cela me désole...
N'aurais-je pas fait bonne figure à ces déconvenues que peut-être je n'eus alors pas reçu ce message qui me propose de fêter le mien, qui aura cours quelques jours plus loin !
Très profondément en moi, l'éventualité de cet événement m'avait interpellé... au même titre que tous ces probables que je projette lorsque je tente de comprendre le fonctionnement mental ou émotionnel d'un être qui compte pour moi...
Cependant, j'ai dû vieillir, devenir moins sensible... il y a encore quelques années je me serai déjà illusionné de toutes les vraisemblables joies puis désespéré de tous les possibles drames... échafaudant, nuit et jour, tous les scénarios envisageables... poussant le vice de trier par ordre d'importance les possibles des probables des plausibles...
Aujourd’hui, j'ai lu ce courrier avec une certaine sérénité (j'imagine que je peux dire merci à l'Oaxaca)... même si le plaisir que me procure ce message s'accompagne d'un soupçon d'anxiété qui, je le devine, va aller tout en m'envahissant jusqu'au jour promis.
Ce ne sont là que des émotions qui se préparent... Certes, le contraste d'avec mon isolement du moment, en renforcera la houle et les vagues, mais j'aime le vent, la tempête et l'orage, que ça gite, que ça tangue, que ça danse... on s'y sent fantastiquement plus vivant.
J'avais proposé que nous fêtions chez moi, avec L, D et J, l’anniversaire de I, et comme chacun a ses propres occupations, ses obligations... nous réunir n'est pas évident. Mais nous avions trouvé le compromis de faire cela l'après-midi du jour J, mercredi. Un goûter en quelque sorte... C'est annulé pour cause de maladie... Deux d'entre elles ont attrapé un coup de froid... et se retrouvent couchées. Et cela remettra peut-être en question mon week-end avec J à la campagne... Ce n'est pas grave en soi, mais cela me désole...
N'aurais-je pas fait bonne figure à ces déconvenues que peut-être je n'eus alors pas reçu ce message qui me propose de fêter le mien, qui aura cours quelques jours plus loin !
Très profondément en moi, l'éventualité de cet événement m'avait interpellé... au même titre que tous ces probables que je projette lorsque je tente de comprendre le fonctionnement mental ou émotionnel d'un être qui compte pour moi...
Cependant, j'ai dû vieillir, devenir moins sensible... il y a encore quelques années je me serai déjà illusionné de toutes les vraisemblables joies puis désespéré de tous les possibles drames... échafaudant, nuit et jour, tous les scénarios envisageables... poussant le vice de trier par ordre d'importance les possibles des probables des plausibles...
Aujourd’hui, j'ai lu ce courrier avec une certaine sérénité (j'imagine que je peux dire merci à l'Oaxaca)... même si le plaisir que me procure ce message s'accompagne d'un soupçon d'anxiété qui, je le devine, va aller tout en m'envahissant jusqu'au jour promis.
Ce ne sont là que des émotions qui se préparent... Certes, le contraste d'avec mon isolement du moment, en renforcera la houle et les vagues, mais j'aime le vent, la tempête et l'orage, que ça gite, que ça tangue, que ça danse... on s'y sent fantastiquement plus vivant.
lundi 18 novembre 2013
Ma vie insensée...
Ce qui m'étonne, c'est bien que n'ayant rien à dire
d'autre que des banalités... je trouve toujours quelque chose à écrire... Il me
suffit de commencer... Qu'aurais-je écrit si ma vie avait été exceptionnelle, si
j'avais été un de ces types entreprenants, un exalté, un aventurier ? Si j'avais
eu des histoires extraordinaires à raconter ? Je me marre, parce que je me
suggère cette réponse : un historien...
Bien sûr, si je ne l'avais pas croisée... je n'aurais peut-être pas compris qu'il y a des choses qui s'entreprennent sans qu'elles aient nécessairement un sens... qu'il vient plus tard, qu'il naît de ce que l'on fait...
J'ai cette fâcheuse tendance à tout intellectualiser, et à finir par me dire que, finalement, ça ne rime à rien... alors, à quoi bon ! Et pourtant, avec un peu de recul, c'est tout ce que j'ai fait d'insensé qui semble donner à ma personnalité, sa singularité... sa meilleure raison d'exister.
Par exemple, je n'ai jamais été plus spontané, plus sincère, plus moi-même que dans cet amour que je lui portais ; quand bien même je savais n'être qu'un pis-aller... cela n'avait donc aucun sens ! Et pourtant... agissant autrement cela n'aurait pas été moi... et en eut alors encore moins !
Chaque fois que j'ai entrepris une action sans préméditation, sans but ni raison, je me suis senti porté par une farouche conviction... j'avais le sentiment de m'élever. Chaque fois que j'écris ici, ça n'a pas de sens... et pourtant, ça en donne à ma vie. C'est dire combien elle en manque...
Bien sûr, si je ne l'avais pas croisée... je n'aurais peut-être pas compris qu'il y a des choses qui s'entreprennent sans qu'elles aient nécessairement un sens... qu'il vient plus tard, qu'il naît de ce que l'on fait...
J'ai cette fâcheuse tendance à tout intellectualiser, et à finir par me dire que, finalement, ça ne rime à rien... alors, à quoi bon ! Et pourtant, avec un peu de recul, c'est tout ce que j'ai fait d'insensé qui semble donner à ma personnalité, sa singularité... sa meilleure raison d'exister.
Par exemple, je n'ai jamais été plus spontané, plus sincère, plus moi-même que dans cet amour que je lui portais ; quand bien même je savais n'être qu'un pis-aller... cela n'avait donc aucun sens ! Et pourtant... agissant autrement cela n'aurait pas été moi... et en eut alors encore moins !
Chaque fois que j'ai entrepris une action sans préméditation, sans but ni raison, je me suis senti porté par une farouche conviction... j'avais le sentiment de m'élever. Chaque fois que j'écris ici, ça n'a pas de sens... et pourtant, ça en donne à ma vie. C'est dire combien elle en manque...
dimanche 17 novembre 2013
D'humeur contemplative.
Quelques abus hier soir... P est passé, nous avons
dîné ensemble et bu quelques verres... Il y avait un marché de produits
régionaux, j'y avais acheté quelques saucisses aux couteaux, deux belles
portions d'aligot et une bouteille de Cahors... Nous avons tout englouti, avec
en plus une demi-bouteille de Saint-Véran et un peu d'Oaxaca... Le vin et
l'Oaxaca sont bien passés, c'est le reste qui a dû me travailler l'intérieur, ce
devait être trop riche, je manque d'habitude. Du coup, j'ai vécu une nuit en
pointillée, à suivre d'étranges et pénibles rêves par épisodes...
Il me faut juste trouver une occupation correspondant à mon humeur du moment... contemplative ! J'aurais bien une idée... il est certain que ce n'est pas ce qui me manque, les idées ! Quand je constate combien de types n'ont pas même une idée et à qui, pourtant, rien ne manque... je me demande si j'ai tiré le bon numéro en arrivant ? Condamné à l'imagination... à l'abstraction... c'est épuisant, pour les nerfs.
Alors aujourd'hui, je ne
me sens vaillant à rien... éventuellement une douche bien chaude... je me tâte ?
Et encore, même ça...
... J'ai craqué,
finalement... Pour la douche ! Seulement pour la douche... Bien chaude, trop
peut-être, je semble avoir pris un coup de soleil... Je pourrais sortir, mais il
y a encore ce marché bd de Reuilly, et je pourrais être tenté... Sur chaque
stand des dégustations sont proposées par les
commerçants-producteurs-récoltants-cuisiniers de fortune... qui sont, pour la
plupart, des passionnés... et plus on avance dans la journée — le froid poussant
au vin chaud plus que de raison — plus ils ont la convivialité régionale
affable, colorée et tonitruante... alors, c'est difficile et même grossier de
résister.
Il est plus sage que je reste là.Il me faut juste trouver une occupation correspondant à mon humeur du moment... contemplative ! J'aurais bien une idée... il est certain que ce n'est pas ce qui me manque, les idées ! Quand je constate combien de types n'ont pas même une idée et à qui, pourtant, rien ne manque... je me demande si j'ai tiré le bon numéro en arrivant ? Condamné à l'imagination... à l'abstraction... c'est épuisant, pour les nerfs.
samedi 16 novembre 2013
Une danseuse, un signe...
Décidément, cet Assam ne me convient pas... Je pense
avoir réussi à le doser correctement, mais définitivement, je ne sens pas assez,
à mon goût, la bergamote !
Hier soir, je me suis décidé à regarder "Black Swan", enregistré il y a si longtemps... J'avais été incapable de le regarder... et ne m'en sentais pas plus capable hier soir, mais je n'avais pas envie de lire et m'ennuyais ferme... Je ne tiens pas à en parler, et puis ce n'est pas mon habitude ici, de jouer au critique d'art... De plus, en raison d'un incident d’enregistrement, le film s'est arrêté au moment du final de la première où, transcendée par la schizophrénie qui la gagne, elle va se jeter... Et merde ! que ça peut être frustrant ! Franchement, ce film est intéressant même si, je l'avoue honteusement, je l'ai à quelques reprises fait avancer en accéléré... Nathalie Portman y est magnifique ! Il faut dire qu'elle devait être bien conseillée, jusque dans sa vie privée... Elle est très belle, c'est incontestable... cependant, il m'a semblé, pour ce rôle, que physiquement, elle était un peu... comment dire cela en restant courtois ? Courte ! Enfin, ses membres manquent un peu d'élans naturels pour une danseuse de ce niveau, et plus particulièrement ses bras !
À deux ou trois reprises ce fut moi qui me retrouvais le souffle court... la faute de ces anecdotes propres à l'intime quotidien des danseuses... comme ces gros plan, fascinants, de sa nuque et de ses pieds qu'elle fait craquer à son réveil... et cet autre où elle prépare des pointes neuves, arrachant l'intérieur, lacérant les semelles à coup de ciseaux... puis bande ses doigts de pied meurtris... et enfin chausse ses pointes pour les faire...
Si je me laissais emporter par le côté exagéré, incontrôlable, de mes élans intuitifs ou mystiques... je me dirais que voilà un étrange signe que ce film, bien que correctement programmé, ne finisse pas... et qu'il reste suspendu à tous les probables et même à tous les improbables...
Hier soir, je me suis décidé à regarder "Black Swan", enregistré il y a si longtemps... J'avais été incapable de le regarder... et ne m'en sentais pas plus capable hier soir, mais je n'avais pas envie de lire et m'ennuyais ferme... Je ne tiens pas à en parler, et puis ce n'est pas mon habitude ici, de jouer au critique d'art... De plus, en raison d'un incident d’enregistrement, le film s'est arrêté au moment du final de la première où, transcendée par la schizophrénie qui la gagne, elle va se jeter... Et merde ! que ça peut être frustrant ! Franchement, ce film est intéressant même si, je l'avoue honteusement, je l'ai à quelques reprises fait avancer en accéléré... Nathalie Portman y est magnifique ! Il faut dire qu'elle devait être bien conseillée, jusque dans sa vie privée... Elle est très belle, c'est incontestable... cependant, il m'a semblé, pour ce rôle, que physiquement, elle était un peu... comment dire cela en restant courtois ? Courte ! Enfin, ses membres manquent un peu d'élans naturels pour une danseuse de ce niveau, et plus particulièrement ses bras !
À deux ou trois reprises ce fut moi qui me retrouvais le souffle court... la faute de ces anecdotes propres à l'intime quotidien des danseuses... comme ces gros plan, fascinants, de sa nuque et de ses pieds qu'elle fait craquer à son réveil... et cet autre où elle prépare des pointes neuves, arrachant l'intérieur, lacérant les semelles à coup de ciseaux... puis bande ses doigts de pied meurtris... et enfin chausse ses pointes pour les faire...
Si je me laissais emporter par le côté exagéré, incontrôlable, de mes élans intuitifs ou mystiques... je me dirais que voilà un étrange signe que ce film, bien que correctement programmé, ne finisse pas... et qu'il reste suspendu à tous les probables et même à tous les improbables...
vendredi 15 novembre 2013
Une renversante histoire de parfums...
C'est un fauteuil de bureau comme ceux que tous
shérifs américains semblent posséder. Excepté qu'il est blanc et vient de l'un
de ces grands magasins suédois... Il roule, tourne et me permet de me pencher en
arrière jusqu'à la sensation de tomber... Hier soir, c'est arrivé... je me suis
renversé, il a cédé, j'ai basculé... Plus de frayeur que de douleur. Je l'ai
depuis tant d'années, il est le centre de ma pièce à vivre... certes, un vrai
tout en bois massif eut été plus décoratif, plus... mais les prix de ce genre
d'objet n’expriment plus que la spéculation et je m'y refuse. Je vais tenter de
le réparer.
Juste avant cet incident, j'étais allé récupérer ma montre que j'avais mise en réparation dans l'une de ces boutiques du Marais. Et j'avais profité de me trouver dans le quartier pour passer acheter mon parfum, difficile à trouver... Sa distribution presque confidentielle n'est pas sans flatter mon ego, mais il est avant tout le Graal d'une longue quête.
Dans ma vie d'avant, je portais "Habit Rouge", il était le fil rouge de mon caractère malgré quelques trahisons dues à ma curiosité... Il était aussi chargé de tant de choses, que... comment le garder ? J'avais donc, sans réelles intentions, commencé une quête... J'ai pour les parfums une vraie passion ; bien sûr j'ai adoré le roman de Patrick Süskind, tout y est... Et personne ne doute du fait que dans un parfum digne de ce nom, se trouve un soupçon de magie qui vous ouvre à une autre dimension... Un parfum réussi possède le pouvoir de vous envoûter... Encore faut-il, pour que la magie fonctionne, que vous sachiez le choisir ou acceptiez d'être choisi par lui...
Les vendeuses et vendeurs ne me la font pas... leurs arguments commerciaux ne fonctionnent pas sur moi, j'en connais sans doute bien plus qu'eux sur ce qu'ils vendent. Très vite, j'ai compris qu'à part quelques rares exceptions, l'essence même de cet art se trouvait chez les vrais artisans, les "nez"... C'est le hasard, comme toujours... ou autre chose... qui m’amenât à celui que je porte aujourd'hui !
Qualifié de "socialement incorrect", il est l'oeuvre d'une créatrice d'avant garde dont j'avais pu apprécier et apprendre à reconnaître la singularité dans un autre domaine où elle excelle et aussi par curiosité pour l'intérêt que cette artiste suscitait chez... elle !... Et c'est par un biais, aussi inattendu qu'éloigné de l'influence qu'elle conserve sur moi, que je fus amené, intrigué par ce que j'avais entendu et lus, à le rechercher et à l'essayer. Ce fut un coup de foudre ! Qui, d'ores et déjà vient de passer le cap des trois ans, et ce d'une manière étonnamment exclusive...
Toujours est-il, qu'en entrant dans cette boutique qui est autorisée à commercialiser cette essence essentielle, il me fallut un certain temps avant de comprendre et définir ce qui me perturbait... Était-ce cette frêle silhouette, cette presque imperceptible présence, ce visage me paraissant tout à coup étonnamment familier ?
C'était ce genre très rare de visage sur lequel le regard glisse à peine interpellé... puis, passant à nouveau, y revient intrigué pour s'y attarder... et comprend soudain qu'il ne l'oubliera plus jamais. Ce genre de visage que je connais si bien pour le porter en moi comme d'autres portent une croix... Un visage exprimant une fragilité toute particulière, une délicatesse tout aussi infinie que naturelle, une intelligence aussi singulière que supérieure... Sans doute, l'une des plus puissantes potions à émotion ! Et dans ses yeux verts-bruns, complexes et changeants... je pouvais reconnaître les mêmes galaxies, où explosent sans fin des étoiles aux teintes orangées, ceinturant des pupilles si perçantes qu'elles semblent tout absorber. Le même portail ouvrant sur l'âme... Certes, ce que je porte en moi a sans doute, à mon insu, contribué à exagérer ce que je voyais...
Quoi qu'il en soit, si ce n'est pas mon parfum... que peuvent bien vouloir dire tous ces signes ? Renversant !
Juste avant cet incident, j'étais allé récupérer ma montre que j'avais mise en réparation dans l'une de ces boutiques du Marais. Et j'avais profité de me trouver dans le quartier pour passer acheter mon parfum, difficile à trouver... Sa distribution presque confidentielle n'est pas sans flatter mon ego, mais il est avant tout le Graal d'une longue quête.
Dans ma vie d'avant, je portais "Habit Rouge", il était le fil rouge de mon caractère malgré quelques trahisons dues à ma curiosité... Il était aussi chargé de tant de choses, que... comment le garder ? J'avais donc, sans réelles intentions, commencé une quête... J'ai pour les parfums une vraie passion ; bien sûr j'ai adoré le roman de Patrick Süskind, tout y est... Et personne ne doute du fait que dans un parfum digne de ce nom, se trouve un soupçon de magie qui vous ouvre à une autre dimension... Un parfum réussi possède le pouvoir de vous envoûter... Encore faut-il, pour que la magie fonctionne, que vous sachiez le choisir ou acceptiez d'être choisi par lui...
Les vendeuses et vendeurs ne me la font pas... leurs arguments commerciaux ne fonctionnent pas sur moi, j'en connais sans doute bien plus qu'eux sur ce qu'ils vendent. Très vite, j'ai compris qu'à part quelques rares exceptions, l'essence même de cet art se trouvait chez les vrais artisans, les "nez"... C'est le hasard, comme toujours... ou autre chose... qui m’amenât à celui que je porte aujourd'hui !
Qualifié de "socialement incorrect", il est l'oeuvre d'une créatrice d'avant garde dont j'avais pu apprécier et apprendre à reconnaître la singularité dans un autre domaine où elle excelle et aussi par curiosité pour l'intérêt que cette artiste suscitait chez... elle !... Et c'est par un biais, aussi inattendu qu'éloigné de l'influence qu'elle conserve sur moi, que je fus amené, intrigué par ce que j'avais entendu et lus, à le rechercher et à l'essayer. Ce fut un coup de foudre ! Qui, d'ores et déjà vient de passer le cap des trois ans, et ce d'une manière étonnamment exclusive...
Toujours est-il, qu'en entrant dans cette boutique qui est autorisée à commercialiser cette essence essentielle, il me fallut un certain temps avant de comprendre et définir ce qui me perturbait... Était-ce cette frêle silhouette, cette presque imperceptible présence, ce visage me paraissant tout à coup étonnamment familier ?
C'était ce genre très rare de visage sur lequel le regard glisse à peine interpellé... puis, passant à nouveau, y revient intrigué pour s'y attarder... et comprend soudain qu'il ne l'oubliera plus jamais. Ce genre de visage que je connais si bien pour le porter en moi comme d'autres portent une croix... Un visage exprimant une fragilité toute particulière, une délicatesse tout aussi infinie que naturelle, une intelligence aussi singulière que supérieure... Sans doute, l'une des plus puissantes potions à émotion ! Et dans ses yeux verts-bruns, complexes et changeants... je pouvais reconnaître les mêmes galaxies, où explosent sans fin des étoiles aux teintes orangées, ceinturant des pupilles si perçantes qu'elles semblent tout absorber. Le même portail ouvrant sur l'âme... Certes, ce que je porte en moi a sans doute, à mon insu, contribué à exagérer ce que je voyais...
Quoi qu'il en soit, si ce n'est pas mon parfum... que peuvent bien vouloir dire tous ces signes ? Renversant !
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